[103] Uzanne, Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I. p. 37.
[104] Loc. cit., p. 71.
[105] Fertiault, Drames et Cancans du livre, p. 264.
[106] Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I, pp. 35-40.
[107] Uzanne, loc. cit., pp. 38-39.
[108] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 août 1893, col. 127.
[109] L'épithète est de M. Octave Uzanne, loc. cit., p. 36.
[110] Cf. Uzanne, ibid.;—Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 41;—Édouard Fournier, l'Esprit des autres, p. 295 (5e édit.);—Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 401;—etc.
[111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: Jules Janin, l'Amour des livres, pp. 60-61;—Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. I, p. 92;—Yve-Plessis, Petit Essai de biblio-thérapeutique, p. 20;—etc. Sur la paternité de Colletet, voir l'Intermédiaire des cherch. et cur., 10 et 25 février 1878, col. 65 et 122. A part une épître A un jeune Polonais exilé en Sibérie, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et de politique, n'a jamais écrit de vers.
[112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à fait, parce que le principe que garder un livre n'est pas un vol est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (Constantin, Bibliothéconomie, p. 68.)
[113] Tallemant des Réaux, Historiettes, Du Moustier, t. III. p. 139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)
[114] Ap. Jules Janin, loc. cit., pp. 59-60.
[115] Loc. cit., p. 61.
[116] P. L. Jacob (Paul Lacroix), Mélanges bibliogr., p. 5.
[117] Mélanges d'histoire et de littérature, ap. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 302-303.
[118] Cf. Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 30; etc.
[119] Page 13.
[120] Page 37.
[121] Catalogue de la librairie A. Lemerre, 1899, pp. 20-21.
[122] J. Darche, Essai sur la lecture, p. 15. Comme nous le verrons plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine qu'humaine», elle aussi.
[123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72 sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (Ch. Laboulaye, Dictionn. des arts et manufactures, art. Papier.)
[124] Magasin pittoresque, avril 1860, p. 135.
[125] Cf. Paul Charpentier, le Papier (t. X de l'Encyclopédie chimique publiée sous la direction de M. Fremy), passim;—Delon, Histoire d'un livre, pp. 105 et suiv.;—Maire, Manuel prat. du biblioth., pp. 371 et suiv.;—Émile Leclerc, Typographie (Manuels Roret), pp. 542 et suiv.;—Larousse, Grand Dictionn., art. Papier, t. XII et 2e supplément;—Ch. Laboulaye, loc. cit.;—etc.; et passim, le Magasin pittoresque, la Nature, la Revue des bibliothèques, la Revue biblio-iconographique, etc.—«La science a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille; demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (Paul Stapfer, Quatre Consolations aux auteurs, in Bibliothèque universelle. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi Voltaire, la Guerre civile de Genève, poème héroïque, chant IV:
[126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi maculatures (du lat. maculare, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou d'enveloppe.—Larousse (Grand Dictionn., art. Papier, 2e supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».
[127] Bouant, Dictionn. des sciences usuelles, art. Papier.
[128] Leclerc, loc. cit., p. 546. Voir aussi la Nature, 27 mars 1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», les Succédanés du papier, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale, montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé, etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes. Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»
Un article de l'Illustration, analysé dans le Mémorial de la librairie française (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada, lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique, et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela pendant un temps indéfini.»
C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.
[129] «… Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos livres nés d'hier.» (Mouravit, le Livre, p. 191.)
[130] Cf. A.-F. Didot, l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851, p. 86.
[131] Cf. P. Charpentier, loc. cit., passim;—Henri Bouchot, le Livre, chap. VII, pp. 253 et suiv.;—Delon, loc. cit., pp. 106 et suiv.;—etc.
[132] Frisquette est aussi un terme d'imprimerie désignant le châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.
[133] Le mot «flotre est une altération de feutre». (Littré, Dictionn., art. Flotre.)
[134] Lalanne, loc. cit., p. 108.
[135] Cf. P. Charpentier, loc. cit., passim;—Leclerc, loc. cit., pp. 544 et suiv.;—Delon, loc. cit., pp. 114 et suiv.;—Renel, la Fabrication actuelle du papier, in la Nature, 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;—V. Mortet, le Papier, et le Papier au moyen âge, in Revue des bibliothèques, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;—etc.
[136] Bouillet, Dictionn. universel des sciences… Nouvelle édit., refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art. Papier.
[137] Cf. Renel, loc. cit., in la Nature, 18 janvier 1890, p. 102. Voir aussi P. Charpentier, loc. cit., p. 112.
[138] On fait souvent de papier brouillard le synonyme absolu de papier buvard (cf. Littré, Hatzfeld, Larousse, Dictionn.). On désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier brouillard un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus mince et plus léger que le papier buvard habituel, et d'ordinaire aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le nom de papier gris.
[139] P. Charpentier, loc. cit., p. 173.
[140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le couchage.
[141] Voir sur le papier couché le Mémorial de la librairie française, 26 juillet 1900, p. 420.
[142] No du 3 juin 1899, p. 696.
[143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)
[144] Cf. Intermédiaire des cherch. et cur., 10 décembre 1898, col. 808-809.
[145] La Nature, 13 décembre 1890, p. 30.
[146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures, rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers jaunes font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens, notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.» (La Nature, 13 décembre 1890. p. 30.)
[147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P. Charpentier, loc. cit., pp. 259-260;—Desormes, Notions de typogr., p. 499;—Leclerc, loc. cit., p. 286;—Munier, Nouveau guide illustré de l'imprimerie…, p. 10;—Maire, loc. cit., p. 375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en lignes»;—etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce qui touche le papier, le format et l'impression, à la compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la librairie Flammarion.—Pour exprimer les dimensions des papiers, il est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.: Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).
[148] On a conservé l'habitude d'écrire Whatman avec une majuscule.
[149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le papier Canson: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique à Annonay.
[150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)
[151] Le Livre du bibliophile, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)
[152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir Ch. Laboulaye, Dictionn. des arts et manufactures, art. Papier;—le Magasin pittor., avril 1877, pp. 114 et 122;—la Nature, 5 octobre 1889, p. 291;—P. Charpentier, loc. cit., p. 249;—Maire, loc. cit., p. 373.
[154] Larousse, Grand Dictionn., art. Papier, t. XII, p. 150, col. 3.—Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de papier indien, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder; dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum, etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.
[155] Leclerc, loc. cit., p. 551.
[156] P. Charpentier, loc. cit., p. 307.
[157] Id., ibid.
[158] Id., loc. cit., p. 308.
[159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29 novembre 1900, p. 633.
[160] In la Nature, 29 décembre 1894, p. 74.
[161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre Bibliothèque nationale, M. Léopold Delisle, dans son discours d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.» (Courrier des bibliothèques, 28 février 1901, p. 52.)
[162] Revue biblio-iconographique, in Intermédiaire des cherch. et cur., 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une intention analogue, de demander aux ministères et établissements publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages tirés sur bon papier et convenablement édités.
[163] Cosmos, Revue des sciences et de leurs applications, 15 septembre 1900, p. 320; et Revue biblio-iconographique, avril 1901, pp. 206-207.—Le Mémorial de la librairie française, 29 août 1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main se relèveront en forme de bords d'assiette.»
[164] Littré, Dictionn., art. Format.
[165] Dictionn., art. Tome.
[166] Cf. L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque, p. 14.
[167] L. Delisle, loc. cit., p. 14, n. 1.
[168] Loc. cit., p. 297.
[170] Cf. Catalogue de la librairie Hachette, Littérature générale, février 1901, p. 41: «Histoire de la littérature française…, 5e édition… (Vingt-cinquième mille)…, par M. G. Lanson…»
[171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.
On appelle incunables (du latin incunabulum, berceau), ou encore, mais plus rarement, paléotypes (παλαιός, ancien, et τύπος, modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.
Les incunables ont pour caractères distinctifs:
1o L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.
2o L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques, très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été surpassé.
3o L'absence de signes de ponctuation.
4o L'absence de signatures, de réclames (voir infra, pp. 70 et 78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les plus anciens incunables, de registre, c'est-à-dire de la table indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient indiqués par les premiers mots de leur première page.
5o L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre orné de figures gravées ou imprimées»). [Littré.] (Voir infra, pp. 115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé au début du texte, dans ce qu'on nomme la suscription ou l'incipit; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: Cy commence… que commençait le plus souvent le texte.
6o L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé souscription ou explicit (qui signifie finit, se termine, est déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot explicit ou Cy finist… que ce dernier paragraphe commençait d'ordinaire), opposé à suscription et à incipit; la souscription porte aussi les noms d'adresse et de colophon (κολοφών, achèvement). M. Bouchot (le Livre, pp. 33, 36, 56, 103) et après lui M. Rouveyre (Connaissances nécessaires à un biblioph., 5e édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot signature, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.
7o La quantité d'abréviations: un z pour la conjonction et; une sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine cum ou la particule française con, et pour la finale de certains mots: neqʒ, neque; quibʒ, quibus; no9, nous; vo9, vous; etc.; le q avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix pour signifier quam ou quod; la fréquente suppression de certaines lettres: bōs pour bons, presēt ou même pr̅s̅t pour présent, leq̄l pour lequel, Dn̄s pour Dominus, etc. Ces modes d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées. Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de Virgile d'Asper, qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le lire, le connaître par cœur. Le premier vers des Bucoliques y est représenté sous cette forme:
pour:
Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à exprimer un mot entier, portent le nom de sigles (de siglæ, contracté de singulæ: singulæ litteræ. Les sigles étaient très fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux notes tironiennes, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui perfectionna ce système de sténographie. (Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 46 et suiv.).
8o La rareté des alinéas et des chapitres.
9o L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main par des calligraphes et rubricateurs (rubricare, rubrum facere [Ducange], peindre en rouge; de rubrica, rubrique, sanguine, craie rouge, etc.).
10o Des traits obliques au lieu de points sur les i.—Etc.
Les anciens imprimeurs avaient tous des marques typographiques, allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent au-dessus de leur firme (de l'angl. firm [du bas-latin firma, convention], maison de commerce, raison sociale. Daupeley-Gouverneur, in le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du féminin: cf. Littré, Dictionn., Supplément), c'est-à-dire du nom et de l'adresse de leur maison.
Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces marques des anciens imprimeurs:
Les Alde Manuce avaient pour marque une Ancre, autour de laquelle était enroulé un dauphin;
Les Elzevier, un Arbre ou une Minerve;
Rigault avait pour emblème un Arrosoir;
Wechel, un Caducée;
Nicolas Chesneau, un Chêne;
Nivel et Cramoisy, une Cigogne;
Les Plantin, un Compas;
Lean Lecoq, un Coq;
Etienne Dolet, une Doloire (sorte de hachette);
Antoine Vérard, un Écusson fleurdelisé supporté par deux anges;
Simon de Colines, des Lapins;
Simon Vostre, deux Léopards à tête de lévrier;
Jehan Ghèle, des Lévriers;
Thielman Kerver, deux Licornes;
Galiot du Pré, une Galée ou Galère;
Les Gryphe, un Griffon;
Philippe Le Noir, trois Nègres;
Robert Estienne, un Olivier;
Guiot Marchant, une Portée de plain-chant et deux Mains entrelacées;
Geoffroy Tory, un Pot cassé;
Vascosan, une Presse typographique;
Gilles Corrozet, une Rose dans un Cœur;
Philippe Pigouchet, deux Sauvages (homme et femme);
Ulrich Gering, un Soleil;
Jehan Temporal, le Temps armé de sa faux;
Etc., etc.
(Cf. Silvestre, Marques typographiques…;—P. Delalain, Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires;—Brunet, Manuel du libr., principalement t. V, col. 1569 et suiv.;—A.-F. Didot, Encyclop. moderne, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et suiv.;—E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, pp. 598 et suiv.;—etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle Pellechet, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a dit M. L. Delisle (Catalogue général des livr. imprim. de la Biblioth. nation., Introduction, t. I, p. LXXVI), Catalogue général des incunables des bibliothèques de France, dont le tome I a paru chez A. Picard en 1897.
[172] On appelle feuillet «chaque partie d'une feuille de papier formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages double du chiffre indicatif du format.
[174] «Lorsque in-4, in-8, in-12, etc., sont abrégés, on ne les fait pas suivre d'un o supérieur.» (Règles typographiques… Hachette, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère supprimer l'o dans in-4 et in-8.» (Daupeley-Gouverneur, loc. cit., p. 101.) Voir aussi Leclerc, Typographie, p. 162.
[175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la signature se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. Cousin, loc. cit., p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.
[176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer, pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format drap de lit, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 pages in-8 cavalier. Grâce à une imposition spéciale (c'est-à-dire au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes feuilles drap de lit et à procéder au pliage: on obtient pour chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6), portant toutes leur respective signature et paraissant avoir toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.
[177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir infra, p. 85), et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la classification décimale (voir chap. VIII, De la classification, p. 313).
[178] Barêmes ou Devis de travaux de reliure, Annexe: Tableau des formats en usage dans la librairie française.—Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.
[179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format in-folio colombier, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format in-4 colombier sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 × 2), le format in-8 colombier sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de l'autre (12 = 4 × 3), le format in-12 colombier sera de (0,63 ÷ 4 et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format in-18 jésus (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c'est-à-dire l'imposition, voir Th. Lefevre, Guide pratique du Compositeur, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d'impositions. Voir aussi Daruty de Grandpré, Vade-mecum du biblioth… Instruction raisonnée sur le format des livres, pp. 27-64.—Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des papiers) que le format actuel de la couronne servant aux labeurs (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).