48,

7, Themison.—Restaurateur de l’école méthodiste, basée sur ce qu’il n’y a dans la nature que de la matière animée et que la diversité des corps provient de la diversité des atomes ou éléments qui les composent.

7, Musa.—Guérit Auguste d’une maladie dangereuse, ce qui lui valut d’être comblé d’honneurs par le prince et par le Sénat: sa statue fut placée dans le temple d’Esculape; et, à sa considération, les médecins furent exempts de toutes sortes d’impôts.—Musa était l’ami d’Horace et de Virgile; c’est lui, a-t-on dit, que ce dernier a célébré dans le livre XII de l’Énéide, sous le nom de Iapis.

9, Messalina.—Les éd. ant. aj.: femme de Claudius Cæsar.

23, Latineurs.—Gens qui s’expriment en latin.

25, Cueillons.—Les éd. ant. port.: nous ne sçaurions donner pris aux drogues que nous cognoissons: si elle ne nous est inconnue, si elle ne vient d’outre-mer, et ne nous est apportée de quelque lointaine region, elle n’a point de force; au lieu de: «la drogue... cueillons».

26, Gayac.—Arbre de la Jamaïque à bois très dur et résineux dont la décoction est un sudorifique; on le nomme aussi «bois saint».

26, Salseperille.—Salsepareille; plante d’Amérique, dont la racine est dépurative et sudorifique.

27, Esquine.—Bois d’esquine; racine d’un certain jonc des Indes, dont il est fait usage en médecine.

30, Mespriser.—Les éd. ant. aj.: et estimer vaines.

34, Paracelse.—Prétendait révolutionner la médecine; et après avoir joui d’une grande réputation, tomba dans le discrédit et mourut à l’hôpital.

34, Fiorauanti.—Mêlait à un peu de science beaucoup de charlatanisme, acquit une certaine notoriété.

35, Argenterius.—Se distingua par ses vives attaques contre Galien.

50,

2, More.—Ésope, dans sa fable l’Éthiopien.—Les Maures sont distincts des Berbers, des Arabes et des Nègres dont l’ensemble forme la majeure partie de la population de l’Afrique; ils semblent un croisement de ces deux dernières races, habitent de préférence les villes, sont vigoureux, basanés, fourbes et cruels, s’adonnent volontiers au brigandage, à la piraterie et à la traite des nègres.

22, Merueilleusement.—Met à une rude épreuve.

23, Repos.—Les éd. ant. à 88 aj.: et de ne troubler rien en son estat.

30, Affuster.—Ajuster, mener à bien; au propre, c’est appliquer une garniture de bois à quelque chose.

40, Faut.—S’il se méprend, s’il manque.

52,

14, Conseil.—L’éd. de 88 aj.: (car d’en voir plusieurs bien d’accord il est mal aisé: ilz haissent l’vni-son de la musique).

15, Suader.—Persuader, comme portent les éd. ant. Suader est le mot latin suadere qui a même signification.

22, Foye.—De nos jours, cela n’est plus exact: l’invention de Roentgen, autrement dit les rayons X réalisent dans une certaine mesure ce fait qui dépasse notre intelligence, bien que nous le reproduisions à volonté, de rendre translucides des corps opaques, notamment le corps humain, et de nous en révéler l’ossature et la présence de tout corps étranger.

24, Et qui.—L’éd. de 80 porte: desquels, ils disent, qu’il y en a aucuns qui, au lieu de: «et qui».

35, Diuerses.—Plus tard, Voltaire, exprimant la même idée, a dit de même: «Quelle bonne farce, d’introduire dans un corps que l’on connaît peu des médicaments que l’on ne connaît pas.»

54,

4, Officier.—Qui est pourvu d’un office, d’une charge. Ici d’un pharmacien ou, comme on disait alors, de l’apothicaire.

6, Pourpointiers.—Tailleurs qui ne faisaient que le pourpoint (ancien vêtement français qui couvrait le corps du cou à la ceinture); doit s’entendre de l’ensemble des vêtements du haut du corps.

6, Chaussetiers.—Ne faisaient que les hauts-de-chausses (culottes) et les bas.

13, Ægyptiens.—Hérodote, II, 84.

14, Descouper.—Diviser en parties complètement séparées; on dit actuellement créer des spécialités.—A cet égard, le vœu de Montaigne est aujourd’hui complètement réalisé; les spécialistes foisonnent, il y en a de toutes sortes. L’idée est bonne, sa réalisation l’est moins. Adressez-vous à l’un d’eux, à peine s’il vous examine, admet sans conteste que vous ne faites pas erreur, que votre cas relève bien de lui et, ne voyant que sa partie, de la meilleure foi du monde, quels que soient votre tempérament et vos antécédents qu’il ne recherche même pas, vous trace un traitement d’après une des formules qu’il a adoptées. Hors certains cas de chirurgie où incontestablement les spécialistes, en raison d’une pratique plus fréquente, ont plus de dextérité et sont à préférer, il n’y en a pas un seul, si grande soit sa réputation, qui vaille mieux qu’un médecin modeste et consciencieux auquel vous vous confiez d’habitude, qui vous voit fréquemment, qui vous porte affection, vous suit et de longue date connaît votre tempérament.—En somme, il est sage de n’avoir recours à un spécialiste que sur le conseil de son médecin ordinaire.

21, Amy.—La Boétie, mort de la dysenterie en 1563.

25, Dissentieuses.—Par ces drogues mêlées confusément et qui ont des qualités discordantes et contraires.

29, Graue.—Gravelle; maladie des reins et de la vessie donnant lieu à la production de concrétions calcaires semblables à de petits grains de sable.

29, Pierre.—Maladie dans laquelle les concrétions qui se produisent chez certaines personnes atteintes de gravelle, s’agglomèrent, ce qui rend leur expulsion beaucoup plus difficile et douloureuse.

56,

3, Expeller.—Chasser; du latin expellere, qui a même signification et dont le participe passé expulsus a fourni les dérivés «expulsé, expulsion».

8, Eau.—Uriner; expression gasconne qui s’est généralisée et s’emploie aujourd’hui assez couramment dans le langage familier.

19, Il est bon.—Le passage commençant par ces mots et se terminant pag. 60, lig. 14, par ceux-ci: «en cet art», était rédigé ainsi qu’il suit dans l’édition de 1580: Somme, ilz n’ont nul discours, qui ne soit capable de telles oppositions. Quant au iugement de l’operation des drogues, il est autant ou plus incertain. I’ay esté deux fois boyre des eaux chaudes de noz montaignes: et m’y suis rangé, par ce que c’est vne potion naturelle, simple, et non mixtionnée, qui au moins n’est point dangereuse, si elle est vaine: et qui de fortune s’est rencontrée n’estre aucunement ennemie de mon goust (il est vray que ie la prens selon mes regles, non selon celles des medecins) outre ce que le plaisir des visites de plusieurs parens et amis, que i’ay en chemin, et des compaignies qui s’y rendent, et de la beauté de l’assiete du pais, m’y attire. Ces eaux là ne font nul miracle sans doute, et tous les effectz estranges qu’on en rapporte ie ne les croy pas; car pendant que i’y ay esté, il s’est semé plusieurs telz bruits que i’ay decouuers faux m’en informant vn peu curieusement. Mais le monde se pipe aiseement de ce qu’il desire. Il ne leur faut oster aussi qu’elles n’esueillent l’appetit et ne facilitent la digestion, et ne nous prestent quelque nouuelle alegresse, si on n’y va du tout abatu de forces. Mais moy ie n’y ai esté ny ne suis deliberé d’y aler que sain et auecques plaisir. Or quant à ce que ie dis de la difficulté, qui se presente au iugement de l’operation, en voicy l’exemple. Je fus premierement à Aigues-caudes, de celles là ie n’en sentis nul effet, nulle purgation apparente: mais ie fuz vn an entier aprez en estre reuenu sans aucun ressentiment de colique, pour laquelle i’y estoy allé. Depuis ie fus à Banieres, celles cy me firent vuyder force sable, et me tindrent le ventre long temps apres fort lache. Mais elles ne me garantirent ma santé que deux mois: car apres cela i’ay esté tresmal traicté de mon mal. Ie demanderois sur ce tesmoignage, ausquelles mon medecin est d’auis que ie me fie le plus, ayant ces diuers argumentz et circonstances pour les vnes et pour les autres. Qu’on ne crie donc plus apres ceux, qui en céte incertitude se laissent gouuerner à leur appetit et au simple conseil de nature. Or ainsi, quand ils vous conseillent vne chose plus tost qu’vne autre, quand ils nous ordonnent les choses aperitiues, comme sont les eaux chaudes, ou qu’ils nous les deffendent: ils le font d’vne pareille incertitude, et remettent sans doubte à la mercy de la fortune l’euenement de leur conseil: n’estant en leur puissance ny de leur art de se respondre de la mesure des corps sableux, qui se couuent en noz reins: là où vne bien legiere differance de leur grandeur peut produire en l’effet de notre santé des conclusions contradictoires. Par cet exemple lon peut iuger de la forme de leurs discours. Mais pour les presser plus viuement, il ne fauldroit pas vn homme si ignorant comme ie suis de leur art.

31, Bastelant.—Faisant les bateleurs, se jouant et badinant.

58,

33, Della Villa.—Bains près de Lucques; on les nomme actuellement tout simplement i Bagni (les Bains).

60,

1, Prise.—C.-à-d. on retient les malades au lit dans l’établissement même où ils ont bu l’eau.

3, Corneter.—Corneter et ventouser sont synonymes; le premier est hors d’usage; dans quelques dictionnaires modernes, on trouve encore «cornet à ventouses».

4, Doccie.—Douches; jets d’eau chaude ou froide que l’on dirige sur le corps ou une de ses parties. Leur emploi, restreint au temps de Montaigne à l’état de traitement curatif, s’est généralisé, et est devenu en outre un de nos moyens courants d’hygiène et de propreté.

19, Effertur.—Ausone, Epig. 74, de qui sont ces vers, joue ici sur le mot effertur, efferre signifiant emporter et aussi porter en terre.—En fait de médecins du nom d’Alcon, on n’en connaît qu’un, dont Pline dit qu’il vivait à Rome du temps de Claude, et qu’ayant été exilé et ses biens s’élevant à dix millions de sesterces (2.100.000 Fr.) confisqués, il en gagna autant en peu d’années, après avoir été rappelé.

25, Caupene.—Ce baron de Caupène était petit-fils du maréchal de Montluc.

27, Benefice.—Charge ecclésiastique pourvue d’un revenu; les patrons étaient ceux qui avaient contribué, eux ou leurs ancêtres, à la fondation de l’église; ils présidaient aux cérémonies, présentaient un candidat à la nomination de l’évêque et percevaient quelquefois une partie des revenus du bénéfice. Celui dont il est question ici, était la cure de Lahontan, dont avait été titulaire un des oncles de Montaigne. V. N. III, 34: Quatre.

37, Destroit.—District, pays, se livrer à la mendicité.

43, Maistres.—Voir N. II, 478: Maistre Iean.

62,

2, Grand.—Ou monsieur, comme portent les éd. ant.

4, Comperes.—L’éd. de 80 port.: cousins.—Les bourgeois s’appelaient entre eux compères, comme les gentilshommes s’appelaient cousins.

12, Apostemes.—Abcès non ouverts; apostème et apostume se disent encore, quoique rarement; on le trouve chez La Fontaine, dans sa fable Le cheval et le loup:

«J’ai, dit la bête chevaline,
Un apostume sous le pied.»

25, Raccourcies.—Ce membre de phrase: «leurs vies raccourcies de moitié», est de trop. On ne saurait nier que la médecine ne soit parvenue à force d’hygiène à prolonger la vie humaine dont certaines statistiques fixent, de nos jours, la durée moyenne, en France, à 46 ans, alors qu’il y a un siècle à peine, on la tenait moindre de près de 10 ans. De fait, les maladies engendrées ou aggravées par la misère et les logements insalubres, la malpropreté, la négligence dans les soins donnés aux enfants en bas âge, ont bien diminué; et aussi les épidémies, par suite des mesures prises dès leur apparition pour en arrêter le développement; enfin la vaccination a de plus en plus raison de nombre de maladies, et non des moindres, contre lesquelles la science était jadis impuissante. Mais à quel prix ce résultat est obtenu, Montaigne nous le dit, et cet affaiblissement qu’il accuse dans nos tempéraments est bien réel: notre vie est plus longue, mais plus souffreteuse; l’intensité de l’existence qui aujourd’hui se passe, pour le plus grand nombre, dans un état de préoccupations et souvent de surexcitations continues qui, jadis, n’était l’apanage que de quelques-uns; la sophistication des denrées alimentaires quelles qu’elles soient, la contamination presque générale de l’eau que nous buvons; l’alcoolisme qui va gagnant sans cesse, font que finalement, dès la jeunesse, nous sommes aux prises avec des maux d’estomac, d’intestins, avec des douleurs de toute nature qu’autrefois on ne connaissait guère que dans l’âge avancé, et témoignent d’une dégénérescence qui va augmentant de génération en génération.—Parmi ces infirmités devenues plus précoces et multipliées, la tuberculose, qui présentement en France emporte 350.000 personnes par an, tient le premier rang, tant par sa gravité que par la rapidité de son extension. Son développement excessif, depuis une cinquantaine d’années, tient à ce qu’elle est héréditaire, et que la sélection qui, il n’y a pas encore cent ans, s’opérait aux débuts de la vie et s’étendait à tout ce qui était venu au monde avec une organisation débile, se trouvant considérablement réduite par les progrès de l’hygiène, tous ceux qui n’ont échappé que grâce à ces conditions d’hygiène, vont procréant des êtres qui sont tout désignés pour être atteints à bref délai et propager à leur tour les germes morbides qu’ils ont reçus en naissant. On peut essayer de guérir les tuberculeux, on y parviendra peut-être pour nombre d’entre eux; mais tous les moyens curatifs existants ou à trouver: régime, sanatoria, sérums, ne seront que des palliatifs insuffisants contre le fléau; pour l’enrayer, il n’est qu’un remède d’efficacité absolue: il faut le prévenir, en tarir la source en interdisant le mariage, c’est-à-dire la propagation de leur mal, à ceux qui sont contaminés; et pour cela il suffit que la loi édicte qu’un bulletin de visite médicale, délivré à bon escient, soit joint aux pièces à produire à la mairie, par quiconque est en instance de mariage. Conçu en termes généraux, ce bulletin aurait, du même coup, pour effet de protéger les familles contre l’introduction subreptice dans leur foyer des syphilitiques et autres avariés qui, plus heureux que les tuberculeux, ont des chances de guérison; il ne serait qu’un renseignement qui leur permettrait de savoir à quoi s’en tenir, celles qui le jugeraient à propos ayant, à moins que l’expérience ne montre la nécessité d’un interdit formel, la faculté de passer outre; le remède n’est ni difficile, ni coûteux, ni gênant pour ceux qui sont indemnes, il suffit de vouloir.

40, Curieux.—Les éd. ant. à 88 aj.: et d’autres auec moy.

64,

5, Inusité.—Il s’agit ici de pelotes, de grosseur variable, pouvant atteindre cinq à six centimètres de diamètre, nommées par les savants «egagrophytes» et aussi «besourds d’Allemagne», composées de détritus de plantes, de poils de l’animal et de concrétions calcaires qui se forment assez fréquemment dans le premier et parfois dans le deuxième estomac des ruminants.

15, Petrifiante.—Les éd. ant. aj.: Et si cette beste est suiette à cette maladie, ie trouue qu’elle a esté mal choisie pour nous y seruir de medicaments.—En supprimant ce membre de phrase, Montaigne s’est bien inconsciemment épargné les démentis que l’avenir lui eût apportés, lorsque 150 ans plus tard la vaccine était découverte et que trois siècles après lui le génie de Pasteur, qui n’était pas médecin, imaginait de communiquer certaines maladies à certains animaux et par des traitements appropriés d’en tirer ces sérums qui immunisent l’homme et aussi d’autres animaux contre ces mêmes maladies ou les en guérissent, ouvrant à la science un champ illimité d’expériences et d’applications.

21, Euenemens.—Néanmoins, elles réussissent dans quelques heureuses circonstances.

22, Necessité.—«Honore les médecins à cause de la nécessité (sous-entendu: où tu es d’y avoir recours),» dit l’Ecclésiastique, XXXVIII, 1; et il ajoute: «parce qu’il est une création du Très-Haut».

23, Asa.—«Affligé, dit l’Écriture (II Paralipomènes, XVI, 12), d’un mal qui lui tomba sur les pieds et remonta plus haut (probablement la goutte), il n’eut point recours au Seigneur et mit plutôt sa confiance dans la science des médecins.» On croit que par médecins, il faut entendre ici les magiciens, parce qu’alors la plupart des médecins usaient de sortilèges et de superstition, et qu’il est vraisemblable que s’il en eût été autrement, ce reproche ne lui eût pas été adressé.

25, Aymez.—«Le médecin, d’après Alphonse Daudet, est un homme qui console toujours, soulage souvent, guérit parfois.» Définition fort juste en tant qu’appliquée au médecin familial, qui vous suit au cours de la vie, étudie et connaît votre tempérament, est votre ami autant que votre conseiller, ce qui est rare dans les grands centres où abondent par trop ce que l’on est convenu d’appeler les princes de la science et aussi les spécialistes et les prolétaires. Aux premiers le temps fait défaut, les seconds ne voient que ce qui les touche, les derniers parfois n’ont pas assez de scrupule; chez certains d’entre les uns et les autres les honoraires demandés sont souvent d’une exagération excessive, lors même que leur science s’est trouvée en défaut ou que leurs soins n’ont pas abouti.

28, Vacations.—Professions.

32, Loy.—Je leur permets, je leur donne licence.

33, Sorte.—Les éd. ant. port.: me coucher sur le costé droit, si i’ayme autant y estre, que sur le gauche, au lieu de: «m’abrier... sorte».

36, Clairet.—Ancien nom du vin de Bordeaux que, dit-on, les Anglais, qui en sont fort amateurs et gros consommateurs, lui ont conservé et qui vient de ce que, relativement aux autres vins du Midi, il est peu chargé en couleur.

66,

10, Destroussement.—Ouvertement.

14, Soif.—Les éd. ant. port.: faim.

24, Place.—Places publiques. «C’était une loi sagement établie», dit Hérodote, I, 197, qui ajoute: «il n’était pas permis de passer près d’un malade sans s’enquérir de son mal».—V. aussi Strabon, XVI.

29, Breuets.—Barbotages est pris ici au figuré et signifie marmottages, prières cabalistiques, etc.; les brevets sont les préservatifs contre le poison, les enchantements, les maladies, etc., généralement sous forme de billets enfermés dans une sorte de gaine en étoffe ou en peau qu’on suspendait aux bras, aux poignets et autres parties du corps, autrement dit des amulettes; il nous en reste bien quelque chose.

32, Homere.—Odyssée, IV, 231.

36, Confrairie.—Société habituelle; lorsqu’il écrivait les Essais et en particulier ce chapitre où il se met assez souvent en cause, il ne faisait plus partie du Parlement.

68,

2, Desprendre.—Je ne puis quitter ce sujet.

6, Simples.—Nom vulgaire des herbes et plantes médicinales.

17, Galen.—Galien; séjourna plusieurs années à Alexandrie pour y étudier l’anatomie; vint à Rome et y devint le médecin des empereurs Marc-Aurèle, Vérus et Domitien. C’est, après Hippocrate, dont il suivait la doctrine, le premier médecin de l’antiquité; il a publié une foule d’écrits qui formaient un corps complet d’études médicales, plusieurs sont perdus. Il expliquait tout, en médecine comme en physique, par le fait des quatre éléments: l’eau, l’air, la terre, le feu, et celui des quatre qualités: le chaud, le froid, l’humide, le sec; et pour expliquer les phénomènes de la vie, il admettait un fluide vital.

20, Vaisseau.—Vase. Un auteur du XVIIe siècle dit qu’à cette époque les Indiens considéraient du bouillon de serpent comme un excellent préservatif contre la lèpre.

30, Aisée.—C.-à-d. à laquelle il faut prêter une croyance bien souple et bien accommodante; il se trouve à nouveau non moins embarrassé pour discerner dans quel cas et à quelle maladie il peut faire application de ce remède.

36, Maladies.—Devant chacun de ces compléments: l’épilepsie, au mélancolique, en hiver, etc..., les mots «que c’est», sont chaque fois sous-entendus.

70,

16, Experiences.—Hippocrate, Galien et Celse.

24, Pas.—Sur ce passage, ce sujet.

72,

9, Tibere.—Tacite, Ann., VI, 46.—Tibère, encore jeune, se distingua aux armées et, plus tard, fit fleurir la paix, l’ordre, la justice dans les provinces et administra bien les finances; mais, soupçonneux et cruel, il donna, lorsqu’il eut le pouvoir suprême, libre cours à ces instincts. Sur la fin de sa vie, il s’était retiré dans l’île de Caprée, non loin de Naples, pour échapper à la haine qu’il sentait s’élever autour de lui et se livrer en toute liberté à ses vices.

26, Suffisance.—L’éd. de 88 aj.: pour m’agencer et meliorer, non pour me parer et honorer;—celle de 88 aj.: et de la valeur.

33, Creu.—Ailleurs pourtant, Montaigne dit qu’il faut colloquer les gens non selon les facultés de leur père, mais selon celles de leur âme. Si tous ceux, «sous de meschantes chausses», n’avaient pas fait de livres, que de chefs-d’œuvre n’existeraient pas: Homère a mendié; Virgile naquit paysan; Horace était fils d’esclave; Corneille, qui touchait six francs de droits d’auteur quand on jouait le Cid, demandait un crédit de trois sols pour un ressemelage de souliers; La Fontaine avait souvent besoin de Fouquet; Boileau empruntait cent pistoles à Racine pour aller aux eaux, et Racine les demandait à Louis XIV pour les prêter à Boileau.

34, Moy.—Ne me le demandez pas à moi, qui aimerais encore mieux être un bon cuisinier, si.

37, Ailleurs.—Le Talmud dit dans le même sens: «La science sans richesse est comme un pied sans soulier; la richesse sans la science comme un soulier sans pied.»

74,

12, Latins.—Bien d’autres médecins latins ont écrit, entre autres: Celius Aurelianus, contemporain de Galien; Serenus Samonicus, qui vivait sous l’empereur Septime Sévère; Marcellus Empiricus, sous Théodose le Grand; Æmilius Macer, contemporain de Virgile; Apulée, contemporain de Celse; il est, du reste, à observer que les Romains s’abstenaient en général de pratiquer cet art, que n’exerçaient guère que les Grecs.  Payen.

12, Celsus.—A traité de toutes les sciences, et en particulier de la médecine; seul, demeure son ouvrage sur ce dernier sujet, remarquable par le style autant que par la valeur du fond.

14, Pincer.—C.-à-d. je ne fais que critiquer légèrement cet art des médecins.—Montaigne fait le mot «art» tantôt féminin, tantôt masculin, mais plus souvent féminin.

14, Pline.—Liv. XXIX, ch. 1.

15, Corde.—Ou de leur latin, comme port. les éd. ant.; c.-à-d. de leurs ressources.

21, Gramontoises.—C.-à-d. il ne parle pas des eaux thermales de ce côté-ci des Pyrénées qui relèvent de la seigneurie de Gramont.—Cette seigneurie, située dans la Basse-Navarre, appartenait à la famille du même nom, dont était madame de Duras.—L’éd. de 88 aj. ici: les montaignes où elles sont assises ne sonent et ne retentissent rien que de Gramont.

21, Ils.—Les éd. ant. port.: Nos médecins sont encore plus hardis, car ils, au lieu de: «Ils».

29, Pericles.—Chef du parti démocratique à Athènes; il aimait les lettres et les arts qui prirent, sous son initiative, un essor qui fait souvent désigner son époque sous le nom de «siècle de Périclès». Il signala son administration à l’intérieur par la construction de beaux édifices et des fêtes somptueuses; au dehors, par de grands succès, mais qui ne se maintinrent pas. Il détenait le pouvoir quand éclata la guerre du Péloponnèse (V. N. III, 162: Peloponnesiaque); il n’en vit que les débuts et mourut de la peste.

30, Breuets.—Amulettes. V. N. III, 66.

76,

5, Dragmes.—Poids et monnaie grecs: comme poids, la drachme était environ de trois grammes; comme monnaie, de cinquante à quatre-vingts centimes environ, sa valeur ayant varié à diverses époques.

5, Opiate.—Préparation pharmaceutique de consistance un peu molle et dont le suc de pavot (opium) était la base.

6, Violente.—Les éd. ant. aj.: et qui aura troublé l’assiette de mon entendement et de ma raison.

11, Deriuée.—C.-à-d. qui m’est venue de, qui m’a été transmise par mes ancêtres.

18, Assené.—Bien singulier, bien mal placé, peu justifié.

37, Diuersité.—«Diversité est ma devise,» a dit La Fontaine.—Les éd. ant. aj.: et la discordance.


LIVRE TROISIÈME

CHAPITRE PREMIER.
78,

Troisieme.—Ce troisième livre a paru pour la première fois dans l’éd. de 1588.

Honeste.—Ce chapitre traite de la conduite à tenir dans les guerres civiles. Il mérite attention et est assez difficile à comprendre; Montaigne y développe les idées qui ont dû le guider et les sentiments qui ont dû l’animer pendant le temps durant lequel il a occupé des fonctions publiques.

2, Curieusement.—Avec recherche, avec prétention, de parti pris.—Pascal a encore ramassé ici, chez Montaigne, comme cela lui arrive souvent, une pierre pour le lapider. Après lui avoir reproché de s’être fait le sujet principal de son livre, il termine: «Car de dire des sottises par hasard et par faiblesse, c’est un mal ordinaire; mais d’en dire par dessein, c’est ce qui n’est pas supportable...»

6, Eust.—Pour peu qu’elles me coûtent.

11, Poison.—Tacite, Ann., II, 88.

38, Parer.—«L’hypocrisie est un hommage rendu par le vice à la vertu.» La Rochefoucauld.

80,

9, Sentent.—«Cet âge est sans pitié,» a dit La Fontaine, parlant de l’enfant.

28, Impudence.—Cette même thèse est exposée par Boguet, ce juge de Saint-Claude qui, dans son discours sur les sorciers (1602), blâme la perfidie dont on usait envers eux, ne voulant pas que l’avocat trahisse son client, que le juge promette grâce à l’accusé pour le faire mourir; blâmant les épreuves auxquelles on les soumettait, la torture qu’on leur infligeait, et qui tout en préconisant ces principes humanitaires, fit du pays un désert; il n’y eut jamais juge plus consciencieusement exterminateur (V. N. III, 540: Vif).

32, Peine.—Que difficilement je trahirois le prince pour un particulier, moi qui serais très fâché, etc.

36, Princes.—Entre le roi de Navarre, depuis Henri IV, et le duc de Guise; postérieurement entre Henri III et le roi de Navarre. V. de Thou, De Vita sua, III, 9.

82,

3, Masque.—Engageassent la pointe de leur lance ou de leur épée dans mon masque.

3, Mestier.—Les diplomates.

5, Peuuent.—Contrefont la plus parfaite neutralité et se montrent les plus amis qu’ils peuvent, les plus dévoués aux intérêts de ceux avec qui ils traitent.—«Un diplomate, disent les Italiens, doit avoir la physionomie ouverte et la pensée impénétrable.»

15, Hipperides.—Plutarque, De la différence du flatteur avec l’ami, 24.—Hypéride s’employa activement contre les Macédoniens qui, vainqueurs, se le firent livrer, lui arrachèrent la langue et le soumirent aux pires tortures.

24, Peut.—Que le coup porte, s’il est possible.

27, Particuliere.—Tacite dit de même: «Galba, Othon, Vitellius ne me sont connus ni par les bienfaits, ni par les offenses que j’en ai reçus.»

28, Priué.—Ni excitée, ni ralentie par un intérêt personnel.

29, Iuste.—Cette cause est celle de la Ligue, confédération du parti catholique sous Henri III, fondée par le duc de Guise, dans le but apparent de défendre la religion contre les Calvinistes; en réalité, pour renverser le roi. Henri IV y mit fin par ses victoires et son abjuration en 1593.

31, Potest.—Cette citation ne figure pas ici dans l’ex. de Bordeaux; elle est reproduite dans la présente édition une seconde fois, III, 502.

84,

4, Vieille.—Allusion à un dicton de l’époque. La vieille femme en offrant un cierge à saint Michel, un autre au dragon avec lequel, dans les tableaux, on le représente en lutte, cherche à ménager les deux adversaires, la chèvre et le chou, comme dit un autre proverbe. Montaigne, à son instar, est disposé à faire sa cour aux deux partis en présence. Cet aveu prêterait fort à la critique sans le commentaire qui le suit et dont il ne saurait être séparé.—La Fontaine, et lui sans commentaires, a dit aussi: «Le sage dit, selon les gens: Vive le roi, Vive la Ligue»; mais ce n’est qu’une constatation qu’il fait et non une opinion personnelle qu’il émet.—Ce passage rappelle encore celui de Macrobe, où il parle d’un homme qui avait dressé deux corbeaux, l’un pour féliciter Auguste, l’autre pour applaudir Marc-Antoine.

7, Besoing.—Add. de 88: et s’il ne sert.

9, Atticus.—Cornélius Népos, Atticus, 6.—Atticus s’éloigna de Rome, pendant les guerres civiles, pour ne pas prendre part aux troubles publics. Il se refusa constamment à toute situation officielle et resta constamment lié avec les hommes les plus éminents, quoiqu’ils fussent divisés entre eux, avec Sylla et Cinna, Pompée et César, Antoine et Cicéron, Brutus et Octave. Jouissant d’une grande fortune et d’un grand crédit, il n’en usa que pour faire réparer les injustices et secourir les victimes des divers partis.

17, Honneste.—Combien est d’à propos cette appréciation de Montaigne sur la conduite à tenir en cas de troubles. En ces temps, dès qu’il s’en produit, on gémit, on ferme boutique, on se clôt chez soi, on émigre ou encore on va voir, semblant faire cause commune avec les fauteurs de désordre et de la sorte donnant plus d’importance au mouvement et ajoutant à la difficulté de la répression, s’en remettant exclusivement du soin de ramener l’ordre au Gouvernement qui parfois trahit, parfois lâche pied, et en tout cas, n’a pas toujours sous la main de quoi parer au mal, qui va grandissant d’instant en instant. Il en serait souvent autrement si dès le début chacun s’y employait; en Angleterre, quand le fait se produit, chacun prenant parti a possibilité de s’enrôler momentanément dans la police, à laquelle ce concours immédiat permet la plupart du temps d’étouffer le mal dès qu’il se manifeste. Que ne tente-t-on pareille chose en France! il ne manque pas de gens d’ordre et de cœur pour s’y prêter; sa réalisation serait peut-être plus facile qu’on ne se l’imagine, et procurerait un appoint moral sérieux et effectif qui n’est pas à négliger.—On commence du reste, dans nos grandes villes où les attaques nocturnes vont se multipliant dans une proportion inquiétante, à se faire à l’idée que le plus sûr est encore de se protéger soi-même, et à préconiser la création de gardes de nuit, à la charge des particuliers et à l’instar des sérénos en Espagne et de ce qui existe de semblable en d’autres pays sous d’autres noms, spécialement chargés de veiller dans telle rue, tel quartier, à la sûreté de tous, prévenir les effractions, prêter assistance aux passants attardés, poursuivre et arrêter les malfaiteurs.—Cette attitude inerte des populations en cas de troubles, se retrouve également lorsque se produit un incendie; la plupart viennent voir, puis se dérobent aussitôt, laissant aux sapeurs-pompiers et à l’armée, quand il s’en trouve des détachements sur les lieux, la tâche exclusive de le combattre; cette observation n’a pas trait, bien entendu, à Paris et autres villes, où le service de secours contre l’incendie est organisé de toutes pièces et n’a besoin d’aucune aide.

18, Applicent.—D’un fait particulier auquel a trait cette citation, Montaigne fait une maxime générale, en changeant un peu les paroles de l’auteur.

19, Gelon.—Hérodote, VIII, 163.—En 480; mais le fait n’est pas exact: Gelon allait se joindre aux Grecs contre Xerxès, quand les Carthaginois, à l’instigation de ce prince, attaquèrent la Sicile, où du reste ils furent complètement battus, et une des conditions que leur imposa le vainqueur fut l’abolition des sacrifices de victimes humaines.

22, En eschauguette.—En sentinelle; se dit et du lieu d’où l’on surveille et de l’action elle-même.

24, Concilier.—Faire alliance avec, se rendre favorable.

30, Veut.—C.-à-d. auxquelles, qui le voudrait, ne peut se dispenser de prendre part.—La traduction présente ici un contre-sens que corrige l’errata placé à la fin du volume.—La difficulté de compréhension de ce membre de phrase disparaît en le lisant: «ne s’empesche pas qui ne veut pas», ce qui n’en change pas le sens.

31, Attrempance.—Modération, du latin temperantia, qui a cette signification.

34, De Moruilliers.—Personnage considérable de l’époque; prit part au traité de Cateau-Cambrésis et au concile de Trente. Protégé par les Guise, il se montra toujours contraire à la Réforme, mais ne s’associa point aux persécutions dont elle fut l’objet.

34, Ouurent.—Travaillent.

37, Appreste.—Ceci est fort sujet à discussion. A moins de s’annihiler complètement, et encore, ce qui en tout cas n’est ni digne, ni conforme au devoir, la neutralité, dans les divisions politiques, est peu admise; il faut être nettement d’un côté ou de l’autre et qui n’est pas du côté du manche, est du côté du balai; vienne l’occasion, on le lui fera bien voir.

86,

3, Marcher.—Par ce fait qu’on marche.

14, Guerre.—«Nos vertus ne sont souvent que des vices déguisés.» La Rochefoucauld.—«Les vices entrent dans la composition des vertus, comme en médecine les poisons dans la composition des remèdes; la prudence les assemble et les tempère et elle s’en sert utilement dans les diverses circonstances de la vie.»  La Rochefoucauld.

25, Homme.—Quand, le 15 juin 1815, de Bourmont, chef d’état-major d’un corps d’armée français, passa à l’ennemi, quelques heures après il rencontrait Blücher qui commandait l’armée prussienne qui nous était opposée. Le vieux soldat, révolté de voir un homme portant l’uniforme de général de division déserter le matin d’une bataille, le laissa passer sans rien lui demander et un de ses officiers s’étonnant de sa brusquerie à son égard, alors qu’il avait arboré la cocarde blanche, dit tout haut, sans se soucier d’être entendu par le transfuge: «Qu’importe la cocarde, Jean foutre sera toujours Jean foutre.»

88,

7, Lysimachus.—Plutarque, De la Curiosité, 4.—Lysimaque appartenant à la garde royale d’Alexandre le Grand et ayant encouru sa disgrâce, fut, par ordre de ce conquérant, exposé sans armes à la fureur d’un lion énorme; comme l’animal ouvrait la gueule pour le dévorer, il lui saisit la langue avec la main et l’étouffa, ce qui excita si fort l’admiration d’Alexandre qu’il lui rendit son amitié; il se révéla par la suite un de ses meilleurs généraux, et à sa mort devint roi de Thrace; plus tard il conquit la Macédoine et périt en cherchant à s’agrandir davantage encore; d’un caractère qui était en rapport avec sa force brutale, il se rendit odieux par ses cruautés; n’épargnant pas même les siens, il mit à mort un de ses fils sur de légers soupçons.

9, Secrets.—«La pensée intime du roi doit demeurer secrète.» Livre de Tobie.

90,

1, Succedoit.—C.-à-d. et cela avec succès.

2, Heure.—C.-à-d. cependant je m’en détachai de bonne heure.—Allusion aux fonctions de conseiller au parlement de Bordeaux que Montaigne occupa de 1554 à 1570.

20, Engin.—Esprit; du latin ingenium qui a cette signification.

29, Bastonnades.—Cette fable d’Esope a été reproduite par La Fontaine: L’âne et le petit chien, IV, 5.

92,

1, Dandamys.—Plutarque, Alexandre, 20; Strabon, XV, qui l’appelle Mandanis.—Le propos, tenu par Dandamis, sur ces philosophes grecs était qu’ils pensaient sagement, mais avaient tort de faire passer la loi et les coutumes avant la nature, sans quoi ils ne rougiraient pas d’aller nus et de vivre simplement. C’est par ses conseils que le roi Taxile aurait fait sa soumission à Alexandre. Invité à se rendre auprès de lui par ce conquérant qui lui promettait récompense s’il obéissait et le menaçait de châtiment dans le cas contraire, il refusa, faisant répondre qu’il n’avait nul besoin qui ne trouvât déjà ample satisfaction et que la mort le débarrasserait d’une guenille charnelle déjà usée par la vieillesse et lui procurerait en échange une vie meilleure.

9, Necessaires.—Telle, par exemple, celle qui a pour objet la propagation de l’espèce.

23, Rome.—Tacite, Ann., II, 65.—En 18, ces deux compétiteurs étaient l’oncle et le neveu, et l’empereur qui intervint ce fut Tibère; Pomponius Flaccus, employé en cette circonstance, était lié avec celui qu’il reçut mission d’arrêter et c’est ce qui l’avait fait désigner à cet effet, ce choix devant moins exciter sa défiance.

26, Sentir.—Montaigne fait ici allusion à quelque trait de perfidie qui s’est produit à l’époque où il écrivait; mais dans ces temps de corruption et de troubles il y eut tant de faits de ce genre, qu’on ne peut deviner duquel il veut parler. Peut-être est-ce de la Saint-Barthélemy succédant à la paix qui venait d’être conclue avec les Protestants et ayant lieu en même temps que se célébrait le mariage de la sœur du roi avec le roi de Navarre leur principal chef, ou encore on a cru que ce pouvait être de la feinte réconciliation de Catherine de Médicis avec le duc de Guise et qui aboutit à l’assassinat de celui-ci, qu’il était question; c’est douteux, parce que l’événement s’est produit l’année même où s’imprimait cette partie des Essais (1588) et qu’à ce moment semblable dénouement ne pouvait se prévoir.

35, Non que.—Alors que cela n’irait pas jusqu’à assassiner...

38, Lacedemoniens.—Plutarque, Différence entre le flatteur et l’ami, 21.