[103]Cornulaca monacantha Del. C’est une des plantes favorites des chameaux.

[104]Nom inconnu. Il faut sans doute lire Ghât.

[105]Nous employons le terme aujourd’hui admis de reg, bien que de Bary n’en use pas lui-même (il dit Kiesebene), pour désigner cette forme particulière de terrain à surface plane et ferme, constituée par des graviers roulés plus ou moins gros, auxquels se mêlent parfois de petits débris de roche.

[106]L’oued Tarhareben de la carte de Barth (Reisen, I, pl. 5).

[107]Groupe de puits où bifurquent les routes de l’Aïr à Ghadamès et de l’Aïr au Touât.

[108]Erwin de Bary se plaint plus haut de l’incohérence des renseignements fournis par les Kel-Ouï, en voici un exemple. On sait que le pays des Tibbous est à l’est de l’Aïr, et que celui des Aouélimiden à l’ouest du même pays.

[109]Le vrai nom de cet arbre est teborak (Foureau, Catalogue des noms arabes et berbères, etc., p. 42). C’est le Balanites aegyptiaca Del., en arabe hadjilidj, arbre caractéristique du Soudan septentrional. Barth, dont l’itinéraire reste un peu plus à l’ouest, a signalé son apparition sous la même latitude (Reisen, I, p. 294).

[110]Acacias gommiers.

[111]Campement des Touareg Azdjer situé dans l’Anahef, sur une route plus occidentale (carte de Barth).

[112]Drine des Arabes (Arthratherum pungens).

[113]Pulicaria undulata L. (Foureau, Essai de catalogue des noms arabes, etc., p. 5).

[114]Leptadenia pyrotechnica R. Br.

[115]Ne s’agirait-il pas du séné, Cassia obovata, dont Barth a noté la limite nord sur sa carte, presque sous la même latitude ? C’est ce qu’il est difficile de dire, attendu que, comme l’a déjà remarqué Ascherson (Pflanzen des mittlern Nord-Afrika. p. 474), de Bary n’a nommé nulle part le séné, qui existe cependant dans l’Aïr.

[116]Euphorbia calyptrata Coss.

[117]Le voyageur a évidemment confondu avec des basaltes des roches éruptives anciennes, telles que des porphyrites.

[118]C’est-à-dire : c’est là que finissent les terrains de parcours des Touareg du Nord, et que commencent ceux des Touareg d’Aïr. Barth, qui a passé plus à l’ouest, place cette limite à Asiou, sous la même latitude. Quant aux districts habités, ils sont situés bien plus loin au sud.

[119]D’après Duveyrier et le Catalogue Foureau, ce nom s’applique tantôt au Maerua rigida R. Br., observé par Duveyrier à Ouererat, au nord de Ghât, tantôt un arbre différent, encore indéterminé. Ascherson ne cite pas le Maerua rigida parmi les espèces de l’Aïr déterminées avec certitude. Mais de Bary nomme le Maerua rigida en toutes lettres, et comme il avait avec lui l’ouvrage de Duveyrier, qui en donne la description détaillée, il n’est guère admissible qu’il ait pu s’y tromper.

[120]Ici l’itinéraire de de Bary rejoint celui de Barth.

[121]Sans doute l’alouet du catalogue Foureau. Désigne probablement la Moricandia suffruticosa Coss., en arabe foul-el-djemel, signalée comme fréquente dans l’Ahaggar et très recherchée des chameaux (v. Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 150).

[122]Semble être une variété de l’Arthratherum pungens, le drine du Sahara algérien (Foureau, Catalogue des noms arabes et berbères, etc., p. 36).

[123]Cette plante est répandue dans toutes les oasis du Sahara, jusqu’en Tripolitaine, mais nulle part, sauf au Soudan, elle n’atteint pareille taille.

[124]E. de Bary le nomme plus loin : c’est Iferouane.

[125]La véritable dénomination est Serki-n-touraoua, ce qui veut dire en langue haoussa « consul des blancs » (Barth). On appelle ainsi au Haoussa le fonctionnaire chargé de servir d’intermédiaire aux Arabes dans leurs rapports avec les sultans noirs.

[126]Pièce de cotonnade blanche d’environ 22 mètres.

[127]Cette observation a son importance. Elle prouve qu’à l’ouest des massifs que Barth a portés sur sa carte (Timgué, Boundaï, etc.), il en existe d’autres, non moins élevés peut-être, et que la zone montagneuse de l’Aïr est plus large qu’on ne se le figure généralement.

[128]Plante non déterminée.

[129]Il est visible que le chef de la caravane a évité les endroits habités, afin que le voyageur arrivât sans encombre jusqu’à la résidence de son protecteur, le hadj Bilkhou.

[130]Le Boundaï de Barth.

[131]Probablement l’Adjouri de Barth.

[132]Les sangliers sont inconnus dans les autres oasis du Sahara. Ils représentent dans l’Aïr, comme les crocodiles dans le massif central, une faune de survivants, aujourd’hui isolés par le désert.

[133]Les Stapélies appartiennent à la flore de l’Afrique du Sud ; c’est la première fois qu’une espèce de ce genre est signalée au Sahara, où d’autres plantes grasses de la famille des asclépiadées (ex. Calotropis procera) sont fréquentes.

[134]Le jujubier (Zizyphus lotus L.) est en effet un arbuste nettement méditerranéen, qui ne dépasse pas vers le Sud la hamada el-Homra. Par contre, on le retrouve dans le massif central du Sahara, où les Touareg l’appellent tabaket, tazzougart (Catalogue Foureau, p. 37).

[135]Barth n’avait signalé dans l’Aïr que des cônes trachytiques.

[136]Qui resta lettre morte, le serki étant parti faire un séjour à Sokoto.

[137]Tribu touareg redoutée à cause de ses habitudes de pillage, et le plus souvent alliée aux Aouélimiden contre les Kel-Ouï (voir Barth, Reisen, I, p. 383). « Les Kel-Ouï, écrivait E. de Bary plus tard, sont en guerre continuelle avec les Aouélimiden et les Kel-Fadé, de sorte que, depuis des années, aucune caravane d’Agadès n’a pris la route de l’ouest. Des bandits recrutés chez les Kel-Guérès, les Aouélimiden et les Kel-Fadé infestent de même la route d’Agadès à Sokoto, et seules de très grandes caravanes peuvent s’y risquer. » (Lettre d’Adjiro, 1er avril 1877, publiée dans les Verhandl. der Geselsch. für Erdkunde, 1877, p. 246.)

[138]C’est la première fois qu’il en est fait mention.

[139]Barth dit au contraire que les Kel-Ouï sont venus du Nord-Ouest (Reisen I, p. 372).

[140]Il ne s’agit évidemment ici que de la partie de la région qui confine à Agadès.

[141]Il y a là un renseignement à retenir. Il est vrai que la mode est changeante, et que tel article demandé en 1877 peut ne plus l’être aujourd’hui. Les agates ne figurent pas sur la liste des marchandises importées par les caravanes en 1862, d’après le rapport du commandant Mircher (Mission de Ghadamès, p. 39).

[142]Au dire des Touareg Taïtoq faits prisonniers en 1889, Talabe est situé à quatre jours au nord-ouest d’Agadès. C’est un bas-fond, récepteur de plusieurs oueds venant de l’est, et couvert d’une véritable forêt d’arbres divers (Bissuel, les Touareg de l’Ouest, p. 191). Si l’information donnée à E. de Bary est exacte, l’oued Aouderas, dont Barth a traversé la vallée supérieure en allant à Agadès, se prolongerait donc dans la direction du nord-ouest sur une distance de plusieurs journées de marche.

[143]Cette évaluation est plus forte que celle de l’informateur de Richardson, qui estimait les forces réunies du Gober et du Maradé à 1500 hommes (A Narrative of a Mission to Central-Africa, II, p. 104). Les autres renseignements cadrent parfaitement avec ceux de Richardson, Barth, Staudinger, et Monteil sur ce mystérieux peuple gober, ennemi acharné des peuples de Sokoto.

[144]Voir plus haut.

[145]Allusion aux Touareg Taïtoq de l’Ahenet, qui vont se ravitailler dans l’oued Telak. E. de Bary mentionne ailleurs encore un autre grief : « Depuis trois ans, aucun Hoggar n’est venu dans l’Aïr. Cela tient à leur refus obstiné de rendre des chameaux volés au marabout El-Bakkay de Tombouctou, et cela malgré les représentations du hadj Bilkhou, qui a pris fort mal la chose. » (Lettre citée, Verhandl. der Ges. für Erdkunde, p. 246). Les Hoggar pouvant se ravitailler au Touât se souciaient peu, évidemment, du mécontentement des Kel-Ouï.

[146]L’autorité du sultan d’Agadès est purement nominale. « Tout son rôle, dit encore E. de Bary, se borne à faire percevoir un tribut sur les caravanes qui viennent du Nord. (De là ce nom de serki-n-touraoua, consul des blancs, que portait le malandrin qui avait dépouillé le voyageur.) Quant aux Kel-Ouï, ils ne paient de tribut ou de redevance d’aucune sorte, et chaque cheikh traite à sa guise les affaires intérieures de sa tribu. » (Lettre citée, p. 251.)

[147]La même information a été recueillie récemment par le lieutenant de vaisseau Hourst (la Mission Hourst, Paris, p. 225, 1897).

[148]Renseignement erroné, que le voyageur a rectifié plus tard (voir plus loin p. 139).

[149]Et non en sténographie.

[150]Cette nécessité d’aller chercher des vivres au Soudan n’était pas un fait anormal. L’Aïr ne suffit pas à nourrir la population qui l’habite. « Sans le commerce du sel, dit Richardson, la population se verrait dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (A Narrative of a Mission to Central-Africa, II, p. 138).

[151]Les rapports des Kel-Guérès avec les Kel-Ouï d’Aïr sont des plus curieux. « Bien qu’ils soient nominalement les uns et les autres sous la suzeraineté du sultan d’Agadès, ils sont très souvent en guerre, et ne font d’armistice que lorsque leurs intérêts commerciaux l’exigent. Alors les Kel-Ouï apportent le sel de Bilma à Agadès et l’échangent auprès des Kel-Guérès contre les produits du Soudan. Les Kel-Guérès ne restent que peu de jours à Agadès, et retournent ensuite dans leur région de l’Ader. » (E. de Bary, lettre citée, p. 251.)

[152]Ce renseignement n’était pas plus exact que l’autre. Erwin de Bary découvrit plus tard qu’il n’y avait pas eu de successeur, par l’excellente raison que le sultan n’était pas mort. Il avait simplement fait un séjour à Sokoto pour recueillir la succession d’une de ses femmes.

[153]La question de savoir d’où vient l’eau des salines de Bilma est actuellement insoluble.

Rohlfs mentionne un courant souterrain allant d’est en ouest (Quer durch Afrika, I, p. 249). Nachtigal et Monteil ne parlent que d’une nappe abondante, très proche de la surface du sol.

[154]Richardson (A Narrative of a Mission to Central-Africa, p. 117) et Barth (Reisen, I, p. 572) nous ont décrit l’Aïri ou caravane du sel que les Kel-Ouï organisent chaque année pour chercher le sel de l’oasis de Bilma. Mais on n’avait jusqu’ici aucun détail sur l’itinéraire suivi. Barth donne seulement un itinéraire d’Agadès à Bilma, par une route plus méridionale et plus pénible encore, puisqu’on y compte huit jours de marche sans eau (Reisen, I, p. 532).

[155]Voir plus haut p. 124.

[156]Cette décadence n’est pas récente : elle a commencé dès la fin du siècle dernier. Alors, dit Barth, la majeure partie des habitants émigra à Katsena, à Tessaoua, à Maradé et à Kano. Agadès, qui, d’après l’évaluation faite par Barth sur place, a pu contenir jusqu’à 50.000 âmes, n’en comptait plus qu’environ 7000 en 1850 (Reisen, I, p. 518-520).

[157]On peut se demander si cette crainte était réelle. Voir p. 172, ce que dit l’auteur des rapports du hadj Bilkhou avec le sultan d’Agadès.

[158]Infidèle.

[159]Ce nom ne figure ni dans le Catalogue Foureau, ni dans celui d’Ascherson.

[160]On voit qu’en 1877 les esclaves continuaient à être un des articles principaux du commerce transsaharien à Ghât. Avant même d’arriver dans cette ville, E. de Bary en avait eu d’ailleurs la preuve. Le 3 octobre 1876, dans l’oued Lajâl, il avait vu passer un de ces convois d’esclaves, qui allait de Ghât en Tripolitaine. Le 1er septembre, son compagnon de voyage, le marchand tripolitain Mustapha Sammit, associé avec un Italien pour le commerce du Soudan, avait vendu un nègre sans en faire mystère. (Reisebriefe aus Nord-Afrika, Zeitsch. der Gesellsch. für Erdkunde, 1877, XII, p. 167 et XV, p. 56.)

[161]Acacia gommier (Acacia tortilis, ou Acacia Seyal).

[162]Evidemment le tadjdjart de Duveyrier, qui le signale dans l’Ahaggar (les Touareg du Nord, p. 166).

[163]Espèce non déterminée.

[164]Située d’après Barth à cinq jours d’Agadès (Reisen, I, p. 527).

[165]La Teguidda de Barth, située à trois journées de marche d’Ingal et à cinq journées dans l’ouest-sud-ouest d’Agadès. Barth dit également qu’on y recueille du sel de très bonne qualité et a cru pouvoir l’identifier avec la ville de Takedda, célèbre au XIVe siècle par ses mines de cuivre (Ibn-Batoutah). Mais ni Barth, ni Duveyrier, ni E. de Bary n’ont recueilli la moindre information au sujet de cette ancienne cité et de ces mines. Il y a là un intéressant problème réservé aux explorateurs de l’avenir.

[166]Probablement Alimsar, qui, d’après les récentes informations du lieutenant de vaisseau Hourst, fut le prédécesseur de l’amenokal actuel des Aouélimiden (la Mission Hourst, p. 229).

[167]Nom donné par les gens de l’Aïr aux Taïtoq de l’Adrar Ahenet.

[168]Touareg du Fezzan.

[169]Voir plus haut, p. 107.

[170]Allusion à une information curieuse fournie à Duveyrier par des Tibbous. Il existerait à Anaï, sur la hamada, à peu près à mi-chemin entre la route de Ghât à l’Aïr et la route de Bilma, des traces de roues et des sculptures rupestres « représentant un convoi de chars traînés par des bœufs à bosse et conduits par des hommes » (les Touareg du Nord, p. 458). E. de Bary revient plus loin sur cette question.

[171]On remarquera le changement d’humeur du cheikh, depuis que le voyageur avait décidé de retourner à Ghât, au lieu d’aller vers le sud.

[172]Duveyrier avait signalé de même, d’après ses informateurs, des ruisseaux permanents dans le haut de l’Ahaggar (les Touareg du Nord, p. 88). On sait que la mission Flatters avait trouvé un filet d’eau et des poissons dans l’oued Amguid, sur le Haut-Igharghar (Documents relatifs à la mission Flatters, Paris, 1885, p. 330). Rien ne montre mieux l’action bienfaisante des montagnes, qui jouent le rôle de condensateurs dans le désert.

[173]L’Aïr est jusqu’ici la seule oasis saharienne où le lion ait été signalé. On ne l’a retrouvé qu’au Soudan, au delà des plateaux arides qui séparent le Soudan de l’Aïr.

[174]Observation de grande importance pour l’histoire des races de l’Afrique dans l’antiquité. En effet, sur un mur du temple de Medinet-Habou, près de Thèbes, on voit Ramsès III amenant devant Ammon et la déesse Moût, parmi d’autres vaincus, les représentants enchaînés des peuplades libyennes de l’ouest, lesquels ont tous, d’un côté de la tête, la longue tresse ou boucle recourbée, tombant sur le cou par-devant l’oreille (de Rougé). De tous les peuples dont les anciens Egyptiens nous ont conservé l’image, ceux-là seuls sont ornés de cette coiffure singulière. D’autre part, nous savons par Hérodote que les Maxyes, une des principales tribus libyennes, avaient coutume de tresser leurs cheveux sur le côté droit de la tête (Histoires, IV, chap. 191), et l’on s’accorde à reconnaître en ces Maxyes la tribu des Machouach, la principale de celles qui, sous Ramsès III, envahirent l’Egypte. La facilité avec laquelle les sons s, z, ch se substituent l’un à l’autre dans les dialectes berbères, avait permis de se demander si ces Machouach, Maxyes, ces barbares de l’Ouest n’étaient pas tout simplement des Mazigh, des Berbères. Et le général Faidherbe remarquait à ce sujet que les Zenaga, restes d’une antique tribu berbère, qui occupait le Sahara occidental au moyen âge, ont conservé l’emploi de la tresse libyenne. D’autre part, la chronique mzabite d’Abou-Zakaria, publiée par M. Masqueray, nous montre le fils de l’imam de la vieille cité berbère de Tahert (Tiaret) occupé à faire tresser ses cheveux par sa sœur. Mais ces indices étaient trop peu nombreux pour qu’on en pût tirer une conclusion positive.

Jusqu’ici, on n’avait pu constater chez les Touareg la survivance d’une pareille coutume. L’observation d’Erwin de Bary, suivie d’une autre plus précise (voir le 6 juin), prend d’autant plus d’importance que les Kel-Fadé sont une des tribus touareg chez qui la pureté de la race n’a pas été altérée (Barth, I, p. 384). Erwin de Bary a vu un peu plus tard (13 août) des Ifoghas d’Es-Souk coiffés de même. Or, Es-Souk (Tadmekka), au nord-est du coude du Niger, est désignée comme un des endroits où les Touareg étaient primitivement établis. Il est assurément significatif de voir que l’usage de la tresse libyenne s’est conservé précisément chez les tribus touareg restées en place, ou indemnes de toute intrusion de sang étranger.

[175]Tombeau de pierres brutes. Voir plus haut.

[176]Il s’agit soit de la grande tribu des Beraber, qui a ses terrains de parcours dans le Sahara marocain, soit plutôt de la tribu arabe des Berabich, qui tient la route des caravanes entre Araouan et Tombouctou. Les Berabich sont en hostilité constante avec les Touareg Hoggar, et notamment avec les Taïtoq. La participation des Ifoghas à cette razzia est une nouvelle preuve des instincts pillards de cette tribu, dont Duveyrier avait fait trop exclusivement une communauté de marabouts pacifiques, qui ne portent les armes que pour se défendre.

[177]Tarakate du Catalogue Foureau. Grewia spec. ?

[178]Dans le Tibesti.

[179]Nom inconnu.

[180]Balanites aegyptiaca Del.

[181]M. Foureau cite en effet dans son vocabulaire une solanée (Solanum sodomaeum) qui porte le nom arabe de tefah-en-noum (p. 43).

[182]Barth a observé une crue semblable à la date du 1er septembre (Reisen, I, p. 356).

[183]Le texte original ne permet pas de savoir si ces tresses pendent du même côté de la tête.

[184]Barth écrit Arar dans son livre, Adar sur sa carte. Il parle également de la puissance de leur cavalerie (I, p. 388). L’Adar est situé au nord du Sokoto, et certains auteurs le mettent à tort au nombre des provinces de cet empire : les Kel-Guérès n’ont jamais cessé d’être parfaitement indépendants.

[185]C’est une opinion courante dans l’Aïr, car Barth avait déjà recueilli la même information : « Toutes les vallées descendant vers l’ouest s’élargissent dès qu’elles sortent de la montagne, et se perdent peu à peu, sans se réunir (Reisen, I. p. 587). Mais il faut tenir compte de l’ignorance relative des habitants de l’Aïr, ayant peu ou point de rapports avec leurs voisins de l’ouest. Et si l’on considère que le cheikh Othman des Ifoghas avait donné à Duveyrier une version contraire (selon lui, l’oued Tafassasset recevait dans son cours inférieur de nombreux affluents venant de l’Aïr), on ne peut regarder la question comme tranchée.

[186]Les Kel-Atarar de Barth. Barth dit seulement qu’ils habitent au voisinage d’Agadès et n’ont pas la meilleure réputation (Reisen, I, p. 382).

[187]Richardson et Barth avaient dit la même chose : « La caravane du sel, écrit Richardson, est pour l’Aïr une question de vie ou de mort... Sans ce sel (qu’on échange contre les vivres du Soudan), la population se verrait bientôt dans l’alternative de périr ou d’émigrer au Soudan. » (A Narrative of a Mission to Central-Africa, II, p. 138). « On pourrait planter beaucoup plus de mil, mais la culture, restreinte aux fonds étroits des vallées, ne pourra jamais fournir assez de grains pour les besoins de ceux qui les habitent. » (Barth, I, p. 588.)

[188]Espèce non déterminée.

[189]Voir plus haut, p. 161.

[190]Rhezer n’est pas un nom propre. On appelle Kel-Rhezer ou Kel-Rhazar, « gens de la vallée », les habitants de la grande vallée de Seloufiet et Tintarhodé (Barth, I, p. 380).

[191]C’est pour cela sans doute que Hadj Bilkhou empêcha le voyageur d’aller à Agadès.

[192]En faisant dresser la note des vivres qu’on lui avait fournis, avec l’intention de la solder une fois revenu à Ghât, E. de Bary ne tenait nul compte des coutumes sahariennes, qui veulent qu’un homme bien élevé ne paye pas les vivres qu’on lui offre, mais réponde par un cadeau de valeur supérieure à ce qu’on lui a offert.

[193]Ou Tekindouhir.

[194]Voir plus loin, appendice I.

[195]Il y a très peu de juifs au Sahara ; c’est à peine si l’on en trouve quelques-uns au Touât, et ce Touareg de l’Aïr n’en avait peut-être jamais vu.

[196]Il eût été intéressant de savoir quels pouvaient être ces livres, qui avaient pénétré jusque dans l’Aïr.

[197]Acacia albida Del. Espèce du Soudan.

[198]Ces hostilités entre Hoggar et Aouélimiden semblent fréquentes. Barth, en 1853, avait déjà entendu parler d’une grande razzia opérée par 400 Aouélimiden chez les Hoggar (Reisen, IV, p. 503). En 1862, Duveyrier apprenait qu’il y avait « en ce moment trêve d’hostilités, mais plutôt tendance à l’antipathie. » (Les Touareg du Nord, p. 371.) En 1881, Kenan-ag-Tissi, un des Taïtoq internés plus tard en Algérie, a fait partie d’une razzia dirigée contre les Aouélimiden, qui avaient précédemment razzié les Taïtoq (Bissuel, les Touareg de l’Ouest, p. 7). Aujourd’hui que nous sommes établis à Tombouctou, on pourrait essayer d’utiliser cette antipathie ancienne des Aouélimiden contre les Hoggar.

[199]Emir des Hoggar.

[200]Ceci prouve l’erreur de certains auteurs, qui transforment le sultan d’Agadès en vassal du sultan de Sokoto. Le chef d’Agadès ménage son puissant voisin, mais ne lui doit pas obéissance. E. de Bary a défini plus haut (p. 159) le genre de respect que les Touareg d’Aïr professent pour ce « commandeur des croyants ». En 1886, Staudinger a dit très nettement la même chose : « Le souverain de Sokoto ne possède aucune autorité réelle, ni même apparente sur la partie de l’Aïr où est située Agadès. En général, les farouches Touareg peuvent bien, il est vrai, lui payer une redevance commerciale lorsqu’ils vont commercer dans son royaume, mais ils sont aussi dangereux qu’indispensables, et les Haoussa ont intérêt à les ménager » (In Herzen der Haussaländer, Berlin, 1889, p. 518).

[201]L’auteur l’appelle ailleurs Sidi-eg-Guerradji.

[202]Erwin de Bary parle plus loin d’une de ces tribus (p. 181).

[203]Les Touareg du Nord donnent d’autres explications. D’après eux l’institution des Imrhad ou vassaux date de l’époque où le Sahara méridional était encore exposé aux invasions des rois noirs. C’est alors que des familles faibles auraient réclamé la protection des guerriers berbères, en se constituant leurs sujets. D’autres Imrhad, ceux de couleur, tirent leur origine d’esclaves noires, et comme, d’après la coutume targuie, l’enfant suit la condition de sa mère, la condition d’imrhad aurait été pour lui une sorte d’affranchissement. Enfin, les Touareg avouent que certaines tribus d’Imrhad blancs sont simplement des congénères asservis par la force des armes. (Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 336-337.)

[204]Barth cite la tribu des Kel-Aguelal, sans savoir qu’elle se confond avec celle des Kel-Rhazar (I, p. 380).

[205]Il y a d’autres exemples de tribus arabes établies au milieu des Touareg, dont elles deviennent alors les vassales. C’est ainsi que les Sekakna et les Mazil, qui fournissent des chameaux aux caravanes entre le Touât et Tombouctou, sont des Arabes vivant sous la protection des Touareg Taïtoq (Bissuel, les Touareg de l’Ouest, p. 24.)

[206]Nous avons supprimé ici et aux pages suivantes une série d’indications de route et d’informations sur l’Adamaoua, qui n’ont plus d’intérêt aujourd’hui.

[207]Calotropis procera.

[208]C’est la première fois qu’il est fait mention par un voyageur de razzias d’esclaves exécutées sur des populations de race blanche. On sait que le Koran défend formellement de réduire en esclavage les musulmans. Les serfs de cette partie reculée du Sahara seraient-ils encore regardés comme à demi païens ? Il n’y en aurait pas moins là une violation flagrante des coutumes touareg ; les Imrhad, dit Duveyrier, se transmettent par héritage ou donation, mais ne se vendent pas, c’est ce qui les distingue de l’esclave.