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L'Afrique centrale française

Chapter 123: TABLES & INDEX
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About This Book

The narrative describes a scientific expedition into central Africa that combines botanical and zoological collecting, geographic observation, and ethnographic notes alongside contemporary military and administrative operations. The leader records long, difficult routes through diverse landscapes, inventories plant and forest products, documents local societies and material culture, and reflects on logistical challenges of travel and scientific work. The text interweaves field journals, specimen lists, and practical reflections, and includes appended technical reports by specialists on flora, fauna, and other natural-history findings.

Fig. 111. — Pierres utilisées de nos jours.

Un percuteur analogue en granite a été également recueilli entre le pays des Goulfés et Korbol.

Un autre sub-sphérique, galet roulé quartzeux, a été recueilli dans le Dar el Hadjer.

Enfin au début de la mission, sur l’Oubangui, au village de Bafourou, entre Bangui et Fort-de-Possel, nous avons recueilli un percuteur sphérique, de forme vraisemblablement naturelle, qui servait à briser les noyaux des fruits de l’Irvingia, dont l’amande est comestible.

Broyeurs. — La mission a recueilli dans le Dékakiré une plaque de gneiss poli provenant de Djember. Cette plaque servait à écraser les grains de mil et d’autres graminées.

Dans le pays de Senoussi, à Ndellé, il a été recueilli un grand fragment de galet roulé (quartzite) séparé suivant deux plans parallèles de stratification. Les bords polis de cet instrument servaient à réduire le tabac en poudre.

Polissoirs. — Dans la région du lac Iro, les Goullas polissent l’aire en argile battue de leurs cases avec des fragments de granite. Ces fragments prennent par l’usage des formes particulières. Le no 4 de la figure 111 représente un de ces polissoirs en granite de Mali, recueilli au village de Ro qui venait d’être détruit par Senoussi.

Pierres à aiguiser. — Les numéros 2 et 3 de la figure 111 montrent deux pierres à aiguiser les couteaux recueillies dans la région du Tchad. Ces pierres ont été percées pour être suspendues.

Les Djellabahs emportent avec eux des fragments de roches quartzeuses qui servent pour affuter les couteaux, l’usage leur donne certaines formes.

[556]Elles se nomment Razzo (arabe), Tott hell (Baguirmien), Masson en ouadaïen.

[557]Il me cita notamment les localités suivantes, à 3 ou 4 jours au N.-E. d’Aouni : Ouali, Iméi, Gounfout, Am Goutouna (Goudouna), Bay. Toutefois les Krédas que j’interrogeai à Massakori n’ont connaissance de rien d’analogue.


LA GALERIE FORESTIÈRE

PAR

Aug. CHEVALIER

LA GALERIE FORESTIÈRE

Si la végétation soudanaise était réduite aux savanes boisées présentant l’aspect parc et brousse, elle serait d’une pauvreté très grande, d’une monotonie désespérante. Dans toute cette zone, heureusement, le bord des moindres ruisseaux est jalonné de hautes futaies formant d’étroites bandes verdoyantes remplissant complètement le ravin, large au plus d’une centaine de mètres et souvent de 20 mètres seulement. Au fond du ravin coule un clair filet d’eau qui va se perdre dans une rivière moins encaissée qui à son tour ne présente plus sur sa rive qu’un très étroit ruban d’arbres et d’arbustes analogue à la bordure des berges de toutes les rivières de France. Cette superbe et grandiose futaie qui environne tous les petits cours d’eau du Soudan méridional, est généralement connue aujourd’hui des géographes sous le nom de galerie forestière, depuis que G. Schweinfurth et Junker en ont publié des descriptions et des dessins pris sur le vif : La galerie forestière est non seulement le décor verdoyant des plaines et des collines du pays de Senoussi, elle en est aussi la richesse. C’est sur ses bords que croissent les plus grandes lianes à caoutchouc (Landolphia owariensis) ; c’est dans son épais fouillis qu’on trouve les grands caféiers de l’Afrique centrale (Coffea Dybowskii et Coffea excelsa), les lianes à poivre (Piper guineensis), le poivre d’Ethiopie (Xylopia æthiopica), le palmier raphia du Haut-Bahr el Ghazal (Raphia monbuttorum) et parfois des palmiers à huile (Elæis guineensis). C’est aussi au milieu de ces hautes futaies, véritables tentacules prolongeant la grande sylve équatoriale jusqu’au cœur du Soudan qu’on rencontre les bois les plus précieux pour cette région, notamment l’acajou de l’Oubangui (Khaya grandifoliolata C. de Candolle), le tilleul d’Afrique (Nauclea stipulacea), le grand colatier voisin du Ntaba du Sénégal (Cola gigantea A. Chev.), le bois rouge inattaquable aux termites dont l’écorce en d’autres pays sert de poison d’épreuve (Erythrophlæum guineense), le bois jaune (sarcocephalus xanthoxylon A. Chev.), des fromagers, etc.

C’est dans les branchages de ces grands arbres que vivent les Colobes Guéréza et parfois au dire de Senoussi le chimpanzé.

Pour celui qui ne l’a jamais vue il est difficile de se faire une idée de l’aspect et de la galerie forestière et de sa composition. Par la figure 112 demi-schématique qui représente la moitié de la galerie du Boro large de 50 à 80 mètres, le lecteur verra combien cette composition est variée. Nous avons supposé une ligne idéale coupant transversalement le cours du ruisseau et montrant les divers escaliers qu’il faut descendre pour arriver à la nappe liquide.

De 1 à 6 on remarque la limite de la savane-parc, avec les principaux végétaux caractéristiques : en 1 les grandes herbes-roseaux hautes de 2 à 3 mètres appartenant surtout au genre Andropogon, en 2 un des arbres les plus abondants de la savane, le Lophira alata, en 3 un gros monticule de terre, large de 5 à 10 mètres et haut de 1 à 3 mètres au dessus du niveau du sol. Ces gros monticules, arrondis, très abondants dans toute la savane à proximité des ruisseaux, paraissent être d’anciennes termitières ayant eu une durée séculaire et parfois abandonnées depuis longtemps. Ces monticules sont occupés par une végétation spéciale qui empêche l’eau des pluies de les niveler. Sur les flancs de la butte existent presque constamment des Sanseviera et au sommet une touffe plus ou moins forte de Tamarinier (Tamarindus indica). En 4 de grosses touffes du bambou d’Abyssinie aux rhizomes vivaces, mais dont les grands chaumes hauts de 8 à 12 mètres sont bisannuels ; en 5 une touffe de l’Encephalartos septentrionalis Schweinf., cette cycadée si curieuse que l’on ne rencontre que dans le Haut-Nil et le Haut-Chari. 6 marque la première berge du ravin bordé d’une rangée d’arbres de moyenne grandeur parmi lesquels domine le Vitex cuneata. Dans la galerie forestière il n’existe ordinairement pas de lianes à caoutchouc ; celles-ci vivent à travers la savane ou bien s’appuient sur le bord extérieur des arbres de la galerie : elles s’élèvent à une quinzaine de mètres au maximum.

En 7 existe une de ces lianes allant s’appuyer sur le Vitex et envoyant un long sarment sur le gros arbre du fond de la galerie dont les premières branches viennent affleurer au niveau du terrain de la savane. De 6 à 9 on descend par une pente raide dans une dépression profonde de 5 à 15 mètres ; au fond est la galerie proprement dite. Sur cette pente on trouve des arbustes ou de petits arbres et notamment le Coffea excelsa représenté en 8.

Fig. 112. — Schéma d’une galerie forestière.

De 9 à 16 s’étend la demi-galerie comprise entre la savane et l’un des côtés du ruisseau. Le sol est noir et couvert d’humus (voir les analyses de M. Hébert) ; la lumière filtre à peine à travers le feuillage des arbres qui forment ordinairement deux étages superposés. La composition de cette galerie est entièrement analogue à celle de la forêt vierge équatoriale.

En 9 existe une liane légumineuse (Dalbergia) qui grimpe au haut des plus grands arbres, s’étale sur leur cime en vaste draperie enveloppante, descend, remonte, saute d’un arbre à l’autre en décrivant les courbes les plus fantastiques ; son tronc grêle atteint parfois plus de 100 mètres de développement.

En 10 existe le Costus afer, plante herbacée haute de 2 mètres, employée par de nombreuses races de la forêt congolaise pour coaguler le latex des lianes à caoutchouc.

En 11 un de ces hauts arbres (Erytrophlæum) qui s’élève jusqu’à 35 à 40 mètres de haut et dont le tronc est dépourvu d’épiphytes, tandis que les branches étalées horizontalement supportent souvent de grosses touffes d’orchidées ou des fougères du genre Platycerium. En 12 est une touffe de ce palmier grimpant du genre Calamus dont la tige est garnie d’aiguillons très piquants et dont les feuilles se terminent par de longs flagellums de plusieurs mètres de long et dont la piqûre est très redoutable pour le voyageur.

En 12 le dessin représente encore un très grand arbre, mais son port diffère complètement du précédent. C’est un Ficus qui a germé dans la fourche d’un arbre ; les racines adventives ont descendu le long du tronc formant un réseau puissant d’anastomoses, réseau qui a enserré si fortement le tronc de l’arbre support qu’il l’a tué pour se substituer à lui.

En 8 bis existe encore un caféier sauvage ; en 14 nous avons représenté un grand arbre (Afzelia) qui au lieu d’avoir le tronc nu comme le no 11 présente au contraire toute une gaine de végétation épiphyte (Aroidées grimpantes et poivrier de Guinée). En 15 on voit encore un caféier.

En 16 existe un second escarpement qui limite de ce côté le lit actuel du ruisseau au moment des crues. Son bord escarpé est couvert de petits buissons vivant dans le sous-bois et penchés sur le ruisseau. Nous avons noté surtout l’abondance d’une guttifère à latex jaune du genre Garcinia dans ce genre de station. De là on descend d’un mètre à peine pour tomber dans le lit du ruisseau qui ne forme plus qu’un étroit filet d’eau serpentant entre des bandes de sable à demi vaseux sur lequel poussent en 17 des Cypéracées. Sur l’autre rive du ruisseau inclinée en pente douce on observe un véritable fouillis de hautes scitaminées des genres Costus et Aframomum qui sont les genres les plus caractéristiques des sous-bois dans la forêt vierge. De l’autre côté du lit du ruisseau on trouve de hauts arbres dont les branches rejoignent les rameaux de la rive opposée, formant ainsi un immense dôme de verdure, sur les flancs duquel les fûts des troncs d’arbres, tantôt nus, tantôt garnis d’épiphytes, s’élèvent comme les colonnes d’une cathédrale.

La zone des galeries forestières, dans le Soudan central ne monte pas au delà du 8e degré de lat. N., tandis que dans le Soudan nigérien elle ne s’arrête qu’au 12e paralèlle.


TABLES & INDEX

L’AFRIQUE CENTRALE FRANÇAISE

Par M. Aug. CHEVALIER


TABLE DES MATIÈRES

Pages
Introduction V
Chap. I. — La route de l’Afrique centrale.
I. — De Bordeaux à Brazzaville 1
II. — Etudes botaniques autour de Brazzaville. — Le caoutchouc des herbes 8
III. — De Brazzaville à Bangui 12
Chap. II. — Le Haut-Oubangui.
I. — De Bangui à Fort-Sibut 28
II. — De Fort-Sibut à la Haute-Kémo et à la Haute-Ombella 66
Chap. III. — De Fort-Sibut à Ndellé 80
Chap. IV. — Les populations de la forêt et des hauts plateaux.
I. — Les Sylvatiques et les Fertits 88
II. — Les Bandas 96
III. — Les Mandjias 107
Chap. V. — Généralités sur le Haut-Chari 116
Chap. VI. — Le Sultan Senoussi.
I. — Origines de Senoussi et de son état 129
II. — Sa personnalité. — Sa vie à Ndellé 141
III. — Sa puissance militaire 145
IV. — Comment le Sultan exploite le pays 152
Chap. VII. — Excursion autour de Ndellé.
I. — Vers la Tété 165
II. — Voyage au Bangoran 182
III. — Voyage au Mamoun 183
IV. — De Ndellé à Ngara et au Bamingui 200
Chap. VIII. — Généralités sur le pays de Senoussi.
I. — Aperçu général 209
II. — Aperçu sur la météorologie de Ndellé 214
III. — Végétation et agriculture 216
Chap. IX. — Le Dar Banda.
I. — Histoire du Dar Banda 225
II. — Les Roungas 228
III. — Renseignements divers recueillis à Ndellé 230
IV. — Notes sur les peuplades du Haut-Oubangui et notes diverses 232
Chap. X. — Le moyen-Chari.
I. — Hydrographie, généralités 235
II. — Le Bahr el Abiod (Bamingui) et le Chari 239
III. — Excursions à l’O. du Chari 244
Chap. XI. — Le Lac Iro.
I. — Généralités 260
II. — En route pour le lac 262
III. — Pays des Goulfés ou Koulfés 278
IV. — Autour du Lac 292
V. — Chez les Saras de l’E. et retour chez les Koulfés 300
Chap. XII. — Le Sud du Baguirmi.
I. — Le pays des Noubas ou Faguias 307
II. — Le Dekakiré 315
III. — La région du Bahr el Erguig 321
IV. — Le climat de Tcheckna 330
V. — Les cours d’eau 331
VI. — Les marais entre Massénia et le Ba Laïri 336
Chap. XIII. — Le nord du Baguirmi.
I. — Dans les steppes du Baguirmi 339
II. — Région de Moïto 349
Chap. XIV. — Le Baguirmi.
I. — L’esclavage au Baguirmi 355
II. — Le commerce du Baguirmi 360
III. — Histoire 364
IV. — Histoire de Rabi, racontée par Si Sliman, Iman du Sultan Gaourang 370
V. — Notes du Dr Decorse 377
Chap. XV. — Le Bahr el Ghazal.
I. — Généralités sur le Bahr el Ghazal 379
II. — Le Bahr el Ghazal à Massakori 382
III. — La région du Haut-Bahr el Ghazal 384
IV. — Les populations du Bahr el Ghazal 386
Chap. XVI. — Le Kanem.
I. — Aspect général 396
II. — Climat 397
III. — Flore 397
IV. — Culture et élevage du bétail 398
V. — Elevage des chameaux 400
VI. — Commerce et industrie 402
VII. — Aperçu géologique 402
Chap. XVII. — Le Lac Tchad.
I. — Généralités 404
II. — Les Kouris du Tchad 405
III. — Hadjer el Hamis 410
Chap. XVIII. — Dernières notes.
I. — Le Chari entre Fort-Lamy et Mandjaffa 417
II. — Le Chari à Mandjaffa 418
III. — Le Chari entre Mandjaffa et les Niellims 419
IV. — Les Routos 424
Conclusion 427

APPENDICE


INDEX DIVERS


INDEX DES NOMS DE VÉGÉTAUX