NOTES :

[1]Publié en 1880 dans le même recueil, t. XV.

[2]Voir Alf. de Bary, Notice généalogique et historique sur la famille de Bary, in-8, Colmar, 1877.

[3]Je dois à une lettre de M. Arthur de Bary, consul général d’Allemagne à Tunis, les détails qui précèdent sur la carrière de son frère, antérieure à son exploration. Je le prie d’agréer l’expression de ma gratitude pour l’obligeance qu’il a mise à me communiquer ces renseignements.

[4]Tounine est un village touareg, de fondation récente (Duveyrier), situé au voisinage de Ghât. Sur sa population, voir plus loin p. 24.

[5]C’était le fils cadet d’un riche marchand du Touât et de la sœur du dernier Sultan berbère de Ghât. Il avait forcé son frère aîné, l’héritier légitime, à lui céder le commandement de la ville, et il travaillait en 1861 à la livrer aux Turcs pour consolider son usurpation. Il était naturellement le chef du parti antifrançais. (Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 273.)

[6]Deux mois plus tard, de Bary était bien revenu de son impression première. Voir plus loin ce qu’il dit de la faiblesse de l’autorité turque.

[7]Richardson (Travels in the Great Sahara, Londres, 1848, t. I) nous a laissé un tableau très vivant de la vie de Ghât à cette époque.

[8]Cette mesure a été la source d’interminables différends entre les Touareg et les Turcs, et les premiers ont fini par avoir gain de cause. En 1894, les Touareg disaient à M. Foureau : « Nous avons combattu parce que les Turcs avaient la prétention de nous empêcher d’entrer dans la ville en armes, et nous avons été vainqueurs. Nous le serions encore, le cas échéant. » (Foureau, Ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 214.)

[9]Il s’agit du thaler Marie-Thérèse, autrefois seule monnaie ayant cours au Soudan. Depuis l’occupation de Tombouctou, il cède la place à notre pièce de cinq francs.

[10]Le commandant Mircher avait déjà publié la même information (Mission de Ghadamès p. 52).

[11]Les Kel-Ouï sont maîtres de couper tout commerce entre Ghadamès Ghât et le Sokoto, en interdisant le passage par leur oasis de l’Aïr. De là ce privilège dont ils jouissent à Ghât.

[12]Cette prévision ne s’est pas réalisée. Aujourd’hui encore, les Touareg ne paient aucun impôt.

[13]Ici, de Bary a pris au pied de la lettre ce qui n’était sans doute de la part des Azdjer qu’une simple bravade. Jamais, dans la suite, Ahitaghel ne les a réunis sous son commandement.

[14]C’est le nom d’une famille de chefs politiques et religieux, qui, il y a deux siècles, régnaient en rois féodaux sur les Touareg Azdjer et les Touareg Hoggar. Détrônés par les Oraghen (la tribu d’Ikhenoukhen), les Imanan ne forment plus aujourd’hui que la moindre des tribus nobles azdjer. Déjà du temps de Duveyrier, cette famille ne comptait plus que cinq représentants mâles. (Les Touareg du Nord, p. 346.)

[15]Ceci n’est pas tout à fait exact. Dournaux-Dupéré et Joubert avaient déjà dépassé la hamada de Tinghert ; ils furent tués au sud de l’oued Ohanet, sur la route suivie autrefois par Duveyrier, au moment de pénétrer dans la région des dunes d’Edeyen. Voir notamment la version plus exacte, donnée par le P. Richard, Voyage chez les Touareg Azgueurs (les Missions catholiques, janvier, juillet 1881, t. XIII, p. 161).

[16]D’après le P. Richard, les assaillants étaient des Chambba dissidents. En tout cas, la complicité des guides ifoghas reste nettement établie : « les trois Ifoghas, dit le P. Richard, font demi-tour avec tous les chameaux et se mettent à distance, laissant les deux chrétiens seuls avec le razzi de Bou-Saïd. Dournaux-Dupéré et Joubert sont immédiatement saisis... Ifoghas et Chambba se rapprochent alors, et le partage du butin s’opère immédiatement. »

[17]L’auteur fait allusion à la situation politique exposée par Dournaux-Dupéré (Lettre à H. Duveyrier, Bull. de la Soc. de géogr. de Paris, 1874, II, p. 161). Les Ifoghas s’étaient pour la plupart alliés à la tribu des Imanghasaten alors en guerre avec Ikhenoukhen. Khetama était le chef Imanghasaten, ennemi d’Ikhenoukhen, qui, après avoir vainement essayé de s’imposer à Dournaux-Dupéré comme protecteur et de le détourner de sa route, l’avait quitté en proférant des menaces. En somme, la version touareg confirme les déductions de Duveyrier en 1894 : Dournaux-Dupéré est mort victime de la jalousie d’ennemis d’Ikhenoukhen, à qui était réservé le bénéfice éventuel du passage de la caravane française.

[18]Voir plus loin sur ce personnage, p. 26, 28 et 30.

[19]En 1890, M. Foureau évaluait la force des Hoggar à 1200 hommes (Une Mission au Tademayt, p. 92).

[20]Cette influence des chérifs du Touât se fait encore sentir chez les Azdjer. « Ces marabouts, écrivait M. Foureau en 1894, sont plus ou moins lettrés, et le plus souvent fort intelligents ; ils sont les secrétaires et les conseils des chefs ; ils ne perdent aucune occasion de réchauffer le fanatisme endormi des Touareg, en leur prêchant la haine de l’infidèle en général et du chrétien en particulier. Ce sont pour la plupart des émissaires secrets du gouvernement du Maroc, qui depuis quelque temps est en correspondance constante et directe avec les chefs des Ahaggar, et même avec ceux des autres fractions. » (Mission chez les Touareg, d’octobre 1894 à mai 1895, p. 162).

[21]C’est la latitude la plus méridionale sous laquelle ces arbres aient été signalés au Sahara.

[22]D’après Ascherson, ce nom désigne la Calotropis Procera R. Br., appelée aussi toreha par les Touareg, asclépiadée caractéristique du Soudan septentrional, et qu’on retrouve au Sahara jusqu’au Mzab et jusqu’à Tripoli (Pflanzen des mittlern Nord-Afrika, dans Rohlfs, Kufra, p. 483).

[23]Il y a là sans aucun doute une erreur de transcription ; le journal de route ayant été écrit primitivement en sténographie. Erwin de Bary fait évidemment allusion à une espèce connue. D’après M. Locard, à qui nous avons soumis le cas, ce ne peut être que la Melania tuberculata Müller, qui est répandue dans toute l’Asie méridionale et dans l’Afrique méditerranéenne depuis l’Egypte jusqu’au Maroc. Au Sahara, elle avait été signalée jusqu’ici par Duveyrier dans l’oasis de Mraïer près Touggourt, et par le Dr Marès à Ngouça (Bourguignat, Malacologie de l’Algérie, II, p. 253). La correction de M. Locard paraît d’autant plus justifiée, que M. Foureau vient de trouver dans l’Erg d’Issaouan, au nord-ouest de Ghât, les dunes et les dépôts quaternaires récents jonchés de coquilles subfossiles de Melania tuberculata associées à des Planorbis, Limnea, Physa, Corbicula fluminalis et Succinea (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 159, 156, 153, 67, etc.). Ces constatations, ainsi que celles toutes semblables faites par M. Foureau dans la région de Timassinine et de l’Erg de Constantine et par M. Flamand dans l’Erg oranais, sont une preuve de plus à l’encontre de l’hypothèse de la mer saharienne quaternaire et donnent à l’observation d’Erwin de Bary sa véritable portée. Elle indiquerait la survivance, au Sahara central, de représentants d’une faune d’eau douce quaternaire, qui grâce au régime éminemment aquatique d’une partie de cette période, se serait étendue de l’Atlas jusqu’au Tasili, et peut-être jusque dans le Sahara méridional.

[24]Ce chiffre ne cadre pas tout à fait avec celui de soixante-seize ans que Duveyrier attribuait à l’émir en 1861. On conçoit qu’il soit difficile d’être fixé sur l’âge exact de ces nomades.

[25]Voir plus loin, p. 28.

[26]Ce renseignement concorde avec ceux de Barth.

[27]Beyrich en avait déjà signalé parmi les fossiles recueillis par Overweg, entre Mourzouk et Ghât (Zeitsch. deutsch. Geol. Gesellsch., IV, 1852). Plus au nord, M. Foureau a trouvé des tiges de crinoïdes en grand nombre dans la région des dunes d’Issaouan et du plateau d’Eguélé, entre 27 et 28 degrés de lat. Nord (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 233 et suiv.).

[28]Montagne de l’Ahaggar, située au nord du Tifedest, sur l’Igharghar supérieur (carte Duveyrier).

[29]C’est le cas de presque toutes les oasis bien arrosées. Nous avons résumé ailleurs ce qu’on sait des conditions sanitaires du Sahara (le Sahara, Paris, 1893, ch. XIII).

[30]Voir plus loin, sur l’identité de ce personnage, p. 30.

[31]Le marchand tripolitain qui avait amené de Bary à Ghât.

[32]Duveyrier donne une version légèrement différente. D’après son informateur, Ghât aurait été fondée, il y a quatre ou cinq siècles, par les Ihadjenen, avec le concours des Kel-Rhapsa, des Kel-Tarat, des Kel-Telak et des Ibakammazen (les Touareg du Nord, p. 267).

[33]Ce nom de Kel-Rhapsa (gens de Rapsa) a été mis en relation par Duveyrier avec l’oppidum de Rapsa cité par Pline, parmi les villes sahariennes dont le général Cornelius Balbus triompha. Nous pouvons signaler à l’appui de cette hypothèse une coïncidence bizarre. On lit dans le dictionnaire d’Étienne de Byzance : « Istos, île de la Libye, que les Grecs appellent Oudenoé, et les Phéniciens Kella-Raphsat. » Cette île d’Istos n’a jamais pu être retrouvée sur les côtes d’Afrique, et aucun commentateur n’a pu expliquer ce nom de Kella-Raphsat, qui n’a rien de commun avec la langue des Phéniciens. Il est certain qu’on se trouve en présence d’une information de source lointaine, inexactement rapportée : ce nom de Kella-Raphsat est le nom ethnique d’une tribu berbère, et le mot νῆσος s’applique non à une île, mais à une oasis de Sahara.

[34]Il s’agit de la caravane de M. Largeau.

[35]Allusion à l’enquête faite par Nachtigal à Mourzouk après le meurtre de Mlle Tinné, et qui attribuait au chef de l’escorte touareg le nom de Hadj-ech-Cheikh. Voir aussi Duveyrier, l’Afrique nécrologique (Bull. Soc. géogr. de Paris, VIII, 1874). En réalité, ce personnage, proche parent d’Ikhenoukhen, s’appelait Ech-Cheïkh-bou-Bekr ou Eg-Bekr (Eg signifie fils de en targui, comme bou en arabe) ; mais on l’appelait souvent à Ghât ech-Cheïkh, « le cheikh » tout court. Erwin de Bary, qui a eu affaire à lui, emploie indifféremment l’un ou l’autre de ces termes.

[36]Voir plus haut, p. 20.

[37]Chez les Musulmans soupçonneux du Tafilelt, Rohlfs n’échappa point à une semblable visite, et ne dut la vie qu’aux traces d’une opération qu’il avait subie jadis.

[38]Célèbre théologien du IXe siècle, dont le recueil de sentences est très connu dans le monde musulman.

[39]Il s’agit de Tibbous croisés de nègres, comme ceux de l’oasis de Kaouar.

[40]Autre chef des Imanghasaten. Lors des derniers voyages de M. Foureau, il a été un des chefs hostiles qui n’ont voulu avoir aucun rapport avec l’explorateur français. Dans une lettre écrite à Adjiro (Aïr), Erwin de Bary a fait de lui le portrait suivant, qu’il n’est pas sans intérêt de reproduire : « C’est le type du noble targui. Très blanc de teint, doué d’une vigueur exceptionnelle, il a une voix retentissante, dont la basse profonde, même dans la conversation, me frappait d’étonnement. A la moindre émotion, ses yeux noirs s’allument, et l’on devine un nez en bec d’aigle sous son litham. Il est violent et susceptible, de sorte qu’il n’est pas commode de traiter avec lui. Othman me disait d’ailleurs : Oufenaït a l’extérieur d’un lion, mais le cœur d’un enfant. — Ce qui veut dire : ménage son orgueil et son ambition, et tu auras bon marché de lui. J’ai vu plus tard qu’Othman avait raison. »

[41]Droit de passage.

[42]On était en 1876. C’est un exemple assurément peu ordinaire, que celui de ce vieux chef de nomades, qui du fond de son Sahara, se tenait si bien au courant de la situation de l’Europe, et « parlait beaucoup » des Français, lui qui depuis quinze ans n’en avait pas revu un seul ! Il est certain que Duveyrier, avec ses manières généreuses et chevaleresques, avait produit sur l’émir une impression profonde, et quelles que soient les preuves de duplicité que nous aient données les Touareg, nous n’avons pas de raison de croire qu’Ikhenoukhen ne nous soit pas resté fidèle jusqu’à la fin. Son intérêt nous répondait d’ailleurs de la sincérité de ses sentiments, puisque les taxes payées par les caravanes françaises devaient, d’après le traité de Ghadamès, ne profiter qu’à lui seul. Ainsi s’explique aussi son attitude presque hostile vis-à-vis d’Erwin de Bary, qui tout en se présentant comme médecin musulman, était le protégé des Imanghasaten. Malheureusement, l’autorité d’Ikhenoukhen n’était plus acceptée sans conteste, les Imanghasaten et les Ifoghas étaient en état de rébellion ouverte, et Dournaux-Dupéré était mort victime de ces rivalités des tribus azdjer.

[43]Plante non déterminée.

[44]Plus d’un voyageur européen s’en est aperçu. Ce sont des Imrhad qui en 1894 ont menacé par exemple la mission d’Attanoux et l’ont mise un instant dans une position critique.

[45]Il y a encore une autre raison : comme le remarque M. Foureau, les nobles prennent chez les Imrhad ce qu’ils trouvent à leur convenance, et ceux-ci se dédommagent sur le passant (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 261).

[46]Voir Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 165.

[47]En Arabe Chabrek ou Chobrom, en Touareg afetazzene (Foureau, Essai de catalogue des noms arabes ou berbères, etc., p. 13). C’est le point le plus méridional où cette crucifère ait été observée jusqu’ici.

[48]Atriplex halimus. Cette salsolacée est très recherchée des chameaux.

[49]Ils sont généralement en peau d’antilope, et viennent pour la plupart de l’Aïr.

[50]Tous les Touareg ne se coiffent pas de la même façon. De Bary signale plus loin une ancienne coutume qui a persisté chez les Kel-Fadé de l’Aïr et chez une partie des Ifoghas du Sahara méridional.

[51]Déjà Duveyrier avait signalé l’identité probable de l’oléandre avec l’arbuste appelé elel par les Touareg (p. 212). L’observation d’Erwin de Bary confirme l’existence, dans les hautes parties du pays Touareg, d’une petite flore méditerranéenne qui comprend sans doute le myrte et le thuya.

[52]Ici le rapport donne une série d’indications topographiques pour la construction de l’itinéraire.

[53]Il prend ici le nom d’oued Tafelamine.

[54]Ascherson a identifié l’Ana avec la Leptadenia pyrotechnica (Asclépiadées). (Pflanzen des mittlern Nord-Afrika, dans Rohlfs, Kufra, p. 484).

[55]Voir plus loin, p. 63.

[56]Plante non déterminée.

[57]Voir dans F. Foureau, Rapport sur ma mission au Sahara 1893-1894, p. 133, le tableau de la partie inférieure de l’oued Mihero. Les deux descriptions se complètent très bien.

[58]« La paix ! la paix ! »

[59]Tuer une femme serait une ignominie pour les Touareg, et les Hoggar eux-mêmes ne l’oseraient pas. C’est ce qui explique que le berger ait envoyé sa femme en se mettant lui-même à l’abri.

[60]M. Foureau a trouvé des flaques d’eau jusque dans l’oued Mihero inférieur. Après la pluie, l’oued est, dit-on, impraticable. (Ouv. cité, p. 130.)

[61]Erwin de Bary ayant étudié les sciences naturelles, on peut considérer l’observation comme acquise. L’oued Mihero est jusqu’ici le seul point où la survivance du crocodile ait été signalée dans l’immense espace qui sépare le Nil du coude du Niger. On sait qu’il a disparu également des pays de l’Atlas.

[62]Depuis cette époque, un seul Européen a revu l’oued Mihero : c’est M. Fernand Foureau. Il fut malheureusement arrêté dans sa marche, à deux jours au nord des Sebarbarh, par un Targui fanatique, propriétaire du pâturage, qui lui interdit d’aller plus loin. (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 134).

[63]Il ne faudrait pas cependant inférer de ces expressions admiratives que ces oueds touareg soient des terrains de colonisation qui fourniraient à nos colons de vastes étendues cultivables. Au Sahara tout est relatif, et les oueds du Tasili, balayés de temps à autre par une crue torrentielle, qui les rend impraticables, constituent de bien piètres et bien insignifiantes parcelles cultivables au milieu de l’immensité du désert stérile et inabordable. Comme on l’a dit, ce sont des contrées « que l’on peut traverser, mais non pas mettre en valeur ». (Foureau, Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 13)

[64]Plante non déterminée. Ce nom ne figure pas dans le Catalogue des noms arabes et berbères relatifs à la flore saharienne publié récemment par M. Foureau.

[65]Il ne faut pas s’étonner de cette épithète appliquée à des Touareg de la classe des nobles. Chez les Azdjer, il y a extrêmement peu de riches parmi les nobles ; ce sont les Imrhad (vassaux) qui possèdent. (Foureau, Mission chez les Touareg, 1894-1895, p. 74.)

[66]On sait que les Touareg Taïtoq (ou Touareg de l’Ahenet) faits prisonniers en 1888 ont prétendu faire partie d’une confédération indépendante des Hoggar, mais que leur sincérité pouvait être mise en doute (voir Bissuel, les Touareg de l’Ouest, Alger, 1888). Ceci prouve, en tout cas, qu’en 1876 les Taïtoq comptaient encore parmi les Hoggar.

[67]Tribu azdjer.

[68]C’était, en réalité, un marabout de l’Aïr, nommé Toufik, et dont il sera question plus loin.

[69]Ceci paraît une vanterie, à en juger par ce qui s’est passé plus tard. En 1894, un rhezi de 70 Tibbou « a pénétré dans le village de Taderamt, à 800 mètres de Ghât, y a tué trois hommes ; puis a volé une cinquantaine de chameaux à une caravane campée sous les murs de la ville, et est reparti tranquillement sans que la garnison turque ait même fait mine de se montrer ; il paraît, du reste, que cette garnison agit toujours ainsi. » (Foureau, Mission chez les Touareg, 1894-1895, p. 76.)

[70]Celle des Megarha de l’oued Châti, qui infligèrent aux Hoggar une défaite sensible près du mont Tifedest.

[71]Il y avait là, en effet, une indication précieuse, dont le colonel Flatters eût pu faire son profit. Le commandant Bernard, membre de la première mission Flatters, recommande également l’adjonction d’une trentaine de chevaux comme une des mesures les plus efficaces pour assurer le succès d’une mission transsaharienne (Deux Missions françaises chez les Touareg, Alger, 1896, p. 327). Il ne faut pas oublier que les chameaux touareg n’étant pas habitués aux chevaux manifestent à leur vue la plus grande terreur.

[72]Les Kel-Ouï de l’Aïr sont des Touareg de teint très foncé par suite de leurs nombreuses unions avec des femmes nègres.

[73]Cette offre curieuse montre bien à quel genre d’opposition la pénétration française s’est heurtée chez certaines tribus azdjer. C’était avant tout le dépit de voir une source de revenus nouvelle venir augmenter la force du chef d’un parti rival. La convention de Ghadamès avait fait des jaloux. Les Imanghasaten, antifrançais farouches, seraient devenus maniables s’ils avaient eu l’espoir d’avoir pour eux les droits de passe réservés à l’émir.

[74]500 francs. C’est la somme qu’ont payée Duveyrier et M. Foureau.

[75]Chef de la zaouïa de Tounine. Ne pas confondre ce personnage avec le chérif arabe Moulay-el-Mahadi, marabout des Tidjaniya, à qui M. Foureau a eu affaire en 1895, et qui s’est montré fort bien disposé pour lui.

[76]Abd el-Kader-Ould-Badjouda était chef de la tribu arabe des Ouled-ba-Hammou. Tant qu’il a vécu, il a été l’ennemi de l’influence française. Son fils a hérité de sa haine.

[77]Dournaux-Dupéré et Joubert. E. de Bary a écrit plus tard : « Comme je l’ai appris de source certaine, chacun savait à Ghadamès que ces voyageurs allaient à la mort. Aucun de ces marchands jaloux de leur monopole n’eut l’idée de les avertir. En général, les Français doivent bien se persuader qu’ils n’ont pas, dans leurs tentatives commerciales, d’adversaires plus acharnés que ces Ghadamésiens faux et polis. Tous les efforts faits de ce côté échoueront tant que la France n’aura pas recours à des mesures plus énergiques. » (Lettre du 1er avril 1877, Verhandlungen de la Soc. de géogr. de Berlin, 1877, p. 248).

[78]Il est bien plus probable que le marabout n’a pas voulu le renseigner sur ce point. Il est extrêmement difficile d’obtenir des détails sur l’extension réelle des diverses associations religieuses ; comme on verra plus loin, les amis touareg d’Erwin de Bary se sont dérobés, lorsqu’il leur a demandé de lui servir de parrains pour s’affilier à deux de ces confréries.

[79]Cette seconde supposition est invraisemblable. Bien des musulmans sont affiliés simultanément à plusieurs confréries.

[80]Infidèle.

[81]Les esprits.

[82]On ne saurait s’en étonner. Les musulmans instruits se défient au Sahara des Européens convertis, et E. de Bary ne tenait nul compte de ce sentiment.

[83]Oasis de l’Adrar méridional.

[84]Barth (Reisen, I, p. 524, 542) a indiqué, d’après les renseignements fournis par les Kel-Ouï, les étapes de la route des pèlerins dans le Sahara méridional.

[85]Les Tagama de Barth.

[86]Chacun de ces oueds a son propriétaire qui ne laisse pâturer les chameaux des autres qu’en échange d’une redevance, et exige même un droit du voyageur qui ne fait que passer sur son terrain. C’est en vertu de ce droit de propriétaire qu’en 1894 le cheikh Mohammed a intimé à M. Foureau l’ordre de quitter l’oued Mihero, malgré la présence d’un envoyé du chef suprême des Azdjer.

[87]Nom inconnu. N’y a-t-il pas erreur de transcription ?

[88]L’émir des Hoggar.

[89]Ce récit n’est jamais parvenu en Europe.

[90]On peut se demander si cet incident n’a pas coûté la vie au voyageur.

[91]Tribu de la confédération des Azdjer, campée d’ordinaire dans la plaine d’Admar. Duveyrier en fait un portrait des moins favorables.

[92]Tous les voyageurs qui ont été en contact avec les Touareg ont eu à faire la même expérience. « Les Touareg, dit M. Foureau, sont avant tout mendiants, depuis les chefs jusqu’au dernier des esclaves ; tous viennent demander au passant de l’argent, des cadeaux et de la nourriture. C’est une véritable plaie, et nul ne peut se soustraire à cette déplorable coutume qui consiste à se faire donner du matin au soir, et à faire fournir par le voyageur la nourriture à tous les visiteurs. Les principales excuses à ce défaut sont : la pauvreté du pays, leur misère et la difficulté de se procurer du gain, l’habitude séculaire du pillage. Leurs instincts mendiants découlent aussi un peu de leur organisation. Il y a chez eux trois classes : les nobles, peu nombreux, les serfs et les nègres. Les nobles sont habitués à prendre chez les seconds, qui sont leurs vassaux, tout ce qui peut leur convenir ; ceux-ci rendent la pareille aux passants, quand les nobles ont d’abord exigé les droits d’usage. » (F. Foureau, Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, Paris, 1894, p. 210.)

[93]Nom probablement mal transcrit.

[94]Par suite de leurs fréquentes unions avec des femmes achetées au Soudan, les Kel-Ouï parlent la langue haoussa aussi couramment que leur propre dialecte berbère. Ce dialecte est d’ailleurs mélangé d’une foule d’expressions haoussa. (Barth, Reisen und Entdeckungen in Nord- und Central-Afrika, I, p. 374).

[95]Ceci dénote l’inexpérience d’Erwin de Bary. S’il avait eu sous la main l’ouvrage de Barth, par exemple, il aurait vu que ce taux qui lui paraissait exorbitant ne représentait même pas le bénéfice ordinaire que le négociant transsaharien retire de la vente de ses marchandises. Les risques étant très forts et les pertes nombreuses, il faut que le taux des bénéfices s’élève en proportion.

[96]Il faut se rappeler qu’en cette saison les nuits du Sahara sont souvent très froides.

[97]Il ne semble pas que cette caisse soit parvenue à destination. On en est ainsi réduit à la note géologique sommaire qu’on trouvera à la fin de ce volume.

[98]Il y avait là, évidemment, une extorsion concertée. La caravane étant allée, selon l’usage, camper la veille de son départ loin de la ville, il fallait à tout prix la rejoindre avec les bagages le même soir.

[99]Voir, pour cette partie du voyage, les feuilles 12 (Mourzouk) et 19 (Agadez) de la carte d’Afrique au 1/2.000.000 de M. de Lannoy de Bissy.

[100]Erwin de Bary avait observé en dessous des couches de grès brun qui forment les terrasses supérieures du plateau de Tayta, au nord-est de Ghât, des affleurements de couches également horizontales de marnes et schistes argileux en feuillets très minces, de couleur jaune clair, rouge, brune ou grise, alternant avec des calcaires gris (Zeitschrift der Gesellsch. für Erdkunde in Berlin, 1877, XII, p. 77-79).

[101]Nous avons supprimé ici et dans les pages qui suivent une série de lectures de boussole et autres indications qui n’ont d’intérêt que pour la construction de l’itinéraire.

[102]En arabe cheggaa, en touareg djemda. (Foureau, Essai de catalogue des noms arabes et berbères, etc., Paris, 1896, p. 12.)