78,

10, Plaira.—Parmi ces prophéties, les plus célèbres sont celles sur les papes, de Malachie, archevêque d’Arnagh, en Irlande (XIe siècle), qui, du reste, sont considérées comme apocryphes; et celles de Nostradamus (XVIe siècle), dont Henri II et Catherine de Médicis faisaient grand cas et qui sont formulées en quatrains extravagants où l’on peut voir tout ce que l’on veut.

12, Discours.—De sa raison.—Ce mot «discours», qui revient souvent dans Montaigne, y est pris dans les acceptions les plus variées. Outre son acception ordinaire en tant qu’expression de la pensée, entretien, conversation, il est pris souvent au cours des Essais dans le sens de raison, intelligence, entendement, comme il arrive ici, et dans bien d’autres, signifiant: Raisonnement, jugement: «I’ay veu quelqu’vn... courre la mort à force... par diuers visages de discours que ie ne luy sceu rabattre» (I, 448):—Sagesse: «Gallus Vibius... se pouuoit vanter d’estre deuenu fol par discours», porte l’édition de 1588; «par sagesse», porte celle de 1595 (I, 134);—Dessein: «Ie m’abandonne... à tousiours dire ce que ie pense, et par complexion et par discours», porte l’édition de 1588; «et par dessein», porte celle de 1598 (II, 496):—Opinion: «Il a cuidé m’imprimer non tant son discours, que son sentiment» (III, 638);—Volonté: «Il y a plusieurs mouuemens en nous qui ne se partent pas de nostre discours», porte l’édition de 1588, «de nostre ordonnance», porte celle de 1595 (I, 392);—Supériorité, difficulté: «Il y a encore plus de discours à instruire autruy qu’à estre instruit» (II, 160);—Art, artifice, ingéniosité, parti pris: «A peine est-il en son pouuoir... de gouster un seul plaisir... encore se met-il en peine de le retrancher par discours» (I, 350).  Motheau et Jouaust, Glossaire.

15, Suiuies.—Socrate prétendait entendre constamment en lui une voix intérieure, qu’il appelait son démon familier, l’inspirant et en lequel il manifestait une confiance aveugle. En cela, il semble avoir été de la plus entière bonne foi; il n’y a pas apparence que ç’ait été de sa part une imposture pour donner plus de crédit à sa parole et aider à son rôle de réformateur; du reste, Montaigne ne le met pas en doute et ne fait qu’en donner une explication. Voir sur Socrate N. III, 576: L’vn.—On retrouve l’analogue dans les voix de Jeanne d’Arc la sollicitant sans cesse, d’après son dire que nous ne contestons pas davantage, à s’employer à jeter les Anglais hors de France.

17, Fortuite.—Daniel de Foë, l’auteur de Robinson Crusoé, a écrit, comme suite à cet ouvrage, sur l’importance qu’il y a à ne pas négliger ces sortes de pressentiments qu’il attribue à des avertissements donnés par des intelligences célestes; peut-être n’est-ce simplement que le fait du travail inconscient de l’esprit préoccupé d’une idée qui nous fait entrevoir des éventualités que nous retenons lorsqu’elles ont de l’à-propos, et dont nous ne nous souvenons même pas quand, ce qui arrive le plus souvent, elles ne se réalisent pas et, par suite, n’éveillent pas notre attention.

20, Socrates.—Platon, dans Théagès.

CHAPITRE XII.
80,

3, Visage.—On assure que les Parthes, les Scythes combattaient ainsi; et Corneille s’est servi de cette tradition dans ce vers de Rodogune: «Elle fuit, mais en Parthe, en nous perçant le cœur.»—Les Indiens bravos des Attakapas (Amérique du Nord) se défendaient de même, lançant aussi adroitement leurs flèches en fuyant que s’ils avaient regardé l’ennemi en face.

12, Sier.—Terme de marine de l’époque employé pour «tourner, virer»: vient du latin sedere (se placer); signifie, ici, se reporter.

14, Victoire.—En 479. Les Perses, au nombre de plus de 300.000, sous les ordres de Mardonius, qui y fut tué, y furent vaincus par les Grecs, commandés par Pausanias roi de Sparte, et forts seulement de 110.000 hommes, et cependant l’armée la plus considérable peut-être que jamais ils aient réunie. A en croire Hérodote, sauf un corps de 40.000 hommes qui ne fut pas engagé, à peine 3.000 parmi les vaincus auraient survécu, tandis que la perte des vainqueurs n’aurait été que de quelques centaines d’hommes.—Le propos que tient ici Socrate est tiré de Platon, dialogue de Zachès.

22, Manger.—«D’y mordre», porte l’exemplaire de Bordeaux, autrement dit: d’en tâter, pour juger ce dont nous sommes capables.

24, Saoul.—Le fait est conté par Hérodote, IV, 127, qui nomme ce roi des Scythes, Idanthryse. Cette expédition (508) se termina à la confusion des Perses qui furent obligés de se retirer pour échapper à la famine dont ils étaient menacés par le vide que les Scythes faisaient devant eux et aussi par la crainte de se voir la retraite coupée. Elle fut la cause originelle des guerres médiques, le roi des Perses voulant se venger de Miltiade qui, chef d’un des contingents grecs à sa solde, préposés à la garde du pont qu’il avait jeté sur l’Ister (auj. le Danube) pour assurer ses communications, avait proposé à ses congénères de le rompre.

29, Compagnons.—En 1805, à un combat sur l’Iller (Tyrol), au moment où un de ses officiers, sa coiffure à la main, rendait compte au maréchal Ney d’une mission qu’il venait de remplir, un boulet passa si près d’eux, que l’officier baissa instinctivement la tête, tout en continuant son rapport: «C’est très bien, lui dit Ney, quand il eut achevé de parler, seulement, une autre fois, ne saluez pas si bas.» Marco Saint-Hilaire.—Le bailli de Suffren disait que lorsqu’il rencontrait l’ennemi en mer, il en éprouvait tout d’abord un dérangement d’entrailles au point d’en maculer ses culottes, mais qu’ensuite il ne songeait qu’à la besogne.

31, Prouence.—En 1536; cette invasion échoua par la résistance de Marseille qui obligea les Impériaux à une retraite difficile.

38, Corps.—La ville d’Arles n’était point en état de défense et l’Empereur délibérait s’il s’y porterait ou non. Ses hésitations donnèrent le temps d’y constituer une garnison et d’armer la place; ce fut alors qu’il procédait à la reconnaissance des travaux en cours d’exécution que le marquis du Guast faillit être tué.  Du Bellay, VIII.

82,

1, Roy.—En 1517; sa blessure lui fit lever le siège. C’était le père de Catherine de Médicis, mère de François II, de Charles IX et de Henri III, qui régnait quand Montaigne écrivait ce passage.

2, Regardoit.—Actuellement qu’on se sert d’étoupilles au lieu de mèche à canon pour mettre le feu aux pièces d’artillerie, et que les projectiles sont à éclatement, des faits de cette nature ne sont plus susceptibles de se produire, parce qu’on ne voit plus mettre le feu, que la vitesse du projectile est trop grande et la gerbe des éclats trop étendue pour pouvoir se garer, quand on aperçoit la lueur du coup, si déjà on n’est à l’abri.—Au siège de Sébastopol (1855-56), où assiégés et assiégeants faisaient usage de bombes, étant donné leur volume, leur peu de vitesse et la durée de leur parcours, il était encore possible de s’en préserver, dans une certaine mesure, en se terrant à temps, ce que chacun faisait, quand on entendait le cri: «Gare la bombe!» poussé par l’un des observateurs placés à cet effet, apercevant le projectile développant sa courbe dans les airs.

21, Souffrance.—Charles V, roi de France, disait d’un homme «qui, dans son épitaphe, était mentionné comme n’ayant jamais eu peur, qu’apparemment il n’avait jamais mouché une chandelle avec les doigts».—A cette époque, on s’éclairait avec des chandelles, et leur mèche ne se consumait pas à mesure qu’elle brûlait; il fallait les moucher, ce qui se faisait avec des ciseaux ou des mouchettes, et lorsqu’on n’en avait pas, avec les doigts, non sans grand risque de se brûler.

26, Conforme.—Ces pensées sont traduites presque textuellement d’Aulu-Gelle (XIX, 1), qui les avait traduites lui-même du cinquième livre, aujourd’hui perdu, des Mémoires d’Arrien sur Epictète.  Le Clerc.

29, Peripateticien.—Les péripatéticiens (ou promeneurs) étaient les disciples d’Aristote, ainsi nommés parce qu’ils se réunissaient au Lycée, promenade d’Athènes, pour y entendre leur maître, et que l’enseignement se donnait d’ordinaire tout en se promenant. Leur doctrine est indiquée dans la note relative à Aristote, V. I, 32; au moyen âge, elle fit le fond de la philosophie scolastique et domina sans partage jusqu’au XVIe siècle.

CHAPITRE XIII.
84,

5, Marguerite.—Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, épouse de Henri d’Albret, roi de Navarre, grand’mère de Henri IV.

19, Attendre.—«L’exactitude est la politesse des Rois», dit un adage; elle est également aujourd’hui celle des particuliers grands et petits et il n’y a que les malotrus et les parvenus qui l’oublient.

21, Ville.—Il alla attendre à Nice.

23, Trouuer.—V. N. I, 68: Marseille.

25, Luy.—En 1532, entre ce même pape Clément VIII et l’empereur Charles-Quint, qui poursuivait la convocation d’un concile œcuménique qui fut placé sous la protection impériale, la papauté menacée par la Réforme.

30, Eux.—Actuellement, comme autrefois, ces questions sont minutieusement réglées d’avance, dans tous leurs détails, par le service dit du «Protocole».—Bien que les rapports personnels des souverains entre eux soient toujours susceptibles d’y introduire des modifications, généralement quand un souverain vient en visiter un autre, celui-ci envoie à la limite de ses états un service d’honneur pour le saluer et l’assister durant tout le temps de son séjour et lui-même l’attend au lieu de sa résidence; d’ordinaire à son arrivée il se trouve à la gare où a été fait un déploiement plus ou moins grand de troupes, le reçoit, l’accompagne où il doit loger et rentre chez lui, où il attend sa première visite qu’il lui rend aussitôt après. C’est surtout dans le plus ou moins d’importance du service d’honneur, dans les honneurs plus ou moins grands rendus à l’arrivée, dans l’étendue et l’éclat plus ou moins considérables des fêtes qui suivent, et surtout dans la participation plus ou moins enthousiaste des populations avec lesquelles il faut compter plus qu’autrefois, que consistent les nuances.

86,

10, Entregent.—Façon convenable de converser et d’agir selon les personnes, le sujet, le temps et le lieu; art de se pousser dans le monde, était à l’époque pris exclusivement en bonne part.

11, Familiarité.—Au ch. XVII du liv. II, l’auteur redit à peu près la même chose de la beauté: «C’est vne piece de grande recommandation au commerce des hommes, elle est le premier moyen de conciliation des vns auec les autres.»

14, Communicable.—«La civilité est une envie de plaire; la nature la donne, mais l’éducation l’augmente.» Madame de Lambert.—«La politesse n’est qu’une forme de la bonté, de la charité, de la bienveillance, et une imitation de l’amitié.» Al. Karr.—«La politesse ne coûte rien, ne nuit jamais et rapporte beaucoup.»

CHAPITRE XIV.

Chapitre XIII.—Sous ce numéro, les éditions antérieures et l’exemplaire de Bordeaux donnent ici le chapitre XV de la présente édition: «Que le goust des biens et des maux, despend, en bonne partie de l’opinion que nous en auons»; celui-ci y porte le numéro XV et tous ceux de XV à XXXIX se trouvent y avoir leurs numéros accrus chacun d’une unité.

Raison.—La thèse émise dans ce chapitre est absolument l’opposé des idées actuelles qui veulent qu’en toutes situations de guerre, un soldat combatte jusqu’à ce qu’il soit réduit à l’impuissance la plus absolue, que ce soit dans une place ou en rase campagne, ce que notre grand Corneille a si noblement et magnifiquement exprimé dans Horace:

«Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?
—Qu’il mourût,
Ou qu’un beau désespoir alors le secourût.»

Cette obligation, nos lois la sanctionnent, mais pas aussi sévèrement encore qu’elles le devraient, quoi qu’en disent les philanthropes et les internationalistes, parce que c’est là une question de salut public. Les Anglais ont eu raison de fusiller en 1756 leur amiral Bing qui avait laissé reprendre Mahon; Napoléon a regretté de n’avoir pas agi de même en 1808 à l’égard de Dupont qui avait signé la capitulation de Baylen; avoir fait grâce à Bazaine capitulant à Metz en 1870, a été une grosse faute.

27, Batre.—Battre en brèche.

27, Dedans.—En 1524. Cet acte de cruauté ne fit qu’irriter les assiégés et les inciter à se défendre avec plus d’opiniâtreté, ce qui donna le temps aux Impériaux, surpris par notre brusque entrée en campagne, de rassembler leurs forces et de venir au secours de la ville qui fut sauvée par la bataille livrée sous ses murs (bataille de Pavie, 1525); les assiégeants durent suspendre le siège pour y participer et ne purent le reprendre.  Du Bellay, II.

28, Dauphin.—François, fils aîné de François Ier, qui mourut cette même année (1536), par suite d’une imprudence. Échauffé par une partie de jeu de paume, il but de l’eau glacée; il en résulta une fluxion de poitrine qui eut vite raison d’un tempérament délabré par un abus précoce des plaisirs. Le roi, dans sa douleur, crut à un empoisonnement, on ouvrit une instruction; l’empoisonneur présumé fut écartelé et on accusa ouvertement l’empereur Charles-Quint, et même Catherine de Médicis, femme du fils cadet du roi, d’avoir inspiré le crime; mais ces soupçons ne reposaient sur rien et on dut les abandonner.

28, Monts.—Au delà des Alpes, en Italie.

88,

2, Raison.—En 1536. Le château de Villane, perché sur un roc, est d’abords inaccessibles; la garnison, d’environ 200 Espagnols, s’y croyait à l’abri de toute entreprise; mais les Français, avisant un rocher voisin et y hissant à l’aide de cordages quelques pièces d’artillerie, parvinrent à pratiquer une brèche, par laquelle, à grand renfort d’échelles, ils pénétrèrent par escalade.  Du Bellay, VIII.

5, Place.—En 1543. La tour de Saint-Bony interceptait nos communications avec Turin. L’exemple du reste profita et l’armée française n’éprouva plus aucune résistance des forts d’arrêt assez nombreux dans la région. Du Bellay, IX.

16, Orient.—Les éd. ant. aj.: les Tamburlans, Mahumets.

CHAPITRE XV.

Ce chapitre a le no XVI dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

24, Capitaine.—Probablement François, duc de Guise.

27, Bouloigne.—En 1546, au roi d’Angleterre Henry VIII, qui l’assiégeait en personne; de Vervins eut la tête tranchée.  Du Bellay, X.

90,

12, Charge.—«Qui donna jamais à l’erreur le nom de crime?» Sénèque.—Plutarque rapporte à ce propos ce mot d’Archélaüs, roi de Macédoine. On l’animait un jour contre quelqu’un qui, par mégarde, avait jeté de l’eau sur lui: «Ce n’est pas moi qu’il a mouillé, dit le Prince, mais celui pour qui il m’a pris.»

18, Emmy.—Au milieu, du latin in medio, d’où vient aussi midi, medius dies, et même minuit, media nox.

20, Honte.—Diodore de Sicile, XII, 4.—L’empereur Julien, dont il va être question, se trouvant dans les Gaules, obligea pareillement 600 soldats qui n’avaient pas bien fait leur devoir devant l’ennemi à traverser le camp accoutrés en femmes, ce qui leur fut si sensible qu’au premier combat qui suivit, ils effacèrent leur honte par des prodiges de valeur.  Lebeau.

26, Effundere.—Tertullien, Apologétique, à propos de la loi romaine qui punissait de mort les débiteurs, peine à laquelle l’empereur Septime-Sévère substitua la vente de leurs biens.

26, Anciennes.—En 363. L’empereur Julien étant en opérations contre les Parthes et trois de ses escadrons ayant fui après un combat insignifiant, en abandonnant à l’ennemi un de leurs étendards, leur fit application des lois anciennes et les décima, dégradant, avant de les faire mettre à mort, ceux que le sort avait désignés. Ce fut là un acte exceptionnel de sa part; en d’autres cas analogues, il s’était montré beaucoup moins rigoureux (V. N. I, 90: Honte). Peut-être la gravité des circonstances nécessitait-elle un exemple.  Ammien Marcellin, XXIV et XXV.

31, Mort.—Ce Cn. Fulvius était préteur; lui aussi en 215, peu après la bataille de Cannes (216), subit en Apulie, du fait d’Annibal, une sanglante défaite dans laquelle il perdit 16.000 h. sur 18.000 qu’il commandait; lui-même s’était enfui avec à peine 200 cavaliers. Aux soldats échappés à ces deux désastres le Sénat romain infligea, comme châtiment, d’être relégués en Sicile et d’y servir jusqu’à la fin de la guerre, avec défense d’hiverner dans les places fortes et de camper à moins de dix milles (20 kil.) de quelque ville que ce fût.  Tite-Live, XXV et XXVI, 2 et 3.

37, Espagnols.—En 1523. Franget allégua, pour sa défense, une conspiration qui s’était formée dans le but de livrer la ville; admis à le prouver, il n’y parvint pas.  Du Bellay, II.

41, Entra.—En 1536. La ville de Guise devait être évacuée, et le château demeurer seul occupé. Les Espagnols la surprirent pendant que l’évacuation s’effectuait, et bien que le château eût eu le temps de fermer ses portes, il n’en capitula pas moins à première sommation.  Du Bellay, VII.

CHAPITRE XVI.

Ce chapitre porte le no XVII dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

92,

5, Voyages.—Montaigne aimait beaucoup les voyages; il en a fait d’assez fréquents en France, et en a accompli un de dix-huit mois en 1580-81 en Italie par la Suisse et l’Allemagne, dont il a laissé un journal écrit partie en français, partie en italien; en partie dicté, en partie de sa main.

8, Mieux.—De Sacy (anagramme d’Isaac), de Port-Royal (1612 à 1684), avait mis à profit cette leçon de Montaigne, et toujours il ramenait la conversation sur ce qui était l’occupation de son interlocuteur, parlant peinture avec Philippe de Champagne, philosophie avec Pascal, etc.—Le général Desvaux (1810 à 1887) qui, en Algérie, développa si grandement la colonisation dans la province de Constantine et y introduisit la construction des puits artésiens d’après nos procédés, le même qui, en 1870, à Metz, chef par intérim de la Garde impériale, dont il commandait la cavalerie, fut le seul à se déclarer contre la capitulation, dans le conseil de guerre où elle fut décidée, agissait de même.

11, Armenti.—Traduction italienne d’un passage de Properce, II, I, 43, dont le texte latin est:

Navita de ventis, de tauris narrat arator:
Enumerat miles vulnera, pastor oves.

16, Poëte.—Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens.—Voltaire était plus porté à se targuer de ses connaissances assez faibles en géométrie et en astronomie que de ses talents littéraires; Diderot était dans le même cas; le peintre David se croyait législateur; l’abbé Delille voulait parler d’histoire naturelle; le Jésuite Daniel, se connaître en détails stratégiques; Frédéric II, être poète; le peintre Carteaux et le médecin Doppet, sous la Révolution, être généraux en chef.

21, Ingenieur.—Allusion au pont que César fit construire sur le Rhin, pour le passage de ses troupes en Allemagne, construction sur laquelle il s’étend volontiers dans ses Commentaires, De Bello Gallico, IV, 17; Montaigne y revient au ch. XXXIV du liv. II (V. N. II, 650: Rhin).

24, Guere.—Diodore de Sicile, XV, 6.—Ce fut aussi le travers du cardinal de Richelieu.

26, Estude.—Cabinet de travail; le mot étude est employé ici dans le même sens que l’on dit aujourd’hui: étude d’avoué, de notaire.

29, Vis.—Montaigne avait d’abord écrit: «la vis par où il estoit monté», texte qu’il a ensuite modifié, mais qui ne laisse aucun doute sur la signification du mot «vis» qui n’est autre ici qu’un escalier tournant.

94,

14, Conduire.—Si Montaigne eût vécu de notre temps, il eût pu ajouter: «Quant à ceux, si nombreux aujourd’hui, qui font profession d’écrire sur tout, leur style est souvent leur seul mérite; la plupart du temps il n’y a rien à puiser dans leurs écrits; bien plus, il faut s’en défier. Ne connaissant rien à fond de ce dont ils parlent, ils ne peuvent en juger que superficiellement: la compétence leur fait défaut, si grande que soit leur assurance, sans compter qu’ils n’ont pas plus souci de la vérité et de l’exactitude, que du mal qu’ils font sciemment ou inconsciemment.»

16, Langey.—Guillaume du Bellay, seigneur de Langeais.

23, Soldats.—«Et subjects». Add. des éd. ant. et de l’ex. de Bordeaux.

27, Batteau.—En 1536. Ce consistoire ne fut à proprement parler qu’une audience publique du Pape, où l’Empereur arriva inopinément, mais avec l’idée préméditée d’y défier François Ier. Ce défi était un des trois moyens qu’il suggérait pour terminer leurs différends: la guerre, l’accession à ses revendications, le combat singulier; les duchés de Bourgogne et de Milan, qu’il réclamait, devaient être dans ces diverses éventualités le prix du vainqueur. Du Bellay, V.—Quel malheur que les chefs d’États ne règlent pas toujours leurs différends en combat singulier, comme le proposait Charles-Quint, au lieu de recourir à la guerre! ce serait au moins un cas où le duel aurait du bon et il n’en serait pas pour cela beaucoup plus fréquent.

96,

13, Subiection.—Pensée traduite d’Aulu-Gelle, I, 13, auquel est aussi emprunté le fait suivant.

14, Heureux.—Parce qu’il était très riche, très noble, très éloquent, fort savant sur le droit et souverain pontife.  Aulu-Gelle.

37, Decret.—Cette observation de Montaigne est juste. C’est ainsi qu’à la guerre, il est de principe que celui qui est sur place est maître absolu de ses faits et gestes, tout en se conduisant, dans les limites du possible, suivant les instructions qu’il a reçues; et c’est à l’inobservation de cette règle que, dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, les armées autrichiennes, recevant leur direction du Conseil aulique siégeant à Vienne, ont dû d’éprouver de nombreux revers. Le maréchal Pélissier, à Sébastopol, en 1855, harcelé par les recommandations et instructions qui lui venaient pareillement de Paris, y mit fin en menaçant de couper le cable télégraphique qui le reliait à ceux qui avaient la prétention de le tenir ainsi en lisière. Ceci nous amène à cette question si délicate de l’emploi souvent abusif qui est fait de l’armée en temps de paix et des droits et devoirs de chacun en pareil cas:

«On ne peut commander et on ne doit obéir que pour le bien du service et l’exécution des règlements militaires; cette règle régit tous les échelons, y compris le Ministre de la guerre et le Gouvernement lui-même.

«L’obéissance indiscrète outrepasse les ordres; l’obéissance imparfaite s’y tient strictement; l’obéissance parfaite obéit en tout ce qui est permis; or, il n’est permis à personne, non plus qu’au Gouvernement et à ses représentants, d’enfreindre les lois fondamentales de l’humanité, de rien faire au delà des limites assignées par les règlements, ni au delà de ce que permet l’honneur.

«L’armée n’a pas à assurer en temps habituel l’exécution des lois; ses occupations, comme ses devoirs, sont autres: la cavalerie n’est pas lancée à la poursuite des voleurs, caissiers et autres; l’infanterie ne procède ni aux arrestations, ni aux transferts de prisonniers; l’artillerie ni le génie ne détruisent les bâtiments destinés à disparaître: rien de tout cela ne regarde les militaires; pour toutes ces besognes, il y a des agents spéciaux.

«Dans cet emploi irrégulier de l’armée, sa participation à toutes les inaugurations, à toutes les fêtes, à toutes les expositions, est pour beaucoup; on est arrivé à la considérer comme bonne à tout faire.» Gal Donop.

Notons encore que chacun, dans l’accomplissement de la mission qu’il a reçue, n’a d’instructions à recevoir que de son chef direct; nul autre n’a à s’immiscer dans les moyens d’exécution.

Ces principes consacrés par le bon sens, étaient jadis confirmés d’une façon péremptoire par les règlements; mais ceux-ci ont été à cet égard quelque peu modifiés récemment pour avoir raison des résistances que rencontraient des exigences abusives; ici comme ailleurs, quand la politique sectaire s’en mêle, rien de ce qui devrait l’être, n’est plus respecté.

CHAPITRE XVII.

Ce chapitre porte le no XVIII dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

98,

4, Passion.—La peur est naturelle à l’homme, peu d’entre eux l’ignorent; le plus grand nombre finit par en triompher, le lâche est celui qui s’y abandonne.

8, Esblouissements.—«De tous les animaux, a dit le prince de Ligne, l’homme est le plus peureux.»

8, Vulgaire.—Il n’y a pas que le vulgaire à subir des impressions irraisonnées; les esprits forts n’en sont point exempts. Hobbes, qui s’est élevé si énergiquement contre l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme, telles que la religion nous les présente, ne pouvait sans crainte des revenants traverser un cimetière; à cette époque, XVIIe siècle, pas plus en Angleterre qu’en France, les cimetières n’étaient clôturés.

13, Corselets.—Petites cuirasses que portaient les piquiers dans les régiments des gardes et dont le nom s’étendait à ceux qui en étaient revêtus.

14, Rouge.—Croix blanche et croix rouge. La croix, depuis les croisades, était fréquemment employée en guerre, dans la catholicité, par les nations adverses pour distinguer les belligérants. A la bataille de Bouvines (1214), les Flamands et les Allemands, opposés aux Français, avaient, pour se distinguer, adopté une croix rouge; au XVIe siècle, la croix blanche était le signe distinctif des Français, la croix rouge celui des Espagnols.

23, Campaigne.—En 1527. Le connétable de Bourbon, opérant pour son propre compte à la tête de partisans auxquels il avait promis le pillage de Rome, exécutait la reconnaissance de la place; l’acte de cet enseigne lui révéla l’existence de cette brèche, par laquelle il fit immédiatement donner l’assaut qui réussit, mais où il trouva la mort.  Du Bellay, III.

27, Canonniere.—Embrasure ou ouverture ménagée pour le tir du canon. Il est vraisemblable que c’est là une faute d’impression commise en 1580, qui s’est reproduite d’édition en édition et qu’il faut lire «caponière», sorte de retranchement élevé pour couvrir un passage ou une sortie dans les ouvrages de fortification.

27, Assaillans.—En 1537. Il s’agit ici du siège de Saint-Pol, en Artois. La ville fut emportée d’assaut; cinq mille personnes, tant de la garnison que des habitants, périrent dans les massacres qui suivirent. Guillaume du Bellay, qui raconte le fait (liv. VIII), dit: «Et celuy-cy ie le vey»; il fut également témoin du suivant qui se trouve consigné au même livre de ses Mémoires.

100,

1, Partoit.—L’an 3. Germanicus, après avoir rendu les derniers devoirs aux légions de Varus détruites en ce même endroit six ans auparavant, continuait la poursuite des Germains, lorsque, arrivée à une forêt où Arminius avait fait cacher les siens, la cavalerie romaine fut assaillie à l’improviste et rejetée sur l’infanterie qui la soutenait; le désordre, se propageant, menaçait de se transformer en désastre, quand Germanicus, arrivant avec le corps de bataille, parvint à l’arrêter.  Tacite, Annales, I, 63.

10, L’empire.—En 832, en Cappadoce. «Il vaut mieux, lui dit-il, que vous perdiez la vie que si, étant prisonnier, vous faisiez éprouver un si grand déshonneur à la République.» Grâce à cette intervention de Manuel, l’empereur échappa aux mains de l’ennemi; mais, à l’encontre de Montaigne, Zonaras (liv. III), d’où le fait est tiré, donne ce parti pris de ne point fuir, comme un trait de valeur inconsidéré de Théophile, et non de frayeur.

12, Vaillance.—«Son courage est peut-être un effet de la peur.»  Corneille, Théodore.

14, Hannibal.—Son père lui avait fait jurer une haine implacable aux Romains. En 219, il ralluma la guerre contre eux en prenant et saccageant en pleine paix la ville de Sagonte (Espagne), leur alliée. Puis, franchissant les Pyrénées, le midi de la Gaule et les Alpes, il les vainc à la Trébie, au Tessin, au lac Trasimène (Italie septentrionale), enfin à Cannes (Italie méridionale) en 216. La fortune cessa dès lors de lui être favorable, et, après s’être maintenu quatorze ans en Italie, sans autres hauts faits, il dut repasser en Afrique pour aller défendre Carthage menacée. Vaincu à Zama (202), pour ne pas tomber aux mains des Romains, il s’exile en Asie Mineure, où il ne cesse de leur fomenter des ennemis, et finalement s’empoisonne pour ne pas leur être livré.

19, Victoire.—Bataille de la Trébie, en 218Tite-Live, XXI, 56.

30, Suspendues.—Cicéron, Tusc., III.—En 48. Fuyant en Égypte, après sa défaite à Pharsale, Pompée y fut assassiné, au moment où il débarquait, par des soldats du roi Ptolémée envoyés à sa rencontre comme pour lui faire honneur; sa tête fut portée à César qui versa des larmes à cet aspect, et peu après punit les meurtriers.

102,

7, Discours.—C.-à-d. qui n’est pas causée par une erreur de notre jugement, en est indépendante et se produit en dépit de lui.

15, Ire.—Colère, du latin ira qui a même signification.

15, Dieux.—Ces paniques qui furent assez fréquentes à Carthage, notamment durant ses guerres avec les Syracusains qui, passés inopinément en Afrique, avaient failli surprendre la ville (vers l’an 400), étaient considérées par elle, concurremment avec les défaites qu’elle éprouvait, comme autant de manifestations de la colère des dieux qu’ils cherchaient à apaiser par des sacrifices humains.  Diodore de Sicile, XV, 7.

16, Paniques.—Ainsi nommées de ce qu’elles passaient comme inspirées, le plus ordinairement, par Pan, le dieu des champs par excellence.—Les paniques sont des défaillances collectives qui se produisent sans même qu’on sache pourquoi; parfois elles sont amenées par une surprise de l’ennemi, très souvent elles naissent sur les derrières de l’armée, elles sont de tous les temps; on en constate chez tous les peuples, quoique l’histoire ne les énumère guère, mais on n’aime pas à parler des siennes et on ignore celles survenues chez l’adversaire. Chez nous, durant les vingt-trois ans qu’a duré l’épopée révolutionnaire, on en a relevé jusqu’à trois cents. Souvent elles sont l’effet d’un énervement prolongé et c’est ce qui fait qu’elles se produisent fréquemment le soir ou le lendemain d’une action, même chez le vainqueur, comme chez nous à Wagram à la fin de la bataille, et le lendemain à Solférino (1859); chez les Prussiens, le soir du 18 août 70; à Iéna, en 1806, les mêmes en éprouvèrent une deux ou trois jours avant la bataille.—Le cheval y est sujet plus encore que l’homme. (Général Daudignac).

CHAPITRE XVIII.

Ce chapitre porte le no XIX dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

17, Mort.—Montaigne a déjà effleuré ce sujet au ch. III de ce même livre.

19, Debet.—Saint-Ange a donné de ces vers d’Ovide la traduction suivante:

«... Nul homme, certain d’un bonheur sans retour,
Ne peut se croire heureux avant son dernier jour.»

20, Propos.—Hérodote, I, 86.

29, Diuers.—C’est ce qu’après Solon, Sophocle a donné comme conclusion de sa tragédie d’Œdipe à Colone, et que Ducis a rendu de la sorte:

«C’est pourquoi, jusqu’au jour qui termine la vie,
Ne regardons personne avec un œil d’envie;
Peut-on jamais prévoir les derniers coups du sort?
Ne proclamons heureux nul homme avant sa mort.»

Un proverbe italien dit dans le même sens: «Louez la vie après la mort, et le jour quand il est nuit.»—Un autre, français celui-là, dit de même: «Attends le soir pour louer un beau jour, attends la mort pour louer une belle vie.»

32, Malheureux.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens.

33, Rome.—Philippe, un des fils de Persée, roi de Macédoine, fut réduit, après la conquête de ce royaume par les Romains (167), à se faire menuisier, et postérieurement devint greffier à Rome; ce qui fait attribuer par Montaigne ce double changement de fortune à deux individus différents.

104,

1, Corinthe.—Denys le Jeune, tyran de Syracuse, en ayant été chassé, se retira à Corinthe, où, pour subsister, il se fit maître d’école, 343.—En 1793, lors de la Révolution, le duc d’Orléans, depuis Louis-Philippe roi de France, donna pendant huit mois, pour pouvoir vivre, des leçons de mathématiques et de géographie, à Reiguenau (Suisse).

8, Marché.—Sous le règne de Louis XII, qui l’y avait fait enfermer (1500); on montre encore dans les ruines du château la chambre, en contre-bas du sol, où il fut détenu.

10, Cruauté.—Marie Stuart, reine d’Écosse, qui passait pour la plus belle femme de son temps. Veuve de François II, roi de France, elle fut décapitée par ordre d’Élisabeth, reine d’Angleterre, après dix-huit ans de captivité (1587), alors que son fils, qui devait succéder à Élisabeth sur le trône d’Angleterre, occupait celui d’Écosse; du reste, au point de vue de la moralité, la victime valait encore moins que le bourreau, mais le malheur lui a fait une auréole.

25, Fuit!—Laberius, chevalier romain, sur les instances de César auquel il n’osa refuser et moyennant une somme de 500.000 sesterces (10.000 fr., le petit sesterce valait 0 fr. 20), dut jouer lui-même, sur le théâtre, certaines des pièces qu’il avait composées. Il se vengea de cette humiliation dans un prologue (dont est tirée la citation de Montaigne), où il déplore ce caprice d’un homme puissant qui commande non seulement quand il invite, mais encore quand il prie, et, en lançant cette épigramme mise dans la bouche d’un de ses personnages: «Désormais, Romains, nous avons perdu la liberté!» dite en public, en présence même de César.

28, Reglee.—«Le bonheur n’est pas chose aisée; il est très difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs.» Chamfort.—L’éd. de 80 porte: bien assenée.

41, Ancien.—Sénèque, Epist. 102.

106,

1, Passées.—Voltaire appelle le moment de la mort: «celui où les menteurs disent vrai». Lettre à d’Alembert.

6, Alors.—Scipion, beau-père de Pompée, auquel une vie de débauche et de nombreuses exactions étaient à reprocher, se trouva par des vents contraires rejeté sur la côte d’Afrique et son bateau bientôt envahi par les ennemis qu’il fuyait. Ceux-ci, qui ne le connaissaient pas, le cherchant et demandant où était le général: «Le Général, leur répondit-il, est en sûreté», et sur ces mots, il se perça de son épée (46).—Ce que Montaigne dit ici de ce Scipion, d’après Sénèque, Epist. 24, on pourrait le dire également de l’empereur Othon dont la mort, après la bataille de Bebriac (69), fait presque pardonner la mollesse et les débauches de sa vie et dont Tacite dit: «Les autres ont conservé plus longtemps le pouvoir, personne ne l’a quitté avec plus de courage et de sérénité.»—Ces exemples témoignent de la justesse de cette observation de Vauvenargues: «On ne peut juger de la vie par une plus fausse règle que la mort.»

9, Resoudre.—Plutarque, Apophthegmes.

16, Croist.—De sa croissance, à la fleur de son âge, disons-nous aujourd’hui.—«Celui qu’aiment les dieux, meurt jeune.»  Menandre.

21, Course.—Il semble qu’il soit ici question de Henri de Lorraine, dit le Balafré, duc de Guise, qui aspirait au trône de France et était sur le point d’y parvenir, quand il fut assassiné à Blois, par ordre de Henri III (1588); précisément à l’époque ou peu après, Montaigne a dû écrire ces lignes qui ne se trouvent pas dans l’édition parue cette même année.

CHAPITRE XIX.

Ce chapitre porte le no XX dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

24, Mourir.—Charron qui, dans tout le cours de son traité de la Sagesse, a copié Montaigne, ne lui a fait nulle part des emprunts aussi étendus et aussi multipliés que dans ce chapitre et dans le chapitre III du livre II (Coustume de l’isle de Cea); on peut s’en assurer en lisant particulièrement son ch. XI du liv. II, intitulé: «Se tenir toujours prêt à la mort, fruit de la sagesse.»

26, Mort.—«Toute la vie des philosophes, disait Socrate, est une continuelle méditation de la mort.» Platon, dans le Phédon; Cicéron, Tusc., I, 31.

108,

1, Escriture.—«J’ai reconnu que rien ne vaut mieux que de se réjouir et de se donner du bien-être pendant la vie.»  Ecclésiaste, III, 12.

10, Mesme.—«La vertu est la disposition ferme et continue de l’âme à faire le bien et à fuir le mal; mais de même que le soleil a des taches, la vertu a des défaillances, ce qui justifie ce mot prêté à Brutus, se tuant de désespoir: O vertu, tu n’es qu’un mot!... Vertu et vice sont deux mots dont ne se sert jamais l’Écriture sainte (l’assertion n’est pas tout à fait exacte, car le ch. XXVI de l’Ecclésiastique débute ainsi: «Heureux est le mari d’une femme vertueuse»); elle dit partout et toujours: les bons et les méchants. C’est que c’est là la vraie division. Combien sont bons, malgré leurs fautes, et quelquefois à cause de leurs fautes, et trouveront là-haut le père souriant. Combien sont méchants et mauvais, malgré leur vertu, et quelquefois à cause de leur vertu, et trouveront là-haut le juge sévère.» Victor Hugo.

11, Volupté.—«Le plaisir est la vertu sous un nom plus gai.»  Young.

33, Fruict.—C.-à-d. qui calcule si les avantages de la vertu peuvent dédommager des peines qu’il en coûte pour devenir vertueux; autrement dit, qui met en balance, d’un côté ce qu’elle coûte à acquérir, de l’autre les avantages qu’elle procure, n’est pas de ses adeptes.