6, Ichneumon.—Appelé aussi mangouste et rat de Pharaon; carnassier de la grosseur d’un chat et de la forme de la martre; les Égyptiens le révéraient parce qu’il détruit les œufs de crocodile.
7, Crocodile.—Appelé aussi alligator, reptile de l’ordre des sauriens, amphibie à quatre pattes de la forme d’un énorme lézard, mais atteignant jusqu’à 3 et 4 mètres de longueur; se rencontre sur les bords de grands cours d’eau de la zone tropicale en Afrique, en Asie et en Amérique; le crocodile était à Thèbes, en Égypte, l’objet d’une grande vénération.
13, Faire.—Ce fait s’est rencontré en Allemagne (Gaspard Hauser), en France (le sauvage de l’Aveyron), et on pourrait en citer d’autres.—Gaspard Hauser qui, de 1828 à 1833, excita vivement l’attention en Bavière, fut découvert à l’âge apparent de 15 à 16 ans; il semblait n’avoir jamais rien vu, rien appris, être absolument étranger à la vie commune; il n’avait aucune idée du temps, des distances, était presque inconscient de ses mouvements.—Le sauvage de l’Aveyron, enfant trouvé en 1800 dans les forêts de cette région, pouvait avoir une dizaine d’années, il se trouvait physiquement et moralement en même état que Gaspard Hauser; il fut placé à l’institution des sourds et muets, où plusieurs années de soins assidus parvinrent à éveiller, mais bien faiblement, son intelligence et le langage.
22, Oyseaux.—C.-à-d. ne conversons-nous pas avec eux dans un autre langage et en employant d’autres termes qu’avec les oiseaux.
27, Lactance.—Inst. div., III, 10.
28, Encore.—Quant au rire, cela se rencontre parfois chez le chien; on en a vu riant comme fait une personne, sans éclat de voix cependant. Pour ce qui est de la parole proprement dite, il en est qui pensent que les animaux, ou au moins certains d’entre eux, la possèdent; toujours est-il que jusqu’ici on n’en trouve que trois qui, d’après la Bible et la fable, aient usé de la même langue que l’homme: l’ânesse de Balaam, le berger de Phryxus et le cheval d’Achille.—Balaam, dit la Bible, était un prophète madianite; l’ânesse qu’il montait, effrayée par la vue d’un ange, demeuré invisible à Balaam, ayant à trois reprises fait un écart, et son maître la frappant, elle finit par protester en paroles très nettes; et ses yeux se dessillant alors, Balaam aperçut l’ange et reconnut que tout cela s’était accompli par la volonté de Dieu.—Phryxus, fils du roi de Thèbes, fuyant une accusation d’inceste, avait traversé sur un bélier à toison d’or le détroit qui sépare l’Europe de l’Asie, et abordant sur la côte opposée, s’y était endormi. Les habitants le découvrirent et se disposaient à lui faire un mauvais parti, lorsque son bélier le réveilla et lui apprit avec une voix humaine le danger auquel il était exposé. Myth.—Dans l’Iliade, lorsque Achille s’élance pour venger Patrocle, Xanthe, un de ses chevaux, avec la permission de Junon, lui prédit sa mort prochaine.
30, Aristote.—Hist. des animaux, IV, 9.
37, Deuination.—Conjecture.
24, Desespoir.—«L’homme n’a qu’un privilège, celui de l’imagination, et il le paie cher.» Sainte-Beuve.—Est-il prouvé que les animaux n’ont pas d’imagination?
31, Meilleure.—Cette question de l’âme des bêtes, leur connaissance, leur raisonnement, discutée à toutes les époques, a donné lieu à de nombreux ouvrages où sont cités à l’appui d’innombrables exemples dont quelques-uns sont reproduits dans les pages suivantes. Montaigne, dans cette controverse, semble pencher pour l’affirmative, au point que Bayle prétend que son intention a été que l’apologie de Raymond Sebond fût en partie celle des bêtes. Les auteurs qui ont agité ce problème, inclinant soit dans un sens, soit dans un autre, abondent aussi bien dans l’antiquité que de nos jours; parmi eux: Aristote, Pline, Descartes, Leibnitz, Locke, Toussenel.
17, S’auancer.—Plutarque, De l’Industrie des animaux, 12.
22, Paix.—Argumentation souvent citée en logique et connue sous le nom de «Sorite du renard»; sorite signifie une série de propositions si bien liées entre elles, que la dernière est ou semble la conclusion naturelle de la première.
31, Climacides.—Mot dont la signification est échellières.—Plutarque, Comment on peut discerner le flatteur d’avec l’ami, 3.
35, Concubines.—Ce terme n’éveillait dans l’antiquité aucune idée d’immoralité; c’était une femme au même titre que l’épouse dite légitime, mais de condition sociale inférieure à celui qui l’épousait.
36, Mary.—Chacun, dit Hérodote, V, 5, a plusieurs femmes; lorsqu’il vient à mourir, il s’élève entre elles de grandes contestations pour savoir celle qu’il aimait le mieux; ses amis s’intéressent vivement à la dispute. Celle en faveur de qui on s’est prononcé reçoit les éloges de l’assistance; son plus proche parent l’immole ensuite sur le tombeau de son mari et on l’enterre avec lui; les autres femmes sont très affligées de cette préférence, qui est pour elles un très grand affront.—Voir aussi Pomponius Mela, II, 3, etc.
40, Capitaines.—Le chef des Sotiates, peuple de l’Aquitaine (Gaule), dit César, De Bello Gall., III, 22, était accompagné de 600 hommes dévoués, liés à lui par un pacte tel qu’ils jouissaient de tous les biens de la vie dont ce chef lui-même avait la jouissance, mais par contre, s’il venait à périr de mort violente, ils participaient à son sort et se tuaient de leurs propres mains; institution à laquelle certains font remonter l’origine du régime féodal.
5, Seruice.—Pétrone, Sat., 117.
15, Tombe.—Hérodote, IV, 71 et 72.
23, Sert.—Diogène Laerce, VI, 75.
36, Partons.—Du verbe partir, partager, diviser en plusieurs parts. Ce mot vieilli n’est plus d’usage que dans cette phrase proverbiale: «Ils ont toujours maille à partir entre eux»; mais on le retrouve dans ses dérivés: répartir, répartition, etc.
38, Chasseurs.—Pline, X, 8.
43, Colliers.—Collets, lacs à prendre des lièvres, des lapins, etc.
44, Seche.—Plutarque, De l’Industrie des animaux, 28.—La sèche, ou seiche, mollusque de mer, qui projette autour de lui un liquide noirâtre, quand il cherche à se dérober à un ennemi, liquide duquel on extrait la sépia.
10, Sylla.—Allusion à la maladie pédiculaire dont il mourut (78), conséquence des débauches auxquelles il se livra toute sa vie. Cette maladie, connue sous le nom de phtiriase, est très rare; elle est caractérisée par la génération rapide d’une telle quantité de vermine, qu’elle finit par ronger vivant le malheureux atteint de cette affection. Le roi Hérode, l’empereur Galère périrent de la sorte, et les premiers chrétiens y virent une punition céleste du premier pour le massacre des innocents, du second pour la persécution dont eux-mêmes furent l’objet sous le règne de Dioclétien et dont il avait été le principal instigateur; il s’en produirait encore des cas, particulièrement chez les alcooliques invétérés.—Pascal a exprimé d’une façon analogue cette fragilité de l’homme: «Cromwell allait ravager toute la chrétienté; la famille royale était perdue et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son urètre; Rome même allait trembler sous lui, mais ce petit gravier qui n’était rien ailleurs, mis en cet endroit, le voilà mort, sa famille abaissée et le roi rétabli.» Seulement, Pascal a fait erreur: Cromwell n’est pas mort de la pierre, mais de la fièvre.
11, Empereur.—Du latin imperator, titre qui se décernait, à Rome, aux généraux victorieux; c’est le sens dans lequel il est employé ici.
15, Rubarbe.—Rhubarbe; plante dont la racine est stomachique et purgative.
15, Polypode.—Sorte de fougère qui s’emploie contre la toux.
17, Dictame.—Plante aromatique et vulnéraire.
19, Origanum.—Origan; plante aromatique qui ne croît qu’aux hautes altitudes.
19, Dragon.—Petit lézard inoffensif.
20, Fenoil.—Fenouil; plante aromatique et apéritive.
21, Elephans.—Le plus gros des animaux de notre époque; mammifère de l’ordre des pachydermes, remarquable par sa taille, ses défenses et sa trompe; on distingue l’éléphant d’Afrique et celui d’Asie, ce dernier notablement plus grand que le premier. Dans l’Inde, on emploie l’éléphant comme bête de trait et de somme; il y est l’objet d’une grande vénération; on lui prête des vertus et des vices; des mœurs raisonnées, jusqu’à l’observance d’un culte, celui du soleil et de la lune; il vit en société. Anciennement il était fort employé à la guerre par certains peuples (V. N. II, 56: Elephans); plus tard à Rome, dans les divertissements publics; on en cite de capables de tracer des caractères, d’autres se distinguant dans la danse, l’acrobatie.
23, Porus.—Plutarque, De l’Industrie des animaux, 13.
31, Chrysippus.—Sextus Empiricus, Pyrrh. hypot., I, 14.
34, A la queste... poursuite.—Var. des éd. ant.: estant à la suyte de son maistre (lequel il a esgaré pour s’estre endormy et ne l’auoit vu partir du logis) ou à la queste.
36, Ratiocination.—Add. des éd. ant.: et sans discours.
37, Plutarque.—De l’Industrie des animaux, 18.
38, Pere.—Vespasien le père de Titus et de Domitien.
8, Reuenu.—Ranimé. Se revenir, du latin se recolligere, a cessé d’être pronominal, et on dit aujourd’hui: revenir d’un profond sommeil, d’un évanouissement.
12, Languedoc.—C’étaient des roues à chapelet ou à godets, qu’en Espagne on nomme norias, appellation qui est passée dans notre langue; leur usage est très répandu en raison même de la rusticité du système.
16, Court.—Plutarque, De l’Industrie des animaux, 20.—Les paysans vendéens disaient: «Nos bœufs connaissent le dimanche et ne veulent pas travailler ce jour-là.»
20, Democritus.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 14.
22, Tistre.—Vieux mot qui signifie faire quelque ouvrage de fil, de soie ou de cheveux.
24, Aristote.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 18; Pline, Hist. nat., X, 29.
38, Arrius.—Arrien, Hist. Indic., 14.—Arrius est une faute d’impression qui se trouve dans toutes les éditions originales, qui devraient porter Arrianus.
4, Apprendre.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12.
7, Maistres.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12; Pline, VIII, 3.—Le fait est donné comme s’étant produit du temps de l’empereur Domitien; battu pour n’avoir pas bien exécuté sa leçon, un de ces animaux fut vu la répétant de lui-même, la nuit suivante, au clair de lune.
8, Respondant.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 18.
23, Dit.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12.
32, Barbarie.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12.—La Barbarie, partie septentrionale de l’Afrique depuis Tripoli jusqu’au Maroc, ainsi nommée au moyen âge des Berbers, ses premiers habitants, qui subsistent encore sous les noms de Kabyles, de Touareg, absolument distincts des Arabes.
34, Iuba.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 10.—Juba avait passé une grande partie de sa jeunesse à Rome, et s’était adonné à l’étude de l’histoire et de la nature; il a écrit, en grec, divers ouvrages aujourd’hui perdus.
12, Cendre.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 10.—Dans le même genre, on cite encore ce trait d’un éléphant qu’un peintre voulant peindre la trompe élevée, son cornac, pour le maintenir en cette position, feignait de lui jeter du pain. Ennuyé d’être ainsi dupé, l’animal remplit sa trompe d’eau et, ne se trompant pas sur la cause de la mauvaise plaisanterie qu’on lui faisait, en aspergea le peintre et son tableau que celui-ci dut renoncer à terminer.
16, Elephans.—Add. des éd. ant.: qu’on y mesloit.
21, Tyrio.—Annibal est qualifié de tyrien par le poète, comme étant de Carthage fondée elle-même par une colonie phénicienne (870).
39, Aspreté.—C’est ce que plusieurs peuples de l’antiquité avaient déjà pratiqué. Pline, VIII, 40, conte: «En vue de la guerre, les Colophoniens et aussi les Castabalenses organisent des troupes de chiens qu’ils font combattre en première ligne et qui jamais ne cèdent; ce sont là des auxiliaires qui ne le cèdent pas aux mercenaires.»—Strabon dit, de son côté, que les anciens Gaulois se servaient à la guerre de chiens d’Angleterre aussi bien que de ceux de leur pays.—Cet emploi s’est depuis reproduit souvent en Amérique et en Afrique, dans les rencontres d’Européens avec des adversaires d’autre race; il était rendu possible surtout par la quasi-nudité de ceux-ci et la différence d’odeur qu’ils exhalent; et, dans la chasse des nègres fugitifs, du temps où l’esclavage existait, il était d’usage courant. On s’est occupé, en ces dernières années, de leur utilisation dans la guerre moderne: les expériences n’ont pas été satisfaisantes; en tout cas, si jadis il a pu être question de meutes lâchées sur l’ennemi, leur action ne saurait être aujourd’hui qu’individuelle et fort restreinte, par exemple, comme auxiliaire d’une sentinelle pour éventer l’approche ou la présence de quelqu’un.—On semble devoir éprouver moins de déconvenue dans l’essai que l’on tente aujourd’hui de les adjoindre à la police, dans ses rondes de nuit; leur concours paraît devoir être précieux contre ces rôdeurs et assassins dont le nombre et l’audace vont croissant dans des proportions excessives dans les grandes villes et leurs banlieues, et dont on n’aura raison que par le rétablissement des peines corporelles.
3, Passé.—Les éd. ant. port.: Nous viuons, et eux et nous, sous même tact, et humons vn mesme air; il y a, sauf le plus et le moins, entre nous, vne perpetuelle ressemblance, au lieu de: «C’est vne... le passé» (lig. 1 à 3).
20, Murene.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 24.—La murène est un poisson de mer qui ressemble à l’anguille; il était fort estimé des anciens Romains qui en conservaient dans des viviers.
22, Arethuse.—Les eaux de cette source passaient pour conserver toute leur pureté à travers les eaux amères et fangeuses dans lesquelles elles vont se perdre.—L’éd. de 88 aj. ici: et d’autres poissons.
28, Religion.—Pline, VIII, 1.—Démocrite, Xénocrate et plusieurs autres philosophes dans l’antiquité ont accordé une religion aux animaux.
35, Part.—C.-à-d. nous ne pouvons prendre ni en bonne ni en mauvaise part les actions dont les mobiles nous sont absolument inconnus.
38, Vid.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12.
39, Fourmis.—Fourmi, aujourd’hui féminin, était autrefois masculin.
9, Par là.—Les éd. ant. aj.: (encore qu’à son iugement les bestes soient incapables de raison).
17, Nauale.—Bataille d’Actium (auj. Arta), sur la côte orientale de la mer Ionienne; bataille gagnée par Agrippa, qui, en donnant la supériorité à Octave (devenu depuis l’empereur Auguste) sur Antoine son rival, mit fin de fait à la république romaine (31).
29, Dehors.—Pline, XXXII, 1.—Remora signifie en latin retardement, obstacle.—Le remora est un petit poisson qui s’attache aux vaisseaux, aux rochers, quelquefois à d’autres poissons; mais qu’il puisse retarder la marche même d’une simple barque, et a fortiori l’arrêter, est pure fable.—Les anciens lui attribuaient du reste bien d’autres propriétés: il servait à composer des poisons capables d’amortir et d’éteindre les feux de l’amour, d’arrêter l’action de la justice, de prévenir les accidents chez les femmes enceintes; conservé dans du sel, il avait pouvoir de retirer du fond d’un puits l’or qui pouvait y être tombé. Quant à sa propriété capitale d’arrêter la marche d’un bateau, il la partageait avec cette coquille du genre porcelaine, du nom de conque de Vénus, qui lui aurait été donné en mémoire du fait suivant: Périandre, tyran de Corinthe, ayant envoyé un navire portant l’ordre de mutiler, en vue de les rendre impropres à la reproduction, trois cents enfants nobles de Corcyre, un grand nombre de ces coquillages s’attachèrent à la carène du vaisseau qui ne put avancer malgré toute la fureur du vent.
34, Tirer.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 15.
35, Assis.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 28.
6, Nous.—Toute cette partie de l’apologie de Sebond, dans laquelle Montaigne a exalté les animaux comparés à l’homme, et qui a eu pour objet de rabaisser ce dernier et de lui faire sentir la débilité de sa nature et le ridicule de son orgueil, a été approuvée par Pascal qui a soutenu la même thèse; Bossuet, au contraire, l’a réfutée. Dans son troisième sermon pour la Toussaint, prêché devant le roi, en 1669, après avoir nommé Montaigne, il l’apostrophe ainsi: «Mais dites-moi, subtil philosophe, qui vous riez si finement de l’homme, parce qu’il s’imagine être quelque chose, comptez-vous donc pour rien de connaître Dieu? en connaître le principe, adorer son éternité, admirer sa toute-puissance, louer sa sagesse, s’abandonner à sa Providence, obéir à sa volonté, n’est-ce là rien qui nous distingue des bêtes?» C’est là une belle période oratoire mais qui, au fond, n’est qu’une manifestation de plus de l’immense orgueil de l’homme uniquement étayée sur le magnifique langage propre à Bossuet, qui en outre a le tort de prendre ainsi de la sorte Montaigne à partie comme entaché d’athéisme, rien dans son livre ni dans sa vie ne l’y autorisant.—Cicéron, beaucoup plus rationnel, concilie ainsi, dans les Tusculanes, ces opinions si divergentes: «Toutes les âmes renferment je ne sais quoi de mou, de lâche, de bas, d’énervé, de languissant: s’il n’y avait que cela en lui, rien ne serait plus hideux que l’homme; mais, en même temps, il s’y trouve bien à propos cette maîtresse, cette reine absolue, la raison, qui, par les efforts qu’elle a d’elle-même le pouvoir de faire, se perfectionne et devient la suprême vertu. Or, pour être vraiment homme, il faut lui donner pleine autorité sur cette autre partie de l’âme dont le devoir est d’obéir.» Dans le même ordre d’idées, Cicéron écrit ailleurs: «Quand on a dit à l’homme: Connais-toi toi-même, ce n’était pas seulement pour rabaisser son orgueil, c’était aussi pour lui faire sentir ce qu’il vaut.»
8, Oyseaux.—Sextus Empiricus, Pyrr. hypot., I, 14.
16, Torpille.—Poisson du genre de la raie, qui présente la propriété d’être une source d’électricité, dont la décharge engourdit qui la touche, et se transmet dans l’eau, en raison de la conductibilité de ce liquide, à tout corps à distance suffisamment courte; de là l’appellation donnée à l’engin de guerre de ce nom, destiné à couler les navires ennemis.
38, Nostre.—Les éd. ant. aj.: Car à nos enfans il est certain que bien auant en l’aage, nous n’y découurons rien sauf la forme corporelle, par où nous en puissions faire triage.
6, Beste.—Boerhaave, médecin célèbre du XVIIIe siècle, laissa en mourant un gros registre, dans lequel on comptait trouver de précieux renseignements sur son art; on y lut seulement ce conseil, aphorisme populaire dont l’origine se perd dans la nuit des temps: «Tenez-vous la tête fraîche, le ventre libre, les pieds chauds, et moquez-vous des médecins.» Payen.
10, Effectuelle.—Add. des éd. ant.: et plus naturelle.
30, Hyrcanus.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 13.
33, Pyrrhus.—id., ibid.
15, Iour.—St Pierre, dit-on, à un moment de son existence, ne mangeait que des olives, et même que des mauves d’après St Grégoire de Nazianze; mais avec, il mangeait du pain. Payen.
25, Saisissant.—La présence d’étrangers, même en petit nombre, suffit à altérer l’âme d’un peuple. Ce fut l’infiltration pacifique des Barbares, bien plus que leurs invasions guerrières, qui amenèrent la transformation de la civilisation romaine; et c’est là un danger pour les États-Unis qu’envahit l’émigration étrangère, aujourd’hui presque entièrement composée d’éléments inférieurs; de 1880 à 1890, ils ont reçu près de 6.000.000 d’émigrants.—Il en est de même de la France, pays riche dont la population ne s’accroît plus (l’excédent des naissances sur les décès n’a été en 1905 que de un sur mille), entouré de pays pauvres dont la population s’accroît constamment et dont les tendances à l’émigration sont favorisées par les exigences croissantes de nos ouvriers qui les rendent nécessaires pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie. Ils n’étaient pas 400.000, il y a cinquante ans; ils dépassent aujourd’hui un million et demi et arrivent en rangs chaque jour plus pressés.—Parmi les moyens préconisés pour ralentir ce mouvement, sont: le service dans la légion étrangère pour ceux âgés de moins de vingt-cinq ans et ayant deux ans de présence; une taxe militaire pour ceux plus âgés; suppression à peu près absolue de la naturalisation; impôt du quart des revenus et des salaires pour tous les individus d’origine étrangère, naturalisés ou non, établis en France depuis moins de cinquante ans (G. Lebon).
26, Sont.—Add. des éd. ant.: à la verité.
2, Tettins.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 17.—Les éléphants semblent prêter volontiers à des histoires de ce genre: Juba en mentionnait un qui aimait une marchande de parfums et lui versait dans le sein les pièces de monnaie qu’il recevait; on en cite un autre qui, passionné pour un jeune syracusain de l’armée de Ptolémée, refusait de manger chaque fois qu’il ne le voyait pas.
4, Glaucia.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 17.
6, Parenté.—Oppien, Poème de la chasse, I, 236.—Varron dit: «Il s’est produit à cet égard un fait incroyable. On voulait faire saillir à un cheval la jument de laquelle il était né; ne pouvant l’y amener, on lui couvrit les yeux; quand, après la monte, on les lui découvrit, il se précipita contre un mur et se tua net» (V. N. I, 634: Desdaigner).
22, Finesse.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 15; Elien, Hist. des anim., VII, 42.—La Fontaine a traité ce sujet à peu près de même façon dans sa fable «L’âne chargé d’éponges et l’âne chargé de sel».
31, Duello.—Il s’agit ici de la guerre de Troie, l’événement le plus célèbre des temps mythologiques.—Cette guerre causée par l’enlèvement par Pâris, prince troyen, d’Hélène femme de Ménélas, roi de Sparte, dura dix ans et se termina par la prise de la ville et la destruction de ce royaume par les Grecs confédérés, sous les ordres d’Agamemnon, roi d’Argos (1200 av.). V. N. III, 512: Pomme.
35, Trouble.—La Fontaine, dans sa fable des Deux coqs, a exprimé la même idée à sa façon:
45, Futuam.—Subjonctif de futuere, qui vient du grec φυτεύω (je plante), signifiait accomplir l’acte de génération et uniquement entre hommes et femmes; contrairement à pædicem qui s’entendait du commerce avec les garçons, parfaitement admis avant le christianisme; mentula, membre indicateur du sexe masculin, est souvent employé dans Martial. Le grave Théodore de Bèze, docteur du protestantisme, s’est laissé aller à en faire le sujet d’une petite pièce qui ne manque pas d’agrément (V. N. III, 208: Fouteau).
49, Canant.—Cette épigramme est de l’empereur Auguste; elle nous a été conservée par Martial, qui en la reproduisant dit, avec juste raison, que ses propres vers n’offrent rien de pire. Fontenelle s’est risqué à la traduire, mais, à la différence du poète latin, il a transformé les quelques mots, et particulièrement ceux relatifs à Manius, qui constituent la satire la plus mordante à l’égard de Fulvie:
1, Donné.—Marguerite de France, femme du roi de Navarre, depuis Henri IV, à laquelle, croit-on, Montaigne adressait cette apologie de Sebond.—Sœur de Charles IX, son mariage, né de la politique, ne fut pas heureux: mari et femme étaient aussi dévergondés l’un que l’autre: leur union se termina par une annulation prononcée par le Pape en 1599. Longtemps Marguerite (Margot comme on l’appelait) s’y refusa, «ne voulant pas, écrivait-elle en 1593 à Duplessis, que cette bagasse (ancienne prostituée,—il s’agissait de Gabrielle d’Estrées) soit mise à sa place sur le trône de France». Elle finit cependant par céder, mais sa rivale n’en bénéficia pas: la demande d’annulation, faite en février, fut prononcée en décembre; dans l’intervalle, en avril, la favorite était morte subitement.
2, Mouuements.—C.-à-d. une armée.
3, Lybico.—Les anciens donnaient le nom de mer de Libye aux deux golfes formés par la mer Méditerranée sur les côtes de la Tripolitaine et de la Tunisie et qui, remplis de bas-fonds, étaient très redoutés des navigateurs.
9, Brouée.—Brouillard épais, brume qui souvent règne l’hiver, dans la matinée.
10, Terre.—Pascal s’est inspiré de cette idée: «L’esprit du plus grand homme du monde n’est pas si indépendant, qu’il ne soit sujet à être troublé par le moindre tintamarre qui se fait autour de lui; il ne faut pas le bruit du canon pour empêcher ses pensées, il ne faut que le bruit d’une girouette ou d’une poulie.»
18, Poëte.—Allusion aux abeilles que chante Virgile, et aux essaims desquels on se rend maître en les enfumant.
21, Armes.—Plutarque, Sertorius, 6.—Ce ne fut pas contre Pompée que Sertorius se donna l’avantage de combattre un adversaire aveuglé par la poussière, mais contre les Caracitaniens, peuple d’Espagne, qui s’étaient réfugiés dans de profondes cavernes creusées dans le roc, dont il parvint à les déloger en plaçant devant l’entrée des tas de terre qu’il avait remarqués se réduisant facilement en poussière qu’un vent contraire, qui persista pendant deux jours, emporta dans le repaire de l’ennemi qui, suffoqué, dut capituler (82).—Dans les guerres d’Algérie, le maréchal Pelissier, alors colonel, eut recours à un procédé analogue, pour avoir raison au Dahra (1845) d’insurgés réfugiés avec leurs familles et leurs biens dans des gorges inaccessibles. Il les y enfuma en mettant le feu à des broussailles amoncelées à l’entrée; cinq cents périrent.
21, Antigonus.—Le fait s’est bien produit dans un combat entre Eumène et Antigone et où le premier eut l’avantage; mais il fut indépendant de sa volonté et profita également à son adversaire qui, grâce à cette même poussière produite par le piétinement des chevaux sur un sol sablonneux et qui obscurcissait la vue, sauva ses bagages des mains de l’ennemi.
21, Crassus.—A la bataille de Carrhes, en Mésopotamie (Asie), où les Romains, commandés par Crassus, furent vaincus par les Parthes et perdirent 30.000 h. (55); la cavalerie adverse souleva des nuages si épais de poussière que les Romains, sur lesquels le vent la faisait refluer, ne pouvaient ni se voir, ni se parler; mais ce fut là un fait qui n’avait pas été prémédité.—Inversement à la grande bataille de Verceil où Marius anéantit les Cimbres (101), par suite des mouvements de ces multitudes, une poussière intense s’éleva protégeant les Romains contre les efforts de leurs adversaires, soutenant leur courage en leur cachant la supériorité numérique considérable des ennemis qui avaient encore ce désavantage d’avoir le soleil en face et d’être incommodés par une chaleur (on était à la fin de juillet) à laquelle ils n’étaient pas habitués. Plutarque.
33, Dire.—Le roi Emmanuel, qui dirigeait ce siège, y fut blessé d’une flèche; cette circonstance et le peu d’importance de la place le décidèrent à lever le siège (1510).—Les gens de Tamly utilisant les abeilles pour se défendre, eurent recours, certainement à leur propre insu, à un procédé mentionné dans la Bible: «J’enverrai devant toi les frelons, dit Jéhovah à Moïse sur le Sinaï, qui chasseront loin de ta face les Hévéens, les Chananéens et les Héthéens». Exode, XXIII, 28.
34, Sauatier.—Savetier. Savatier, qui vient plus directement de savate, prévalait jadis; c’est ainsi qu’on trouve dans Villon: «Et vous, Blanche la savatière.»
34, Moule.—Cette phrase: «Les âmes des empereurs et des savetiers sont jetées dans le même moule», a servi d’épigraphe en 1792 à un journal de la Révolution, intitulé «Journal des Sans-culottes».—L’idée s’en retrouve dans La Servitude volontaire de La Boétie: «Nature le ministre de Dieu et la gouvernante des hommes, nous a tous faits de même forme, et, comme il semble, à même moule.»
37, Importantes.—«Quelquefois, quand les rois sont en conseil, les peuples croient qu’ils parlent de changer le pôle arctique de l’antarctique; et le plus souvent ils prennent des mouches» (Malherbe), ainsi que faisait Domitien qui, au début de son règne, s’enfermait des heures entières dans son cabinet, se livrant à cette occupation. Suétone.—«Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les yeux, sont représentées par les politiques comme les effets de grands desseins, au lieu que ce sont d’ordinaire les effets de l’humeur et de la passion; ainsi la guerre d’Auguste et d’Antoine, qu’on rapporte à l’ambition qu’ils avaient de se rendre maîtres du monde, n’était peut-être qu’un effet de jalousie.» La Rochefoucauld. On pourrait inférer de l’épigramme d’Auguste: Quod futuit Glaphyran..., qu’a reproduite Montaigne à la page précédente, que la guerre entre Antoine et lui a été amenée par un caprice de Fulvie auquel il s’est dérobé, mais il y a lieu d’observer que celle-ci est morte en 40, alors que n’avait pas encore éclaté leur rupture définitive dont fournirent l’occasion les amours d’Antoine avec Cléopâtre, reine d’Égypte, qui lui firent délaisser Octavie, sa seconde femme, sœur d’Octave (nom de l’empereur Auguste avant son avènement à l’empire).—Pareillement, cette visite de l’empereur d’Allemagne à Tanger qui, en 1905, fit de la question marocaine une question européenne, visite attribuée à une politique préconçue, est née d’une simple boutade, parce qu’on se trouvait dans le voisinage, et que la mer était quelque peu forte. Si elle n’avait pas eu lieu, trois grandes puissances ne seraient pas revenues sur des accords déjà pris, nous ne nous retrouverions pas avoir les mains liées à tout jamais à l’égard du Maroc et nous n’aurions pas été réduits au ridicule d’accepter d’y exercer en coopération la police sous le contrôle de l’Europe, tâche qui n’offre que des difficultés en perspective, et où notre impuissance n’aura d’égale que la responsabilité que nous assumons.
43, Plus.—«Les grands et les petits ont mesmes accidents, mesmes fascheries et mesmes passions; mais les uns sont en haut de la roue, les autres près du centre et ainsi moins agités par les mesmes mouvements.» Pascal.
43, Ciron.—Très petit insecte de la famille des parasites, qui s’attache à la peau.
8, Iustice.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 12.—C’est sur un acte de même nature que repose la légende du chien de Montargis: «Sous Charles V, un gentilhomme aurait été assassiné dans la forêt de Bondy; ce gentilhomme avait un chien qui, témoin du meurtre, après l’avoir fait découvrir en s’obstinant à demeurer près du corps, s’acharnant ensuite contre l’assassin chaque fois qu’il l’apercevait, fit soupçonner la vérité. Un combat singulier fut ordonné entre eux, et l’homme, vaincu, avoua son crime.» Mais le même fait, avec des acteurs de même nom, se retrouvant dans une chanson de geste du temps de Charlemagne, on estime aujourd’hui que la scène finale ne s’est pas passée à Montargis, comme on le répète généralement, et que ce n’est que parce qu’elle a été reproduite par hasard, en peinture, dans la salle du château, lors de sa restauration par Charles VIII, que cette croyance s’est formée.
10, Maistre.—Plutarque, ibid.; Pausanias, IX, 31.
27, Siecle.—Plutarque, ibid.; Elien, De Animal., VII, 13.
30, Spectateur.—C’est Aulu-Gelle, V, 14, qui rapporte le fait comme le tenant d’Appion qu’il déclare sujet à caution; mais il est confirmé par Sénèque qui dit: «Nous avons vu dans l’amphithéâtre un lion qui, ayant reconnu un homme auquel il avait appartenu autrefois, le protégea contre les autres bêtes qui allaient fondre sur lui.» Elien, De Animal., VII, 48, en nomme le héros Androclès au lieu d’Androdus.—Cet épisode a été mis en vers français.
13, Embatis.—Je rencontrai, je gagnai. S’embattre, c’était arriver fortuitement en un lieu, et aussi intentionnellement.
16, Mussé.—Caché, blotti; mot d’étymologie grecque.
24, En hors.—Désormais, depuis ce moment, dès lors.
35, L’empereur.—D’après Appion, cet empereur serait Caracalla; mais si Sénèque en a été témoin, ce ne peut être que Néron ou l’un de ses prédécesseurs. V. N. II, 182: Spectateur.
46, Ora.—Pline, VIII, 42, affirme expressément lui aussi que les chevaux pleurent quelquefois la mort de leur maître et assure que le roi Nicomède ayant été tué, son cheval se laissa mourir faute de manger.
7, Escare.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 26.
12, Barbiers.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 26.—Le barbier est un poisson de mer du genre osseux.
17, Balaine.—Énorme cétacé qui atteint 20 à 25 mètres de long et un poids de 100.000 kilos; sa peau a jusqu’à trois centimètres d’épaisseur. Sa pêche, à peu près épuisée dans les mers du Nord, s’effectue actuellement plutôt dans les mers australes; l’espèce tend à disparaître. On utilise surtout, dans la baleine, l’huile, le lard et les fanons, lames cornées, au nombre de 7 à 800, qui garnissent la bouche.
19, Guide.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 32.—Le requin serait, pareillement, constamment accompagné d’un poisson, qu’on appelle «pilote», jouant le même rôle.
28, Gouuernail.—Le caracal, carnassier du genre chat, qui a l’odorat aussi développé que le lion l’a peu, en agirait à peu près de même avec celui-ci. Faible, pas plus gros qu’un renard, il va devant le lion, lui découvre une proie et l’en avertit; le lion met à profit l’avertissement et laisse en rémunération une partie de la victime à son batteur d’estrade.
39, L’offenser.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 32; Pline, VII, 25; Elien, De Animal., III, 11, etc.—Le crocodile (V. N. II, 148: Crocodile), dans l’eau, absorbe des sangsues; à terre, des fourmis pénètrent dans sa gueule béante; les unes et les autres s’y attachent sans que, en raison de la disposition de sa langue, il puisse s’en débarrasser; le pluvier entre dans sa bouche et lui rend service, becquetant ses dents, son palais, ses gencives. Hérodote.—Un autre oiseau, le piquebœuf, rend au buffle les mêmes offices: avide des tiques qui le dévorent, il l’en débarrasse et celui-ci endure patiemment des coups de bec dont il reconnaît l’utilité; de plus, si l’oiseau aperçoit un chasseur, il pousse un cri et s’envole, ce qui est un avertissement pour le buffle. Cosmos.
40, Nacre.—La nacre n’est pas un coquillage, mais une matière blanchâtre et brillante qui forme l’intérieur de beaucoup de coquilles marines univalves et bivalves; la partie est ici prise pour le tout.
40, Pinnothere.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 32; Cicéron, De Nat. deor., II, 48.—Le pinnothère est une espèce de crabe qui vit ordinairement dans les coquilles des testacés bivalves.