ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΩΣ ΣΩΤΕΡΙΑΣ ΚΟΙΝΤΟΣ ΛΟΥΚΑΝΙΟ
ΤΟ ΣΕΚΤΑΣΙΩΝ ΤΩ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΙΕΡΕΩΝ ΕΠΙΔΟΣΙΟ
ΑΝΕΘΗΚΕΝ.

Les mots ΤΩ ΣΕΒΑΣΤΩ ΑΡΧΙΕΡΕΟΣ qui commencent la seconde ligne annoncent qu’il s’agit d’Auguste. La place du mot ἀνέθηκεν qui a dû correspondre au milieu de l’inscription indique qu’il manque aux deux lignes précédentes trente-deux à trente-quatre lettres. Ces indications suffisent pour rétablir la première ligne ; quant à la seconde, cela est tout-à-fait impossible, puisque la lacune a dû être remplie par les titres de Quintus Lucanus qu’on ignore, et par le nom de l’édifice qu’on ne connaît pas davantage. Voici la lecture de ce qui existe encore, et la restitution de ce qu’il est possible de rétablir sans arbitraire.

Ὑπὲρ τῆς αὐτοκράτορος Καίσαρος, θεῶ ὑ ιῶ, Σεβαϛῶ, ἀρχιερέως, σωτηρίας, Κόϊντος Λουκάνιος
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ἐκ τᾶς τῶν Ἀπόλλωνος ἱερέων ἐπιδόσιος
ἀνέθηκεν.

« Pour le salut de l’empereur César, fils du dieu [César], Auguste, grand pontife, Quintus Lucanius [. . . . . . . . a élevé ce . . . . . . . .], avec la contribution fournie par les prêtres d’Apollon. »

Le seul changement que je me sois permis, c’est de faire un ι du τ au commencement de la première ligne, pour avoir la fin du mot υἱῶ (dor. pour υἱοῦ). Le mot ἐπίδοσις a le sens de erogatio publicè facta.

No 3. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ τὰν Κόραν καὶ τὸν ναὸν ἐκ τῶν ἰδίων ou bien ἐκ τῶν ἰδίων καὶ τὸν ναόν. « Claudia Venusta, fille de Claude Cartisthène Melior, [a élevé] à ses frais [la statue de] Proserpine en ce temple. »

Inscription du temps de l’empereur Claude ou de Néron. L’expression τὰν Κόραν pour τὸ τᾶς Κόρας ἄγαλμα a été expliquée ailleurs[436]. Claudia Venusta avait fait élever à ses frais et la statue et le temple. Ainsi dans une inscription de Syrie[437] ... τὸν ναὸν καὶ τὸ ἄγαλμα ἐκ τῶν ἰδίων ἀνέθηκεν. Ce qui distingue celle de Cyrène, c’est que le verbe manque, sans qu’il en résulte la moindre équivoque.

La même observation s’applique à celle du No 4, qui constate que la même Claudia Venusta avait élevé une statue et un temple à Bacchus. Κλαυδία Βενόστα Κλαυδίου Καρτισθένους Μελίορος θυγάτηρ Διόνυσον ἐκ τῶν ἰδίων σὺν τῷ ναῷ.

Νo 5. Κλαυδίαν Ἀρατὰν Φιλίσκω θυγατέρα, φύσει δὲ Εὐφάνους, ματέρα Κλαυδίας Ὀλυμπιάδος, αἰωνίω γυμνασιαρχίδος, ἀρετᾶς ἕνεκα, Κυραναῖοι. « Les Cyréneens [ont honoré par ce monument], à cause de sa vertu, Claudia Arété, fille de Philiscus par adoption, d’Euphanès par nature, mère de Claudia Olympias gymnasiarque perpétuelle. »

Cette inscription est du même temps que les deux précédentes. Ἀρατὰ pour Ἀρετή, dorisme comme Ἄρταμις, τράχω, ἅτερος pour Ἄρτεμις, τρέχω, ἕτερος.

Φύσει δὲ, par nature, ce qui indique que Philiscus n’était que père adoptif. La même formule se lit ailleurs[438]. D’autres fois, on nommait le premier le père naturel, comme ἐπὶ ἱερέως Μέμονος τοῦ Ὀρεστείδου, κατὰ δὲ ποίησιν Εὐωνύμου[439].

La fonction de gymnasiarque était aussi exercée par les femmes[440] ; mais la forme γυμνασίαρχος sert ordinairement pour les deux genres.

No 7. Le nom propre est estropié : il paraît être celui d’une femme, Σαλυΐα, Salvia. L’inscription n’est remarquable que par le monogramme qu’on pourrait prendre pour celui du Christ, puisqu’il offre réellement les lettres ΧΡ, ce qui, avec les trois autres lettres ΑΙΝ, donne le mot χάριν (εὐνοίας). C’est le seul exemple que j’en connaisse.

No 8. Fragment de l’inscription funéraire de Lucius Vibius Cattabus, fils de Lucius (Vibius Cattabus) ; il paraît y avoir eu [faciendum] coeravit (pour curavit) : la même inscription était répétée en grec au bas. Il paraît y avoir Λεύκιος ὁ ὑὸς Λευκίου Κάτταβος... ὃς ἐποίησε. Ce n’est pas la seule fois que faciendum curavit a été rendu par ἐποίησε.

No 9. Inscription chrétienne d’un bas temps, pleine de fautes d’orthographe : κῖτε pour κεῖται, est fréquent dans les monuments de cette époque, de même que κὲ pour καὶ, τέθικαν pour τέθεικαν, iotacisme ; θεῶ pour θεοῦ, reste de dorisme.

Διμιτρία θυγάτηρ Γαίου τοῦ ὠνησαμένου τὸ μνῆμα τοῦτο ἐνθάδε κῖτε μετὰ τοῦ υἱοῦ αὐτῆς θεῶ δούλου· οὗτοι ἐτελεύτησαν ἐπὶ.... Μαξίμου γενομένου· τέθικαν αὐτοῖς Κάλλιππος ὁ ἀνὴρ αὐτῆς κὲ υἱὸς αὐτοῦ Γαῖος κὲ γαμβρὸς αὐτοῦ Πανύβουλος καὶ μνήθητο αὐτῶν· ἐντὸς πηχῶν.

Démétria, fille de Gaius, qui a acheté ce monument, repose ici, avec son fils, serviteur de Dieu.

Ils sont morts sous . . . . ., Maxime . . . . . et y ont été déposés par Callippe, son mari ; par Caïus, fils de ce dernier, et Panybule, son gendre. Accordez-leur un souvenir . . . . . coudées en dedans.

PL. LXIV.

No 1. Tombeau avec deux noms propres estropiés ; il semble que ce soit Κοῖρος ou Κοῖτος Ἀριϛοκλίδα. « Cœrus ou Cœtus, fils d’Aristoclide. »

Au-dessous Ἰάσονος τόπος. « Lieu de sépulture de Jason. »

No 2. Ces inscriptions, trouvées dans un sanctuaire, ont été écrites par les gens qui venaient le visiter : ce sont des noms, ou tout seuls, ou suivis de ἥκω ou de ἦλθε.

Διοσκουρίδης.
Δίων ἥκω.
Ἕλεξ ἥκω.
Πρόθυμος ἥκω.
Ἴασος (?) ἥκω.
Ἀγαθοκλέα. Ἀγαθοκλῆ.
Σωσιϛρατίου. Ἀγαθοκλέους.
Ἰδουμαῖος.
ἦλ θε.

D’autres Iduméens y ont écrit leurs noms, probablement à la même époque ; ce sont :

Κοσβάρακος (?) puis........
Μαλίχου[441]. Κράτερος.
Ἰδουμαῖος. et Σύμμαχος.
Ἰδουμαῖος.

On lit dans une autre : Τιβέριος Κλαύδιος Ἴϛρος τοῖς θεοῖς ἀπέδωκε θυσίαν. « Tibère Claude a fait un sacrifice aux dieux [adorés dans ce sanctuaire]. »

On pourrait à la rigueur lire : πρὸς τοῖς θεοῖς, et entendre ici πρὸς dans le sens de παρὰ, si fréquemment employé dans ces sortes de locutions προσκύνημα παρὰ τῷ θεῷ ἐποίησε. Mais il manque un nom après Tibère Claude ; je ne doute pas que M. Pacho n’ait passé deux lettres, et qu’il faille lire : Ἴστρος.

PL. LXV.

Inscriptions sans intérêt, ne renfermant que des noms propres.

Le No 3 est un fragment de dédicace romaine ; on y distingue PONT. MAX. TRIB. [POTEST.]

Le No 9 seul mérite quelque attention.

Καλῇ τύχῃ. L.  Ν. à la bonne fortune. L’an LV. (καλῇ τύχῃ, pour ἀγαθῇ τύχῃ).

Πυραμαῖος Πυραμαίου, Pyramée, fils de Pyramée. Ἰλῖνε καλοκαγαθὲ Σέκονδε..... Adieu, vertueux..... Ilinus secondus.

La même un peu plus haut.

Ἀριϛοτέλης Σώσιος Ίαρεὺς Ἀπόλλωνος· μηθένα ἐντίθῃ.

« Aristote, fils de Sosis, prêtre d’Apollon. Qu’on ne mette personne [dans ce tombeau]. »

La formule μηθένα ἐντίθη est elliptique : il faut entendre sans doute la défense, si souvent répétée, d’enterrer dans le tombeau une autre personne qu’Aristote fils de Sosis. ΤΑΡΕΥΣ doit être ΙΑΡΕΥΣ pour ΙΕΡΕΥΣ, dorisme, comme ἱαρὸς pour ἱερὸς dans les tables d’Héraclée, et Ἱάρων pour Ἱέρων dans l’inscription du Casque trouvé à Olympie.

PL. LXVI.

Noms propres.

PTOLÉMAÏS.

PL. LXXIII.

Cette inscription qui commence par ces mots : Αὐτοκράτωρ Καῖσαρ Ἀναϛάσιος ἀνίκητος..... σεβαστὸς Αὔγουστος[442], est un rescript de l’empereur Anastase relatif au service militaire. Ce rescript mérite d’occuper les loisirs d’un philologue exercé : mais la restitution en est bien difficile. (voir le voyage, page 178.)

PL. LXXIV.

Il n’y a sur cette planche que trois inscriptions qui offrent de l’intérêt et méritent quelque attention.

Les deux premières sont intéressantes surtout par la place qu’elles occupent. En effet, les pierres sur lesquelles elles sont gravées font partie du soubassement d’un temple ; l’une d’elles est même dans une situation renversée, et même tronquée, pour donner à la pierre les dimensions dont on avait besoin. Il est évident que ces pierres ont servi comme matériaux dans la construction de l’édifice. Avant de connaître cette particularité, et à la seule vue du dessin représentant les ruines de ce temple (Pl. LXVIII.) j’avais dit à M. Pacho que cet édifice n’était pas antérieur à la domination romaine. La présence de ces inscriptions met le fait hors de doute, comme on va le voir.

Celle qui est dans une situation renversée est disposée ainsi :

[Inscription]
ΒΑΣΙΛΙΣΣΑΝ ΑΡΣΙΝΟΗΝΘΕΑ
ΤΗΝ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΕΡΕΝΙΚΗΣ
  ΗΠΟΛΙΣ

Il est facile de voir que les deux premières lignes ont été tronquées, par le motif indiqué plus haut : il serait impossible de les rétablir si l’on ne pouvait savoir quelle a été leur longueur. Heureusement cette circonstance capitale se déduit de la position des mots Η ΠΟΛΙΣ qui forment à eux seuls la troisième leçon, puisqu’on ne peut douter qu’ils n’occupassent à très-peu près le milieu de l’inscription. On en conclut avec certitude qu’il manque seulement de huit à dix lettres aux deux lignes tronquées.

Maintenant, si nous cherchons, dans la série des princes lagides, quelle est la reine Arsinoë, fille de Ptolémée et de Bérénice, nous ne trouverons que la seconde femme de Ptolémée Philadelphe, et sa sœur, fille de Ptolémée Soter et de Bérénice. L’inscription entière était donc :

Βασιλίσσαν Αρσινόην, θεὰ ν Ἀδελφὴν
τὴν Πτολεμαίου καὶ Βερενίκης θεῶν Σωτήρων
ἡ πόλις.

« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] la reine Arsinoë, déesse sœur, fille de Ptolémée et de Bérénice, dieux sauveurs. » C’est une dédicace qui fut probablement placée entière sur la base d’une statue, érigée peut-être à l’époque et à l’occasion du mariage d’Arsinoë avec son frère, en 276 avant J. C.

L’autre inscription est entière, sauf quelques erreurs de copie faciles à corriger. La voici :

ΒΑΣΙΛΕΑ ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΝ ΤΟΝ ΒΑΣ...Ε. Σ
ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΚΑΙ ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣΚ.. ΕΟ
ΠΑΤΡΑΣ ΑΔΕΛΦΟΝ,ΘΕΟΝ ΟΙΛΟΜΗΤΟΡΑ
ΗΠΟΛΙΣ
Βασιλέα Πτολεμαῖον, τὸν βασιλέως
Πτολεμαίου καὶ βασιλίσσης Κλεο
πάτρας ἀδελφὸν, θεὸν φιλομήτορα
ἡ πόλις.

« La ville [de Ptolémaïs honore par ce monument] le roi Ptolémée frère de Ptolémée et de la reine Cléopatre, dieux Philométor. »

C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un roi lagide est désigné, dans une inscription, par les mots frère de tel et de telle, au lieu de fils de tel roi et de telle reine. Mais cette désignation s’explique facilement, ce me semble, et sert à donner la date précise de l’inscription.

Le roi dont Philométor est ici qualifié le frère, est Évergète II, fils comme lui de Ptolémée Épiphane. La reine Cléopâtre ne peut être que la Cléopâtre, sœur de tous les deux, d’abord femme de Philométor, et qui, après la mort de son premier mari, en 147, fut épousée, en 146, par son autre frère Évergète II, et partagea le trône avec lui. Il est donc certain que l’inscription est postérieure à la mort de Philométor, en 146. Mais comme on est également sûr que, l’année suivante, Évergète II répudia cette sœur Cléopâtre, pour épouser la fille de cette princesse et de son frère[443], on a l’année précise de la dédicace, c’est-à-dire, l’an 145 avant notre ère. Cette dédicace est donc un hommage rendu à Philométor par les habitants de Ptolémaïs, peu de temps après la mort de ce prince. Sans doute la ville lui avait décrété une statue de son vivant : mais sa mort étant survenue avant qu’elle ne fût terminée, on dut le désigner nécessairement par le titre de roi, de dieu Philométor, en y ajoutant celui de frère des deux princes qui occupaient alors le trône.

Il est clair que des statues en l’honneur d’Arsinoë Philadelphe et de Ptolémée Philométor n’ont pas été détruites tant qu’a duré la dynastie des Lagides. Ce ne peut être qu’après leur domination que ces statues, ainsi que les dédicaces qui contenaient le nom des princes, ont pu être renversées, et les fragments des piédestaux employés dans la construction d’un édifice. Cette observation, indépendamment du caractère de l’architecture, prouve donc que le temple de Ptolémaïs dont M. Pacho a dessiné les ruines, appartient au temps de la domination romaine.

La troisième est un fragment gravé sur une pierre encastrée dans le mur de Kasr-el-Askar à Ptolémaïs :

ΕΒΑΣΤΟΣ ΑΝΤΟΝΙΑΚΑΛΥ
ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ

Ce fragment n’est que le milieu d’une inscription en deux lignes. Il s’agit d’en retrouver le commencement et la fin ; quelque hardie que puisse paraître la restitution que je vais hasarder, je crois cependant que, comme elle satisfait aux conditions qu’exige l’état du monument, elle porte un assez grand caractère de certitude.

D’après ce qui a été dit plus haut, la petite ligne qui commence par ΚΑΙΣΑΡΟΣΘΜ a dû se trouver au milieu de la grande ; c’est la principale condition que devra remplir la restitution de l’une et de l’autre.

Et d’abord, le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, dans les inscriptions impériales, est toujours suivi du mot ΣΕΒΑΣΤΟΥ, à moins qu’il ne s’agisse d’Auguste, le seul empereur qui ait été désigné par le simple mot ΚΑΙΣΑΡ : or, les lettres ΘΜ qui viennent après prouvent que le mot ΣΕΒΑΣΤΟΣ n’a pu le suivre. Cette dédicace appartient donc certainement au règne d’Auguste.

Il devient vraisemblable que le nom ΑΝΤΩΝΙΑ qu’on lit à la première ligne, désigne Antonia, nièce d’Auguste, mère de Germanicus et de Claude, épouse de Drusus l’Ancien. S’il en est ainsi, son nom a dû être suivi de ceux de Claude Drusus, et en effet les lettres ΚΛΑΥ paraissent bien appartenir à ΚΛΑΥ [ΔΙΟΥ], nom qui était suivi de ΝΕΡΩΝΟΣ ΔΡΟΥΣΟΥ..... ΓΥΝΗ ou ΓΥΝΑΙΚΙ. Les noms de ce prince se présentent ordinairement dans un autre ordre (Nero Claudius Drusus) ; mais cette différence ne peut nous arrêter : bien des exemples de ce genre la justifieraient au besoin.

En troisième lieu, les lettres ΕΒΑΣΤΟΣ, qui précèdent et qui proviennent évidemment de ΣΕΒΑΣΤΟΣ, ne peuvent cependant désigner Auguste ; car le nominatif en un tel endroit serait inexplicable. On peut encore regarder comme à peu près certain que c’est le reste du titre de φιλοσέβαστος, titre analogue à celui de φιλορώμαιος, que prennent souvent des particuliers et des villes, comme ceux de Carrhes, sur les médailles, et surtout à ceux de φιλοκαῖσαρ[444], φιλοτιβέριος, φιλοκλαύδιος[445], etc., épithètes de flatterie qui se trouvent sur des monuments écrits de différents genres. Ici φιλοσέβαστος désigne, dans le même sens, le dévouement du peuple de Ptolémaïs envers l’empereur Auguste. Il y avait donc, avant le mot Ἀντωνίᾳ, les mots Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσέβαστος.

Le mot ΚΑΙΣΑΡΟΣ, de la troisième ligne, doit dépendre de la date exprimée ἔτους ou Γ., selon l’usage : dans ce cas les lettres ΘΜ ne pouvaient être guère autre chose que le commencement d’un des mois égyptiens, les seuls qu’on trouve dans les inscriptions grecques de la Cyrénaïque : ces lettres ne conviennent à aucun autre mieux qu’à ΦΑΜΕΝΩΘ. Ainsi la date était exprimée comme dans ces inscriptions d’Égypte et de Nubie, ἔτους ΛΑ Καίσαρος, Θωϋθ[446], ou bien ἔτους ΛΒ Καίσαρος, φαωφὶ[447], ou enfin L. ΛΑ Καίσαρος Παῦνι ΙΒ[448].

Il est impossible de savoir si le quatrième du mois a suivi le nom φαμενὼθ, ce qui importe peu, puisqu’il ne s’agit que d’une seule lettre ou deux au plus. Les mots Καίσαρος φαμενὼθ devant correspondre au milieu de la première ligne, il doit se trouver autant de lettres avant celle qui correspond à la première de Καίσαρος, ou des deux lettres numériques qui ont pu suivre ce mot, c’est-à-dire, après celle qui est au-dessus de la dernière de φαμενὼθ ; or, cette condition importante est exactement remplie par la restitution suivante fondée sur les observations qui précèdent.

Πτολεμαιέων ὁ δῆμος ὁ φιλοσ έβαϛος Ἀντωνίᾳ, Κλαυ δίου Νέρωνος Δρούσου Γερμανικοῦ γυναικὶ. L..
Καίσαρος φα μενὼθ...

« Le peuple philosébaste de Ptolémaïs, à Antonia, femme de Claude Néron Drusus Germanicus. L’an... de César, au mois de phaménoth. »

PL. LXXV.

Inscriptions funéraires sans intérêt.

Contentons-nous de citer : Ἰουλία Πρόκλα, ἐπόησεν ἑαυτῇ καὶ τοῖς αὑτῆς.

PL. LXXVI.

Même observation que ci-dessus. On ne peut remarquer que celle-ci.

Γ. Ἰούλιος Στέφανος ἐπόησεν ἐξ ἀρχιδίων τὸν σηκὸν καὶ τὰν ἐξέδραν καὶ τὸν περίβολον ἐξ ἰδιᾶν δαπανᾶν, ἑαυτῷ καὶ τοῖς τέκνοις.

Caius-Julius-Stéphanus a fait construire des fondements ; le sécos, l’exèdre et l’enceinte à ses frais pour lui et ses enfants.

Ἐξ ἀρχιδίων, locution inconnue, doit avoir le sens de ἐξ ἀρχῆς, ἐκ θεμελίων : elle annonce la corruption de la langue.

PL. LXXVII.

Même observation.

PL. LXXIX (bis).

Tombeau où l’on distingue les mots L ΙΒ Φαρμουθὶ Δ  Πραξαγόρα Θεανοῦς. « An XII, 4 de Pharmuti [tombeau] de Praxagoras fils de Théano. »

On remarquera la ligature qui, dans le mot Φαρμουθὶ, représente les deux lettres Φ Α.

Autre tombeau, sur la base duquel on lit cette inscription d’un style qui décèle un très-bas temps.

Κλα. Γαιανῷ καὶ συμβίῳ μου. Ἀπαγορεύω δὲ ἕτερόν τινα μὴ ἀνύξαι, μηδὲ θάψαι, ἐκτὸς εἰ μὴ παιδὶ αὐτοῦ· εἰ δ’ οὐ ἐκτείσει τῷ ταμείῳ Χ Α Φ.

« A Claude Gaïanus et à mon épouse [ce tombeau appartient] : je fais défense à personne d’ouvrir ce tombeau, ni d’y enterrer quelqu’un, excepté mon fils : si non, il paiera au trésor 1500 deniers. »

Ἀνύξαι, pour ἀνοίξαι. On remarquera la faute ἐκτὸς εἰ μὴ, et le solécisme παιδὶ pour παῖδα. ϹΙΔΟΥΝ ne peut être que εἰ δ’ οὐ : le Ν est une faute du graveur.

No 1. Σήστιος Κάρπος καὶ Σηστία...... υνις ἐποίησαν ἑαυτοῖς καὶ τοῖς ἰδίοις τέκνοις.

« Sestius Carpus et Sestia.... ynis ont fait [ce tombeau] pour eux et leurs enfants. »

No 2. Tombeau d’une jeune fille de deux ans.

. . . . . . . . . . . ἐτῶν δύο ἐνθάδε κεῖται
ταύτης ὁ πατὴρ ἀπαγόρευε ταῦτα λέγων, ὃς ἂν ἀνύξῃ
τὸ λαρνάκιον τοῦ τόπου, καὶ θάψῃ τινὰ, εἰσοίσει τῷ
ἱερωτάτῳ ταμείῳ δηνάρια πεντακόσια· θάρσει
ἡρωΐς ! οὐδεὶς ἀθάνατος.

« . . . . . . . . . . . . . agée de deux ans, repose ici. Son père fait défense à qui que ce soit d’ouvrir la tombelle de cette sépulture, et d’y enterrer quelqu’un, à peine d’une amende de 500 deniers payables au trésor très saint.

Ne t’afflige pas, héroïne : personne n’est immortel. »

ὁ τόπος est le terrain concédé pour la sépulture, et τὸ λαρνάκιον, diminutif de λάρναξ, la tombe, comme on dit, le sarcophage, où le corps était renfermé. (ce diminutif manque aux lexiques.) ἀνύξη doit être par iotacisme pour ἀνοίξῃ de ἀνοίγειν, ouvrir ; la formule θάρσει...... οὐδεὶς ἀθάνατος, est connue.

No 3. Μ. Οὔλπιος Ἐπίνικος αὑτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις· καὶ Ὀλπία Ἀθηναῒς ἑαυτῇ καὶ τοῖς ἰδίοις.

« Μ. Ulpius Epinicus pour lui-même et les siens ; et Ulpia Athénaïs pour elle-même et les siens. »

No 4. . Παοινὶ ΚΒ. ἐτελεύτησε Κλαύδιος Δράκων. L. Κ Δ μηνῶν Γ  ἁμερᾶν ΙΕ.

LΕ  Ἀθὺρ ΚΕ ἐτελεύτησε Κλαύδιος Ἀχιλλᾶς L. ΚΔ μηνῶν Ι, ἁμερᾶν Ε.

« L’an II, le XXII de Payni, est mort Claude Dracon, âgé de 24 ans, 3 mois, 15 jours.

L’an V, le 25 d’Athyr, est mort Claude Achillas, âgé de 24 ans, 10 mois, 5 jours. »

No 5. Δ. Πετρώνιος Ἐπαφρόδιτος ἑαυτῷ καὶ τοῖς ἰδίοις.

« L. Petronius Épaphrodite, pour lui et les siens. »

No 6. Sur le grand tombeau. Τελεσίδοτος Φλαβίου Ἀντωνίου Σύλλας.

« Télésidote Sylla fils de Flavius Antonius (Télésidote.) »

No 7. L’inscription doit se lire : Αὔλου Καττιλίου Καπίτωνος.

« tombeau d’Aulus Cattilius Capiton. »

No 15. Probablement. L ΙΕ χοιακ K  Γναῖος Σαβεῖνος ἐτῶν KB.

TEUCHIRA OU ARSINOE.

PL. LXXX à LXXXVI.

Les Inscriptions recueillies à Teuchira ne donnent que des noms propres. La seule qui mérite quelque attention est sur la PL. LXXXVI.

C’est un fragment d’un distique funéraire fort mutilé, qu’on pourrait essayer de lire ainsi :

Θευπρόπιος ἐνθάδε κεῖμαι, ὃς ἐν θνητοῖσιν ἄριστος,
ὀκτωκαιδεκέτης, ζῆσεν ἅπαντα σοφός·

Θευπρόπιος pour Θεοπρόπιος, orthographe fréquente dans les inscriptions du pays, reste de dorisme ; nom de trois syllabes par synérése.

Le milieu du vers est bien incertain ; ἐν θνητοῖσιν ou bien ἐν ζωοῖσιν ἄριστος est plus sûr. Dans une adespote on dit d’un jeune homme (ἀκμὴν νέος) qu’il était ἀγαθὸς ἐν ἅπασιν. (no 6956 ou bien Anthol. Palat., 11.817.) ὀκτωκαιδεκέτης est certain.

Le reste est problématique ; on pourrait lire ζῆσεν ἅπαντα σοφῶς, dont le sens serait meilleur encore ; ainsi ζήσας ὡς δεῖ ζῆν. (même épigramme.)

FIN.

[394]Les observations suivantes ont paru dans le Journal des Savans, mars, 1828.

[395]CXXV, Anal. 1, 38. Anth. Pal. VII, 182. Il y en a encore une d’Érinne (no 3), une de Philippe de Thessalonique (no 79), et une de Parménion (no 13), qui ont quelque analogie avec celle-ci.

[396]Villois ad Long. p. 303.

[397]Pollux, III, 39.

[398]N. LIV, Anal. II, 194. = Anth. Pal. tom. II, p. 679.

[399]Pollux, III, 37.

[400]V. 4.

[401]Adespot. 703. = Anth. Pal. VII, 407.

[402]No VI. Anal. II, 5. = Anth. Pal. VII, 487.

[403]Adesp. 710, a. = Anth. Pal. append. 229. = Jacobs, ad Anthol. XII, p. 286.

[404]Anth. Pal. VII, 567.

[405]CXXIV, 6. Anal. I, 36. = Ant. Pal. VII, 468.

[406]LXXVIII. Anal. II, 234. = Anth. Palat. VII, 554.

[407]I, p. 13, l. 20. = III, p. 66, l. 8. Lips.

[408]Pouqueville, Voyage de la Grèce ; II, p. 53, 2e édit.

[409]Aves, 1692.

[410]Alcest. 925.

[411]D’Orvill. ad Chariton. p. 258. Lips.

[412]Ap. Plut. in Agesil. § 36. Athen. XV, p. 676, D. Conf. Boettiger’s Sabina, I, p. 228. Leipz. 1806.

[413]Mithrid. § III.

[414]Anal. I, p. 38 ; et Jacobs, t. VI, p. 139.

[415]Troad. 544. = Helen. 170.

[416]Alcest. 347. = Herc. fur. 684.

[417]Plut. 528.

[418]Adespot. 715. = Anth. palat. app. no 310. Agathias, à propos d’un enfant mort dans le ventre de sa mère, joue sur cette expression : χούφη σοι τελέθει γαϛὴρ, τέκος, ἀντὶ κονίης (ep. 78).

[419]Adesp. 722. = Anth. palat. app. no 212.

[420]Alcest. 462.

[421]Helen. 860.

[422]Hermann, Elem. doctr. metr. p. 28. = Neue ad Sapph. fragm. p. 80, Berol. 1827.

[423]Adespot. 692.

[424]Troad. 335-337. Barn. = Cf. Seidler ad h. I.

[425]I, 13, p. 74, édit. Boden.

[426]No XIII, Anal. II, p. 203. = Anth. Palat. VII, 183.

[427]No LXXIX, Anal. II, p. 234. = Anth. Palat. VII, 186.

[428]Xénoph. Ephes. I, 8, p. 13, l. 14 : ἦγον τὴν κόρην εἰς τὸν θάλαμον, μετὰ λαμπάδων, τὸν ὐμέναιον ᾄδοντες.

[429]Adespot. 703. = Anth. Pal. app. 225.

[430]Epigr. suprà laud.

[431]Anth. Palat. VIII, 229.

[432]Euripid. Alcest. 925.

[433]V. 945.

[434]Forme inconnue pour ἱερατεύω : on connaît déjà ἱερείτης et ἱερεῖτης.

[435]Thrige, Res Cyren. p. 95. Hafn. 1828. — Pacho, Voyage, p. 217, 218.

[436]Rech. pour servir à l’hist. de l’Égypte, etc., pag. 414.

[437]Burckhardt, Trav. in Syria, pag. 115.

[438]Marm. Oxon., no IX, l. 2.

[439]Ap. Jos. Ant. Jud., XIV, 10, 23.

[440]Vandale, Dissert., p. 627.

[441]C’est le Malchus syriaque ; l’autre nom est-il dans le même cas ?

[442]Sur la réunion des mots σεβαστός et Αὔγουστος, voyez ce que j’ai dit dans l’analyse des Inscriptions de Vidua, p. 8.

[443]Recherches pour servir à l’histoire de l’Égypte, p. 153.

[444]Philo ad Caïum, p. 772 D, 778 D. — Inscr. dans Koehler, Mon. de la reine Comosarye, p. 68, 69.

[445]Spanh. Præst. num. p. 52, 477, 520, 524.

[446]Recherches, etc., p. 162.

[447]Les mêmes, p. 164.

[448]Les mêmes, p. 166.