«Le respect pour l’usage établi est souvent un préservatif contre une foule d’erreurs; mais il faut avouer qu’il s’oppose quelquefois aux progrès de nos connaissances. Il est à croire que dans le principe, les mots ne renfermoient que les lettres nécessaires à la prononciation. L’oreille, choquée par la dureté de plusieurs sons, exigea bientôt qu’on les adoucît ou même qu’on les supprimât. Les savants, après s’être vainement récriés contre ces innovations, furent contraints de les adopter et de leur donner force de loi. Mais comme ils étoient les maîtres de la langue écrite, ils voulurent conserver les traces d’une prononciation qui n’existoit plus: ce fut l’époque des inconséquences qui rendent notre langue si difficile aux étrangers, et qui mettent les François mêmes dans le cas de ne la savoir presque jamais qu’imparfaitement.»
L’auteur entre ainsi dans le détail des difficultés de l’orthographe:
«Sophie. C’est une science que je voudrois bien connoître et à laquelle je n’entends rien du tout. Je suis si ignorante, que, pour exprimer les choses les plus ordinaires, j’écris presque au hasard. A peine puis-je retrouver moi-même ce que j’ai voulu dire. Souvent, faute de pouvoir orthographier les mots qui se présentent à mon esprit, je suis forcée d’en employer d’autres qui défigurent toutes mes pensées.
«Le Comte. Ceux qui n’ont point étudié les langues anciennes n’ont pas de meilleur moyen pour apprendre l’orthographe, que de choisir un livre bien écrit, et de le copier infatigablement: on se forme quelquefois, par le travail, une habitude qui tient lieu des meilleurs principes.
«La Marquise. C’est comme celà que j’ai appris, et on trouve que j’orthographie passablement.
«Sophie. Vous êtes heureuse, Madame, d’apprendre avec tant de facilité. J’ai sûrement copié autant que vous, et je n’en suis pas plus habile. Je ne puis cependant me reprocher aucune négligence: je copie fidèlement toutes les lettres qui composent chaque mot; j’y mets les accents, les points, les virgules. Mais jamais ce que j’ai écrit ne m’a servi pour ce que j’avois à écrire: ce sont toujours quelques nouveaux arrangements de lettres que je n’avois point prévus; et quand je crois avoir rencontré les mêmes mots, je vois avec étonnement qu’ils n’ont presque rien de commun pour l’orthographe[188].
[188] Quand à l’Hôtel de Ville je préside les examens des aspirantes au brevet de capacité, je suis témoin de l’embarras des jeunes filles pour résoudre des difficultés qui le seraient même pour des savants. L’une d’elles pour avoir mal écrit le mot apophthegme perdit le bon point qui lui fallait pour compléter les vingt-cinq exigés par le règlement. (Mai 1868.)
«Le Lord. Plusieurs savants voudroient que les règles de l’orthographe fussent réduites à celles de la prononciation.
«Sophie. Cela seroit bien plus commode que cette orthographe obscure et entortillée, qui coûte de si grands efforts de mémoire. Pourquoi ne pas retrancher toutes les lettres superflues et ne pas employer précisément celles que l’oreille exige? Les pensées en deviendroient-elles moins belles et moins brillantes pour être lues et écrites avec moins de peine?
«La Marquise. Il me sembloit qu’on ne se servoit plus de l’y, et qu’on le remplaçoit toujours par un i simple.
«Le Comte. Pardonnez-moi, Madame, il y a beaucoup de mots dans lesquels cette lettre est indispensable.
«Le Lord. Les savants veulent qu’elle soit conservée dans les mots dérivés du grec, tels que style, physique, symphonie, etc., mais beaucoup de personnes, qui d’ailleurs orthographient fort bien, ne font pas difficulté d’écrire ces mots par un i: phisique, stile, simphonie, etc.
«La Marquise. Je suis fâchée que les y soient passés de mode à la fin des mots (foy, loy, luy, essay): celà faisoit à merveille dans les exemples d’écriture.
«Le Comte. Aussi les personnes qui ont une écriture brillante renoncent avec peine à cet usage, parce que la queue de cette lettre, qu’elles peuvent orner tant qu’il leur plaît, les met à portée de déployer toute la légèreté de leur main.
«L’Abbé. En bannissant l’y des mots où il est inutile, on s’est fait une loi pendant long-temps de la conserver dans les mots yvrogne, yvraie et autres. Aujourd’hui on s’accorde presque généralement à écrire ces mots par un i: ivrogne, ivraie, s’enivrer, etc. Le mot yeux est le seul qui commence encore par un y: de beaux yeux, de grands yeux, sans qu’on en puisse donner aucune raison. (Voir p. 123.)
«Le Comte. Il faut avouer qu’en matière d’orthographe, l’habitude tient souvent lieu de raison. Après avoir vu écrire tels mots par tels caractères, la vue est choquée du moindre changement. On s’habitueroit très-difficilement à voir écrire par un i simple: de beaux ieux, de grands ieux, nous i allons, vous i viendrez, uniquement parce que, de temps immémorial, on a lu avec un y: de beaux yeux, de grands yeux, nous y allons, vous y viendrez, etc.
«Le Lord. On en peut dire autant de tous les changements qu’on a faits jusqu’ici, cependant ils sont passés en usage, et à peine soupçonne-t-on qu’on ait jamais écrit autrement. Ainsi, dans l’orthographe comme dans toute autre science, l’habitude n’est pas une raison suffisante pour s’interdire des innovations dont on peut tirer quelque avantage.
«La Marquise. De toutes les consonnes, celle qui m’embarrasse le plus, c’est le composé ph. Puisque ces deux lettres se prononcent exactement comme l’f, et qu’on lit philosophie, orthographe, comme s’il y avoit filosofie, ortografe, si l’usage vouloit le permettre, il seroit bien plus commode de substituer l’f à ce ph, comme on se permet de substituer l’i simple à l’y. Mais ne pouvant réformer l’usage, il faut s’y conformer. Quelles règles pourrois-je suivre pour savoir quand il faudra écrire par l’f simple ou par ph?
«Le Comte. On se sert du ph pour marquer l’étymologie des mots tirés de la langue grecque.
«Sophie. Est-ce que les Grecs n’avoient point d’f dans leur alphabet?
«Le Comte. Non, Mademoiselle, l’f est une invention des Romains[189]. Voilà pourquoi les anciens noms grecs s’écrivoient tous par ph au lieu d’un f. On écrit Philippe, Phébus, Ascalaphe, Phaëton, et non Filippe, Febus, Ascalafe, Faëton.
[189] Il y a là quelques erreurs. Les anciens Grecs avaient eu l’F ou digamma éolique (voir p. 33), d’où les peuples du Latium, ancêtres des Romains, l’avaient emprunté. Les Grecs n’écrivaient pas par une double lettre les mots cités, mais par une seule et même lettre, correspondant à notre f. Φίλιππος, Φοῖβος, Ἀσκάλαφος, Φαέτων, et de même tous les autres mots, φιλοσοφία, φάντασμα.
«L’Abbé. Suivant les mêmes règles d’étymologie, il faudroit écrire par ph, phanal, phantôme, phantaisie, phlegme, phlegmatique, puisque ces mots sont pareillement dérivés du grec: c’étoit l’ancienne orthographe; mais présentement il faut écrire ces mots par f: fanal, fantôme, fantaisie, flegme, flegmatique, etc., quoiqu’il ne soit pas permis de faire les mêmes changements dans philosophie, physique, amphibie, etc. Ceux qui connoissent à fond les langues anciennes commettroient bien des fautes dans la nôtre, s’ils ne s’étoient pas attachés à en examiner le génie particulier. Tantôt l’usage veut que les étymologies soient scrupuleusement conservées, tantôt il exige qu’on s’en écarte sans ménagement.»
Dans le numéro du 13 décembre 1781, M. de G*** blâme la manière d’écrire fallait, pourra, nourrir, etc., contrairement à la vraie prononciation qui ne fait sentir qu’une l et une r dans ces mots, en sorte que les étrangers, trompés par la manière d’écrire, les font sonner aussi fortement que dans ville et dans terreur. Il se récrie aussi «sur le barbarisme le plus bizarre et le plus énorme qui subsiste encore dans la peinture de quelques mots de notre langue, particulièrement l’emploi de l’o que l’on conserve au lieu de l’a dans foiblesse, connoistre, françois, etc.» Puis il ajoute: «Si l’on voulait (sic) donner un conseil aux imprimeurs de la capitale, on leur diroit (sic): Messieurs les Trente-six, qui tous ensemble tenez la clé de la langue française à Paris, réunissez-vous aujourd’hui en grand’chambre, et tous d’un commun accord, rendez un arrêt souverain contre cette vieille syllabe qui depuis cent ans crie et gémit sous vos presses en vous demandant quartier.»
Le 18 décembre, M. l’abbé L. M., après avoir répondu à une critique de M. G*** au sujet des accents sur les adverbes où, là, etc., termine ainsi son article: «J’avoue pourtant que M. de G*** m’apprend une chose que j’ignorois parfaitement, savoir que les imprimeurs de Paris tiennent la clef de la langue françoise dans la capitale. J’avois jusqu’ici soupçonné que si quelque compagnie à Paris tenoit cette clef, ce pouvoit être l’Académie françoise.»
Il est, en effet, préférable, sous tous les rapports, que ce soit de l’Académie française que viennent les réformes. L’empressement avec lequel on s’est aussitôt conformé à toutes celles qu’elle a bien voulu concéder aux désirs généralement manifestés, et qui toujours ont été adoptées avec reconnaissance par les Français et les étrangers, cet accueil est la plus forte garantie de ce que l’Académie voudra bien faire dans la nouvelle édition qu’elle prépare.
Après avoir signalé les modifications apportées à l’orthographe, l’auteur fait dire à l’un de ses interlocuteurs:
«Il faut espérer que de semblables réformes deviendront générales et qu’on écrira abé, abesse, abaye, abatial, atendre, aler, enveloper, aquérir, raquiter, au lieu de abbé, abbesse, abbaye, abbatial, attendre, aller, envelopper, acquérir, racquitter.»
* Brambilla. Nouveaux principes de la langue françoise, ou nouvelle méthode très-breve pour aprendre la langue françoise. Bruxelles, 1783, in-8.
M. Brunet, dans son Manuel, dit que cet ouvrage a trait à la réforme orthographique.
* Boulliette. Traité des sons de la langue française et des caractères qui les représentent. Paris, 1788, 2 vol. in-12.
Beauzée, de l’Académie française. Articles Orthographe et surtout Néographisme dans l’Encyclopédie méthodique de Panckoucke, Grammaire et littérature, t. II, Paris, 1789, in-4.
Beauzée, après avoir donné, dans l’article Orthographe, le résumé de l’argumentation en faveur de l’écriture étymologique, qu’il devait si fortement ébranler lui-même, a défendu avec une grande supériorité de raison et d’éloquence la nécessité d’une réforme modérée, en avouant en toute bonne foi sa récente conversion au principe de la néographie, conversion que je crois due au travail approfondi de Wailly, analysé plus haut, p. 276.
Voici un extrait de ce que Beauzée avait dit en faveur de l’étymologie:
«Si l’orthographe est moins sujette que la voix à subir des changements de forme, elle devient par là même dépositaire et témoin de l’ancienne prononciation des mots; elle facilite ainsi la connaissance des étymologies.
«Ainsi, dit le président de Brosses, lors même qu’on ne retrouve plus rien dans le son, on retrouve tout dans la figure avec un peu d’examen..... Exemple. Si je dis que le mot françois sceau vient du latin sigillum, l’identité de signification me porte d’abord à croire que je dis vrai; l’oreille, au contraire, me doit faire juger que je dis faux, n’y ayant aucune ressemblance entre le son so que nous prononçons et le latin sigillum. Entre ces deux juges qui sont d’opinion contraire, je sais que le premier est le meilleur que je puisse avoir en pareille matière, pourvu qu’il soit appuyé d’ailleurs; car il ne prouveroit rien seul. Consultons donc la figure, et, sachant que l’ancienne terminaison françoise en el a été récemment changée en eau dans plusieurs termes, que l’on disoit scel au lieu de sceau et que cette terminaison ancienne s’est même conservée dans les composés du mot que j’examine, puisque l’on dit contrescel et non pas contresceau, je retrouve alors dans le latin et le françois la même suite de consonnes ou d’articulations: sgl en latin, scl en françois, prouvent que les mêmes organes ont agi dans le même ordre en formant les deux mots: par où je vois que j’ai eu raison de déférer à l’identité du sens, plus tôt qu’à la contrariété des sons.»
«Ce raisonnement étymologique me paroît d’autant mieux fondé, reprend Beauzée, et d’autant plus propre à devenir universel, que l’on doit regarder les articulations comme la partie essencielle des langues, et les consonnes comme la partie essencielle de leur orthographe.»
Après avoir ainsi exposé les motifs en faveur de l’écriture étymologique, motifs qui ne sauraient d’ailleurs convenir à un dictionnaire de la langue usuelle, le savant académicien prend la défense du néographisme auquel il s’était montré d’abord opposé:
«On peut aisément abuser, dit-on, du principe que les lettres étant instituées pour représenter les éléments de la voix, l’écriture doit se conformer à la prononciation.
«Oui, sans doute, on peut en abuser; car de quoi n’abuse-t-on pas? N’a-t-on pas abusé à l’excès de cette déférence même que l’on prétend due à l’usage sans restriction? et cet abus énorme n’est-il pas la source de toutes les bizarreries qui rendent notre orthographe et l’art même de lire notre langue si difficiles, que les deux tiers de la nation ignorent l’un et l’autre? On peut donc abuser, j’en conviens, du principe que Quintilien lui-même approuvoit, et qu’il a énoncé d’une manière si précise (Inst. orat., I, liv. vij): Ego sic scribendum quidque judico, quomodo sonat; hic enim usus est litterarum, ut custodiant voces et velut depositum reddant legentibus; mais il est possible aussi d’en user avec sagesse, avec discrétion et surtout avec avantage; il est possible d’adopter, d’après les caractères autorisés légitimement par l’usage, un système d’orthographe plus simple, mieux lié, plus conséquent..... J’oserai donc ici, sur l’autorité du sage Quintilien, proposer l’esquisse d’un systême d’orthographe, dans lequel je crois avoir réuni toutes les qualités exigibles, sans y laisser les défauts qui déshonorent notre orthographe actuelle.»
Voici l’analyse de ce système:
1o Beauzée supprime la consonne redoublée dans l’écriture quand elle ne se fait pas sentir dans la prononciation: il écrit abé, acord, adoné, afaire, agresseur, tranquile, home, persone, suplice, nouriture, atentif.
2o Il marque, dans les terminaisons des mots, l’e d’un signe différent selon les cas: quand la lettre qui suit se prononce, par è; quand l’n qui suit est nasal, par é; et d’un accent circonflexe pour en faire un a nasal, laissant l’e nu s’il est muet. Exemples: Jérusalèm, abdomèn, Pémbroc, Agén, il conviént, il pressênt, êmpire, êncore, ils aimoient, ils convient, ils pressent.
3o Il distingue ainsi par l’accentuation les mots suivants:
| Sans accent grave. | Avec accent grave. | Sans accent grave. | Avec accent grave. |
| plomb | radoùb | drap | càp |
| les échêcs | un échèc | aimer | mèr |
| nid | Davìd | se fier | fièr (adj.) |
| sang | joùg | vertus | Brutùs |
| fusil | fìl | réparés | Cérès |
| cul | recùl | il subit | subìt (adj.) |
| nom | Jérusalèm | complot | la dòt |
| ancién | abdomèn | Jésus-Christ | le Chrìst |
Si le mot était, comme abcès, procès, terminé par è et s qui ne se prononce pas, il remplace l’è par l’ê. Ex: congrês, décês.
4o Il propose pour le même motif d’écrire àmmonite, Èmmanuèl, ìmmobile, ànnuìté, triènnal, ìnné, àmnistie, sòmnambule, àllusion, ìllégal, còllateur.
5o On pourrait écrire, à la manière espagnole, émall au lieu de émail, vermêll au lieu de vermeil, périll au lieu de péril, seull au lieu de seuil, fenoull au lieu de fenouil, etc.
Si l’on ne prononce qu’un l et qu’il ne soit pas mouillé, on n’en écrira qu’un: tranquile, mortèle, rebèle, une vile, vilage, etc.
6o Les monosyllabes ces, des, les, mes, ses, tes porteraient l’accent aigu (sic) pour qu’on pût les distinguer de la dernière syllabe des mots actrices, mondes, mâles, victimes, chaises, dévotes.
On écrirait de même: bléd, cléf, pluriél, piéd.
7o Il propose l’accent grave dans les cas suivants: Ècbatane, pèctoral, hèptagone, cèrveau, èscroc, èspace, etc. Et de même: cèle, musète, anciène, qu’ils viènent.
Le même accent s’appliquerait aux mots èxact, èxécuter, èxorde, èxquis, etc.
8o L’accent circonflexe qui sert à allonger la syllabe dans prêtre, extrême, ne doit pas être reproduit dans les composés, prétrise, extrémité[190].
[190] Ce principe excellent devrait être observé dans tous les cas semblables. On écrit grêle, mais on devrait écrire grélon, etc. Ainsi le veut la prosodie française.
9o On devrait écrire àgnat, àgnation, àgnatique, ìgné, ìgnicole, ìgnition, cògnat, cògnation, stàgnation, stàgnant, en écrivant comme à l’ordinaire les mots agneau, cognée, ognon, rognure.
10o Il propose aussi d’employer l’accent grave dans les mots suivants: lingùal, le Gùide, le duc de Gùise, aigùiser, aigùille, aigùe, contigùe, éqùateur, liqùéfaction, éqùestre, quinqùagésime, pour distinguer le son spécial de gu et qu de celui qu’il a dans anguille, liquéfier. Il propose aussi argüér, ambiguïté, contiguïté.
L’auteur fait une excellente observation sur l’anomalie qui consiste à prononcer comme s et non comme z, ainsi que le voudrait la règle grammaticale, les mots désuétude, préséance, présupposer, monosyllabe. Il remédie à cette difficulté en écrivant déssuétude, présseance, préssupposer, monossillabe.
Il donne ensuite des préceptes pour l’emploi du tréma; la plupart n’ont pas prévalu.
«On prononce ai comme e muet dans faisant, nous faisons, je faisois, vous faisiez, bienfaisant, contrefaisant, et autres dérivés pareils du verbe faire. Mais puisqu’il est déja reçu d’écrire par un e simple je ferai, je ferois, etc., sans égard pour l’ai de faire, pourquoi n’écriroit-on pas de même fesant, nous fesons, je fesois, vous fesiez, biénfesant, biénfesance, contrefesant? M. Rollin et d’autres bons écrivains[191] nous ont donné l’exemple, et la raison prononce qu’il est bon à suivre.
[191] Voltaire écrit toujours ainsi, et cette orthographe a été maintenue dans l’impression de ses œuvres.
Note: les Nos 11, 12 et 13 ne sont pas reproduits dans l'original.
«14o Les deux caractères ch se prononcent quelquefois en sifflant comme dans méchant, et quelquefois à la manière du k comme dans archange. Il étoit si aisé de lever l’équivoque qu’il est surprenant qu’on n’y ait point pensé: la cédille étant faite pour marquer le sifflement, il n’y avoit qu’à écrire çh pour marquer le sifflement, et ch pour le son guttural: méçhant, monarçhie, arçhevêque, marçhons, çherçheur, en sifflant; archange, archiépiscopat, archonte, chœur, avec le son dur[192].
[192] Le nombre des mots dérivés du grec écrits encore par ch prononcé comme k étant très-minime, puisque la plupart ont déjà perdu l’h, la combinaison ingénieuse de Beauzée devient inutile du moment que l’on accepterait ce que j’ai proposé. (Voyez ci-dessus, p. 36.)
«Grâce à cette légère correction, on pourrait rétablir l’analogie entre monarçhie et monarche.»
15o En vertu du même principe, Beauzée propose l’h avec cédille quand cette lettre est aspirée. «Cela ne feroit pas un grand embarras dans l’écriture, et les imprimeurs seroient sans doute assez honnêtes pour faire fondre des h cédillées en faveur de l’amélioration de notre orthographe: plus on facilitera l’art de lire, plus aussi on multipliera les lecteurs et par conséquent les aquéreurs de livres.»
16o «J’en dirois autant des t cédillés pour le cas où cette lettre représente un sifflement. N’est-il pas ridicule d’écrire avec les mêmes lettres, nous portions et nos portions, nous dictions et les dictions, et une infinité d’autres? Cette simple cédille, en fesant disparoître l’équivoque dans la lecture, laisseroit subsister les traces de l’étymologie et seroit bien préférable au changement qu’on a proposé du t en c ou en s.
17o «L’analogie, si propre à fixer les langues, à les éclairer, à en faciliter l’intelligence et l’étude, conseille encore quelques autres changements très-utiles dans notre orthographe, parce qu’ils sont fondés en raison, que l’usage contraire est une source féconde d’inconséquences et d’embarras, et qu’il ne peut résulter de ces corrections aucun inconvénient réel.
«Le premier changement seroit de retrancher des mots radicaux la consonne finale muette, si elle ne se retrouve dans aucun des dérivés: pourquoi, en effet, ne pas écrire rampar sans t et nœu sans d, puisqu’on ne forme du premier que remparer et du second nouer, dénouer, dénoûment, renouer, renoueur, renoûment, où ne paroissent point les consonnes finales des radicaux[193]?
[193] L’Académie a depuis adopté les mots nodus et nodosité. Ce dernier ne figure qu’à la sixième édition.
«Le second, de changer cette consonne ou dans le radical ou dans les dérivés, si elle n’est pas la même de part et d’autre, et que la prononciation reçue ne s’oppose point à ce changement. L’usage, par exemple, a autorisé absous, dissous, résous au masculin, et absoute, dissoute, résoute au féminin: inconséquence choquante, mais dont la correction ne dépend pas d’un choix libre; le t se prononce au féminin et la lettre s est muette au masculin. Écrivons donc absout, dissout, résout. Au lieu d’écrire faix, faux, heureux, roux, écrivons avec l’s: fais, faus, heureus, rous, à cause des dérivés affaissement, affaisser, fausse, faussement, fausseté, fausser, heureuse, heureusement, rousse, rousseur, roussir. Une analogie plus générale demande même que l’on change x partout où cette lettre ne se prononce pas comme cs ou gz et qu’on écrive Aussère (ville), Brussèles (ville), soissante, sizième, sizain, dizième, comme on écrit déjà dizain et dizaine. Il faut écrire aussi les lois, de la pois, la vois, des pous, les fous, ceus, les vœus, etc., et ne laisser à la fin des mots que les x qui s’y prononcent comme dans borax, Stix.
«Il est d’usage d’écrire dépôt, entrepôt, impôt, supôt, avec un t inutile et un accent que réclame, dit-on, une s supprimée: eh! supprimons, au contraire, ce t inutile et rétablissons l’s réclamée d’ailleurs avec justice par les dérivés déposant, etc., entreposeur, etc., imposant, etc., suposition, supositoire, etc., et nous écrirons dépos, entrepos, impos, supos, comme nous avons déja par la même analogie dispos, propos et repos... Il est d’usage d’écrire nez avec un z et les dérivés avec s, nasal, nasalite, nasard, nasarde, nasarder, naseau, nasillard, nasiller: il faut choisir et mettre z dans les dérivés comme dans le radical, ou s dans le radical comme dans les dérivés. Ce dernier parti est le plus sûr.
«... Nous avons courtisan, courtisane, courtiser, courtois, etc., qui viennent de cour. Reprenons l’usage de nos pères, qui écrivoient court du latin cors, cortis (basse-court), d’où viennent le corte des Espagnols, le corteggio des Italiens et notre mot cortége. En restituant ce caractère d’étymologie, objet si précieux pour les amateurs, nous rétablirons les droits raisonnables et bien plus utiles de l’analogie.
«Un quatrième principe d’analogie est de ne jamais supprimer la consonne finale du radical dans les dérivés quoiqu’elle y soit muette, à moins que sa position dans le dérivé n’induise à la prononcer; c’est ainsi qu’on écrit sans p les mots corsage, corselet, corset, corsé, quoiqu’ils viennent de corps, parce que le p embarrasseroit la prononciation et la rendroit douteuse. Je crois que par analogie on doit de même écrire sans p les mots batême, batiser, Jean Batiste, batistère, parce qu’on seroit tenté d’y prononcer le p, comme il faut le prononcer et conséquemment l’écrire dans baptismal.
«Il est contraire au bon sens de restreindre, par des exceptions inutiles, bizarres, embarrassantes et contradictoires, la règle de la formation de nos pluriels, qui fait ajouter s à la fin des noms et adjectifs singuliers non terminés par s, x ou z.» Il faut donc écrire ses gents, touts les hommes.
«Les adjectifs terminés en ant ou ent forment leurs adverbes, de manière que l’oreille les entend finir par ament; cependant les uns s’écrivent par amment et les autres par emment: les étrangers et les nationaux peu instruits sont en danger de prononcer ces deux syllabes comme les deux premières du mot emmancher ou de prononcer la première des deux comme la première des mots Àmmonite, Èmmanuel. Supprimons donc la première m, puisqu’elle ne se prononce plus, et les adverbes venus des adjectifs en ANT s’écriront simplement et analogiquement par AMENT. De savant, instant, puissant, on formera savament, instament, puissament. Quant aux adverbes venus des adjectifs en ENT, outre la suppression de la première m, qui y est également nécessaire, il faut y introduire un a, puisqu’on l’y entend. Cet a doit même entrer dans l’orthographe de l’adjectif pour caractériser l’analogie. Ainsi, écrivons diligeant et diligeament, négligeant et négligeament, prudant et prudament, violant et violament. Je conserve l’e dans diligeant et négligeant, parce qu’il y est nécessaire pour faire siffler le g et l’empêcher d’être guttural, et je supprime l’e dans prudant et violant, parce qu’il y seroit absolument inutile.»
Beauzée, poursuivant le cours de ses délicates et ingénieuses observations, énonce ensuite quelques règles qui se recommandent à l’attention des partisans de la néographie phonétique: «Il faut, dit-il, écrire le son o par au dans les mots dont les analogues ont a ou al en même place, et par eau dans ceux dont les analogues ont e ou el dans la syllabe correspondante, comme:
| chaud, chaufer | à cause de | chaleur |
| faus, faussaire | — | falsifier |
| haut, hausser | — | exalter |
| maudire | — | malédiction |
| naufrage | — | navire |
| psaume, psautier | — | psalmiste |
| agneau | — | agnelér |
| beauté | — | bél |
| chapeau | — | chapeliér |
| grumeau | — | grumelér |
| manteau | — | mante |
| rouleau | — | roulér. |
«Si l’on entend dans quelques mots un o simple ou la voyelle composée ou, l’analogie exige que dans tous les mots de la même famille où au lieu de o ou de ou on entendra eu, on écrive œu; ainsi écrivons-nous:
| bœuf | à cause de | bouvier |
| cœur | — | cordial |
| chœur | — | choriste |
| mœurs | — | moral |
| nœu | — | nouer |
| œuf | — | ovaire et oval |
| œuvre | — | ouvriér |
| sœur | — | sororal |
| vœu | — | vouér ou voter |
«D’après ce principe, combiné avec la manière dont je propose d’écrire l mouillée, il faut écrire œll au lieu de œil. Puisqu’il est reçu d’écrire vœu à cause de vouer, pourquoi n’écriroit-on pas avœu, tant par analogie avec vœu qu’à cause d’avouer? Nous écrivons cueillir et nous y prononçons eu qui n’y est point écrit: les mots colècte, colècteur, colèctif, colèction, qui sont de la même famille, nous indiquent œ et nous avertissent d’écrire cœullir, acœullir, recœullir, de là acœull, recœull, même cercœull, et par l’analogie des sons orgœull où l’on prononce œu, puis orgoélleus, parce qu’on n’y prononce que é.»
18o L’auteur demande que l’on écrive:
| à fin | au lieu de | afin | } | à cause de | à cette fin, à cause | |
| en fin | — | enfin | ||||
| au près | — | auprès | — | de près, de loin | ||
| aussi tôt | — | aussitôt | } | — | { | plus tôt, bien tôt, aussi tard, bien tard |
| bien tôt | — | bientôt | ||||
| en suite | — | ensuite | — | par suite, à la suite | ||
| autre fois | — | autrefois | } | — | une fois, plusieurs fois | |
| quelque fois | — | quelquefois | ||||
| toute fois | — | toutefois | ||||
| par ce que | — | parce que | — | par la raison que | ||
| lors que | — | lorsque | — | tandis que, etc. | ||
| pour quoi | — | pourquoi | — | pour qui |
19o Il réunit, au contraire, les mots suivants: un acompte, des acomptes, des apropos, des apeuprès.
En terminant, Beauzée défend ainsi son système du reproche d’attenter à l’étymologie et à la prosodie:
«Pour ce qui concerne les droits de l’étymologie, je le demande, est-il raisonnable que nous allions chercher dans une langue étrangère et morte, qui est ignorée des dix-neuf vingtièmes de la nation, les raisons de notre orthographe, que toute notre nation doit savoir? N’est-ce pas condanner gratuïtement à l’ignorance d’une chose essencielle tous ceux qui n’auront pas fait les frais superflus d’étudier le latin et le grec? N’est-ce pas mettre des entraves ridicules à la perfection d’une langue qui, après tout, doit nous être plus précieuse que toute autre? L’orthographe est pour toute la nation; la connoissance des étymologies n’est que pour un très-petit nombre d’hommes, qui même n’en tirent pas grand avantage, ni pour eux-mêmes ni pour l’utilité publique: faut-il donc sacrifier l’avantage de vingt millions d’ames aux vûes pédantesques de deux-cents personnages, qui n’en sont ni plus savants ni plus utiles? L’injustice et le ridicule de cette prétention ont été sentis par l’Académie della Crusca, pour la langue italienne, et par l’Académie royale de Madrid, pour la langue castillane: l’orthographe de ces deux langues est réduite à peindre juste la prononciation, sans égard pour des étymologies qui la défigureroient; et les savants d’Italie et d’Espagne n’en seront pas moins bons étymologistes. Mais chez nous même, d’où vient qu’il n’a pas plu à l’usage de redoubler la consonne dans quelques mots, où toutefois la raison servile d’imitation à cause de l’étymologie militoit autant que dans les autres mots où l’on a consacré ce redoublement? C’est que quelquefois la raison l’a emporté sur l’aveugle et imbécile routine et que l’on a quelquefois obéi au principe invariable qui veut que l’écriture soit l’image fidèle de la parole.
«Ce qu’on allègue en faveur des droits de la prosodie est-il mieux fondé? Il faut, dit-on, redoubler la consonne pour marquer la brièveté de la voyelle précédente. Ce prétendu principe est absolument faux, de l’aveu même de l’usage: car 1o nous trouvons la consonne redoublée après des voyelles longues: flāmme, mānne, abbēsse, que je fīsse, grōsse, que je pūsse, que je poūsse, paīssez, etc.; 2o on trouve de même des voyelles brèves avant une consonne simple: dămier, interprĕter, docĭlité, dévŏte, fortŭné, boŭle, jeŭnesse, retraĭte, etc. Quand ce principe seroit admis sans exception dans la pratique, peut-être faudroit-il encore y renoncer, parce qu’il seroit au moins inutile: ne suffiroit-il pas de marquer de l’accent circonflexe les voyelles longues et d’écrire les brèves sans accent? N’avons-nous pas déjà tâche et tache, mâtin et matin, châsse et chasse, bête et bète (racine), gîte et il agite, le nôtre et notre avis, etc.? A ces deux vices, déja considérables, de fausseté et d’inutilité, ajoutons que ce principe est encore opposé à l’effet naturel du redoublement de la consonne, qui est d’alonger la voyelle précédente.»
Beauzée a, comme on le voit, étudié dans ses détails et avec beaucoup d’érudition et de sagacité le mécanisme de l’orthographe étymologique. Quelques-unes de ses modifications pourraient être acceptées; d’autres, celles qui entraînent l’augmentation du nombre des accents, sont ingénieuses, mais tout à fait impraticables. Pour se disculper du reproche qu’on lui a fait de cette complication, Beauzée cite un passage de l’Enchiridion d’Épictète, où, dans le texte grec, se trouvent 41 accents pour 37 mots, tandis que la traduction littérale, orthographiée selon son système, ne montre que 23 accents sur 55 mots. Voici cette traduction:
«Cés gênts veulent aussi être philosophes. Home, aye d’abord apris ce que c’est que la çhose que tu veus être; aye étudié tés forces et le fardeau; aye vu si tu peus l’avoir porté; aye considéré tés bras et tés cuisses, aye éprouvé tés reins, si tu veus être qùinqùèrcion ou luteur.»
Dans la langue grecque, tous les mots ayant une accentuation tonique très-fortement accusée, ces marques devenaient bien plus nécessaires qu’elles ne le sont dans la nôtre, pour fixer la diction. L’accentuation grecque (l’aigu, le grave, le circonflexe), qui a servi de modèle à la nôtre, ne fut introduite qu’au deuxième siècle avant J.-C., et c’est à Alexandrie qu’elle fut d’abord mise en usage par son inventeur, Aristophane de Byzance, pour fixer la prononciation et la préserver d’être altérée par tant de populations étrangères qui parlaient le grec. On ne trouve, d’ailleurs, aucun texte manuscrit, sauf des grammaires, accentué au complet avant le XIe siècle de notre ère.
Jean-Étienne-Judith Forestier Boinvilliers-Desjardins, membre correspondant de L’Institut de France. Grammaire raisonée ou cours théorique et pratique de la langue française. Paris, 1802, in-8 de 526 pp.
Ce savant grammairien figure au nombre des réformateurs les plus modérés. Il n’admet pas de séparation entre la langue française et le latin dont l’étude lui paraît indispensable pour la connaissance du système de l’orthographe française. Fidèle sur tous les points à l’étymologie, il n’adopte que les changements qui s’y conforment, de sorte que sa réforme porte presque exclusivement sur les doubles consonnes, qu’il remplace par les simples là seulement où elles sont d’accord avec les primitifs latins. Cette amélioration constitue déjà un pas en avant, mais reste imparfaite puisque dans certains mots elle se conforme à l’étymologie latine, contrairement à la prononciation. Boinvilliers a fait un code d’orthographe à l’usage des lettrés, et par conséquent ne se soucie pas de la régularité qui doit être l’âme de tout système d’écriture rationnelle.
Il écrit donc: nourir, étoner, doner, conaître, apartenir, quiter, atendre, ariver, honeur, home, persone, acord, someil, etc., et d’un autre côté: différer et différence, commettre et commission, approuver et approbation, etc.
Dans les mots où la pénultième se trouve être un e muet suivi immédiatement de la double consonne, il le remplace par un è après la suppression de la consonne. Exemples: tèle, bèle, cète, anciène, cruèle, qu’il viène. Il écrit énemi avec un e aigu. Il remplace par l’s l’x final des substantifs et des adjectifs pour les conformer à la règle générale de la formation du féminin, ex.: épous, épouse, heureus, heureuse.
Il écrit avec un c tous les adjectifs dont le substantif correspondant possède le c à la désinence, comme confidenciel (confidence), substanciel (substance), essenciel (essence), pénitenciel (pénitence), et avec un t ceux où cette consonne existe dans le primitif, comme séditieus (sédition), factieus (faction), ou qui ne dérivent pas d’un substantif, comme captieus (capter).
Il écrit avec Voltaire nous fesons, bienfesant, malfesant.
Il remplace l’y par l’i partout où il ne représente pas deux i, et il écrit avec beaucoup de raison: les ieux, venez i (i venant de ibi).
Il est inutile d’ajouter qu’il conserve partout les ph et th étymologiques.
Urbain Domergue, de l’Institut. La prononciation françoise, déterminée par des signes invariables, avec application à divers morceaux, en prose et en vers, contenant tout ce qu’il faut savoir pour lire avec correction et avec goût; suivie de notions orthographiques et de la nomenclature des mots à difficultés. Paris, F. Barret, l’an V, in-8 de 302 pp.—La prononciation françoise, où l’auteur a prosodié, avec des caractères dont il est l’inventeur, sa traduction en vers des dix églogues de Virgile et quelques autres morceaux de sa composition; augmentée d’un tableau des désinences françoises, pour faciliter l’étude des genres. Manuel indispensable pour les étrangers, amateurs de cette langue, infiniment utile aux François eux-mêmes. Seconde édition. Paris, librairie économique, 1806, in-8 de 3 ff. 540 pp., plus 3 ff.
Les travaux de Domergue sur la langue française remontent à 1778. C’est à cette époque qu’il fit paraître sa Grammaire française simplifiée (in-12), réimprimée en 1792. En 1784, il fonda à Lyon le Journal de la langue française, qui fut continué jusqu’en 1791. En 1790, il publia le Mémorial du jeune orthographiste (in-12). Revenu à Paris, il forma la Société des amateurs et régénérateurs de la langue française, dont sortit plus tard le Conseil grammatical, tribunal officieux dont le rôle était de donner des solutions aux questions grammaticales offrant des difficultés. Ces solutions furent publiées en 1 vol., en 1808. On a encore de cet académicien deux opuscules sur l’orthographe: Exercice orthographique (Paris, 1810, in-12), et les Notions orthographiques. Bien que je n’aie pu me procurer ces ouvrages, j’ai cru utile de les mentionner bibliographiquement.
La partie critique dans le travail de cet académicien n’a pas l’importance que les autres novateurs ont cru devoir lui donner à l’appui de leur système.