Chapitre XI.
J’avais déjà fini ce livre, lorsque j’ai appris, par les fouilles de M. Sainte-Marie, qu’Adonibal était le nom le plus ordinairement porté par les suffètes amiraux d’Utique, ou du moins qu’une longue suite de ces magistrats s’est appelée Adonibal. C’est une simple coïncidence : j’ai donné au mien, au hasard, le premier nom phénicien venu. A ce sujet, je dirai, pour les noms de personnages, que je leur ai donné la forme sous laquelle ils nous sont plus familiers. A quoi bon mettre pédantesquement Hanna-Baal (le chéri de Dieu) au lieu d’Hannibal, Bod Melkarth (face du dieu Melkarth) au lieu de Bodmilcar, etc. ? Il suffit au lecteur qui n’étudie pas les langues sémitiques de savoir qu’un vieux nom phénicien ou juif se décompose comme un nom arabe moderne, et de lui rapprocher, par exemple : Amilcar, Abd Melkarth, serviteur de Melkarth d’Abd Allah, serviteur de Dieu. Quant au lecteur qui étudie les langues sémitiques, je suppose qu’il n’a pas besoin de mon livre pour s’instruire et qu’il connaît mes sources aussi bien que moi.
Pour les noms de lieux, j’ai rencontré des difficultés. Si j’avais voulu les écrire tous à la sémite, je me serais trouvé en face de trois obstacles.
- D’abord, ils ne nous sont pas tous connus sous cette forme.
- Cette forme, quand elle est connue, est peu familière au lecteur.
- Son identité, son orthographe et sa prononciation ne pourraient être fixées qu’à l’aide de longues dissertations, fastidieuses pour qui n’en fait pas une étude spéciale, et déplacées ici.
J’ai donc été très-sobre de ce côté. J’ai mis bravement l’île de Crète au lieu de Kaptorim, l’Égypte au lieu de Mitsraïm, les Libyens au lieu de les Machouagh, etc. Je me suis contenté de donner quelques indications, quand j’ai cru qu’elles étaient en place.
Chapitre XII.
Je fais sacrifier Magon dans un dolmen avec allée couverte enfoui sous un cumulus, et j’emprunte à Bourguignat des détails sur les dolmens du nord de l’Afrique. M. Daux donne encore la description d’un temple de ce genre. Mais, par acquit de conscience, je dois dire ici que je n’accepte en rien les théories de Bourguignat sur des suites de monuments de pierre brute en forme de serpent, de scorpion, etc. ; que je ne crois pas un mot d’une histoire de dolmens temples préhistoriques, et que je suis tout à fait de l’avis de Fergusson, qui voit dans les monuments de pierre brute des monuments commémoratifs et funéraires relativement modernes.
J’ai fait allusion à l’existence d’une mer intérieure en Algérie : elle n’a pour moi plus rien d’hypothétique. Je n’en dirai pas autant de l’Atlantide ; mais outre les migrations des Libyens, il fallait bien mentionner des traditions répandues dans l’antiquité.
Chapitre XVI.
Je doute fort qu’à cette époque des Celtes fussent déjà arrivés sur la côte ouest de France ; mais, en tout cas, il y en avait déjà sur le Rhône et dans l’Est. J’ai constaté l’existence de races antérieures, les Mongoloïdes et les Australoïdes des cavernes. J’en ai présenté en Espagne, et j’en mentionne en Gaule ; j’en montrerai encore plus loin ; cela suffit, je crois. Il eût été par trop bizarre pour le goût du lecteur de faire arriver mes Phéniciens en France sans leur y faire rencontrer des hommes d’une race gauloise ; je m’accuse donc d’un anachronisme que j’estime à quatre bons siècles. Les Celtes à tête ronde étaient dans ce temps-là sur le Danube ou tout au plus sur le Rhône, et les Kymris à tête longue, constructeurs de tumulus, étaient encore bien plus loin. Mais je pense avoir disposé les choses de façon que l’anachronisme ne soit pas trop sensible.
Chapitre XVII.
Il n’y a pas à douter de l’existence des Finnois aux embouchures de l’Elbe où je les place. Faute d’un nom finnois ancien, je me suis permis de leur donner un nom finnois moderne en les appelant Suomi.
Chapitre XX.
Je fais mon mea culpa pour le périple de l’Afrique. La suite du récit m’a réduit à cet expédient. Que les Phéniciens l’aient fait par exception, on peut le prouver. Cela n’empêche pas le Périple d’Hannon d’être apocryphe, comme on l’a prouvé récemment, et d’être l’œuvre d’un romancier scientifique grec, qui l’a écrit comme j’ai écrit les Aventures de Magon. Dans ces conditions, je me suis cru autorisé à y faire des emprunts.
Chapitre XXI.
L’identité du royaume de Saba et d’Ophir avec la côte sud d’Arabie est hors de doute. Les vers qu’Hannon dit à la reine sont arabes ; mais le goût des Orientaux a si peu changé en ces matières que je n’ai pas hésité à mettre dans la bouche d’un Phénicien du onzième siècle avant Jésus-Christ des vers arabes du onzième siècle après.
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Notes du transcripteur
La police utilisée à l'origine ne comportait que le É en matière de capitale accentuée. La transcription respecte cet état. En revanche, les quelques É manquants ont été ajoutés.
Certains points de fin de phrase étaient manquants. Ils ont été ajoutés.
Pour des raisons de mise en page, les notes de bas de pages ont été portées en fin de chapitre, avec le changement de numérotation en conséquence.
La table des matières, initialement placée en fin de volume, a été déplacée en début de document pour des raisons de praticité.
Nombre d’images étaient à l’origine insérées au milieu de paragraphes et ne pouvaient, compte tenu des possibilités de mise en page du support de destination, être remises à leur emplacement d’origine. Il a donc été décidé de placer ces images le plus près possible de la scène qu’elles décrivent.
Quelques coquilles ont été corrigées :
- Il me livrèrent → Ils me livrèrent / chap 8
- un plus rouge → un peu plus rouge (mot oublié) / chap 11
- des maux sauvages → des animaux sauvages / chap 11
- vi joignant aux murs →la joignant aux murs chap 12
- je suis de son alas → je suis de son avis / chap 12
- pour un autre fois → pour une autre fois / chap 14
- tu me les a fait ramasser → tu me les as fait ramasser / chap 12