[44] Il semble que, dans les relations très assidues de George Sand avec Delacroix, celle-ci ait fait toutes les avances; non que Delacroix ne ressentit pour elle une réelle sympathie, il ne pouvait demeurer insensible à la franchise et à la bonhomie de sa nature; ce qu'il prisait infiniment moins, c'était son talent et surtout ses théories humanitaires, qui avaient le don de l'exaspérer. Nous avons longuement insisté sur les convictions philosophiques du maître touchant la question du progrès: George Sand demeurait toujours à ses yeux la vivante incarnation de ces théories. Quant à George Sand, son admiration pour Delacroix fut toujours sans réserve, comme son amitié.
[45] Marchand de tableaux.
[46] Émile Perrin, qui était alors directeur de l'Opéra-Comique, avait étudié la peinture dans les ateliers de Gros et de Delaroche; il avait également écrit des articles de critique artistique. Il devint par la suite directeur de l'Opéra, puis, en 1870, administrateur général du Théâtre-français.
Le comte de Morny avait donné le 22 janvier 1852 sa démission de ministre de l'intérieur; il ne fut nommé qu'en 1854 président du Corps législatif.
Delangle venait d'être nommé procureur général à la Cour de cassation, en remplacement de Dupin.
Romieu, homme de lettres et administrateur. Il était alors directeur général des beaux-arts.
Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges (1801-1875), auteur dramatique, un des plus féconds librettistes de cette époque.
Boilay, publiciste et administrateur; c'était un protégé de M. Thiers; il fut rédacteur au Constitutionnel.
[47] Hippolyte Lecomte, peintre, né en 1781, mort en 1855. Il devint le beau-frère d'Horace Vernet et, grâce à lui, fut chargé de nombres commandes.
[48] Mocquart, homme politique et littérateur. Il était alors secrétaire intime et chef du cabinet de l'Empereur.
[49] Mustapha était un des modèles favoris de Géricault.
[50] Les entrevues étaient devenues aigres-douces entre Eugène Delacroix et M. Thiers. On conçoit en effet par quels côtés le tempérament de l'homme politique devait déplaire à l'artiste. Quant au fameux article écrit par M. Thiers publiciste, lors des débuts de Delacroix, et que l'on a traité de prophétique, Th. Silvestre fait observer assez justement qu'il st qu'une «paraphrase prudhommesque de l'opinion du baron Gérard, **de l'aveu de M. Thiers lui-même, qui dit à la fin de son article: L'opinion que j'exprime ici est celle d'un des grands maîtres de l'école.» Th. Silvestre ajoute que M. Thiers loue dans la même page Drolling, Dubufe, Destouches et Delacroix.
[51] Voir Catalogue Robaut, n° 1023.
[52] «Le voyageur est couché à terre demi-nu; le Samaritain, vêtu d'un manteau rouge, se penche vers lui, tandis que son cheval broute l'herbe derrière eux: au fond, le prêtre qui passe sans s'arrêter.» (H. de la MADELÈNE, Eugène Delacroix à l'Exposition du boulevard des Italiens.)
[53] Voir Catalogue Robaut, nos 1118 et 1119.
[54] Devinck, industriel, ancien président du tribunal de commerce, membre du conseil municipal de Paris.
[55] Delacroix était, paraît-il, très fier de sa fonction de conseiller municipal.
C'était là une de ces faiblesses communes à presque tous les grands hommes, et qui les poussent à chercher une application de leurs hautes facultés, en dehors du domaine où elles s'exercent naturellement. Mme Riesener, aux souvenirs de laquelle nous avons fait appel, nous racontait qu'il prenait cette fonction très au sérieux, et qu'il lui avait dit le jour de sa nomination: «Je vais donc être de ceux auxquels on demande quelque chose.» Pourtant le passage du Journal ne laisse aucun doute sur l'estime médiocre en laquelle il tenait la majorité de ses collègues.
[56] Théophile-Jules Pelouze, chimiste, membre de l'Institut. On lui doit un grand nombre de mémoires et un Traité de chimie générale analytique très apprécié.
[57] Alexandre Thierry (1803-1858), chirurgien et ancien directeur des hôpitaux.
[58] Mme Anaïs Ségalas, un des plus célèbres bas bleus du temps, auteur de contes enfantins et de petits ouvrages humoristiques.
[59] Charles Nodier avait été nommé en 1823 bibliothécaire de l'Arsenal. Son salon devint alors le rendez-vous de tout le monde littéraire et artistique. «Là, dit J. Janin, il recevait tous ceux qui tenaient honorablement une plume, un burin, une palette, un ébauchoir. »
[60] Balzac, nous l'avons déjà fait observer dans notre Étude, était antipathique à Delacroix. L'artiste ne lui pardonna jamais ce je ne sais quoi de décousu et de débraillé qui caractérisait sa personne. Delacroix n'avait pas su discerner—et ce fut une de ses rares incompréhensions—l'admirable puissance de génie que dissimulait mal son absence de goût. Et pourtant on trouve à maintes reprises, dans le Journal, des fragments détachés, des citations tirées des œuvres de Balzac, notamment tout le passage sur les artistes et les conditions de production, une des maîtresses pages de la Cousine Bette. Nous pensons que la personnalité encombrante et souvent arrogante de Balzac ne contribua pas médiocrement à écarter de lui Delacroix, car il écrivait à Pierret en 1842, de Nohant, où il se trouvait installé chez Mme Sand: «Nous attendions Balzac qui n'est pas venu, et je n'en suis pas fâché. C'est un bavard qui eût rompu cet accord de nonchalance dans lequel je me berce avec grand plaisir.» (Corresp., t. I, p. 262.)
[61] Lehmann, peintre, né à Kiel en 1814. Élève d'Ingres, il imita la manière de son maître, et fit de nombreux portraits précisément dans la société où fréquentait Delacroix. Il exécuta aussi des peintures murales. Le tableau au projet duquel Delacroix fait ici allusion pourrait bien être le Rêve, qui parut au Salon de 1852. Lehmann avait exécuté des compositions décoratives pour la salle des Fêtes de l'Hôtel de ville, et à ce propos M. Robaut, dans son Catalogue, remarque très justement que «la ville a dépensé quatre-vingt mille francs pour faire graver les compositions peintes dans la salle des Fêtes par Lehmann, et qu'elle n'a pas affecté un centime à la reproduction de l'œuvre de Delacroix.»
[62] L'opéra de Weber.
[63] Delsarte, artiste lyrique et compositeur, qui quitta tout jeune l'Opéra-Comique pour se consacrer à l'enseignement de son art. Il ne se fit plus entendre dès lors que dans les concerts et dans les salons.
[64] Delacroix veut probablement parler de son frère Charles Delacroix, qui mourut à Bordeaux le 30 décembre 1845, loin de tous les siens.
[65] Il s'agit ici d'Ambroise Firmin-Didot, de la célèbre maison des éditeurs Didot, qui fut éditeur, écrivain, et fit partie du conseil municipal, où il eut un rôle assez important.
[66] Il ne paraît pas que Delacroix ait été plus favorable aux tableaux de la jeunesse ou de la maturité qu'à ceux de la vieillesse de David, car du Maroc il écrivait à Villot en 1832: «Les héros de David et compagnie feraient une triste figure avec leurs membres couleur de rose auprès de ces fils du soleil.» Et à Thoré, en 1840: «Vous signalez fort bien que, particulièrement dans la question du dessin, on ne veut en peinture que le dessin du sculpteur, et cette erreur, sur laquelle a vécu toute l'école de David, est encore toute-puissante.»
[67] Maurice Sand, le fils de George Sand, et Lambert, avaient fait tous deux partie de l'atelier que Delacroix avait ouvert rue Neuve-Guillemin. M. Burty cite parmi les élèves qui s'y rendaient: Joly Grangedor, Desbordes-Valmore, Saint-Marcel, Maurice Sand, Andrieu, Eugène Lambert, Lassalle, Gautheron, Leygue, Th. Véron, Ferrussac.
[68] Delacroix fait allusion aux onze compositions sur la Vie d'Hercule qui décoraient les tympans du salon de la Paix à l'Hôtel de ville: Hercule a sa naissance recueilli par Junon et Minerve, Hercule entre le vice et la vertu, Hercule écorche le lion de Némée, Hercule rapporte sur ses épaules le sanglier d'Érymanthe, Hercule vainqueur d'Hippolyte, Hercule délivre Hésione, Hercule tue le centaure Nessus, Hercule enchaîne Nérée, Hercule étouffe Antée, Hercule ramène Alceste du fond des enfers, Hercule au pied des colonnes. (Voir Catalogue Robaut, nos 1152 à 1162.)
[69] Mme Herbelin, peintre. Elle était nièce du peintre Belloc, qui fut son professeur. Sur le conseil de Delacroix, elle fit de la miniature, et, y ayant acquis une réputation, s'y consacra exclusivement.
[70] Pérignon fit partie de l'administration des Beaux-Arts, en qualité de directeur du Musée de Dijon. Il était en relations assez intimes avec Delacroix, puisqu'il fut l'un des exécuteurs testamentaires du maître.
[71] Delacroix avait une vive admiration pour le talent de Rachel. Dans sa composition de la Mort de saint Jean-Baptiste, il s'était inspiré de ses traits pour peindre son Hérodiade. Dans la Sibylle au rameau d'or, tableau de 1845, il songea à la grande actrice, qui venait souvent dans son atelier. (Voir Catalogue Robaut, n° 918.)
[72] Si l'on en croit Philarète Chasles, le talent d'Alfred de Musset était antipathique à Delacroix: «C'est un poète qui n'a pas de ce couleur, me dit-il un jour; il manie sa plume comme un burin: avec elle il fait des entailles dans le cœur de l'homme et le tue en y faisant couler le corrosif de son âme empoisonnée. Moi, j'aime mieux les plaies béantes et la couleur vive du sang.» (Mémoires de Ph. Chastes, t. I, p. 331, cités par Burty, Correspondance de Delacroix, t. II, p. 68.)
Il est intéressant d'indiquer comme contre-partie l'opinion de Musset sur Delacroix. A l'époque où l'Hamlet était refusé par le jury, Musset protestait en ces termes dans la Revue des Deux Mondes: « Il semble que tant de sévérité n'est juste qu'autant qu'elle est impartiale, et comment croire qu'elle le soit, lorsqu'on voit de combien de croûtes le Musée est rempli!» Quelques années auparavant, Alfred de Musset écrivait à son frère: «J'ai rencontré Eugène Delacroix une fois en sortant du spectacle: nous avons causé peinture en pleine rue, de sa porte à la mienne et de ma porte à la sienne, jusqu'à deux heures du matin. Nous ne pouvions pas nous séparer.» (Maurice TOURNEUX, Eugène Delacroix devant ses contemporains.)
Lundi 1er mars.—L'homme qui apporte ordinairement le charbon de terre et le bois est un drôle plein d'esprit... Il cause beaucoup. Il demande l'autre jour gratification et dit qu'il a beaucoup d'enfants, Jenny lui dit: «Et pourquoi avez-vous tant d'enfants?» Il lui répond: «C'est ma femme qui les fait.» C'est un mot du plus pur gaulois... Il nous en a dit un de la même force, l'année dernière, que j'ai oublié...
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Lundi 8 mars.—Pour la première fois, au dîner de tous les mois, des seconds lundis.
—En sortant, promenade sur le boulevard avec Varcollier, et fini la soirée chez Perrin. Revu là la lithographie de Géricault[73] des chevaux qui se battent. Grand rapport avec Michel-Ange. Même force, même précision, et, malgré l'impression de force et d'action, un peu d'immobilité, par suite de l'étude extrême des détails, probablement.
—Le jury, depuis jeudi dernier, m'assassine tous les jours, et le soir, je suis comme un homme qui aurait fait dix lieues à pied.
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Vendredi 12 mars.—Prêté à M. Hédouin six esquisses de la Chambre des députés: le Lycurgue, le Chiron, l'Hésiode, l'Ovide, l'Aristote, le Démosthène.
—À lui prêté, le 2 mai, le dessin sous verre du Chiron et de l'Achille[74].
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Samedi 13 mars.—Fini au Jury.
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Lundi 15 mars.—Andrieu revenu aujourd'hui ou hier. Il avait fait deux jours au commencement du mois, interrompus par le Jury.
[73] Nous nous sommes efforcé de préciser les relations de Delacroix avec Géricault dans le premier tome du Journal. Nous avons indiqué les motifs du culte qu'il lui avait voué à ses débuts. En insistant dans notre Étude sur le changement que le temps avait apporté à certaines des opinions du maître, nous avons omis, peut-être à tort, de ne pas mentionner Géricault. Les lecteurs constateront en effet, dans une année postérieure, que Delacroix se range à l'avis de Chenavard qui fait une critique sévère de l'auteur du Naufrage de fa Méduse.
[74] Aujourd'hui au Musée du Louvre. (Voir Catalogue Robaut, n°840.)
Jeudi 1er avril.—Enterrement du pauvre Cavé. Sa mort me fait beaucoup de peine.
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Vendredi 2 avril.—A l'issue du conseil municipal, vu chez Varcollier les esquisses pour Sainte-Clotilde: la folie ne peut aller plus loin. Le pauvre Préault forcé de faire une statue gothique! Que peut-on critiquer dans des ouvrages contemporains, après ces cochonneries?
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Lundi 5 avril.—J'ai été à Saint-Sulpice ébaucher un des quatre pendentifs.
Le soir, en me promenant et un moment avant d'être noyé par la pluie d'orage qui est survenue, rencontré, rue du Mont-Thabor, Varcollier, qui m'a parlé avec horreur des petits échantillons de couleurs de L... à l'Hôtel de ville. Il voudrait que je me constitue le vengeur et le dénonciateur de ses crimes. Je lui ai objecté qu'il faudrait se mettre trop en colère, et que les méfaits nombreux de ce genre auraient dû être réprimés il y a longtemps. Je lui ai cité des ouvrages de ses amis.
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Le lendemain de ce jour, mardi 6, en revenant de Saint-Sulpice, entré à Saint-Germain, où j'ai vu les barbouillages gothiques dont on couvre les murs de cette malheureuse église. Confirmation de ce que je disais à mon ami: j'aime mieux les imaginations de Luna que les contrefaçons de Baltard, Flandrin et Cie[75].
Mardi 6 avril.—Ébauché les trois autres pendentifs.
Rencontré Cousin en revenant et toujours sur le quai.
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Mercredi 7 avril.—Les animaux ne sentent pas le poids du temps. L'imagination, qui a été donné à l'homme pour sentir les beautés, lui procure une foule de maux imaginaires; l'invention des distractions, les arts qui remplissent les moments de l'artiste qui exécute, charment les loisirs de ceux qui ne font que jouir de ces productions. La recherche de la nourriture, des courts moments de la passion animale, de l'allaitement des petits, de la construction des nids ou des tanières, sont les seuls travaux que la nature ait imposés aux animaux. L'instinct les y pousse, aucun calcul ne les y dirige. L'homme porte le poids de ses pensées aussi bien que celui des misères naturelles qui font de lui un animal. À mesure qu'il s'éloigne de l'état le plus semblable à l'animal, c'est-à-dire de l'état sauvage à ses différents degrés, il perfectionne les moyens de donner l'aliment à cette faculté idéale refusée à la bête; mais les appétits de son cerveau semblent croître à mesure qu'il cherche à les satisfaire; quand il n'imagine ni ne compose pour son propre compte, il faut qu'il jouisse des imaginations des autres hommes comme lui, ou qu'il étudie les secrets de cette nature qui l'entoure et qui lui offre ses problèmes. Celui même que son esprit moins cultivé ou plus obtus rend impropre à jouir des plaisirs délicats où cet esprit a part, se livre, pour remplir ses moments, à des délassements matériels, mais qui sont autre chose que l'instinct qui pousse l'animal à la chasse. Si l'homme chasse dans un état moyen de civilisation, c'est pour occuper son temps. Il y a beaucoup d'hommes qui dorment pour éviter l'ennui d'une oisiveté qui leur pèse et qu'ils ne peuvent néanmoins secouer par des occupations offrant quelque attrait. Le sauvage, qui chasse ou qui pêche pour avoir à manger, dort pendant les moments qu'il n'emploie pas à fabriquer, à sa manière, ses grossiers outils, son arc, ses flèches, ses filets, ses hameçons en os de poisson, sa hache de caillou.
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Jeudi 8 avril.—Coulé sur l'Hercule attachant Nérée: vermillon et laque; jaune de zinc clair et terre de Cassel.
Coulé sur le Nérée: jaune de zinc clair, laque, cobalt, bleu de Prusse.
Après avoir modelé dans la demi-teinte, reflété en ajoutant par places quelques tons chauds; touché la demi-teinte du clair avec un ton de clair rose orangé joint au ton de terre de Cassel, jaune de zinc et un mauve plus clair que celui qui a servi pour le coulé.
—Les clairs du Nérée, ton dominant: jaune zinc clair et ton mauve clair et tant soit peu d'orangé clair, c'est-à-dire cadmium, blanc vermillon.
Très belle demi-teinte reflétée: vert de Scheele avec rouge de zinc, avec mauve clair, plus foncé avec ocre de ru.
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Vendredi 23 avril.—Première représentation du Juif errant[76].
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Jeudi 29 avril.—Chez Bertin le soir: il y avait peu de monde. Goubaux[77] venu dans la journée. Parlé de la négligence avec laquelle les pièces classiques sont représentées. Il n'y a pas un directeur de théâtre du boulevard qui la souffrît dans les pièces modernes. Les acteurs du Français se sont fait une habitude de chanter leurs rôles d'une façon monotone, comme des écoliers qui récitent une leçon. Il me citait un exemple, le début d'Iphigénie: Oui, c'est Agamemnon, etc.
Il se rappelait avoir vu Saint-Prix[78], qui passait pour un talent et qui de plus avait la tradition, se lever tranquillement d'un coin du théâtre, venir réveiller Arcas et lui dire tout d'une haleine: Oui, c'est Agamemnon, etc. Quelle est évidemment l'intention de Racine? Ce oui qui commence répond évidemment à la surprise que doit manifester le serviteur éveillé avant l'aurore; par qui? par son maître, par son roi, le Roi des rois. Sa réponse ne dit-elle pas aussi que ce roi, que ce père a veillé dans l'inquiétude, longtemps avant de venir à ce confident, pour décharger une partie de son souci en en parlant? Il a dû se promener, s'agiter sur sa couche, avant de se lever. Il ne répond même pas, dans sa préoccupation, qui semble continue, à la demande de cet ami fidèle. Il se parle à lui-même; son agitation se trahit dans ce regard jeté sur sa destinée: Heureux qui, satisfait, etc.
Oui, c'est Agamemnon... répond à la surprise d'Arcas. Ces mots doivent être entrecoupés par des jeux muets et non pas défilés comme un chapelet ou comme un homme qui lirait dans un livre. Les acteurs sont des paresseux, qui ne se sont même jamais demandé s'ils pouvaient mieux faire. Je suis convaincu qu'ils suivent la route tracée, sans se douter des trésors d'expression que renferment tant de beaux ouvrages.
Goubaux me disait que Talma lui avait raconté qu'il notait toutes ses inflexions, indépendamment de la prononciation des mots. C'était un fil conducteur qui l'empêchait de dévier quand il était moins inspiré. Cette espèce de musique une fois dans sa mémoire, ramenait toutes les intonations dans un cercle dont il ne serait pas sorti sans péril de s'égarer et d'être entraîné trop loin ou à faux.
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30 avril.—Au conseil municipal, pour parler pour la bourse du fils de Roehn[79].
[75] Les principes d'esthétique de l'architecte Baltard, qui dirigeait la décoration de Saint-Germain des Prés, le rapprochaient de Flandrin, pour lequel personne n'ignore que Delacroix professait la plus profonde des antipathies.
[76] Le Juif errant, opéra en cinq actes, paroles de Scribe et Saint-Georges, musique d'Halévy.
[77] Goubaux, auteur dramatique, collaborateur de Dumas père, de Legouvé et d'Eugène Sue. Il dirigeait une institution qui devint le collège Chaptal.
[78] Saint-Prix, acteur célèbre, né en 1759, mort en 1834.
[79] Roehn (1799-1864), peintre, élève de Gros et auteur d'un grand nombre de tableaux de genre.
Mercredi 5 mai.—Parti pour Champrosay.
J'ai donné congé à Andrieu au commencement de la semaine.
Tombé au milieu du déménagement qui a été mis en ordre le lendemain. L'habitation me plaît, et le bon propriétaire empressé à me plaire.
—Il faut ébaucher le tableau comme serait le sujet par un temps couvert, sans soleil, sans ombres tranchées. Il n'y a radicalement ni clairs ni ombres. Il y a une masse colorée pour chaque objet, reflétée différemment de tous côtés. Supposez que, sur cette scène, qui se passe en plein air par un temps gris, un rayon de soleil éclaire tout à coup les objets: vous aurez des clairs et des ombres comme on l'entend, mais ce sont de purs accidents. La vérité profonde, et qui peut paraître singulière, de ceci est toute l'entente de la couleur dans la peinture. Chose étrange! elle n'a été comprise que par un très petit nombre de grands peintres, même parmi ceux qu'on répute coloristes.
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Champrosay, jeudi 6 mai.—(Le dos contre la barrière, au pied du grand chêne de l'allée de l'Ermitage.)[80] Arrivé hier mercredi 5 à Champrosay pour passer deux ou trois jours, et m'installer dans mon nouveau logement.
Vers quatre heures, sorti sur la route vers Soisy[81], pour gagner de l'appétit. J'ai trouvé là sur la poussière une trace d'eau répandue comme par le bout d'un entonnoir, qui m'a rappelé mes observations précédentes, et en différents lieux, sur les lois géométriques qui président aux accidents de même espèce, qui semblent au vulgaire des effets du hasard: tels que sillons que creusent les eaux de la mer, sur le sable fin qu'on trouve sur les plages, comme j'en ai observé l'année dernière à Dieppe, et comme j'en avais vu à Tanger. Ces sillons présentent, dans leur irrégularité, le retour des mêmes formes, mais il semble que l'action de l'eau ou la nature du sable qui reçoit ces empreintes, détermine des aspects différents, suivant les lieux: ainsi, les marques à Dieppe, des espaces d'eau sur un sable très fin, qui se trouvaient séparés çà et là ou enfermés par de petits rochers, figuraient très bien les flots mêmes de la mer. En les copiant avec des colorations convenables, on eût donné l'idée du mouvement des vagues si difficile à saisir. À Tanger, au contraire, sur une plage unie, les eaux, en se retirant, laissaient l'empreinte de petits sillons, qui figuraient à s'y méprendre les rayures de la peau des tigres. La trace que j'ai trouvée hier sur la route de Soisy représentait exactement les branches de certains arbres, quand ils n'ont pas de feuilles; la branche principale était l'eau répandue, et les petites branches qui s'enlaçaient de mille manières étaient produites par les éclaboussures qui partaient et se croisaient de droite et de gauche.
J'ai en horreur le commun des savants: j'ai dit ailleurs qu'ils se coudoyaient dans l'antichambre du sanctuaire où la nature cache ses secrets, attendant toujours que de plus habiles en entre-bâillent la porte: que l'illustre astronome danois ou norvégien ou allemand Borzebilocoquantius[82] découvre avec sa lunette une nouvelle étoile, comme je l'ai vu dernièrement mentionné, le peuple des savants enregistre avec orgueil la nouvelle venue, mais la lunette n'est pas fabriquée qui leur montre les rapports des choses.
Les savants ne devraient vivre qu'à la campagne, près de la nature; ils aiment mieux causer autour des tapis verts des académies, de l'Institut, de ce que tout le monde sait aussi bien qu'eux; dans les forêts, sur les montagnes, vous observez des lois naturelles, vous ne faites pas un pas sans trouver un sujet d'admiration.
L'animal, le végétal, l'insecte, la terre et les eaux sont des aliments pour l'esprit qui étudie et qui veut enregistrer les lois diverses de tous ces êtres. Mais ces messieurs ne trouvent pas là la simple observation digne de leur génie; ils veulent pénétrer plus avant, et font des systèmes du fond de leur bureau qu'ils prennent pour un observatoire. D'ailleurs, il faut fréquenter les salons et avoir des croix ou des pensions; la science qui met sur cette voie-là vaut toutes les autres.
Je compare les écrivains qui ont des idées, mais qui ne savent pas les ordonner, à ces généraux barbares qui menaient au combat des nuées de Perses ou de Huns, combattant au hasard, sans ordre, sans unité d'efforts, et par conséquent sans résultats; les mauvais écrivains se trouvent aussi bien parmi ceux qui ont des idées, que chez ceux qui en sont dépourvus.
Promenade charmante dans la forêt, pendant qu'on arrange chez moi. Mille pensées diverses suggérées au milieu de ce sourire universel de la nature. Je dérange à chaque pas, dans ma promenade, des rendez-vous, effets du printemps; le bruit que je fais en marchant dérange les pauvres oiseaux, qui s'envolent toujours par couple de deux.
Ah! les oiseaux, les chiens, les lapins! Que ces humbles professeurs de bon sens, tous silencieux, tous soumis aux décrets éternels, sont au-dessus de notre vaine et froide connaissance!
À tout moment, le bruit de mes pas fait fuir ces pauvres oiseaux, qui s'envolent toujours deux par deux. C'est le réveil de toute cette nature; elle a ouvert la porte aux amours. Il vient de nouvelles feuilles verdoyantes, il va naître des êtres nouveaux, pour peupler cet univers rajeuni. Le sens savant s'éveille chez moi plus actif que dans la ville. Ces imbéciles (les savants) vivent dans leur cabinet, ils le prennent pour le sanctuaire de la nature. Ils se font envoyer des squelettes et des herbes desséchées, au lieu de les voir baignées de rosée.
—Me voici assis dans un fossé sur des feuilles séchées, près du grand chêne qui se trouve dans la grande allée de l'Ermitage.
—Je suis toujours sujet, au milieu de la journée à un abattement qui est le dernier acte de la digestion.
—Quand je rentre aussi de ces promenades du matin, je suis moins disposé, ou plutôt je ne suis plus disposé du tout au travail.
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Vendredi 7 mai.—Revenu à Paris pour voir l'esquisse de Riesener chez Varcollier; elle ne s'y est pas trouvée, quoiqu'il l'y eût envoyée. J'avais fait une séance le matin au Jardin des plantes. J'y ai fait renouveler ma carte. Travaillé au soleil, parmi la foule, d'après les lions.
En arrivant, pris, dans le jardin, de ma langueur; je me suis mis à dormir au soleil, sur une chaise.
—Couru l'après-midi, pour l'affaire du fils de Varcollier, de l'Hôtel de ville jusque passé la place de la Bourse, sans trouver une voiture libre. Je suis venu chez moi voir mes lettres, envoyer les billets disponibles pour la fête de lundi, et reparti à cinq heures.—Arrivée toujours charmante dans cet endroit. Revenu à travers la plaine.
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Lundi 10 mai.—Jour de la distribution des aigles, que j'ai passé à Champrosay.
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Paris, mardi 11 mai.—Parti de Champrosay à onze heures un quart. J'ai envoyé ces demoiselles[83] à la maison et suis resté au Jardin des plantes. Vu les galeries d'anatomie au milieu d'une foule énorme; malgré les inconvénients, j'ai été intéressé.
Venu pour dîner.
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Mercredi 12 mai.—J'extrais d'une lettre à Pierret mes réflexions sur l'interruption de mon travail pendant huit jours.
«... Il ne faut pas quitter sa tâche: voilà pourquoi le temps, voilà pourquoi la nature, en un mot tout ce qui travaille lentement et incessamment, fait de si bonne besogne. Nous autres, avec nos intermittences, nous ne filons jamais le même fil jusqu'au bout. Je faisais, avant mon départ, le travail de M. Delacroix d'il y a quinze jours: je vais faire à présent le travail de Delacroix de tout à l'heure. Il faut renouer la maille, le tricot sera plus gros ou plus fin.»
Le cousin Delacroix a dîné avec moi. J'avais trouvé sa carte vendredi dernier. Nous avons été finir la soirée au café de Foy.
[80] Tous ces chênes, arbres séculaires de la forêt de Sénart, devinrent pour Delacroix le sujet de croquis plus ou moins arrêtés dont on retrouve la trace dans son œuvre.
[81] Soisy-sous-Étiolles, canton de Corbeil.
[82] Berzélius, savant suédois dont le nom est écrit autrement sur la couverture du carnet d'où ces notes sont extraites: Berzebilardinocoquentius.
[83] Il s'agit de sa gouvernante Jenny et de la servante.
Mardi 1er juin.—Superbe ton jaune pour mettre à côté de terre de Cassel, blanc et laque, composé de quatre des principaux tons de la palette, à savoir:
Laque, cobalt, blanc,
Ocre de ru, vermillon,
Vert émeraude, laque de gaude, jaune de zinc,
Cadmium, vermillon, laque de gaude.
Très beau ton d'ombre pour chair très colorée (exemple: la figure à côté de la Furie): le ton de terre de Cassel, laque jaune, jaune indien, terre d'Italie naturelle.
Ton de chair (très beau dans l'ombre de l'enfant à la corne de l'abondance); le ton de laque, terre de Cassel, blanc le plus foncé des deux et le ton de cadmium, laque de gaude et vermillon.
Dans l'enfant qui vole en haut, faire dominer, en finissant, des tons d'orangé (laque jaune, cadmium, vermillon) avec un gris de terre d'ombre et blanc, ou momie et blanc, ou Cassel et blanc.
Ce ton orangé et terre verte.
Ces tons orangés, en finissant, très essentiels pour ôter la froideur ou le violacé du ton.
Pour les luisants, très beau ton très applicable: terre verte et mauve clair (cobalt, laque et blanc).
Très belle demi-teinte ou luisant analogue à la dernière: terre verte et rose (vermillon et blanc).
Pour reprendre le ciel autour des contours, momie et blanc assez foncé avec bleu et blanc. Un peu de jaune de Naples.
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Mardi 8 juin.—Dîné chez Véron, à Auteuil.
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Mercredi 9.—Dîné chez Halévy avec Janin[84] et le docteur Blache[85], qui me plaît assez.
[84] Jules Janin, tout en faisant des réserves sur le talent de Delacroix, avait pris sa défense à plusieurs reprises. C'est ainsi qu'il protesta longuement dans les premières années contre l'exclusion qui frappait chaque année Delacroix et Préault.
[85] Le docteur Blache était un médecin célèbre de l'époque.
Lundi 5 juillet.—Dîné chez Perrin avec X...
On parlait de la susceptibilité des gens nerveux pour sentir le temps qu'il faisait. Il dit très bien que l'intérêt mis en jeu était encore plus perspicace. En sa qualité de directeur de spectacle, il avait flairé avec chagrin la continuité de la chaleur. Dîné là avec Halévy, Boilay, Varcollier, Guillardin. Revenu prendre des glaces avec eux sur le boulevard.
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Mardi 6 juillet.—Mardi soir, arrivé à Champrosay.
Prêté à Mme Halévy, en partant pour Champrosay, les deux copies de Raphaël, l'Enfant et le Portrait à la main.
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Samedi 10 juillet.—Prêté à Lehmann les Études de lions.—Rendues.
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Dimanche 11 juillet.—Autre jaune très beau Ocre de ru ou ocre jaune et rouge de zinc.—Ton à mettre en vessies: ocre jaune, jaune indien, cassel, blanc (se remplace par ocre jaune, momie et blanc).
À côté, ocre de ru, terre Sienne brûlée.
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Lundi 12 juillet.—Très beau ton brun transparent: noir d'ivoire, terre de Sienne naturelle, et l'orangé transparent de la palette un peu plus verdâtre.
Le ton terre de Cassel, laque jaune, jaune indien, avec le même orangé (laque jaune, vermillon, cadmium).
Le plus intense de ces tons est très beau avec l'orangé et momie ou bitume.
Beau brun très simple et très utile: momie, terre Sienne naturelle. Brun foncé transparent, remplaçant le jaune de mars et plus foncé: laque et vermillon, terre Sienne naturelle.
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Mardi 13 juillet.—Le ton de vermillon de Chine et laque, la nuance foncée à côté de blanc et noir foncé. La nuance claire de vermillon et laque à côté de la laque de gaude pure.
Ce mélange sert à réchauffer les ombres vigoureuses que l'on ébauche avec le ton de terre de Cassel et vermillon.
—Mettre le ton de terre de Cassel, blanc clair, terre de Cassel, laque et brun rouge plus foncé, au milieu des tons de rose, d'orangé, de violet, d'ocre de ru et de vermillon, etc., qui font les tons clairs.
Le beau ton jaune: ocre jaune, jaune indien blanc, cassel mêlé avec le petit violet.
Autre mélange avec le ton vermillon clair et laque: ton sanguine charmant.
—Beau ton jaune: rouge orangé de zinc, ocre de ru.
—Clairs de l'Hercule et du Centaure: Terre Cassel et blanc clair.—Cadmium, vermillon, blanc comme base.
Ombres chaudes: laque jaune et vermillon laque; au bord de l'ombre, un peu de gros violet; sur ce frottis, le ton de terre de Sienne, vert émeraude, le gros violet mêlé avec laque jaune et laque rouge, vermillon fait des vigueurs superbes.
Il faut mettre sur la palette le gros violet à côté du laque foncé, vermillon, laque jaune.
Ombres et demi-teinte de l'Antée: Gros violet laque, vermillon, gaude foncée, avec le ton de Sienne naturelle et vert émeraude.
Jaune indien, jaune de zinc clair.—Superbe gomme-gutte. Ton des montagnes, dans l'Antée: Vert émeraude; deuxième avec noir, blanc foncé, bitume, etc., vert émeraude et laque Cassel et blue foncé.—Beau ton neutre pour montagnes.
—Terre d'Italie naturelle et vermillon ou vermillon et laque équivaut à peu près à rouge de zinc.
Le ton paille de terre de Cassel, blanc, ocre jaune et jaune indien, excellente demi-teinte de l'enfant à la corne d'abondance, en le mêlant, soit avec cobalt ou laque et vermillon, soit avec ton orangé.
Demi-teinte pour la chair, veines, bords d'ombre, etc.: le ton de noir et blanc avec vert émeraude.
Autre plus beau: le ton de cobalt, blanc, laque claire avec vert émeraude.
Brun très beau (approche de jaune laque de Rome): laque brûlée, terre Sienne naturelle, jaune foncé, laque de gaude.
Plus intense, avec laque jaune de Rome foncée.
Brun très transparent demi-foncé, très utile: terre Sienne naturelle et vert émeraude avec laque et vermillon.
—Brun plus clair, violâtre paille, en ajoutant au précédent le ton de cobalt, laque et blanc (mauve clair).—Brun jaune clair transparent; le ton de vert émeraude, jaune de zinc avec le ton orangé transparent de cadmium, gaude, vermillon—ce dernier dominant.
—Brun jaune foncé: terre Sienne naturelle, vert émeraude, avec le ton orangé transparent.
—Beau vert approchant du ton de ciel de l'Apollon: vert émeraude, jaune de zinc, avec le ton orangé transparent.
Bel orangé transparent: gaude avec rouge de zinc; le même avec une pointe de vert émeraude et zinc clair, donne le ton de ciel de l'Apollon.
—Brun foncé dans le genre de la laque de Rome: jaune, terre de Cassel, gaude, jaune indien avec laque vermillon foncé...
—Très beau aussi: Brun de Florence, terre Sienne naturelle et gaude.
—Très beau aussi: Brun de Florence et jaune indien.
—Brun clair transparent: le même ton avec terre de Cassel, blanc, jaune de zinc clair, rouge de zinc, etc.
Jaune paille très fin, très fin: le précédent avec addition de jaune de Naples et le ton de jaune de zinc et vert émeraude.
—Plus beau: avec une pointe de laque et vermillon et du ton vert clair de zinc et d'émeraude.
Brun demi-teinte pour chair: Rouge de zinc et le le Cassel, blanc et laque.—Le plus simple de ces bruns paille clair et demi-clair est peut-être la terre Cassel, blanc avec terre de Sienne nature, plus ou moins foncé.
Le ton paille, ocre jaune, terre de Cassel, blanc avec une pointe de vermillon.—Excellent ton chair point violacé.
—Vert émeraude et blanc clair, avec pointe d'ocre jaune: Clairs d'arbres, dans le lointain.
Pour retoucher en éclaircissant comme dans la Muse: ton d'ombre des chairs, le ton de Sienne naturelle et vert émeraude, avec vermillon et laque clair, et jaune paille un peu intense.
Bord d'ombre très beau, vert émeraude et le ton laque, vermillon, laque jaune.
Brillants de la chair dans le Mercure et le Neptune: Brun rouge, blanc, avec jaune de Naples.
Main de la Vénus tenant le miroir, fraîcheur extraordinaire: Demi-teinte générale des doigts touchée avec le ton mauve, cobalt, laque et blanc un peu foncé mêlé à vert émeraude fin; plus ou moins blanc suivant la place.
À côté, pour les ombres, glacis très léger d'un ton chaud de laque jaune, laque rouge, vermillon et plus ou moins d'un ton jaune rompu, mais toujours transparent. Le même, par exemple, qui se glisse un fond de chair déjà peint où je veux augmenter une demi-teinte.—Je commence par ce glacis chaud et je mets à sec (surtout) un gris par-dessus (se rappeler la retouche de la Vénus), notamment sur la jambe; les gris remis sur un fond, chaud ont reproduit l'effet demi-teintes de l'esquisse de la Médée.
Demi-teinte sur une partie trop claire, par exemple le dentelé du côté du clair de Neptune, préparé avec un ton chaud transparent, plus ou moins foncé, suivant le besoin, par exemple le ton de Sienne naturelle, vert émeraude, et mettre le ton gris par-dessus, soit terre Cassel, blanc, laque, soit le ton mauve.
—Rompre sur la palette les tons très clairs de cadmium, vermillon, blanc, et de vermillon et blanc. Dans ce dernier, ajouter terre de Cassel ou un peu plus de vermillon.
—Ton pour la mer d'Andrieu, dans l'Hercule et Hésione.
—Dans cette Vénus, employé avec succès le bord d'ombre, de vert émeraude et ton de vermillon, laque et laque jaune. Ce ton opposé aux tons orangés de la figure est d'un grand charme.
—Dans les retouches, pour ajouter des demi-teintes, comme dans cette figure, toujours préparer avec des tons chauds et mettre le ton gris ensuite.
—Reflets pour la chair (la Vénus des caissons de l'Hôtel de ville).—La réunion, sans les mêler, des TROIS TONS ORANGÉS TRANSPARENTS (cadmium, laque jaune, vermillon) VIOLET CLAIR (laque rose, cobalt, blanc) et VERT CLAIR (zinc et émeraude); le même reflet, pour ainsi dire, partout, linge, armures, etc.
Ton de laque brûlée, vermillon, blanc, et à côté le même plus clair, avec très peu de laque brûlée. Ce ton, à côté de l'orangé, vermillon, laque jaune, cadmium.
—Excellent ton avec plus ou moins de blanc ou d'orangé, pour couler sur la grisaille, ou pour reprendre une chair vive.
La petite Andromède couchée ainsi.
—Mauve un peu foncé à côté du ton rose—demi-teinte d'une jeune ingénue; le moindre vert, à côté, la complète.
Vert émeraude, terre d'Italie, très beau jaune vert.
En y ajoutant du vermillon, il devient sanguiné, sans être rouge, et est très utile; il peut se placer à côté du ton Sienne naturelle, vert émeraude, jaune indien.
Dieppe.—Lundi 6 septembre.—Parti pour Dieppe à huit heures; à neuf heures à Mantes; à dix heures un quart, à peu près, à Rouen. Le reste du trajet, n'étant pas direct, a été beaucoup plus long.
Arrivé à Dieppe à une heure. Trouvé là M. Maison. Logé hôtel de Londres avec la vue sur le port que je souhaitais, et qui est charmante. Cela me fera une grande distraction.
Dans toute cette fin de journée, dont j'ai passé une grande partie sur la jetée, je n'ai pu échapper à un extrême ennui. Dîné seul à sept heures, près de gens que j'avais rencontrés déjà sur la jetée, et qui m'avaient, dès ce moment, inspiré de l'antipathie; ce sentiment s'est encore augmenté pendant ce triste dîner. Naturel de chasseurs demi-hommes du monde, la pire espèce de toutes.
J'ai trouvé dans la voiture jusqu'à Rouen un grand homme barbu et très sympathique, qui m'a dit les choses les plus intéressantes sur les émigrants allemands et particulièrement sur certaines des colonies de cette race, qui se sont établies dans plusieurs parties de la Russie méridionale, où il les a vues. Ces gens, descendant en grande partie des Hussites, qui sont devenus les Frères Moraves. Ils vivent là en communauté, mais ne sont point des communistes, à la manière dont on entendait cette qualification en France, dans nos derniers troubles: la terre seulement est en commun, et probablement aussi les instruments de travail, puisque chacun doit à la communauté le tribut de son travail; mais les industries particulières enrichissent les uns plus que les autres, puisque chacun a son pécule, qu'il fait valoir avec plus ou moins de soin et d'habileté; il y a possibilité de se faire remplacer pour le travail commun. Ils se donnent le nom de Méronites ou Ménonites.
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Mercredi 8 septembre.—Trouvé Durieu[86] et sa pupille à Dieppe: je les ai menés dans les églises.
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Jeudi 9 septembre.—Tous ces jours-ci, j'ai eu mauvais temps et difficulté de jouir de la mer et de la promenade.
Rencontré Dantan[87], qui m'a dit des choses aimables.
Vu l'église du Pollet. Cette simplicité est toute protestante; cela ferait bien avec des peintures.
Le soir, j'ai joui de la mer, pendant une heure et demie; je ne pouvais m'en détacher.
Vraiment, il faut accorder à la littérature moderne d'avoir donné, par les descriptions, un grand intérêt à certains ouvrages, qui n'avaient pas une place suffisante. Seulement, l'abus qu'on a fait de cette qualité, à ce point qu'elle est devenue presque tout, a dégoûté du genre.
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Vendredi 10 septembre.—Ce matin, sorti à sept heures et demie, contre ma coutume. Je m'étais mis à lire Dumas, qui me fait supporter le temps que je ne passe pas au bord de la mer. La mer la plus calme, la vue avec le soleil du matin, toutes ces voiles de pêcheurs à l'horizon m'ont enchanté. Je suis rentré en retournant plusieurs fois la tête.
En revenant vers quatre heures du quartier des bains, rencontré M. Perrier. Il a dîné avec nous. Le soir, nous avons été ensemble à la jetée. Il a dit, comme moi, que c'était magnifique, sans regarder, et il m'a parlé tout le temps du conseil. Je l'ai remis dans sa chambre, où il m'a causé longuement, pendant que je m'endormais.
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Samedi 11 septembre.—En me réveillant, j'ai vu de mon lit le bassin à peu près plein et les mâts des bâtiments se balançant plus qu'à l'ordinaire; j'en ai conclu que la mer devait être belle; j'ai donc couru à la jetée et j'ai effectivement joui, pendant près de quatre heures, du plus beau spectacle.
La jeune dame de la table d'hôte, qui se trouve être seule, y était à son avantage; il est vrai que le noir lui sied mieux et ôte un peu de vulgarité. Elle était vraiment belle par instants; et moi assez occupé d'elle, surtout quand elle est descendue au bord de la mer, où elle a trouvé charmant de se faire mouiller les pieds par le flot. À table, sur le tantôt, je l'ai trouvée commune. La pauvre fille jette ses hameçons comme elle peut: le mari, ce poisson qui ne se trouve pas dans la mer, est l'objet constant de ses œillades, de ses petites mines. Elle a un père désolant... J'ai cru longtemps qu'il était muet; depuis qu'il a ouvert la bouche, ce qui, à la vérité, est fort rare, il a perdu encore dans mon opinion; car auparavant, c'était l'écorce seule qui était peu flatteuse.
Ce soir, je les ai retrouvés à la jetée.
Rentré, lu mon cher Balsamo[88].
Déjeuné vers une heure et demie, contre mon habitude.—Habillé et sorti.—J'ai été finir mes emplettes chez l'ivoirier et ai passé mon temps délicieusement jusqu'à dîner, au pied des falaises.
La mer était basse et m'a permis d'aller fort loin sur un sable qui n'était pas trop humide. J'ai joui délicieusement de la mer; je crois que le plus grand attrait des choses est dans le souvenir qu'elles réveillent dans le cœur ou dans l'esprit, mais surtout dans le cœur. Je pense toujours à Bataille, à Valmont[89], quand je m'y suis trouvé pour la première fois, il y a tant d'années... Le regret du temps écoulé, le charme des jeunes années, la fraîcheur des premières impressions agissent plus sur moi que le spectacle même. L'odeur de la mer, surtout à marée basse, qui est peut-être son charme le plus pénétrant, me remet, avec une puissance incroyable, au milieu de ces chers objets et de ces chers moments qui ne sont plus.
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Dimanche 12 septembre.—Très belle journée: le soleil de bonne heure. J'avais devant mes fenêtres les bâtiments pavoisés.
J'ai trouvé sur la jetée Mme Sheppard. Elle m'a invité à dîner pour demain. J'ai esquivé la jeune dame d'hier, qui devient assommante; elle et son monde ont encore gâté ma soirée; impossible de les éviter à la jetée... En vérité, je suis d'une bêtise extrême: je suis simplement poli et prévenant pour les gens; il faut qu'il y ait dans mon air quelque chose de plus. Ils s'accrochent à moi, et je ne peux plus m'en défaire. Entré un moment à l'établissement le soir, grâce à l'instance de Possoz[90], qui est là comme chez lui: la mer, qui était pleine, se brisait avec une belle fureur.
—Je fais ici d'une manière assez complète cette expérience qu'une liberté trop complète mène à l'ennui. Il faut de la solitude et il faut de la distraction. La rencontre de P..., que je redoutais, m'est devenue une ressource à certains moments. Celle de Mme Sheppard de même pour quelques instants. Sans Dumas et son Balsamo, je reprenais le chemin de Paris, si bien que maintenant ces interruptions à ma solitude sont ce qui me prend le plus de temps, et je suis loin de regretter mes vagues rêveries.
Tout ce qui est grand produit à peu près la même sensation. Qu'est-ce que la mer et son effet sublime? celui d'une énorme quantité d'eau... Hier soir, j'écoutais avec plaisir le clocher de Saint-Jacques qui sonne très tard, et en même temps je voyais dans l'ombre la masse de l'église. Les détails disparaissant, l'objet était plus grand encore; j'éprouvais la sensation du sublime, que l'église vue au grand jour ne me donne nullement, car elle est assez vulgaire. Le modèle exact en petit de la même église serait encore plus loin de faire éprouver ce sentiment. Le vague de l'obscurité ajoute encore beaucoup à l'impression de la mer: c'est ce que je voyais à la jetée pendant la nuit, quand on n'entrevoit qu'à peine les vagues, qui sont tout près, et que le reste se perd dans l'horizon. Saint-Remy me produit beaucoup plus d'effet que Saint-Jacques, qui est cependant d'un meilleur goût, plus ensemble et d'un style continu. La première de ces deux églises est d'un goût bâtard tout à fait semblable à l'église de l'abbaye de Valmont, et qui prêterait beaucoup à la critique des architectes. Saint-Eustache, qui est dans le même cas, quoique plus conséquent dans toutes ses parties, est assurément l'église la plus imposante de Paris. Je suis sûr que Saint-Ouen[91] regratté ne fera plus d'effet; l'obscurité des vitraux et les murs noircis, les toiles d'araignée, la poussière, voilaient les détails et agrandissaient le tout. Les falaises ne font d'effet que par leur masse, et cet effet est immense, surtout quand on y touche, ce qui augmente encore le contraste de cette masse avec les objets qui les avoisinent et avec notre propre petitesse.
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Lundi 13 septembre.—Comment! sot que tu es, tu t'égosilles à discuter avec des imbéciles, tu argumentes vis-à-vis de la sottise en jupons, pendant une soirée entière, et cela sur Dieu, sur la justice de ce monde, sur le bien et le mal, sur le progrès?
Ce matin, je me lève fatigué, sans haleine... Je ne suis en train de rien, pas même de me reposer. O folie, trois fois folie!... Persuader les hommes! Quel entassement de sottises dans la plupart de ces têtes! Et ils veulent donner de l'éducation à tous les gens nés pour le travail, qui suivent tout bonnement leur sillon, pour en faire à leur tour des idéologues!... Toutes ces réflexions, à propos du dîner chez Mme Sheppard.
Ce matin, trouvé une méduse à la jetée. Ces gens que je rencontre m'empêchent de jouir de la mer. Il est temps de s'en aller... Après déjeuner, j'ai été sur le galet vers les bains. Rentré fatigué, après avoir dessiné, en revenant, à Saint-Remy, les tombeaux. Resté chez moi jusqu'à l'heure de cet affreux dîner...
Ce matin, avant de sortir, écrit à Mme de Forget.
—Agis pour ne pas souffrir. Toutes les fois que tu pourras diminuer ton ennui ou ta souffrance en agissant, agis sans délibérer. Cela semble tout simple au premier coup d'œil. Voici un exemple trivial: je sors de chez moi; mon vêtement me gêne; je continue ma route par paresse de retourner et d'en prendre un autre.
Les exemples sont innombrables. Cette résolution appliquée aux vulgarités de l'existence, comme aux choses importantes, donnerait à l'âme un ressort et un équilibre qui est l'état le plus propre à écarter l'ennui. Sentir qu'on a fait ce qu'il fallait faire vous élève à vos propres yeux. Vous jouissez ensuite, à défaut d'autre sujet de plaisir, de ce premier des plaisirs, être content de soi. La satisfaction de l'homme qui a travaillé et convenablement employé sa journée est immense. Quand je suis dans cet état, je jouis délicieusement ensuite du repos et des moindres délassements. Je peux même, sans le moindre regret, me trouver dans la société des gens les plus ennuyeux. Le souvenir de la tâche que j'ai accomplie me revient et me préserve de l'ennui et de la tristesse.
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Mardi 14 septembre.—Ma dernière journée à Dieppe n'a pas été la meilleure. J'avais la gorge irritée d'avoir trop parlé la veille. J'ai été au Pollet, après avoir fait ma malle, pour éviter les rencontres. J'ai vu entrer dans le port le bâtiment qu'on venait de lancer, remorqué par une chaloupe. Rentré mal disposé. J'ai été faire ma dernière visite à la mer, vers trois heures. Elle était du plus beau calme et une des plus belles que j'aie vues. Je ne pouvais m'en arracher. J'étais sur la plage et n'ai point été sur la jetée de toute la journée. L'âme s'attache avec passion aux objets que l'on va quitter.
Parti à sept heures moins un quart. Chose merveilleuse! nous étions à Paris à onze heures cinq. Un jeune homme fort bienveillant, mais qui m'a fatigué, a partagé ma société. Il avait dîné avec moi en tête-à-tête. J'ai trouvé à Rouen Fau et sa petite fille.
—C'est d'après cette mer que j'ai fait une étude de mémoire: ciel doré, barques attendant la marée pour rentrer.
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Paris, 15 septembre.—Sophocle, à qui on demandait si, dans sa vieillesse, il regrettait les plaisirs de l'amour[92], répondit: « L'amour? Je m'en suis délivré de bon cœur comme d'un maître sauvage et furieux.»
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Dimanche 19 septembre.—Dîné chez M. Guillemardet, à Passy, avec M. Talentino, employé par Demidoff.
Je travaille énormément, depuis mon retour de Dieppe, aux caissons de l'Hôtel de ville. Je ne vois personne. Je fais d'excellentes journées.
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Lundi 20 septembre.—Sur l'architecture. C'est l'idéal même; tout y est idéalisé par l'homme. La ligne droite elle-même est de son invention, car elle n'est nulle part dans la nature. Le lion cherche sa caverne; le loup et le sanglier s'abritent dans l'épaisseur des forêts; quelques animaux se font des demeures, mais ils ne sont guidés que par l'instinct; ils ne savent ce que c'est de les modifier ou de les embellir. L'homme imite dans ses habitations la caverne et le dôme aérien des forêts; dans les époques où les arts sont portés à la perfection, l'architecture produit des chefs-d'œuvre: à toutes les époques, le goût du moment, la nouveauté des usages introduisent des changements qui témoignent de la liberté du goût.
L'architecture ne prend rien dans la nature directement, comme la sculpture ou la peinture; en cela elle se rapproche de la musique, à moins qu'on ne prétende que, comme la musique rappelle certains bruits de la création, l'architecture imite la tanière, ou la caverne, ou la forêt; mais ce n'est pas là l'imitation directe, comme on l'entend en parlant des deux arts qui copient les formes précises que la nature présente.
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Mardi 28 septembre.—Ce jour est le dernier où j'ai travaillé avant mon indisposition. Villot est tombé des nues chez moi, et sa visite m'a fait plaisir; mais à partir de ce jour, j'ai été pris d'une langueur et d'un mal de gorge[93] qui m'a couché tout à plat. Je venais de remonter mon tableau, que craignais de trouver trop sombre en place.