ERRATA.
Page 320, lignes 7 et 8, lisez, sans astérisque, les mots Ammartet et Taammartet.
Page 336, lig. avant-dernière, Elsuo, lisez : Elsou.
Page 343, lig. 5, Thaouellekh, lisez : Thaouellekt.
Page 344, lig. 8, Maafoun, lisez : Maafoun*, avec un astérisque.
REMARQUES
SUR LE VOCABULAIRE D’AUDJELAH.
Les habitants d’Audjelah ont fait de nombreux emprunts à la langue arabe : plus du quart de leur vocabulaire appartient à cette origine. En parcourant le manuscrit de M. Müller, j’ai pu d’abord m’apercevoir que les mots arabes ou dérivés d’une racine arabe, n’avaient pas été tous indiqués par l’astérisque. J’ai cru, dans l’intérêt des études philologiques, devoir réparer ces omissions : le nombre des mots désignés, n’était dans le manuscrit que de 150 ; quelques-uns même, marqués seulement au crayon, annonçaient une incertitude ; j’ai porté ce nombre à 219.
Je dois aux savants de mettre ici sous leurs yeux la série de ces mots que j’ai ramenés à l’origine arabe :
| Lang. d’Audj. | Arabe[389]. | |
|---|---|---|
| Aigre. | تحمطه | حمض |
| Aller, je vais. | نمضياخر | نمضي اخر |
| Bientôt. | فوّما | قوامًا |
| Bleu. | تلازرق | الازرق |
| Borgne. | دلاوار | الاعور |
| Brouillard. | دمّزه | دمس |
| Canon de fusil. | بندقات | بندقيّة |
| Chacun. | كل ينقسماني | كلّ قسم |
| Certainement. | اصدقه | صدق |
| Chargé. | يوسق | وسق |
| Cher. | يغلايه | غالي |
| Comprendre. | فهمس | فهم |
| Couteau. | تخنجرت | خنجر |
| Crier. | اناغه | ناغي |
| Délié. | دقاق | دقيق |
| Dent. | سنّو | سنّ |
| Drogue. | دوا | دوا |
| Ecorcher. | اسلوخ | سلخ |
| Ecorché. | مسلوخ | مسلوخ |
| Ecriture. | عرّب | عرّب |
| Egal, uni. | واحد | واحد |
| Empan. | اشبر | شبر |
| Entier. | اكمله | كامل |
| Entourer. | ادوره | دور |
| Envelopper. | لفّي | لفّ |
| Enveloppé. | ملفّي | ملفوف |
| Epouser. | اتخطابه | خطب |
| Epoux. | تخطاب | خطيب |
| Epouse. | تخطابة | خطيبة |
| Fendre. | شرّيط | شرط |
| Fendu. | مشرّيط | مشرّط |
| Fesse. | المقعد | المقعد |
| Forcément. | يغلبه | غلب |
| Fraîcheur. | ندا | ندا |
| Front. | جبهه | جبهة |
| Gras. | قوي | قوي |
| Hibou. | بوم | بوم |
| Levain. | خميرد | خميرة |
| Minaret. | اودّن | ماذنة |
| Mordre. | عضض | عضّ |
| Nommer. | سمّاس | سمَّي |
| Nommé. | مسمّاس | مسمَّي |
| Oignon. | بصليم | بصل |
| Ombre. | ظلي | ظلّ |
| Oncle. | عمّس | عمّ |
| Plongeur. | اغاطّس | غطّاس |
| Potence. | اشناق | مشنق |
| Pus. | المد | المادّة |
| Rasoir. | خنجر | خنجر |
| Répandre, renverser. | قلاب | قلب |
| Répandu. | مقلب | مقلوب |
| Rond. | تحلّقت | حلقة |
| Roseau. | تقصبة | قصبة |
| Remuer. | يحرّك | حرّك |
| Remué. | ميحرّك | محرّك |
| Seulement. | بسّ | بسّ |
| Singe. | قرد | قرد |
| Tendre. | انجرّ | جرّ |
| Tente. | تخيمة | خيمة |
| Tout-a-fait. | اكمله | كاملًا |
| Trahison. | خونة | خونة |
| Trembler. | اترتعد | ارتعد |
| Trou. | مخرم | خرم |
| Tuer. | يموته | موّت |
| Tué. | موته | ميّت |
| Turban. | اشّال | الشّال |
| Utile, adj. | النفعه | النافع |
| Utile (être). | نفع | نفع |
| Verre. | قزازته | قزاز[390] |
On voit, par ce seul tableau, qu’en adoptant un mot arabe, les habitants d’Audjelah l’ont quelquefois détourné de son acception primitive : ainsi, ils emploient dans le sens d’épouser, le verbe arabe خطب, qui ne signifie que fiancer. Le mot قوي signifie fort, vigoureux ; ils lui donnent, par extension, le sens de gras. C’est par euphémisme sans doute, qu’ils nomment مقعد la partie postérieure du corps, sur laquelle on s’assied. Le mot لفت est en arabe le nom du navet ; chez eux il s’applique à la rave dont la véritable dénomination est فجل. Semblable à toutes les langues des nombreuses peuplades de l’Afrique, la langue d’Audjelah n’est pas écrite ; on n’y connaît d’autre écriture que celle des Arabes, et chez eux le mot écrire est synonime d’écrire en arabe, mettre en arabe ; ce qu’ils expriment fort bien par le mot عرّب, qui répond ici au mot écriture. Mais dans tous ces exemples, il n’y a, à vrai dire, qu’extension de sens. Il est des mots qui s’éloignent encore plus de leur signification primitive et que, par cette raison, je n’ai point marqués d’un astérisque, quoiqu’ils appartinssent évidemment à la langue arabe. Je citerai, entr’autres exemples, les suivants :
Le mot الخضرة ne signifie en arabe que la verdure ; les habitants d’Audjelah l’emploient dans le sens de fruits.
En arabe, on appelle جنازة une pompe funèbre ; chez eux il signifie mourir.
Le mot غازي aggresseur, prend, dans leur vocabulaire, le sens de voleur.
Ils nomment قلاد un gouverneur ; le verbe arabe قلد (2me conj. dériv.) qui a donné naissance à ce mot signifie en effet investir d’une charge, d’une dignité, d’un commandement ; mais la forme adoptée par les habitants d’Audjelah, aurait plutôt en arabe une signification transitive.
شيطانه folie n’est qu’un emploi métaphorique du mot شيطان démon. En français on dit quelquefois c’est un possédé, pour dire, c’est un fou.
Le verbe arabe طوي signifie ployer ; les habitants d’Audjelah l’emploient dans le sens contraire : déployer طوس thaouas.
Je profiterai de l’occasion qui m’est offerte par ce dernier mot, pour signaler le س final qu’ils ajoutent quelquefois à la racine arabe, comme dans فهمس pour فهم, سماس pour سمي, عمس pour عم. Outre ce crément, ils en ont un autre qui accompagne ordinairement les noms, et qui est presque toujours un ت initial, comme on le voit par les mots تلازرق, تخيمة, تحمطه, تقصبة.
Il faut maintenant passer à quelques observations sur l’usage qu’on a fait de l’alphabet arabe pour représenter la prononciation des mots d’Audjelah. Il y a tout lieu de croire, et cela est d’ailleurs annoncé en tête même du vocabulaire, que les mots ont été d’abord recueillis en lettres françaises et transcrits ensuite en arabe : dans ce passage, tardif peut-être, d’une écriture dans une autre, ils ont dû éprouver quelques altérations : la prononciation des Naturels n’étant plus là pour déterminer le choix des consonnes arabes, les méprises étaient inévitables ; à moins qu’on ne se fût muni d’avance de cet alphabet, si inutilement célèbre, dont Volney rêva vingt ans l’application européenne, et qui, une fois enfin, eût été appliqué avec fruit. Malheureusement, en composant son vocabulaire, l’auteur ne paraît pas s’être d’abord attaché à un système fixe de transcription ; de manière que lorsqu’il a fallu ensuite convertir les lettres françaises en lettres arabes, il a souvent confondu les sons simples avec les sons emphatiques ou gutturaux, c’est-à-dire les ت avec les ط, les س avec les ص, les ك avec les ق, et quelquefois même les ا avec les ع. Rien n’est plus propre à mettre ce fait en évidence, que la différence d’orthographe dans un même mot répété en deux ou trois endroits du vocabulaire, pour représenter des significations analogues ou identiques. Cherchez, par exemple, le mot ecaille, vous trouverez تسريمت taserimt ; cherchez ensuite le mot Ecorce, vous trouverez طسريمت commençant par un ط ; cherchez encore le mot Pelure, vous retrouverez تسريمت avec un ت. Il est évident que les mots écaille, écorce, pelure, sont employés ici comme synonimes, quoiqu’il n’y ait entre eux que de l’anologie ; mais quelle est la véritable prononciation du mot taserimt ? faut-il un ت ? faut-il un ط ? la critique ne fournit à cet égard aucun moyen de solution : il faudrait retourner sur les lieux. Cette irrégularité de transcription se reproduit fréquemment et de diverses manières ; en voici d’autres exemples, fidèlement copiés du manuscrit :
| Achever. | Ammartet. | عمّرتت |
| Finir. | Amartet. | امرتت |
| Boule. | Tahhallaq. | طحلّق |
| Rond. | Tahallaqt. | تحلّقت |
| Echelle. | Tahadit. | تحاديت |
| Escalier. | Tahadit. | تحادية |
| Scorpion. | Téghardim. | تغرديم |
| Reptile. | Taghardim. | طغرديم |
| Papier. | Kartayah. | كارطاية |
| Lettre. | Tékhartey. | تخارتي |
| Date. | Tékartay. | تكرتاي |
J’ajouterai un dernier exemple : le mot Bœuf est traduit dans le manuscrit par akfik qu’on a transcrit اكفيك ; en cherchant le mot Vache, on trouve akfiqeh, qui n’est que le féminin d’akfik ; mais cette fois deux ق ont pris la place des deux ك, et l’on a transcrit اقفيقه[391].
Si cette inexactitude de transcription, ne m’avait pas été démontrée par les synonimes, je l’aurais bien plus facilement encore reconnue dans les mots qui appartiennent à une racine arabe. C’est ainsi que j’ai rendu à leur véritable origine les mots : شرّيط fendre, dérivé de l’arabe شرط qui a la même signification ; يوسق chargé, participe irrégulièrement formé du verbe وسق charger ; عضض mordre, dont la racine arabe est le verbe sourd عض. Dans le manuscrit, ces trois mots étaient orthographiés ainsi : يوسك, اضض, شريت.
Le mot aïan, maigre, quoique désigné comme arabe dans le vocabulaire, est transcrit ايان ; il faut certainement عيان, qui en arabe signifie faible, maladif, fatigué.
Delaaouar, borgne, était indiqué au crayon comme persan ; je ne vois dans ce mot que la transcription de l’arabe الاعور, le borgne, précédé d’un د ajouté. Dans le vocabulaire, on a écrit دلاوار.
مسحه, bèche, est un mot arabe, mais il faut le lire مسحاة ; car la suppression de l’alef le ferait dériver du verbe sain مسح, tandis qu’il a pour racine le verbe défectueux سحا.
Le son du ق a été représenté tantôt par un q, tantôt par un g, tantôt par les deux lettres gh, qui répondent assez bien au son que les Arabes d’Afrique donnent au ق, qu’ils prononcent en effet comme un g dur et guttural. Mais comme les lettres gh ont été aussi employées dans le vocabulaire pour représenter le غ, il en est résulté quelques méprises : le mot bagh, punaise, en est un exemple ; c’est incontestablement le mot arabe بق qui a la même signification. Dans le vocabulaire, on a transcrit bagh par باغ.
Je bornerai là mon examen ; et je dois me hâter de dire que, malgré les imperfections que j’ai signalées, le vocabulaire de M. Müller n’en est pas moins un document utile et important. C’est un travail tout fait pour le premier voyageur qui visitera, après lui, l’Oasis d’Audjelah : il n’y aura plus qu’à l’étendre et à le régulariser. Des hommes dévoués à la science ont déja sillonné l’Afrique dans tous les sens ; ils ont rapporté de leurs courses avantureuses des vocabulaires recueillis sur divers points de ce vaste et inexplicable continent. Mais M. Müller est, à ma connaissance, le premier voyageur qui aît publié un vocabulaire de la langue parlée à Audjelah ; et, à une époque où toute notion acquise sur l’Afrique est accueillie comme une conquête, l’auteur me paraît avoir bien mérité des savants, et s’être préparé, pour l’avenir, des titres à leurs suffrages.
AGOUB.
[389]Lorsque le mot de la langue d’Audjelah a conservé dans sa dérivation les formes régulières de la langue arabe, j’ai écrit à côté le mot arabe tout formé ; dans les cas contraires, j’ai quelquefois préféré n’écrire que la racine.
[390]Pour زجاج, qui est moins employé dans l’arabe usuel.
[391]Le manuscrit portait même افقيقه, mais j’ai corrigé cette transposition.
FRAGMENT
D’UN VOCABULAIRE DU LANGAGE DES
HABITANTS
DE
L’OASIS DE SYOUAH.
Recueilli par M. Frédéric Müller.
| Pain. | Khobz, Rgif. | خبز, رغيف |
| Viande. | Aksoum. | اكسوم |
| Haricots. | Loubieh. | لوبيا |
| Vin. | Khamar, Laguebi. | خمر, لاقبي |
| Lentilles. | Ténifé. | تنيفه |
| Mouton. | Hhaoli. | حاولي |
| Eau. | Aman. | امان |
| Couteau. | Tekhouset. | تخوصة |
| Plat, Assiette. | Thaza. | طاظا |
| Homme. | Aogguit. | اوقّيت |
| Pierre. | Adrha. | ادغا |
| Palmier. | Tazoutat. | تزوتات |
| Feu. | Temsa. | تمسه |
| Fusil. | Tabandact. | تبانداقت |
| Oui. | Eioua. | ايوا |
| Non. | Oula. | اولا |
| Jour. | Asfa. | اصفا |
| Aujourd’hui. | Asfabidous. | اصفا بيدو |
| Encre. | Lemdad. | لمداد |
| Plume pour écrire. | Laqalam. | لاقلم |
| Plume d’oiseau. | Tericheh. | تريشه |
| Donne-moi de l’encre. | Aghat lemdad. | اغاة لمداد |
| Herbe. | Lealef. | لهالف |
| Bled. | Iarden. | ياردن |
| Orge. | Teumzen. | تومذن |
| Désert, Montagne. | Adrhar. | ادغار |
| Maison. | Abgguin. | ابغين |
| Tabac. | Tabrha. | تبغا |
| Nuit. | Ietaa. | يتعا |
| Chameau (le). | Alrhoum. | الغوم |
| Œuf. | Tébétoue. | تبتوع |
| Le manger. | Atchou. | اتشو |
| Le boire. | Tesoua. | تسوه |
| Paille. | Loum. | لوم |
| Lait. | Akhi. | اخي |
| Fèves. | Yéouawoum[392]. | يوواون |
| Turban. | Alfaf. | الفاف |
| Couverture de Bédouin. | Ahram. | اهرام |
| Place, Endroit. | Ankan. | انكان |
| Fièvre. | Tazaqt. | طزقت |
| Long. | Athouïl. | اطويل |
| Souliers. | Zarabin. | زربين |
| Peu. | Ahibba. | اهيبّا |
| Beaucoup. | Koma. | كوما |
| Rasoir. | Terhosat. | تغصات |
| Huile. | Dahan. | دهان |
| Olivier. | Azemmour. | ازمّور |
| Raisin. | Tezrhaine. | تزغاين |
| Bois. | Sarharhine. | سغاغين |
| Dattes vertes. | Ghaouene. | غاوين |
| Dattes mures. | Tena. | تنا |
| Pied. | Thar, pl. Techka. | طار طشكا |
| Livre. | Tekhtemet. | تختمت |
| Taisez-vous. | Sisem. | سسم |
| Écoute. | Sell. | سلّ |
| Tête. | Akhfi. | اخفي |
| Cheval. | Agmar. | اقمار |
| Jument. | Tegmert. | تقمرت |
| Nouveau. | Atrar. | اترار |
| Poussière. | Ejdan. | ازدان |
| Nez. | Tanezert. | تنزرت |
| Vois, Regarde. | Hommar. | حمّار |
| Habit. | Kebraouêne. | كبراوين |
| Bras, Coudée. | Fous. | فوس |
| Œil. | Thoth, pl. thaouene. | طوط طاوين |
| Femme. | Taltan. | تلتان |
| Père, Mère. | Abba, Omma. | ابَّ امَّ |
[392]Pour la conformité des deux orthographes, il faudrait remplacer la lettre m par un n, ou le ن par un م ; mais nous n’avons rien voulu changer au manuscrit de M. Müller. Si ce Fragment eût été plus étendu, il aurait été l’objet d’un travail semblable à celui que nous devons à M. Agoub sur le Vocabulaire d’Audjelah ; il suffit de dire ici qu’il contient une vingtaine de mots arabes et que le غ y est presque toujours représenté par les lettres rh.
EXPLICATION
DES
PLANCHES QUI ACCOMPAGNENT CETTE RELATION.
Carte de la Marmarique et de la Cyrénaïque, comprenant les Oasis voisines de ces contrées, dressée par l’auteur, d’après ses observations astronomiques et ses itinéraires, et appuyée en plusieurs points sur les cartes et les observations les plus récentes.
Privé durant son voyage de garde-temps, l’auteur n’a pu déterminer la position des lieux en longitude, qu’en suivant les rumbs de vent de la boussole, et en supputant les heures de marche. Quant à la fixation de la latitude de ces lieux, et relativement à ceux situés dans l’intérieur des terres, il s’est servi d’un octant et d’un horizon artificiel, avec lesquels il a pu faire de fréquentes observations, mais seulement jusqu’au mois de février, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la hauteur du soleil n’eût pas dépassé quarante-cinq degrés. Les principaux lieux observés sont :
| Noms des lieux. | Latitude septentrionale. | ||
|---|---|---|---|
| Boumnah (ruines d’un château), vallée Maréotide | 30° | 51′ | 35″ |
| Ghattadjiah (ruines de Marée) | 30 | 40 | 50 |
| Abousir (ruines d’) | 30 | 57 | 40 |
| Lamaïd (château), fond du golfe des Arabes | 30 | 52 | 00 |
| Abdermaïn, puits | 30 | 45 | 57 |
| Dresièh (ruines de la ville de) | 30 | 54 | 00 |
| Maktaéraï, bourgade troglodyte | 30 | 59 | 00 |
| Puits d’El-Heyf | 31 | 9 | 50 |
| Djamernèh (ruines de), bourgs d’Antiphræ | 31 | 6 | 00 |
| Mahadah (port de) | 31 | 11 | 57 |
| Zarghah-el-Ghublièh, tombeau | 31 | 7 | 40 |
| Parætonium (extrémité orientale du port de) | 31 | 18 | 00 |
| Boun-Adjoubah, ruines de l’ancienne Apis | 31 | 20 | 35 |
| Chammès, tour d’Alchemmas | 31 | 30 | 35 |
| Zemlèh, puits au-dessus du plateau de Za’rah | 31 | 38 | 00 |
| Djédid, ruines dans la vallée des Lauriers | 31 | 45 | 30 |
| Combous, ruines | 31 | 50 | 00 |
| Toubrouk (côté septentrional du port de) | 32 | 5 | 30 |
| Klekah, ruines | 32 | 4 | 50 |
| Ain-el-Gazal, source située à l’extrémité orientale du golfe de Bomba | 32 | 10 | 30 |
| Ersen ou Erasem, source située à l’extrémité orientale du plateau cyrénéen | 32 | 31 | 20 |
| Derne | 32 | 47 | 30 |
| Ghardam, ruines d’Hydrax, ancien village situé sur les confins méridionaux des terres fertiles | 32 | 35 | 55 |
| Bou-Hassan, tour | 32 | 37 | 5 |
| Koubbèh, ruines d’anciens thermes | 32 | 46 | 10 |
| Maârah, château | 32 | 49 | 00 |
| Massakhit, ruines d’une ville | 32 | 50 | 5 |
| Lameloudèh, ruines de Limniade | 32 | 46 | 15 |
| Natroun, ruines d’Erythron | 32 | 55 | 00 |
| Village au fond du golfe Naustathmus | 32 | 54 | 00 |
| Hal-Al, extrémité du promontoire Naustathmus | 32 | 56 | 20 |
| Boumnah (château de), Cyrénaïque | 32 | 44 | 20 |
| Lemlez, château | 32 | 50 | 30 |
| Téreth (Thintis) | 32 | 46 | 00 |
| El-Hôch, sanctuaire | 32 | 49 | 20 |
| Ouma-Bneib, ruines d’un village | 32 | 51 | 50 |
| Zaouani (mausolées de) | 32 | 53 | 50 |
| Ghernès, ruines d’une ville | 32 | 46 | 2 |
| Saf-Saf, ruines | 32 | 47 | 30 |
| Cyrène | 32 | 47 | 30 |
| Magharenat, magasins souterrains | 32 | 50 | 00 |
| Apollonie | 32 | 54 | 25 |
| Ptolémaïs | 32 | 44 | 00 |
| Teuchira | 32 | 34 | 00 |
| Ben-Ghazi (Bérénice) | 32 | 8 | 5 |
Carte de la partie orientale de la Pentapole libyque, dressée par l’auteur.
La lisière blanche, qui suit les sinuosités de la côte, doit représenter la petite plaine d’un quart de lieue environ de largeur qu’on y rencontre partout, entre les bords de la mer et les premiers escarpements de la montagne, depuis Derne jusqu’au cap Phycus. Le travail topographique de la partie septentrionale donne une idée de la disposition des terrasses boisées qui s’élèvent en échelons depuis le littoral jusqu’au sommet des montagnes ; et celui de la partie méridionale représente une portion du plateau cyrénéen, ondulé en tous sens de vallées peu profondes.
Plan des ruines de Cyrène, levé en 1825.
Ce plan a été dessiné et réduit au 8000e, sous la direction de M. le chevalier Lapie, par M. Dufour, que recommandent déja plusieurs importants travaux géographiques. Le dessin répond exactement aux mesures géométriques prises à Cyrène, et explique suffisamment la disposition du petit nombre de débris qui existent encore de cette ville célèbre. Il suffit d’ajouter que la partie inférieure du plan représente le point le plus culminant du plateau cyrénéen, la plaine sur laquelle fut bâtie la ville ; et que la partie supérieure, sillonnée par les eaux de la fontaine d’Apollon, doit figurer un terrain inégal, rocailleux, couvert çà et là de quelques genévriers, qui s’étend au bas de la Nécropolis. Quant à la Nécropolis elle-même, presque totalement taillée dans le revers de la montagne, on a essayé d’en indiquer le gisement et la disposition par des ombres, selon la méthode adoptée pour la cartographie.
PLANCHE I[393].
VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE SITUÉ A ABOUSIR.
Ces ruines se trouvent sur une crête rocailleuse, couverte de sables, à quelques pas des bords de la mer, et au nord de l’ancienne ville de Taposiris, dont elles font partie. Les dimensions générales du mur d’enceinte sont de quatre-vingts mètres de chaque côté ; celui qui forme la façade dans le dessin est tourné vers l’orient. Selon toutes les apparences, elles sont les débris d’un temple égypto-grec. MM. de Chabrol, Lanout, Faye et Lepère, qui ont visité ce monument, y ont trouvé dans l’intérieur des chapiteaux d’ordre dorique.
PLANCHE II.
Fig. 1.
Ruines d’une mosquée située aux environs du lac Maréotis.
Ce petit édifice, construit avec les débris de monuments plus anciens, est situé sur la lisière qui sépare les terres labourables de la vallée Maréotide du désert de sables. D’après une assez grande quantité de ruines parsemées aux environs de cette mosquée, et portant la plupart des signes de réédification, on pourrait croire que ce lieu offre l’emplacement de la ville de Marée, capitale du nome Maréotide.
Fig. 2.
Vue d’un ancien phare, à Abousir.
Ce monument, vulgairement appelé Tour des Arabes, sert aux marins actuels, à défaut d’autre élévation sur cette côte, à reconnaître la position d’Alexandrie. Sa situation sur une petite colline qui domine les ruines de Taposiris, plus que sa propre élévation, lui donne cette utilité qui, d’ailleurs, fut sa véritable destination dans l’antiquité. La plaine qui forme le second plan du dessin, peut donner une idée de l’aspect de la vallée Maréotide, en y ajoutant toutefois plus de végétation fruticuleuse que n’en offre la planche.
PLANCHE III.
VUE DU CHATEAU LAMAÏDE.
Ce château est situé sur les bords de la mer, au fond du golfe des Arabes, et auprès d’une dune de sables qui côtoie une grande partie du littoral de la Marmarique. Entre les frises de l’ogive en relief qui décore la façade, on voit une inscription en grands caractères sculptés en relief, par laquelle on apprend que cet édifice fut construit par le sultan Bibars, contemporain de saint Louis. (Voyez la traduction de cette inscription, par M. A. Jaubert, insérée dans la Relation, p. 12.)
PLANCHE IV.
Fig. 1.
Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Baharièh.
Ce mausolée fut construit, ainsi que le dessin l’indique, sur un petit plateau calcaire, éloigné de deux portées de fusil environ des bords de la mer. Le côté septentrional du plateau contient des excavations sépulcrales ; et sa surface, si ce n’est en totalité, du moins en partie, fut pavée en larges blocs de pierres équarris. Ces divers tombeaux faisaient infailliblement partie du cimetière de la petite ville de Zygis, dont les débris sont épars sur la plaine, couverte de flaques d’eau salée, qui sépare ces monuments des bords de la mer, et dont le port, actuellement nommé Mahadah, se retrouve aussi à peu de distance vers l’est.
Fig. 2.
Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Ghublièh.
Quoique ce petit monument, qui servit comme le précédent de tombeau, en soit éloigné d’une heure vers le sud, sa situation sur le point le plus élevé du canton, et son isolement, portent à croire qu’il fut de même construit par les habitants de Zygis, mais probablement à une époque antérieure, ce que semble attester la diversité du style de leur architecture. Les rangées de pierres disposées en forme elliptique, que l’on voit auprès de cet ancien édifice, donnent une juste idée de l’architecture de la plupart des tombeaux bédouins.
PLANCHE V.
PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS DE LA MARMARIQUE.
Fig. 1, 2.
Places de deux grottes sépulcrales du mont Bomboa, décrit par Synésius.
Fig. 3.
Coupe et distribution du fond d’une pièce d’une des précédentes grottes sépulcrales.
Fig. 4.
Place de la mosquée, dite Ghettadjiah, située dans la vallée Maréotide.
Fig. 5.
Coupe de la façade d’un tombeau égypto-grec, nommé Kassaba el-Chammamèh, situé aux environs du golfe des Arabes.
Fig. 6.
Côté intérieur des murs de l’enceinte de la ville de Toubrouk.
PLANCHE VI.
VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.
Le village qui occupe la majeure partie du dessin est Mansour-el-Tahatâni, un des cinq qui composent collectivement la ville de Derne. C’est sur la plaine qui règne au bas de ce village que se trouve le cimetière général de la ville. Il est remarquable que les habitants choisissent l’opuntia pour orner leurs tombeaux préférablement au cyprès, si commun dans le pays, et que les Orientaux ont l’habitude, comme on sait, de placer auprès de leurs sépultures. Le château, flanqué de quatre tours, qui domine, la ville, fut construit par les Américains durant le court espace de temps qu’ils furent maîtres de Derne.
PLANCHE VII.
GROTTES SÉPULCRALES, DITES KENNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.
On parvient à ces grottes par des marches taillées dans les endroits les plus abrupts d’un ravin situé aux bords de la mer. Les grandes niches creusées aux côtés de l’entrée principale, et les emblêmes du christianisme qu’on y trouve dans l’intérieur, justifient le nom d’église que leur donnent les Arabes.
PLANCHE VIII.
VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.
Le principal objet de ce pont est de servir d’aquéduc au ruisseau Bou-Mansour, dont le cours actuel, à travers les petites terrasses cultivées du vallon de Derne, était interrompu par le ravin el-Brouis, représenté dans cette planche. Cet édifice a été élevé, il y a peu d’années, par les ordres et aux frais de Mohammed-el-Gharbi, envoyé des États barbaresques auprès du vice-roi d’Égypte ; ce qui peut donner une idée du goût pour la civilisation et les établissements utiles, que Mohammed Aly communique à ceux qui l’entourent, lors même qu’ils sont indépendants de son pouvoir.
PLANCHE IX.
RUINES DE KOUROUMOUS. — INTÉRIEUR DU CHATEAU EL-HARAMI.
Fig. 1.
Ce monument, situé aux confins méridionaux des terres fertiles de la Cyrénaïque, faisait partie des tombeaux de l’ancien village d’Hydrax.
Fig. 2.
Le nom de ce château sarrasin répond à l’usage auquel il servit pendant long-temps. Situé à dix lieues de Derne, et à l’extrémité des gorges étroites et boisées de Maârah et de Tarakenet qui conduisent à cette ville, il offrait aux bandits un lieu de repaire très-favorable pour dépouiller les voyageurs qui se rendaient à Derne. Les tribus des environs se sont réunies, il y a peu d’années, et en démolissant le château elles ont rendu leur contrée plus praticable.
PLANCHE X.
VUE, COUPE ET PLAN D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH.
Il paraît qu’indépendamment des différentes pièces dont ces thermes étaient subdivisés, ils contenaient un nombre considérable de cuves monolithes qui en faisaient le tour, et étaient situées sur un plan inférieur à celui du reste de l’édifice ; apparemment pour recevoir plus facilement les eaux par des rigoles. Celles de ces cuves qu’on tailla dans le roc même y existent encore à leur place ; et d’autres, formées séparément de blocs détachés, se trouvent dispersées çà et là au milieu des ruines, et servent aux Arabes d’abreuvoirs pour leurs troupeaux.
Fig. 1.
Coupe d’une galerie intérieure des thermes, adossée contre la colline, et se trouvant actuellement à découvert. En confrontant cette élévation avec la vue en perspective, on reconnaîtra les parties qui ont été restaurées.
Fig. 2.
Plan de la même galerie : la grotte que l’on voit dans le massif d’ombres est taillée autour de la source qui alimentait les thermes, et dont les eaux passaient au-dessous de la galerie par un canal souterrain.
PLANCHE XI.
Fig. 1.
Vue de deux hypogées funéraires, situés dans la vallée de Koubbèh : les niches de formes diverses qui en entourent les entrées, indiquent qu’ils ont servi aux chrétiens de la Cyrénaïque.
Fig. 2.
Plans des deux hypogées précédents : leur position sur la planche relativement au dessin de perspective, désigne l’hypogée auquel ils appartiennent.
Fig. 3.
Plan du château de Chenedirèh.
- a. Chapelle chrétienne.
- b. Entrées voûtées du château.
- c. Mur de revêtement décrivant un talus, et arrondi à chaque angle.
- d. Communications intérieures par de petites portes carrées.
- e. Corridor.
- f. Puits comblé.
Fig. 4.
Plan des ruines du temple de Vénus, situé auprès de l’ancienne station d’Aphrodisias.
- a. Entrée du temple, située au sud.
- b. Grand corridor qui paraît avoir régné tout autour de l’enceinte générale.
- c. Porte de ce corridor formée de deux pilastres d’ordre dorique.
- d. Colonnes accompagnées d’un mur d’entre-colonnement.
- e. Ouverture qui conduit à un réservoir souterrain.
PLANCHE XII.
VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.
Tel est l’aspect qu’offrent un grand nombre de petites Nécropolis des anciens bourgs de la Cyrénaïque : une falaise irrégulière dans laquelle sont creusées en tous sens des grottes sépulcrales. Sur le devant, comme dans celle-ci, s’étend ordinairement un beau tapis de verdure ou un champ de céréales ; et sur le sommet sont épars les débris du bourg. Le grand nombre de niches de toutes formes que l’on voit, soit dans les métopes et les entre-colonnements de la façade, soit isolément sur le mur de la falaise, appartiennent au moyen âge.
PLANCHE XIII.
PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, A MASSAKHIT.
Ce tombeau fait partie de la même Nécropolis. Les emblèmes chrétiens et le arabesques qu’il contient, confirment évidemment l’opinion émise relativement à l’époque à laquelle on vient d’attribuer les niches qui couvrent la falaise sépulcrale de la planche précédente.
PLANCHE XIV.
VUE D’UN CHATEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.
Tel est le coup d’œil que présentent constamment, à plus ou moins de conservation près, ces nombreux châteaux romains que l’on trouve sur chaque élévation qui avoisine la moindre bourgade de la Cyrénaïque. Les Arabes les désignent tous indistinctement par le nom de Sirèh, mot remarquable qui offre une analogie palpable avec celui de Cyré ou Cyra, que les anciens Libyens donnaient à la montagne sur laquelle fut bâtie Cyrène, et qui signifiait peut-être dans leur langage montagne ou élévation.
PLANCHE XV.
VUE DU KASSR SENNIOU. — CIMETIÈRE ANTIQUE A SAFFNÈH.
Fig. 1.
Ce château fut construit par les Sarrasins avec les débris d’un ancien monument. Le souterrain dont on aperçoit l’entrée sur la planche, contourne une partie de l’édifice, et fut destiné à contenir des tombeaux. Cette disposition se rencontre souvent dans la Cyrénaïque auprès d’autres ruines semblables à celles-ci, telles que Maârah, Chenedirèh et autres.
Fig. 2.
Ce cimetière, malgré l’ogive des voûtes, appartient à une époque antérieure à l’invasion des Sarrasins dans la Cyrénaïque. On sait d’ailleurs que les monuments sarrasins de cette période contiennent des voûtes en fer à cheval : les ruines de Ladjedabiah (Voy. Planche LXXXIX) nous en offrent des preuves, même dans cette contrée.
PLANCHES XVI, XVII, XVIII.
VUES DES MAUSOLÉES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI, AUX ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.
Ces tombeaux, les plus élégants et les mieux conservés de tous ceux que l’on trouve dans la Cyrénaïque, joints à un grand nombre d’autres en partie détruits et à de belles grottes sépulcrales ornées de façades doriques, formaient la Nécropolis d’une ville très-considérable, inconnue des anciens géographes. Les ruines de cette ville ont même conservé chez les Arabes une désinence grecque : elles sont appelées Ghertapoulous ; on les rencontre à un quart d’heure de distance des tombeaux vers le nord, et au sommet d’un profond ravin qui correspond au fond du golfe Naustathmus. Il faut aussi faire remarquer que, de même que la plupart des ruines des villes et villages de la Cyrénaïque, celles-ci offrent des témoignages marquants du séjour qu’y ont fait les Chrétiens. On est donc en droit d’être surpris que les auteurs de cette dernière période aient, comme ceux de la haute antiquité, négligé de parler de cette ville, qui, d’après sa situation auprès de la plus belle rade de la Cyrénaïque et ses magnifiques débris, dut infailliblement jouer un rôle important dans l’histoire de cette contrée.
PLANCHE XIX.
COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MAUSOLÉES DE ZAOUANI.
Fig. 1.
Coupe de la façade du mausolée de la planche xvi.
- 1. a. Plan de ce mausolée.
- 1, b. Détail des sculptures de la façade du même monument.
Fig. 2.
Coupe de la façade du mausolée de la planche xvii.
- 2. a. Plan de ce mausolée.
- 2, b. Détail des sculptures de la façade.
Fig. 3.
Coupe du Mausolée, formant un carré rectangle, de la planche xviii.
L’intérieur de cet élégant édifice est subdivisé en trois cloisons, sans ouverture extérieure, et remplies chacune d’ossements d’enfants en bas âge.
PLANCHE XX.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.
Ces ruines, pittoresquement situées sur le penchant d’une belle colline, faisaient partie d’un monument plus considérable, et un des plus anciens de la Cyrénaïque parmi ceux dont il existe encore des débris, mais dont il serait difficile d’assigner la véritable destination.
PLANCHE XXI.
RUINES DU CHATEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.
Ce château offre un exemple du système qui paraît avoir été adopté de tous temps en Cyrénaïque pour la construction des châteaux, consistant dans une double ou triple superposition de pièces voûtées. Le témoignage des ruines actuelles permet de dire que ce système fut établi par les Grecs, adopté par les Romains et imité par les Sarrasins. Les châteaux évidemment grecs de Lemschidi et de Lemlez auprès du golfe Naustathmus ; ceux de Chenedirèh, d’Ay-Thas, de Tebelbèh, de Thaoughat, de Boumnah, de l’époque romaine, caractérisée par les voûtes en plein cintre ; et enfin, ceux de Mouchedachieh, d’El-Harâmi, de Bénéghdem et de Diounis, évidemment sarrasins, offrent des preuves encore existantes de ce système de superposition adopté successivement par les divers peuples qui ont occupé la Cyrénaïque.
PLANCHE XXII.
VUE DES RUINES DE DIABORAH.
Le mur d’enceinte dessiné sur le premier plan de cette planche appartient à un vaste édifice funéraire, le seul de ce genre que l’on trouve dans la Cyrénaïque. Les tombeaux qui l’entourent sont la plupart taillés dans le roc vif, et peuvent donner une idée de l’aspect qu’offrent en Cyrénaïque un grand nombre de petites Nécropolis dépendant des villes ou des villages situés dans les plaines, dépourvues d’élévations suffisantes pour y creuser des grottes sépulcrales.
PLANCHE XXIII.
VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.
Le principal édifice que renferme cette planche paraît être d’anciens thermes, dont les voûtes en plein cintre indiquent l’époque romaine. Les petits soupiraux que l’on voit à la partie supérieure des voûtes, offrent une analogie marquante avec la disposition des bains actuels de l’Orient.
PLANCHE XXIV.
VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.
Les mausolées de forme circulaire sont très-rares dans la Cyrénaïque ; et il est à remarquer qu’ils furent ordinairement construits sur des élévations et presque toujours isolément, de manière qu’on pût les apercevoir de très-loin. La grande excavation que l’on voit au-dessous de ce mausolée fut destinée à servir également de tombeau : l’avenue taillée dans le roc qui en précède l’entrée se retrouve auprès de toutes les grottes sépulcrales, toutes les fois que les localités l’ont permis.
PLANCHE XXV.
PLANS ET COUPES DE DIVERS MONUMENTS DE LA CYRÉNAÏQUE ET DE L’OASIS D’AUGILES.
Fig. 1.
Plan des bains de Ghernès.
- 1, a. Mur construit par les habitants actuels, qui ont métamorphosé cette partie des bains en tombeaux.
Fig. 2.
Plan du tombeau circulaire situé auprès de Ghernès.
- 2, a. Coupe du même tombeau.
Fig. 3.
Coupe de la porte d’un édifice de la ville de Ghernès.
Fig. 4.
Plan d’un souterrain de la ville de Limniade.
- a. Entrée et descente par un escalier taillé dans le roc.
- b. Extrémité comblée du souterrain.
Fig. 5.
Plan d’un réservoir de la ville de Limniade.
Fig. 6.
Monuments trouvés à l’Oasis d’Augiles, et appartenant probablement au culte funéraire des anciens Augilites.
PLANCHE XXVI.
VUE DE MARSAH-SOUZA, ANCIEN PORT DE CYRÈNE.
Le massif de ruines attenant au premier plan de ce dessin est un rocher subdivisé intérieurement en plusieurs salles sépulcrales envahies par la mer ; il se trouve à l’extrémité occidentale du port. Les deux îlots que l’on voit aussi dans cette planche sont couronnés de débris d’anciennes fortifications, et durent, dans l’antiquité, former l’entrée du port de Cyrène.
PLANCHE XXVII.
COLONNES ET CHAPITEAUX DE DIVERS TEMPLES DE LA CYRÉNAÏQUE.
Fig. 1.
Colonne de marbre pentélique faisant partie des ruines d’un temple d’Apollonie.
Fig. 2.
Colonne de marbre blanc appartenant à une église d’Apollonie. Le socle quadrangulaire, orné d’une croix sculptée en relief, qui est placé dans la planche au bas de cette colonne, fait partie des ruines du même édifice.
Fig. 3, 4.