(L’Ét. IV. 7.)
Courons-le donc chercher, ce pendant qui m’affronte.
(Sgan. 17.)
Si j’y retombe plus, je veux bien qu’on m’affronte.
(Éc. des fem. II. 6.)
«A votre avis, le Mogol est-il homme
Que l’on osât de la sorte affronter
(La Font., la Mandr.)

AFFRONTER UN CŒUR:

Un cœur ne pèse rien, alors que l’on l’affronte.
(Dép. am. II. 4.)

AGRÉER QUE...:

Agréez, monsieur, que je vous félicite de votre mariage.

(Mar. for. 12.)

AGROUPÉ:

Les contrastes savants des membres agroupés,
Grands, nobles, étendus, et bien développés.
(La Gloire du Val de Grâce.)

Trévoux le donne comme un terme technique en peinture, et cite cette phrase de Félibien: «Il faut que les membres soient agroupés aussi bien que les corps.»

Sur l’a initial des verbes composés, voyez ASSAVOIR.

AHEURTÉ A QUELQUE CHOSE:

De tout temps elle a été aheurtée à cela.
(Mal. im. I. 5.)

Nicot donne pour exemple:

«Un aheurté plaideur, un homme confit en procès, un plaidereau.»

Selon Trévoux, il se dit aussi absolument: c’est un homme qui s’aheurte, un homme aheurté.

AIENT en deux syllabes:

Ils ne vous ôtent rien, en m’ôtant à vos yeux,
Dont ils n’aient pris soin de réparer la perte.
(Psyché. II. 1.)

AIGREUR, ressentiment:

El l’aigreur de la dame, à ces sortes d’outrages
Dont la plaint doucement le complaisant témoin,
Est un champ à pousser les choses assez loin.
(Éc. des m. I. 6.)

On a peine à concevoir une aigreur qui est un champ.

AIMER (S’) QUELQUE PART, s’y plaire:

Pourquoi me chasses-tu?—Pourquoi fuis-tu mes pas?
—Tu me plais loin de moi.—Je m’aime où tu n’es pas.
(Mélicerte. I. 1.)

AIR, façon, manière, AGIR D’UN AIR..... TRAITER D’UN AIR....:

Au contraire, j’agis d’un air tout différent.
(L’Ét. V. 13.)
Et traitent du même air l’honnête homme et le fat.
(Mis. I. 1.)
Et je me vis contrainte à demeurer d’accord
Que l’air dont vous viviez vous faisoit un peu tort.
(Ibid. III. 5.)

Parlez, don Juan, et voyons de quel air vous saurez vous justifier.

(D. Juan. I. 3.)

AVOIR DE L’AIR DE.... ressembler à....:

Et ses effets soudains[39] ont de l’air des miracles.
(Éc. des fem. III. 4.)

AJUSTER (S’) A:

Ne voyez-vous pas bien que tout ceci n’est fait que pour nous ajuster aux visions de votre mari......?

(B. gent. V. 7.)

AU TEMPS:

Suivons, suivons l’exemple, ajustons-nous au temps.
(Psyché. I. 1.)

On remarquera dans ce verbe, s’ajuster à..., le pléonasme du datif qui s’y montre à l’état libre et dans la composition, preuve que le datif redoublé n’est pas plus contraire au génie de la langue française que ne l’est en latin, le redoublement analogue de la préposition adspirar ad, addere ad.

On trouve dans la version des Rois, se juster à et s’ajuster à.

La même observation s’applique à l’expression s’amuser à, qui renferme deux fois le même datif. Le verbe simple est muser; muser à quelque chose, s’amuser.

AJUSTER L’ÉCHINE; voyez ÉCHINE.

A LA CONSIDÉRATION DE... voyez CONSIDÉRATION.

ALAMBIQUER (S’), être ingénieux à se tourmenter:

Pour moi, j’ai déjà vu cent contes de la sorte.
Sans nous alambiquer, servons-nous-en: qu’importe?
(L’Ét. IV. 1.)

ALENTIR, ralentir:

Et notre passion, alentissant son cours,
Après ces bonnes nuits donne de mauvais jours.
(L’Ét. IV. 4.)
Je veux de son rival alentir les transports.
(Ibid. III. 4.)

(Voyez ASSAVOIR.)

A L’ENTOUR DE:

MORON.

Les voilà tous à l’entour de lui; courage! ferme!

(La Pr. d’Él. Intermède 1er; sc. 4.)

On ne voit pas pourquoi cette locution a été proscrite, ni sur quelle autorité suffisante. Entour est un substantif, puisqu’il a un pluriel: les entours de quelqu’un. A l’entour, soit qu’on l’écrive en deux mots ou en un, n’est pas plus un adverbe que à la hauteur, à la veille, etc.

«Le malheureux lion se déchire lui-même,
«Fait résonner sa queue à l’entour de ses flancs
(La Fontaine.)

Mais M. Boniface interdit ce complément. (Gramm. fr., no 674.)

A L’HEURE, pour tout à l’heure:

A l’heure même encor, nous avons eu querelle
Sur l’hymen d’Hippolyte, où je le vois rebelle.
(L’Ét. I. 9.)

A L’HEURE QUE:

A l’heure que je parle, un jeune Égyptien....
(L’Ét. IV. 9.)

A L’HEURE, sur l’heure, à l’instant même:

Et je souhaite fort, pour ne rien reculer,
Qu’à l’heure, de ma part, tu l’ailles appeler.
(Fâcheux I. 10.)

ALLÉGEANCE:

Et quand ses déplaisirs auront quelque allégeance,
J’aurai soin de tirer de lui votre assurance.
(L’Ét. II. 4.)

ALLER, construit avec un participe:

Il va vêtu d’une façon extravagante.

(Méd. malgré lui. I. 5.)

Ici il va signifie il sort, il se montre. Aller, construit avec le participe présent, marque d’ordinaire une action en progrès, comme dans cette phrase de Pascal: «Les opinions probables vont toujours en mûrissant.» (12e Prov.)

ALLER, lié à un autre verbe à l’infinitif:

Molière en fait toujours un verbe réfléchi construit avec en:

Je m’en vais la traiter du mieux qu’il me sera possible.

(Sicilien. 19.)

La voici qui s’en va venir.

(Ibid. 18.)
Le jour s’en va paraître.
(Éc. des fem. V. 1.)

ALLER A, au sens moral, aspirer à, tendre vers...:

Il ne faut mettre ici nulle force en usage,
Messieurs; et si vos vœux ne vont qu’au mariage,
Vos transports en ce lieu se peuvent apaiser.
(Éc. des mar. III. 6.)
Tous mes vœux les plus doux
Vont à m’en rendre maître en dépit du jaloux.
(Éc. des fem. I. 6.)
Et, comme je vous dis, toute l’habileté
Ne va qu’à le savoir tourner du bon côté[40].
(Éc. des fem. IV. 8.)

Je gagerois presque que l’affaire va là.

(D. Juan. I. 1.)

Notre honneur ne va point à vouloir cacher notre honte.

(Ibid. III. 4.)
Il ne va pas à moins qu’à vous déshonorer.
(Tart. III. 5.)
Et toute mon inquiétude
Ne doit aller qu’à me venger.
(Amph. III. 3.)
Argatiphontidas ne va point aux accords.
(Ibid. III. 8.)
Ce n’est qu’à l’esprit seul que vont tous les transports.
(Fem. sav. IV. 2.)

«De quelque manière qu’il pallie ses maximes, celles que j’ai à vous dire ne vont en effet qu’à favoriser les juges corrompus, les usuriers, les banqueroutiers, les larrons, les femmes perdues, etc.»

(Pascal. 8e Prov.)

ALLER DANS LA DOUCEUR, voy. DANS LA DOUCEUR.

ALTÉRÉ, troublé, ému:

Un tel discours n’a rien dont je sois altéré.
(Fem. sav. V. 1.)

AMBIGU, substantif, UN AMBIGU:

C’est un ambigu de précieuse et de coquette que leur personne.

(Préc. rid. I.)

AME QUI FLOTTE SUR DES SOUPÇONS:

Et je veux qu’un amant, pour me prouver sa flamme,
Sur d’éternels soupçons laisse flotter son âme.
(Fâcheux, II. 4.)

AMI, ÊTRE AMI A QUELQU’UN:

Mais, quelque ami que vous lui soyez.
(Don Juan. III. 4)

AMIS D’ÉPÉE:

Vous êtes de l’humeur de ces amis d’épée,
Que l’on trouve toujours plus prompts à dégaîner
Qu’à tirer un teston s’il le falloit donner.
(L’Ét. III. 5.)

AMITIÉ TUANTE:

Leur tuante amitié de tous côtés m’arrête.
(Amph. III. 1.)

A MOINS QUE, suivi d’un infinitif, sans de:

Le moyen d’en rien croire, à moins qu’être insensé?
(Amph. II. 1.)

A MOINS QUE DE:

A moins que de cela, l’eussé-je soupçonné?
(L’Ét. I. 10.)

AMOUR, féminin:

Il disait qu’il m’aimoit d’une amour sans seconde.
(Éc. des fem. II. 6.)
Vous ne pouvez aimer que d’une amour grossière.
(Fem. sav. IV. 2.)

Pourquoi amour est-il aujourd’hui du masculin au singulier, et du féminin au pluriel? Cette inconséquence est toute moderne, et l’on n’en voit pas le prétexte. Un amour est un petit Cupidon; une amour est une affection de l’âme; on aurait dû y maintenir la même différence qu’entre un satyre et une satire. Amour est demeuré féminin depuis l’origine de la langue jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

«Qu’une première amour est belle!
«Qu’on a peine à s’en dégager!
«Et qu’on doit plaindre un cœur fidèle
«Quand il est réduit à changer!»
(Quinault. Atys.)

C’est comme le mot orgue, qui est aussi masculin au singulier et féminin au pluriel. Qu’y a-t-on gagné? d’être obligé de dire: C’est un des plus belles orgues du monde.

AMOUREUSEMENT, en parlant de la tendresse filiale:

Elle faisoit fondre chacun en larmes, en se jetant amoureusement sur le corps de cette mourante, qu’elle appeloit sa chère mère.

(Scapin. I. 2.)

Pascal, parlant d’un enfant que veulent ravir des voleurs, et que sa mère s’efforce de retenir:

«Il ne doit pas accuser de la violence qu’il souffre la mère qui le retient amoureusement, mais ses injustes ravisseurs.»

(8e Prov.)

AMPHIBOLOGIE:

Et de même qu’à vous je ne lui suis pas chère.
(Mélicerte. II. 3.)

Il semble que Mélicerte veuille dire: Je ne suis chère ni à lui, ni à vous; et sa pensée est au contraire: Je ne suis pas chère à votre père comme je le suis à vous. L’ellipse combinée avec l’inversion produit cette équivoque, car sans l’inversion la phrase serait encore assez claire: Je ne lui suis pas chère comme à vous, ou de même qu’à vous.

AMPLEMENT AJUSTÉ, paré fastueusement:

Quand un carrosse fait de superbe manière,
Et comblé de laquais et devant et derrière,
S’est avec grand fracas devant nous arrêté,
D’où sortant un jeune homme amplement ajusté......
(Les Fâcheux, I. 1.)

AMUSEMENT, dans le sens où l’on dit amuser quelqu’un, s’amuser à:

Tu prends d’un feint courroux le vain amusement.
(Sgan. 6.)

—Perte de temps, retard:

Moi, je l’attends ici, pour moins d’amusement.
(Tart. I. 3.)

Pour m’arrêter moins longtemps.

Le moindre amusement vous peut être fatal.
(Ibid. V. 6.)
N’est-il point là quelqu’un?—Ah que d’amusement!
Veux-tu parler?
(Mis. IV. 4.)
Mais plus d’amusement et plus d’incertitude.
(Ibid. V. 2.)
Amphitryon, c’est trop pousser l’amusement!
Finissons cette raillerie.
(Amph. II. 2.)
Henriette, entre, nous est un amusement,
Un voilé ingénieux, un prétexte, mon frère,
A couvrir d’autres feux dont je sais le mystère.
(Fem. sav. II. 3.)

La Fontaine a dit amusette dans le sens de joujou:

«Le fermier vient, le prend, l’encage bien et beau,
«Le donne à ses enfants pour servir d’amusette
(Le Corbeau voulant imiter l’Aigle.)

ANCRER (S’) CHEZ QUELQU’UN, se mettre avant dans sa faveur:

A ma suppression il s’est ancré chez elle.
(Éc. des fem. III. 5.)

ANES BIEN FAITS, bien véritables, ânes de tout point:

Ma foi, de tels savants sont des ânes bien faits!
(Fâcheux. III. 2.)

ANGER, verbe actif:

Votre père se moque-t-il de vouloir vous anger de son avocat de Limoges?

(M. de Pourc. I. 1.)

Ce mot vient du latin augere, par la confusion, autrefois très-fréquente de l’n et de l’u. De l’italien montone est venu mouton; de monasterium, par syncope monstier et moustier, de conventus, convent et couvent, etc.

«Il les angea de petits Mazillons,
«Desquels on fit de petits moinillons.»
(La Fontaine, Mazet.)

Auxit eas. De l’idée d’augmentation à l’idée d’embarras il n’y a presque pas de distance. Mais M. Auger se trompe trois fois quand il dit que anger n’est pas dans Nicot, qu’il vient du latin angere, et qu’il signifie incommoder.

Anger est dans Nicot, mais écrit par un e: enger. Cette orthographe vicieuse a prévalu, et persiste encore dans engeance, dont le sens prouve bien l’étymologie augere. C’est angoisse qui vient d’angere.

Trévoux se trompe encore plus gravement quand il fait venir enger du latin ingignere.

Anger était à la fois verbe actif et verbe neutre, absolument comme augere en latin. Voici les exemples cités par Nicot:

«L’ambassadeur Nicot a engé la France de l’herbe nicotiane,»

où l’on voit que enger n’implique pas une idée de blâme.

«La peste enge fort;...... ceste dartre enge grandement, c’est-à-dire, croist, se dilate, se multiplie.» Auget.

ANGUILLE SOUS ROCHE:

Nicole. Je crois qu’il y a quelque anguille sous roche.

(B. gent. III. 7.)

Quelque mystère caché.

ANIMALES, au féminin:

Quelques provinciales,
Aux personnes de cour fâcheuses animales.
(Fâcheux. II. 3.)

A PLEIN, VOIR A PLEIN, pleinement:

Au travers de son masque on voit à plein le traître.
(Mis. I. 1.)

«Qui voudra connoître à plein la vanité de l’homme.»

(Pascal. Pensées, p. 195.)

A PLEINS TRANSPORTS:

Goûter à pleins transports ce bonheur éclatant.
(D. Garc. III. 4.)

APPAS, D’INDIGNES APPAS, au figuré:

Mais l’argent, dont on voit tant de gens faire cas,
Pour un vrai philosophe a d’indignes appas.
(Fem. sav. V. 1.)

APPAS, au singulier, appât:

Qui dort en sûreté sur un pareil appas,
Et le plaint, ce galant, des soins qu’il ne perd pas.
(Éc. des fem. I. 1.)

Bossuet écrit de même:

«Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l’appas de sa liberté...»

(Or. fun. de la R. d’Angl.)

APPAT, SOUS L’APPAT DE...:

Ce marchand déguisé,
Introduit sous l’appât d’un conte supposé.
(L’Ét. IV. 7.)

APPLICATION, FAIRE UNE APPLICATION, appliquer un soufflet ou un coup de poing:

Chien d’homme! oh! que je suis tenté d’étrange sorte
De faire sur ce mufle une application!
(Dép. am. II. 7.)

APPRÊTER A RIRE:

N’apprêtons point à rire aux hommes,
En nous disant nos vérités.
(Amph. prol.)

APPROCHE, proximité, rapprochement:

Et quelle force il faut aux objets mis en place,
Que l’approche distingue, et le lointain efface.
(La Gloire du Val de Grâce.)

APPROCHE D’UN AIR:

L’approche de l’air de la cour a donné à son ridicule de nouveaux agréments.

(Comtesse d’Esc.)

APRÈS, préposition, recevant un complément direct:

Attaché dessus vous comme un joueur de boule
Après le mouvement de la sienne qui roule.
(L’Ét. IV. 5.)

Si bien donc que done Elvire..... s’est mise en campagne après nous?

(D. Juan. I. 1.)

Plusieurs médecins ont déjà épuisé leur science après elle.

(Méd. m. lui. I. 5.)

La pendarde s’est retirée, voyant qu’elle ne gagnoit rien après moi, ni par prières, ni par menaces.

(G. D. III. 10.)

Ils étoient une douzaine de possédés après mes chausses.

(Pourc. II. 4.)

J’ai mis vingt garçons après votre habit.

(B. g. II. 8.)

Il veut envoyer la justice en mer après la galère du Turc.

(Scapin. III. 3.)

APRÈS-DINÉE, féminin:

L’après-dînée m’a semblé fort longue.—Et moi je l’ai trouvée fort courte.

(Crit. de l’Éc. des fem. I.)

La Fontaine emploie la dînée sans après: «Mais dès la dînée le panier fut entamé.»

(Vie d’Ésope.)

Ce mot, la dînée, se rapporte au lieu et à l’heure où l’on mange le dîner, plutôt qu’au dîner lui-même.

APRÈS-SOUPÉE, par deux e, comme après-dînée:

Si je ne vous croyois l’âme trop occupée,
J’irois parfois chez vous passer l’après-soupée.
(Éc. des mar. I. 5.)
Et ce sera tantôt, n’étant plus occupée,
Le divertissement de notre après-soupée.
(Ibid. II. 9.)

ARDEURS, vif désir:

J’avois toutes les ardeurs du monde d’entrer dans votre alliance.

(Pourc. III. 9.)

ARDEZ, par apocope, regardez:

MARINETTE.
Ardez le beau museau,
Pour nous donner envie encore de sa peau!
(Dép. am. IV. 4.)

ARRÊTER, neutre, pour s’arrêter:

Mais, moi, mon jugement, sans qu’aux marques j’arrête,
Fut qu’il n’étoit que cerf à sa seconde tête.
(Fâcheux. II. 7.)
Autant qu’il vous plaira vous pouvez arrêter,
Madame, et là-dessus rien ne doit vous hâter.
(Mis. III. 5.)

Nos aïeux paraissent avoir exprimé ou supprimé arbitrairement le pronom des verbes réfléchis. Dans la version des Rois, on lit presque toujours en aller pour s’en aller:

«Goliath ki en vint de l’ost as Philistiens.» (P. 64.)—«Samuel od Saul en alad

(P. 57.)

Plaindre pour se plaindre:

«Cume deus dameiseles vinrent plaindre ad rei Salomum.»

(P. 235.)

«Pur ço en va e destruis Amalech.»

(P. 53.)

Arrêter était dans les mêmes conditions; et même aujourd’hui l’on ne dit pas arrête-toi, arrêtez-vous, mais arrête! arrêtez!

Cette faculté de prendre ou de laisser le pronom a été cause que beaucoup de verbes sont devenus exclusivement neutres ou actifs, qui dans l’origine étaient réfléchis. Car cette forme réfléchie plaisait à nos pères, pour les verbes exprimant une action dont l’auteur pouvait être aussi l’objet. Ainsi ils disaient se dormir, se disner, se combattre à quelqu’un, se fuir (d’où reste s’enfuir), se mourir, se jouer, etc.; quelques verbes sont restés dans l’indécision, comme arrêter ou s’arrêter.

«Car pour moi j’ai certaine affaire
«Qui ne me permet pas d’arrêter en chemin.»
(La Fontaine. Le Renard et le Bouc.)

ARRÊTER AVEC SOI:

Si tu veux me servir, je t’arrête avec moi.
(L’Ét. II. 9.)

Nous dirions aujourd’hui simplement: Je t’arrête.

ARTICLE mis où nous avons coutume de l’omettre, FAIRE LA JUSTICE:

Si c’étoit une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton.

(G. D. I. 3.)

Nous serons les premiers, sa mère et moi, à vous en faire la justice.

(Ibid. I. 4.)

—Mis en correspondance de un, une:

George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde.

(Ibid. I. 1.)

Elle se prend d’un air le plus charmant du monde aux choses qu’elle fait.

(L’Av. I. 2.)

Article supprimé où nous le répétons:

Dis si les plus cruels et plus durs sentiments
Ont rien d’impénétrable à des traits si charmants.
(L’Ét. I. 2.)
Il nous faut le mener en quelque hôtellerie,
Et faire sur les pots décharger sa furie.
(Ibid. I. 11.)

Le mener.... le faire décharger sa furie.

Les querelles, procès, faim, soif et maladie,
Troublent-ils pas assez le repos de la vie?
(Sgan. 17.)

Les quatre derniers substantifs sont embrassés dans l’article pluriel, placé une fois pour toutes devant le premier.

Cet emploi de l’article était une tradition du XVIe siècle. Au XVIe siècle, on n’exprimait qu’une fois l’article devant plusieurs substantifs, même de genres différents, pourvu qu’ils fussent au même nombre, c’est-à-dire, tous au pluriel ou tous au singulier:

«Quant à la hardiesse et courage, quant à la fermeté, constance et resolution contre les douleurs, etc.»

(Montaigne. III. 6.)

«Qui ne participe au hasard et difficulté ne peult pretendre interest à l’honneur et plaisir qui suit les actions hasardeuses.»

(Id. III. 7.)

La même règle s’appliquait au pronom possessif:

«Nostre royne Catherine tesmoigneroist sa liberalité et munificence

(Id. III. 6.)

«Madame Katerine, ma sœur......, est partie avecques ma litiere et cheval.......»

(La reine de Navarre. Lettres. I. p. 290.)

Notre vieille langue avait si fort le goût de l’ellipse, qu’elle s’empressait de l’admettre dès qu’il n’en résultait pas le danger d’être obscur ou équivoque. Le plus, marque du superlatif, ne se répétait pas aussi devant plusieurs adjectifs. La première fois servait pour toute la suite:

«...... Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passés au fil de l’espée, et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la negociation des perles et du poivre.»

(Montaigne. III. 6.)

Que gagnons-nous à répéter toujours l’article? ce n’est ni de la clarté, ni de la rapidité.

A SAVOIR, voy. ASSAVOIR.

AS DE PIQUE, langue piquante, mauvaise langue:

O la fine pratique,
Un mari confident!
MARINETTE.
Taisez-vous, as de pique!
(Dép. am. V. 9.)

Jeu de mots sur le sens figuré du verbe piquer.

ASSASSINANT, adjectif; RIGUEUR ASSASSINANTE: