10, Escrit.—En dehors de ses Commentaires sur la guerre des Gaules et la guerre civile qui seuls nous restent, de ses lettres au Sénat, à Cicéron, à ses amis, César aurait écrit sur la grammaire, l’éloquence, l’histoire, et encore des poèmes, une tragédie d’Œdipe et des recueils de faits mémorables qu’Auguste défendit de publier; on lui attribuait aussi des livres sur les Augures et une Cosmographie qui ne furent probablement composés que sur ses ordres.
15, Actiue.—Suétone dit qu’il faisait au besoin cent milles par jour (150 kil.), passait les rivières à la nage ou sur des outres, arrivait souvent avant qu’on ne fût instruit de son départ. Florus le compare à la foudre; et Cicéron, dans le temps même où il parlait de lui en ennemi, le regardait comme un prodige de promptitude et de vigilance.
16, Labeur.—Dur au travail; c’est une expression toute latine.
19, Oppius.—Suétone, César, 53.—Oppius, lieutenant et ami de César, est regardé comme le véritable auteur des guerres d’Alexandrie, d’Afrique et d’Espagne, attribuées à César. Plutarque estime qu’il ne saurait être cru qu’avec réserve dans tout ce qu’il rapporte des amis et des ennemis de celui-ci, dont lui-même était le familier.
22, Boulenger.—Chez les Romains, tous les artisans étaient des esclaves.
25, Pays.—Suétone, César, 53.
28, Catilina.—Perdu de dettes, Catilina entreprit de rétablir sa fortune par le sac de Rome. Sa conjuration, ourdie parmi ses compagnons de débauche et tous les libertins de la ville, fut déjouée par Cicéron; lui-même mourut les armes à la main, en combattant les troupes envoyées contre lui.
29, Cachetes.—Une lettre, un billet doux qui se remettent en cachette, à la dérobée.
34, Yurongne.—Plutarque, Caton d’Utique, 7.
10, Douceur.—Montaigne, liv. II, ch. II (II, 100), se montre moins indulgent qu’ici vis-à-vis de César. Parmi les actes qui lui sont reprochés est l’exil à perpétuité, en un lieu déterminé avec privation de tous leurs droits de citoyens, de nombre de ses adversaires politiques, les Plancius, les Nigidius, les Cecina, etc., qui n’avaient d’autres torts que d’avoir défendu contre lui le Sénat et les lois.
17, Liberté.—Cn. Magius, L. Vibullius Rufus, etc. César, De Bello civili, I, 24; III, 10, etc.
20, Luy.—Suétone, César, 75.
27, Romains.—Id., ibid., 75.
32, Conduire.—Ce ne fut que durant la guerre civile et seulement envers ceux qui avaient qualité de citoyens romains que César en agit ainsi; ailleurs et contre tous autres il agit bien différemment, souvent avec la plus grande inhumanité: il ne faisait d’ordinaire aucun quartier à l’ennemi; ordonnait fréquemment, après une victoire, qu’on tuât «toute la durée d’un jour». A Uxellodunum (que l’on croit être Cahors), il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes. Il lui est arrivé de faire fermer les ouvertures de cavernes où s’étaient réfugiées des populations inoffensives et de les faire de la sorte mourir de faim et d’incendier des forêts pour faire périr les restes d’armées en déroute. Quant à sa conduite à l’égard de Vercingétorix vaincu (II, 656), pour être de pratique fréquente chez les Romains, on ne saurait certes pas la qualifier de magnanime.
37, Feindre.—«La modération, a dit Montesquieu, en parlant de César, que l’on montre après qu’on a tout usurpé, ne mérite pas de grandes louanges.»
40, Consul.—Suétone, César, 73.
1, Testonner.—Piquer, satiriser (V. N. II, 524); ce mot peut être traduit ici presque littéralement, en y employant le langage familier où l’on dit de quelqu’un vivement critiqué, qu’il a été habillé de bonne façon.
2, Mamurra.—Chevalier romain qui acquit de prodigieuses richesses dans les Gaules où, en qualité d’Intendant de l’armée, il avait accompagné César dont il était un des compagnons de débauche. Catulle, carmen 29.
3, Table.—Suétone, César, 73.
5, Aduerty.—Id., ibid., 75.
9, Autheurs.—Id., ibid., 75.
12, Descouuert.—Id., ibid., 72.
15, Plaignist.—Id., ibid., 48.
22, Largesse.—Dion Cassius relate que le soin extrême qu’avait César d’accumuler des richesses et de se faire donner de l’argent sous quelque prétexte que ce fût, provenait des dépenses excessives qu’il avait à faire pour arriver à la domination, s’y maintenir et l’agrandir, disant lui-même que pour parvenir à ce but, on avait besoin de deux choses qui se soutenaient l’une par l’autre: de l’argent et des troupes.
26, Bien.—Suétone, César, 72.
26, L’enyura.—Cette furieuse passion l’enivra.
28, Nom.—L’éd. de 88 aj.: vain.
29, Loix.—Suétone, César, 77.
30, Luy.—Ce corps politique lui apportait un décret qu’il venait de rendre pour augmenter les honneurs qui lui étaient décernés; César était alors assis dans le vestibule du temple de Vénus, où il était demeuré afin qu’on ne pût dire qu’il avait, par sa présence, ôté aux Sénateurs la liberté d’opiner comme bon leur semblait; il ne se leva pas en voyant venir le Sénat et écouta assis ce qu’on avait à lui dire, ce qui irrita tellement les sénateurs et les autres Romains, que ce fut l’un des principaux prétextes de ceux qui conspirèrent contre sa vie. Dion Cassius.
39, Autres.—Notamment Henri IV qui laissa perdre tous les avantages de sa victoire de Coutras (1587) afin de courir après sa maîtresse, la belle Corisande d’Andouins, si chère à Montaigne. Mézerai.
16, Continents.—L’éd. de 80 porte: des dames les plus continentes, au lieu de: «plus continents».
23, Visage.—Ce fait, rapporté par Valère Maxime, IV, 5, remonte à une époque où l’Étrurie (nom ancien de la Toscane) ne jouissait pas encore du droit de bourgeoisie romaine et par conséquent est antérieur au Ier siècle av. J.-C.
10, Scipion.—Allusion à l’acte de Scipion, premier Africain, auquel, après la prise de Carthagène (Espagne), une femme d’une grande beauté, faite prisonnière, fut amenée. Respectant son honneur, Scipion fit rechercher un jeune prince celtibérien dont elle était la fiancée et la lui remit; lui-même n’avait alors que vingt-cinq ans.
15, Recommandation.—On ne saurait dire que les Essais aient été la lecture favorite de Napoléon: toutefois dans le volume 23 de sa correspondance, pag. 399, on le voit faire écrire à son secrétaire, le 7 mai 1812, au moment de partir pour la campagne de Russie: «Un Montaigne, petit format, serait peut-être bon à mettre dans la petite bibliothèque.»
16, Aphricain.—Scipion sauva la vie à son père blessé à la bataille du Tessin, il n’avait encore que 17 ans; préteur en Espagne en 211, il s’empara de Carthagène tombée au pouvoir des Carthaginois, battit Asdrubal et reconquit en quatre ans cette province. De retour en Italie, envoyé contre Annibal, il fit triompher l’idée de transporter la guerre aux portes de Carthage, et chargé de son exécution, gagna sur Annibal, rappelé par ses concitoyens alarmés, la bataille de Zama, qui mit fin à la deuxième guerre punique (202). En 190, comme lieutenant de son frère, il accompagna celui-ci en Asie, et l’aida à triompher d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu’ils contraignirent à la paix. A leur rentrée à Rome, injustement accusés par le parti populaire auquel sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le rendaient odieux, il fut condamné à l’exil où il mourut, tandis que son frère, frappé d’une amende considérable qu’il ne put payer, était jeté en prison. Scipion réunissait au génie militaire, tous les genres de vertu: l’humanité, la tempérance, le désintéressement, etc.
16, Brutus.—Lors de la guerre civile entre César et Pompée, embrassa le parti de ce dernier et combattit à Pharsale; néanmoins César qui l’aimait et qui, pensait-on, était son père, l’attira à lui et le combla de caresses; mais l’éducation stoïcienne qu’il avait reçue de son oncle et son nom même l’armèrent contre lui, quand le dictateur aspira au pouvoir suprême, et il participa à sa mort (44). Après ce meurtre, poursuivi par Antoine, et vaincu dans les plaines de Philippes, désespérant alors du salut de la république, il se tua. V. N. I, 638: L’occasion.
16, Polybius.—Combattit avec Philopœmen et, envoyé en otage à Rome où il demeura 17 ans, se lia avec Scipion Émilien qu’il accompagna au siège de Carthage; voyagea en Afrique, en Espagne, en Gaule, et écrivit divers ouvrages qui sont perdus et dont le plus considérable était une histoire en 40 livres de Rome et des autres états contemporains, ouvrage dont il ne reste que cinq livres entiers. L’exactitude, le jugement, l’impartialité, sont ses qualités maîtresses; il scrute les événements, les analyse, ce qui en fait l’historien des hommes d’état, des hommes de guerre et des penseurs.
17, Cinquiesme.—Charles-Quint, déjà roi d’Espagne en 1516, fut élu empereur d’Allemagne trois ans après, succédant à Maximilien son aïeul. Il avait comme compétiteur à l’empire François Ier, roi de France, avec lequel il fut en guerre pendant la majeure partie de son règne; il remporta sur lui la victoire de Pavie (1525); échoua dans une expédition contre Marseille (1536), fut défait à Cérisoles (1544) et assiégea inutilement Metz (1552). Il fit avec des alternatives de succès et de revers plusieurs expéditions contre l’Afrique. Il fut l’adversaire de la Réforme, mais n’en fut pas moins obligé d’accorder la liberté du culte aux Protestants (1552). En 1556, affaibli par les maladies, aigri par les revers, il abdiqua et céda l’empire à son frère; déjà l’année précédente, il avait remis l’Espagne à son fils, et il se retira au monastère de S.-Just en Estramadure où il mourut; on dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis; il était d’un caractère très dissimulé.
18, Ailleurs.—Semble désigner la reine Catherine de Médicis qui passait pour s’en inspirer et qui, en tout cas, y conformait ses actes et sa politique.
22, Militaire.—Montaigne possédait un exemplaire des Commentaires de César (V. N. II, 82: Lisant), sur lequel, suivant son habitude, il a consigné l’impression que la lecture de cet ouvrage lui laissait; on y lit: «C’est un livre qu’un Général d’armée devrait avoir continuellement sous les yeux, comme patron, ainsi que faisait le maréchal Strozzi qui le savait quasi par cœur et l’a traduit; et non je ne sais quel Philippe de Comines que Charles Cinq avait en pareille recommandation; de même que le grand Alexandre avait les œuvres d’Homère, etc...» Ce dédain que dans ces annotations marque Montaigne pour Philippe de Comines témoigne qu’elles ont dû être écrites avant les Essais, où l’auteur ne laisse pas de lui témoigner beaucoup plus de considération, notamment dans son chapitre «des livres» où il rapporte le jugement qu’il a porté après lecture sur les Mémoires de cet historien et aussi au chapitre VIII du livre III.
1, Iuba.—Juba Ier; embrassa le parti de Pompée, accueillit après la bataille de Pharsale les restes de l’armée vaincue; joint à eux, il livra à César la bataille de Thapsus (46); vaincu, il se fit tuer par un de ses serviteurs.
9, Armée.—Suétone, César, 66.—Sur son exemplaire annoté des Commentaires de César, Montaigne a inscrit: «On craint souvent l’ennemi plus par réputation que par l’effet.»
16, Execution.—Suétone, César, 65.—«Une armée ne se doit enquérir des desseins de son général» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).—A cela, on serait tenté d’opposer ce mot de Napoléon: «A la guerre, chacun doit connaître sa manœuvre»; mais la contradiction n’est qu’apparente: Napoléon ne veut parler que du mouvement en exécution, dont la divulgation n’offre plus d’inconvénient dès que l’ordre d’exécution est donné, parce que le temps faisant défaut à l’ennemi, il ne peut prendre pour y parer de nouvelles dispositions et en est réduit à celles en lesquelles il se trouve.
20, Souisses.—César, De Bello Gallico, I, 7.—En 58; ils avaient quitté leur pays en masse, pour venir s’établir en Gaule; les uns furent exterminés, les autres refoulés sur la contrée d’où ils étaient partis.
31, D’accord.—Souvent, en effet, il lui est arrivé de n’accorder des trêves que pour les violer.
33, Desobeyssance.—«César estimait plus encore l’obéissance que la vaillance» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).
38, Combat.—Suétone, César, 67.
1, Armez.—Suétone, César, 67.—V. I, 520: Pareillement, qui auroit etc.
1, Grauez.—L’éd. de 80 porte: labourez.
4, Compagnons.—Suétone, César, 67.
10, Estoit.—Les éd. ant. aj.: trop molle et.
12, Soldats.—Suétone, Auguste, 25.
13, Seuerité.—Les éd. ant. aj.: et asseurance.
14, Plaisance.—Suétone, César, 69.—V. N. I, 198: Metuens.
17, Douceur.—Suétone, César, 69.—La 10e légion se mutina, à Rome, en 46, alors qu’il était sur le point de passer en Afrique; c’était sa légion préférée. Il la fit rentrer dans l’ordre en se présentant aux mutins et les appelant «Citoyens», au lieu de «Soldats»; ils protestèrent qu’ils étaient soldats. Il leur pardonna, mais les plus compromis perdirent le tiers du butin et des terres qui leur étaient destinés.
18, Rhin.—César, De Bello Gallico, IV, 17.—Le pont construit par César sur le Rhin, le fut en l’an 55, près de Bonn. Il était sur pilotis et fut achevé en dix jours; en cet endroit le fleuve a 600m de large, mais c’était l’époque de l’année où ses eaux sont le plus basses et, de ce fait, cette largeur peut être réduite de moitié.
26, Combat.—Sur ce point, Cyrus, estimant les harangues inutiles (V. III, 364), différait d’avis avec César; peut-être était-ce en raison de la difficulté d’en user, par suite des effectifs considérables et de la composition des armées asiatiques formées de nombreux contingents de peuples divers, assez peu disciplinés, alors que les armées romaines, bien inférieures en nombre, beaucoup plus disciplinées, homogènes, constituaient des groupes compacts dont le chef pouvait être vu et entendu.—Dans les armées modernes, par suite des étendues considérables sur lesquelles opèrent les armées, les harangues sur le champ de bataille sont généralement remplacées par des ordres du jour lus avant le combat; toutefois, il est encore des circonstances où elles se produisent.—On a conservé le souvenir de celle qu’Henri IV, en 1590, à la bataille d’Ivry, adressait à ses troupes: «Gardez bien vos rangs, et si vous perdez vos enseignes, cornettes et guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»—Napoléon excellait dans l’un et l’autre genre, comme en tout ce qui touche à l’art de la guerre: Sa proclamation à l’armée d’Italie, en 1796, au début des hostilités, après lui avoir énuméré ce qu’il attendait d’elle, se terminait ainsi: «Soldats d’Italie, manqueriez-vous de courage et de constance?» Dans cette même campagne, au moment d’entrer en Vénétie, ayant déjà conquis le Piémont et la Lombardie, après leur avoir fait miroiter le triomphe: «Vous rentrerez dans vos foyers, leur disait-il, et vos concitoyens, en vous montrant, diront: Il était de l’armée d’Italie!» En 1798, à la bataille des Pyramides: «Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent!» A Marengo, en 1800, lorsque, à la fin de la journée, il reprenait l’offensive: «Souvenez-vous que mon habitude est de coucher sur le champ de bataille!» En 1812, le matin de la bataille de la Moskowa, alors que le soleil, jusque-là caché par un épais brouillard, venait de se montrer: «Soldats, leur dit l’empereur, voilà le soleil d’Austerlitz.» En 1815, trois jours avant Waterloo, comme l’armée entrait en Belgique, il lançait une proclamation, la dernière, se terminant par ces mots: «Pour tout Français qui a du cœur, le moment est venu de vaincre ou de mourir!»—Citons encore ce fait de Nelson, à la bataille de Trafalgar (1805), au moment où le combat allait s’engager, communiquant par signaux à tous les navires de sa flotte ces simples mots devenus depuis si célèbres: «L’Angleterre compte qu’aujourd’hui, chacun fera son devoir!»
29, Tournay.—César, De Bello Gallico, II, 21.—Cette bataille, qu’il conviendrait mieux d’appeler de la Sambre, se livra sur le territoire des Nerviens, aux environs de Maubeuge, contre la Gaule du Nord (53). César fut surpris, pendant qu’il fortifiait son camp: les soldats attaqués se rallièrent aux premières enseignes venues, l’arrivée de l’arrière-garde rétablit le combat; la race et le nom des Nerviens y furent presque anéantis; de 60.000 h. en état de porter les armes, il en resta à peine 5.000.
36, D’autres.—Jadis un chef, embrassant du regard l’ensemble de ses troupes sur un champ de bataille, pouvait, de sa personne, se porter utilement d’un point à un autre; il n’en est plus ainsi, et, en général, moins il se déplace dans le courant de l’action, mieux cela vaut; renseigné, minute par minute, sur les mouvements de l’adversaire et les fluctuations du combat qu’il suit sur la carte, échappant par son éloignement aux impressions suggestives exagérées que causent toujours les événements dont on a le spectacle sous les yeux, il juge plus sainement et peut donner avec plus d’à-propos des ordres plus réfléchis.
3, Sien.—Suétone, César, 55.—Les éd. ant. aj.: C’estoit le plus laborieux chef de guerre et le plus diligent qui fut onques.
5, Coche.—Plutarque, César, 12.—L’éd. de 88 porte: sa coche.
11, Passa.—Surpassa, surmonta.
11, Extremes.—Dans cette guerre, César fut souvent en danger par les embûches qu’on lui dressa, et son armée faillit périr par la disette (48).
13, Marseille.—La ville, qui avait promis sa neutralité à César, avait ouvert son port à la flotte de Pompée. Le siège fut long, et les assiégés, plusieurs fois battus, ne se rendirent qu’à la dernière extrémité, manquant de vivres, leurs remparts démantelés et plus aucun espoir d’être secourus (48).
14, Ægypte.—César y détrôna le jeune Ptolémée XII, tant pour le punir d’avoir donné son assentiment au meurtre de Pompée, qu’en raison des dissentiments qui s’étaient élevés entre ce prince et Cléopâtre, sa femme et sa sœur, dont les charmes l’avaient séduit et en faveur de laquelle il se déclara (48). Il le remplaça par son frère Ptolémée XIII, âgé de 11 ans, qu’épousa Cléopâtre au lieu et place de son frère aîné; elle-même avait 21 ans; ce second époux mourut quatre ans après.—Dans cette expédition d’Égypte qui se réduisit, comme action militaire, à la répression du soulèvement d’Alexandrie, devant laquelle César, poursuivant Pompée, s’était arrêté en apprenant la mort de son rival, et avait débarqué précédé de ses licteurs, ce que les Égyptiens avaient considéré comme une offense à la majesté de leur roi et qui leur avait fait prendre les armes, les Romains mirent le feu à plusieurs édifices, entre autres à cette célèbre bibliothèque des Ptolémée. 400.000 volumes furent brûlés. Reconstituée par la suite, elle fut à nouveau partiellement incendiée par accident sous Théodose le Grand et finalement anéantie en 638 de parti pris, par la barbarie des Musulmans, qui pendant des mois employèrent les innombrables et précieux volumes dont elle se composait à chauffer les bains publics.
16, Pharnaces.—Fils de Mithridate le Grand auquel il succéda à la suite d’une sédition militaire; avait espéré, à la faveur des guerres civiles des Romains, rentrer dans les conquêtes faites et perdues par son père. César en cinq jours et dans un combat de quatre heures anéantit ses espérances (47). C’est à cette occasion qu’il écrivit au Sénat ce compte rendu célèbre de ses opérations ne comprenant que trois mots: Veni, vidi, vici (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu), qui, lors de son triomphe, furent reproduits sur un tableau qui figurait au cortège.
17, Iuba.—A Thapsus, en 46. V. N. II, 648: Iuba.
18, Pompeius.—A Munda, en 46. L’aîné des fils de Pompée s’y trouvait seul; il périt dans sa fuite; cette bataille où César avait contre lui Labienus, son ancien lieutenant en Gaule, et qu’il faillit perdre, mit fin à la guerre civile et assura d’une manière décisive son triomphe.
26, Auaricum.—César, De Bello Gallico, VIII, 24.—Aujourd’hui Bourges; en 52, au début du soulèvement des Gaules provoqué par Vercingétorix.
31, Angleterre.—Suétone, César, 58.—L’expédition de César contre les peuples de la Grande-Bretagne (55), où par deux fois il franchit le détroit actuel du Pas de Calais, peut compter parmi celles témoignant le plus d’audace; on dit qu’il l’entreprit uniquement dans l’espoir d’y trouver des perles dont il était fort avide, comme aussi des pierres précieuses, des statues et des tableaux antiques. Ni l’une ni l’autre de ces descentes ne donnèrent de résultats sérieux; la première eut pour prétexte les secours prêtés aux Gaulois, la seconde que les conditions de paix n’avaient pas été remplies. César semble chaque fois s’être embarqué partie à Wissan, partie à Boulogne, et avoir débarqué à Kent près de Douvres, au N. de Douvres, à la pointe orientale du comté de Kent qui porte aujourd’hui le nom de North Foreland près de Ramsgate.
32, Gué.—Vraisemblablement la profondeur de l’eau près du rivage, qu’il fallait gagner en marchant plus ou moins dans la mer, les navires ne pouvant approcher assez près pour qu’il fût possible d’aborder autrement; du reste Suétone, César, 58, dit à ce propos: «Il ne passa en Bretagne qu’après avoir reconnu par lui-même le point de débarquement, l’itinéraire à suivre et les conditions d’accès.»
35, Refusa.—César, De Bello civili, I, 72.
38, Ost.—Armée; du latin hostis (ennemi). Ce mot était, dans l’ancienne langue française, employé indifféremment pour désigner l’un et l’autre de deux adversaires: «Si l’ost savait ce que fait l’ost, disait un adage militaire de l’époque, l’ost déferait l’ost (Si l’un connaissait les projets de l’autre, le premier battrait le second).»
38, Necessité.—César fit, à diverses reprises, franchir des cours d’eau à son armée dans des conditions assez délicates, ses hommes ayant de l’eau jusqu’aux aisselles, notamment la Loire, en 51, lors de l’insurrection générale des Gaules, et la Sègre en Espagne, comme l’indique ici Montaigne, lors de ses opérations contre Afranius en 49. En ces circonstances, sa cavalerie, répartie de l’un et l’autre côté, était employée, en amont, à rompre le courant; en aval, à recueillir ceux qui auraient été entraînés.
21, Bouclier.—César, De Bello Gallico, II, 25.—En l’an 53.
25, Presence.—Suétone, César, 58.
25, Dirrachium.—Suétone, César, 58; Plutarque, César, passim; Appien, Guerre civile, II; etc.
35, Siennes.—César franchit le Rubicon avec 5.000 fantassins et 3.000 cavaliers; il avait en Égypte 3.200 fantassins et 800 cavaliers; il n’amena en Afrique contre Scipion et Juba que 3.000 fantassins et quelques cavaliers.—A la bataille de Pharsale il perdit 200 hommes; Pompée, 15.000. A celle de Thapsus il en perdit 50; à celle de Munda, 1.000, et ses adversaires leur armée entière.
35, Gens-là.—Alexandre et César.
37, Disoit-il.—César.
3, Bout.—Suétone, César, 62.
4, Alexia.—Ce siège, qui se termina par la prise de la ville et la reddition de Vercingétorix (52), mit fin au soulèvement général de la Gaule; il ne resta plus à faire rentrer dans l’ordre que quelques peuplades; la pacification complète se termina l’année suivante.
6, Cheuaux.—Dans ses Commentaires, VII, 64, César dit «huit mille chevaux»; c’est le nombre qu’il faut lire; il est probable que Montaigne avait écrit sur son manuscrit «huit à neuf mille», l’imprimeur aura lu «cent neuf mille.»
7, Maniacle.—Littéralement «furieuse»; ici, incroyable, merveilleuse. Dans l’ancien français, maniacle et maniaque étaient synonymes; ce dernier seul est resté.
12, Tigranocerta.—Tandis que Lucullus, avec 15 à 20.000 hommes, assiégeait Tigranocerte sa capitale, Tigrane roi d’Arménie vint la secourir traînant avec lui une armée de 250.000. Lucullus, malgré son infériorité numérique, marcha contre eux; les barbares s’enfuirent sans presque soutenir le choc et perdirent 100.000 h.; Lucullus n’aurait eu que cinq morts et cent blessés; peu après, il était maître de la ville (69).
20, Est.—Les éd. ant. aj.: rare et.
19, Confusion.—César, De Bello Gallico, VII, 71.
28, Secours.—Xénophon s’exprime ainsi: «Ce n’est ni le nombre, ni la force qui donnent la victoire; elle est acquise à ceux qui, avec l’aide des dieux, attaquent avec le plus de fermeté d’âme.»—C’est là une vérité relative, à l’appui de laquelle on peut citer de nombreuses batailles dans l’antiquité, alors que le combat corps à corps jouait un rôle presque exclusif et toujours prédominant, où des résultats inouïs ont été obtenus avec des forces absolument disproportionnées. Mais l’invention des armes à feu et leurs perfectionnements incessants, leur accroissement en portée, en justesse et en vitesse, ont réduit à néant l’influence de la force physique des combattants et augmenté celle du nombre dans une très notable proportion. Aujourd’hui, où la question est souvent aux trois quarts résolue quand on est encore hors de vue et bien avant que le feu soit ouvert, et où la victoire est à peu près décidée sans que parfois on se soit abordé sur le point décisif, même avec des effectifs en présence atteignant des centaines de mille hommes de part et d’autre, le nombre joue un rôle considérable en facilitant les mouvements enveloppants. Toutefois il n’est pas plus que jadis le seul facteur du succès; le moral des troupes, l’initiative, l’habileté manœuvrière des chefs, surtout chez le général et ses principaux lieutenants, peuvent, encore comme par le passé, donner la victoire à une armée numériquement inférieure, si elle ne se cantonne pas dans une passivité continue et, par sa mobilité et ses propres attaques exécutées en temps opportun, s’applique à contenir et à déjouer les mouvements et les attaques de l’adversaire.
30, Tamburlan.—Tamerlan, appelé aussi Timour et dont le véritable nom est Timour-Leng; né à Samarcande, dans le Turkestan, il conquit ce qui aujourd’hui constitue la Perse, l’Afghanistan, la partie N. de l’Hindoustan et l’Asie Mineure; il marchait sur la Chine, quand il mourut. Sanguinaire et fanatique, il incendia Delhi, Damas, Bagdad et nombre d’autres villes; devant Delhi, il fit égorger 100.000 captifs; à Bagdad, il érigea un obélisque avec 90.000 têtes coupées.
32, Confusion.—A Ancyre (Asie Mineure), en 1402. Un million de combattants se choquèrent en cette journée; la bataille dura trois jours et deux nuits; 240.000 h., dit-on, furent tués sur le terrain même. Des deux adversaires, l’un, Tamerlan, était manchot et boiteux par suite de blessures reçues à la main et au pied, l’autre était borgne.
34, Baster.—Suffire à un habile général.—C’était vrai jadis, et Turenne dans son admirable campagne d’Alsace de 1675, Bonaparte dans celle non moins remarquable de 1796 en Italie, l’ont bien montré; mais avec le principe de la nation armée et la puissance de l’armement actuel, les petites armées où le chef exerçait une action prédominante et pouvait conduire les choses à son gré, ne sont plus. Le général placé aujourd’hui à la tête d’une armée de plusieurs centaines de mille combattants, se mouvant sur une étendue de 80 à 100 kilomètres et même davantage, livrant bataille sur un front de plusieurs lieues, n’est plus, malgré le télégraphe, aussi maître que jadis de les faire se mouvoir à son gré et avec une rapidité suffisante, et une fois l’action générale engagée, les combats partiels dont elle se compose sont si multipliés, se livrent à de telles distances et sont d’une importance telle, que son intervention, quelque grand que soit son génie, peut être impuissante ou tardive. Aux temps anciens et au moyen âge, on a bien vu des masses aussi considérables en présence, mais, outre que les non-combattants s’y trouvaient dans une proportion énormément plus considérable, le défaut d’organisation, le combat corps à corps qui était seul pratiqué, la courte portée et la puissance bien moindre des armes de jet, ne permettaient guère de manœuvrer et le nombre perdait par là beaucoup de son importance.
37, Vercingentorix.—Arverne de naissance (les Arvernes avaient pour territoire à peu près l’Auvergne actuelle), Vercingétorix souleva la Gaule centrale que César venait de soumettre et se fit nommer généralissime (53). César accourant aussitôt, après avoir échoué devant Gergovie, capitale des Arvernes (située proche l’emplacement actuel de Clermont-Ferrand), le battit en plusieurs rencontres, s’empara d’Avaricum, sa principale place d’armes, l’enferma dans Alésia et le contraignit à se rendre (52). Jeté dans un cachot à Rome, Vercingétorix y demeura six ans et, après avoir orné le triomphe du vainqueur, fut étranglé (47). Vercingétorix était chez les Gaulois, non un nom propre, mais un titre de commandement qui pourrait se traduire par généralissime; on ignore comment s’appelait le chef arverne connu sous ce nom et vaincu à Alésia.
39, Alexia.—César, De Bello Gallico, VII, 8.
3, Consideré.—Retenu, réfléchi, réservé, prudent; d’où inconsidéré, étourdi.
3, Appius.—Suétone, César, 60.
4, Estimant.—Les éd. ant. aj.: dict Suetone.
12, Appetit.—Montaigne a dit précisément le contraire, liv. II, ch. 33, II, 634.
18, Ariouistus.—Venu en Gaule comme allié des Séquanes (peuple qui habitait le territoire de l’anc. Franche-Comté), Arioviste voulut s’opposer aux conquêtes de César après avoir feint d’être l’ami des Romains, mais il fut complètement battu, en 58, près de Vesontio (auj. Besançon).
23, Foy.—César, De Bello Gallico, I, 46.
27, Ennemis.—Suétone, César, 68.
30, Guerre.—Les histoires grecques et romaines contiennent de nombreux récits des prouesses que les nageurs ou plongeurs ont exécutées dans l’antiquité.
33, Alexandre.—Tout comme Alexandre du reste, César était aussi un excellent cavalier. V. I, 530.
2, Cotte d’armes.—Signifie ici son manteau de général, riche casaque qui se mettait comme signe distinctif, par-dessus la cuirasse; du reste les éd. ant. à 88 portent acoustrement, au lieu de «cotte d’armes», qui se dit plus généralement d’une sorte de blouse faite de petits anneaux de fer entrelacés, d’où son nom de «cotte de mailles».—En ce qui concerne les tablettes, Voltaire conteste le fait: «Outre que César n’en parle pas dans ses Commentaires, dit-il, quand on se jette à la mer des papiers à la main, on les mouille»; et, quant à la cotte d’armes, Dion dit au contraire: «César jeta son manteau de pourpre qui pouvait l’empêcher de nager; les Égyptiens s’en emparant, s’en firent un trophée.»
3, L’aage.—Suétone, César, 64.—En 48. V. N. II, 652: Ægypte. Il attaquait un pont dans Alexandrie, quand une brusque sortie de l’ennemi le contraignit à se jeter dans une barque; il avait alors 53 ans.
4, Creance.—N’inspira tant de confiance.
5, Centeniers.—Centurions, chefs d’une troupe de cent hommes.
8, Necessiteux.—Suétone, César, 68.
8, Chastillon.—Plus connu sous le nom d’amiral de Coligny; jouit dès le début d’une grande faveur à la cour et fut élevé en 1552 à la dignité d’amiral; mais las des intrigues qui se menaient autour de lui, il ne tarda pas à résigner tous ses emplois et à se retirer dans ses terres. En 1562, lors des guerres de religion, il fut fait lieutenant-général par le parti protestant; comme tel, prit part à la bataille de Dreux, au combat indécis de S.-Denis, aux batailles de Jarnac et de Montcontour qui furent fatales à son parti. Après la paix de S.-Germain (1570), il revint à la cour où il fut des plus choyés et en 1572 une des premières et la plus illustre victime de la S.-Barthélemy. Il était d’un caractère grave, doux et bienveillant, général assez habile, mais malheureux.
11, L’accompagnoient.—Les Français de son armée, c’étaient les protestants; les étrangers étaient les contingents allemands au service de ce parti.
18, Prenoient.—En 725; Carthage employait des mercenaires dans ses armées en présence desquelles on était, d’où cette qualification appliquée en la circonstance dans l’armée romaine à ceux qui ne firent pas ce sacrifice aux difficultés du moment.
21, Tancer.—Suétone, César, 68.—Dans les nombreuses actions de guerre qu’il engagea, César n’éprouva que deux échecs, du reste bien vite et glorieusement réparés: l’un devant Gergovie en Gaule, l’autre à Dyrrachium.
21, Legions.—L’effectif de la légion romaine a varié de trois à six mille fantassins et trois cents cavaliers; la cohorte en était une fraction qui comprenait cinq cents hommes.
24, Flesches.—Suétone, César, 68; César, De Bello civili, III, 53.
24, Scæua.—César, De Bello civili, III, 53; Florus, IV, 2; Valère Maxime, III, 3, 23; Suétone, César, 68.
29, Party.—Suétone, César, 68.
34, Propre.—En 48.—Plutarque, César, 5.
35, Salone.—César, De Bello civili, III, 9.—En 49, pendant les opérations autour de Dyrrachium.
37, Aduint.—Les éd. ant. aj.: et extraordinaire.
2, Engins.—Machines de guerre.
4, Cordes.—Les femmes de Carthage firent de même, lors du siège de cette ville par Scipion Émilien.
18, Sçait.
8, Dolent.—Citation dont les termes sont légèrement altérés, sans que le sens soit modifié.
8, Rechigner.—Air renfrogné; rechigner, dit Nicot, c’est user de paroles et de regards mal gracieux et vient de ce que c’est faire en quelque sorte comme un chien mécontent.
9, Dispenserons.—Permettrions, accepterions; dispenser signifiait autrefois permettre. Nicot.
16, Voix.—«Femme rit quand elle peut et pleure quand elle veut.» Proverbe.
21, Payement.—C.-à-d.: Cette cérémonieuse contenance est bien moins pour le mort que pour les vivants; elle a plus pour objet d’acquérir que de payer.
30, Pline le ieune.—Epist. VI, 24.
20, Faux.—Le milieu.
26, Riches.—Var. des éd. ant.: de grand lieu, au lieu de: «riches».
27, Arria.—Le récit qui suit est en entier extrait de Pline le Jeune, Epist. 111, 16.
28, Consulaire.—Qui avait été consul.
32, Plusieurs.—Cecina Pœtus se tua dans les circonstances que rapporte ici Montaigne (43); Thraseas Pœtus son gendre, illustre par sa vertu et son courage, fut un des représentants de la faible opposition sénatoriale qui osait désapprouver Néron; il sortit du Sénat, pour ne pas entendre l’apologie du meurtre d’Agrippine faite par Sénèque. Accusé sous de frivoles prétextes, il fut condamné à mourir et s’ouvrit les veines; sa femme, imitant l’exemple de sa mère, ne voulait pas lui survivre. Thraseas la pria instamment de se laisser vivre pour Fannia leur fille (66).