[458] Corwei, en latin Corbeia nova, pour la distinguer de Corbeia vetus, Corbie, en Picardie. Cl.

[459] Voyez chapitre VII, page 360. B.

[460] Il est vrai que depuis on a frappé en Hollande une médaille qu’on a crue être celle de Van-Beuning; mais elle ne porte point de date. Elle représente un combat avec un soleil qui culmine sur la tête des combattants. La légende est: stetit sol in medio cœli. Cette médaille, que des particuliers ont fabriquée, n’a été faite que pour la bataille d’Hochstedt, en 1709, à l’occasion de ces deux vers qui coururent alors:

«Alter in egregio nuper certamine Josue
Clamavit: Sta, sol gallico! solque stetit.»

Or, Van-Beuning ne s’appelait point Josué, mais Conrad.

[461] L’éditeur des Œuvres de Voltaire, en douze volumes in-8º, propose de mettre fesait la même chose. Je crois la correction très bonne; mais je ne la trouve dans aucune édition. B.

[462] Voyez page 175. B.

[463] On prononce Ossembrouck; l’œ fait ou chez les Hollandais.

[464] Peu de temps après un de ces archevêques titulaires d’Utrecht, se trouvant par hasard ce qu’on appelait janséniste, se retira dans son diocèse où les jansénistes sont tolérés comme toutes les autres communions chrétiennes. Il se fit élire un successeur par le clergé et le peuple de son Église, suivant l’usage des premiers siècles; ensuite il le sacra. Au moyen de cette précaution, il s’est établi en Hollande une succession d’évêques jansénistes, qui ne sont, à la vérité, reconnus que dans leur Église. K.

[465] Il fut stathouder le premier juillet. Comment La Beaumelle, dans son édition subreptice du Siècle de Louis XIV, a-t-il pu dire dans ses notes qu’il ne fut déclaré que capitaine et amiral?

[466] La Beaumelle, dans ses notes, dit: «C’est un être de raison que cette politesse.» Comment cet écrivain ose-t-il démentir ainsi l’Europe?

[467] On avait d’abord tenté d’assassiner le grand pensionnaire dans La Haye; mais il échappa et eut le crédit de faire punir l’assassin. On n’osa condamner son frère à la mort, parceque ses tourments n’avaient pu lui arracher l’aveu d’aucun des crimes qu’on lui avait imputés; on se contenta de le bannir. Ce fut dans le moment où le grand pensionnaire allait délivrer son frère de la prison après ce jugement, que tous deux furent massacrés. Cette mort a répandu sur le nom de Guillaume III un opprobre ineffaçable. K.

[468] Voyez page 380. B.

[469] La Beaumelle dit qu’il fut condamné à une prison perpétuelle. Comment cela pourrait-il être, puisque, l’année suivante, il fut tué au siége de Grave?

[470] Cet usage, qui n’a point été réformé, est ancien, et n’a pu avoir pour origine qu’un enthousiasme exagéré de valeur, et une grande indifférence pour le sort des malheureux bourgeois qu’il dévouait à toutes les horreurs du pillage. Mais depuis que l’art des siéges s’est perfectionné, et qu’on a la précaution de détruire toutes les défenses d’une place avant d’y donner l’assaut, cette condition imposée aux gouverneurs n’est plus regardée que comme une chose de forme; et, de nos jours, un officier qui, prenant une ville d’assaut, la livrerait au pillage, serait aussi déshonoré qu’il l’aurait été dans le siècle dernier pour avoir refusé de servir de second dans un duel. K.

[471] Pendant le cours de cette édition, M. Colini, secrétaire intime et historiographe de l’électeur palatin aujourd’hui régnant, a révoqué en doute l’histoire du cartel par des raisons très spécieuses, énoncées avec beaucoup d’esprit et de sagacité. Il montre très judicieusement que l’électeur Charles-Louis ne put écrire les lettres que Courtilz de Sandras et Ramsay ont imputées à ce prince. Plus d’un historien, en effet, attribue souvent à ses héros des écrits et des harangues de son imagination.

On n’a jamais vu la véritable lettre de l’électeur Charles-Louis, ni la réponse du maréchal de Turenne. Il a seulement toujours passé pour constant que l’électeur, justement outré des ravages et des incendies que Turenne commettait dans son pays, lui proposa un duel par un trompette, nommé Petit-Jean. J’ai vu la maison de Bouillon persuadée de cette anecdote. Le grand-prieur de Vendôme et le maréchal de Villars n’en doutaient pas. Les Mémoires du marquis de Beauvan, contemporain, l’affirment. Cependant il se peut que le duel n’ait pas été expressément proposé dans la lettre amère que l’électeur dit lui-même avoir écrite au prince maréchal de Turenne. Plût à Dieu qu’il fût douteux que le Palatinat ait été embrasé deux fois? Voilà ce qui n’est que trop constant, ce qui est essentiel, et ce qu’on reproche à la mémoire de Louis XIV.

M. Colini reproche à M. le président Hénault d’avoir dit, dans son Abrégé chronologique, que le prince de Turenne répondit à ce cartel avec une modération qui fit honte à l’électeur de cette bravade. La honte était dans l’incendie, lorsqu’on n’était pas encore en guerre ouverte avec le Palatinat, et ce n’était point une bravade dans un prince justement irrité, de vouloir se battre contre l’auteur de ces cruels excès. L’électeur était très vif; l’esprit de chevalerie n’était pas encore éteint. On voit dans les Lettres de Pellisson que Louis XIV lui-même demanda s’il pouvait en conscience se battre contre l’empereur Léopold.—Cette note fut ajoutée par Voltaire dans l’édition de 1768. Cosme-Alexandre Colini, secrétaire de Voltaire, de 1752 à 1756, mort en 1806, avait publié, en 1767, une Dissertation historique et critique sur le prétendu cartel envoyé par Charles-Louis, électeur palatin, au vicomte de Turenne. B.

[472] Voyez tome XVI, page 385.

[473] Voyez, chapitre XXVI (tome XX); et tome XXVIII, page 417. B.

[474] Né en 1611 (voyez page 30), il avait cinquante-sept ans lors de sa conversion. B.

[475] Voyez, dans la Correspondance, la lettre au président Hénault, du 8 janvier 1752. B.

[476] Reboulet dit que le marquis de Créqui eut la faiblesse de signer la capitulation: rien n’est plus faux; il aima mieux se laisser prendre à discrétion, et il eut ensuite le bonheur d’échapper. Qu’on lise tous les mémoires du temps; que l’on consulte l’Abrégé chronologique du P. Hénault: «Bois-Jourdain, dit-il, fit la capitulation à l’insu du maréchal, etc.»

[477] Voyez page 8. B.

[478] L’Art de vérifier les dates dit que la ville de Gand fut prise le 9 mars, et que la citadelle capitula le 12. B.

[479] Kintzing, rivière de Souabe, qui se jette dans le Rhin vis-à-vis de Strasbourg. B.

[480] Près d’Augusta, le 22 avril. Ruyter mourut de ses blessures le 29 du même mois. Cl.

[481] Duquesne fut mal récompensé parcequ’il était protestant. Louis XIV le lui fit sentir un jour: «Sire, lui répondit Duquesne, quand j’ai combattu pour votre majesté, je n’ai pas songé si elle était d’une autre religion que moi.» Son fils, forcé de s’expatrier après la révocation de l’édit de Nantes, se retira en Suisse, où il acheta la terre d’Eaubonne. Il y porta le corps de son père, qu’il avait été obligé de faire enterrer en secret.

On lit sur son tombeau:

«La Hollande a fait ériger un mausolée à Ruyter, et la France a refusé un peu de cendre à son vainqueur.» K.

[482] Dans ses remarques sur Horace, tome XXXV, page 158, Voltaire dit qu’on donna à Corneille le nom de grand, «non seulement pour le distinguer de son frère, mais du reste des hommes.» B.

[483] Dans la compilation intitulée: Mémoires de madame de Maintenon, on trouve, tome III, page 23, ces mots: «Les réunions des chambres de Metz et de Besançon.» Nous avons cru d’abord qu’il y avait eu une chambre de Besançon réunie à celle de Metz. Nous avons consulté tous les auteurs, nous avons trouvé que jamais il n’y eut à Besançon de chambre instituée pour juger quelles terres voisines pouvaient appartenir à la France. Il n’y eut, en 1680, que le conseil de Brisach et celui de Metz chargés de réunir à la France les terres qu’on croyait démembrées de l’Alsace et des Trois-Évêchés. Ce fut le parlement de Besançon qui réunit pour quelque temps Montbeillard à la France.

[484] On a prétendu que ce fut alors que le prince d’Orange, depuis roi d’Angleterre, dit publiquement: «Je n’ai pu avoir son amitié, je mériterai son estime.» Ce mot a été recueilli par plusieurs personnes, et l’abbé de Choisi le place vers l’année 1672. Il peut mériter quelque attention, parcequ’il annonçait de loin les ligues que forma Guillaume contre Louis XIV; mais il n’est pas vrai que ce fût à la paix de Nimègue que le prince d’Orange ait parlé ainsi; il est encore moins vrai que Louis XIV eût écrit à ce prince: «Vous me demandez mon amitié, je vous l’accorderai quand vous en serez digne.» On ne s’exprime ainsi qu’avec son vassal: on ne se sert point d’expressions si insultantes envers un prince avec qui on fait un traité. Cette lettre ne se trouve que dans la compilation des Mémoires de Maintenon; et nous apprenons que ces Mémoires sont décriés par le grand nombre d’infidélités qu’ils renferment.

[485] Cet appareil est plus effrayant que l’effet n’en est terrible. Les bombes sont mal ajustées; les bâtiments qui les portent manœuvrent mal, sont aisément désemparés, le feu y prend fréquemment, et les frais de ces armements excèdent de beaucoup le dommage qu’ils peuvent causer. On prétend que le dey d’Alger ayant su ce que l’expédition de Duquesne avait coûté à Louis XIV: «Il n’avait qu’à m’en donner la moitié, dit-il, j’aurais brûlé la ville tout entière.» K.

[486] Voyez les étranges particularités du siége de Vienne, dans l’Essai sur les mœurs (tome XVIII, p. 432); et dans les Annales de l’empire (tome XXIII, page 640).

[487] Léopold ne vit Sobieski qu’à cheval et en pleine campagne. Il avait délibéré sur l’étiquette qu’il devait observer avec son libérateur; et ayant assemblé son conseil, il demanda comment un empereur devait recevoir un roi électif: «A bras ouverts, s’il a sauvé l’empire,» répondit le duc de Lorraine. Il fut le seul de son avis. K.

[488] Dans l’Essai sur les mœurs (tome XVII, page 508).

[489] Le bombardement de Gênes est du mois de mai. B.

[490] L’édition encadrée de 1775, et, d’après elle, les éditions de Kehl, disent quatorze mille. Dans les éditions antérieures à 1775, on lit quatre mille. B.

[491] 15 mai 1685. B.

[492] 28 septembre 1684. De nouveaux ambassadeurs de Siam arrivèrent à Paris en juillet 1686. B.

[493] Le P. Dorléans a publié une Histoire de M. Constance, 1692, in-12. Une autre Histoire de M. Constance, par Deslandes, a été imprimée en 1756, petit in-8º. B.

[494] Il est singulier que des ministres osent porter leur mépris pour leur maître jusqu’à lui faire dire que c’est à lui de servir d’exemple; et cet exemple était celui de favoriser chez un de ses voisins la contrebande, qu’il réprimait dans ses états par un code barbare, et de protéger contre les lois les voleurs et les assassins. K.

[495] Joseph Clément: voyez, tome XXIII, page 24. B.

[496] Tome XX, chap. XXXVI, du calvinisme. B.

[497] On trouve, dans la compilation des Mémoires de Maintenon, au tome III, chapitre IV, intitulé: Du roi et de la reine d’Angleterre, un tissu étrange de faussetés. Il y est dit que les jurisconsultes proposèrent cette question: «Un peuple a-t-il le droit de se révolter contre l’autorité qui veut le forcer à croire?» Ce fut précisément le contraire. On s’opposa en Angleterre à la tolérance du roi pour la communion romaine. On agita cette question: «Si le roi pouvait dispenser du serment du test ceux qu’il admettait aux emplois?»

Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna au prince d’Orange deux cent mille ducats pour aller détruire la religion catholique en Angleterre.

Le même auteur, avec la même témérité, prétend qu’Innocent XI fit dire des milliers de messes pour l’heureux succès du prince d’Orange. Il est reconnu que ce pape favorisa la ligue d’Augsbourg; mais il ne fit jamais de démarches si ridicules et si contraires aux bienséances de sa dignité. L’envoyé d’Espagne à La Haye fit des prières publiques pour l’heureux succès de la flotte hollandaise. M. d’Avaux le manda au roi.

Le même auteur fait entendre que le comte d’Avaux corrompait des membres de l’état: il se trompe, c’est le comte d’Estrades. Il se trompe encore sur le temps; c’était vingt-quatre ans auparavant. Voyez la lettre de M. d’Estrades à M. de Lyonne, du 17 septembre 1665.

Le même auteur ose citer l’évêque Burnet, et lui fait dire, pour exprimer un vice du prince d’Orange, que ce prince n’aimait que les portes de derrière. Il n’y a pas un mot dans toute l’histoire de Burnet qui ait le moindre rapport à cette expression si basse et si indigne de l’histoire. Et si quelque feseur d’anecdotes avait jamais prétendu que l’évêque Burnet eût laissé échapper dans la conversation un mot aussi indécent, ce témoignage obscur ne pourrait prévaloir contre une histoire authentique.

[498] L’auteur des Mémoires de Maintenon avance que le prince d’Orange, voyant que les États-Généraux refusaient des fonds, entra dans l’assemblée, et dit ces mots: «Messieurs, il y aura guerre au printemps prochain, et je demande qu’on enregistre cette prédiction.» Il cite le comte d’Avaux.

Il dit que ce ministre pénétrait toutes les mesures du prince d’Orange. Il est difficile d’entasser plus mal plus de faussetés. Les neuf mille matelots étaient prêts dès l’an 1687. Le comte d’Avaux ne dit pas un mot du prétendu discours du prince d’Orange. Il ne soupçonna le dessein de ce prince que le 20 mai 1688. Voyez sa lettre au roi, du 20 mai.

[499] On peut consulter sur ces détails les Mémoires du chevalier Dalrymple déjà cités. Nous n’en rapporterons ici qu’une anecdote. Jacques, qui, sous le règne de son frère, l’avait empêché de faire grace au lord Russel, appela auprès de lui le vieux comte de Bedford, père de Russel, et le conjura d’employer en sa faveur son crédit sur les pairs. «Sire, j’avais un fils, répondit le comte, il aurait pu vous servir.» K.

[500] Voyez les Lettres de madame de Sévigné, et les Mémoires de madame de La Fayette, etc.

[501] On attribue le même propos à Charles II. «Mon frère, disait-il, perdra trois royaumes pour une messe, et le paradis pour une fille.» On fit cette chanson, attribuée à Fontenelle:

Quand je veux rimer à Guillaume,
Je trouve aisément un royaume
Qu’il a su mettre sous ses lois;
Mais quand je veux rimer à Jacques,
J’ai beau rêver, mordre mes doigts,
Je trouve qu’il a fait ses pâques. K.

[502] Sur les écrouelles, voyez tome XVI, page 41; tome XXVIII, page 528; et, dans la Correspondance, la lettre de Frédéric II, du 27 juillet 1775. B.

[503] Le Mercure de 1753, juin, premier volume, contient, page 140, une Lettre à M. de Voltaire, sur son Histoire de Louis XIV, par M***. L’auteur de cette Lettre, qui, dans la guerre d’Irlande, combattit contre Guillaume, après quelques détails sur différents combats, demande à Voltaire comment il a «pu dire que les Irlandais s’étaient toujours mal battus chez eux.» B.

[504] On lisait dans les premières éditions, «la supériorité que les blancs ont sur les nègres.» M. de Voltaire effaça cette expression injurieuse. L’état presque sauvage où était l’Irlande lorsqu’elle fut conquise, la superstition, l’oppression exercée par les Anglais, le fanatisme religieux qui divise les Irlandais en deux nations ennemies; telles sont les causes qui ont retenu ce peuple dans l’abaissement et dans la faiblesse. Les haines religieuses se sont assoupies, et il a repris sa liberté. Les Irlandais ne le cèdent plus aux Anglais, ni en industrie, ni en lumières, ni en courage. K.—L’édition de Berlin, 1751, deux volumes petit in-12, est la seule dans laquelle on lise: «Les Anglais ont toujours eu sur les Irlandais cette espèce de supériorité que les hommes blancs ont sur les nègres.» Les éditions de 1752 ont le texte actuel. B.

[505] Les nouveaux Mémoires de Berwick disent le contraire; mais plusieurs historiens, et entre autres le chevalier Dalrymple, sont d’accord avec M. de Voltaire. Schomberg, qui avait quitté le service de France à cause de sa religion, combattit les troupes françaises à la tête des réfugiés français. Blessé mortellement, il criait aux troupes qui passaient devant lui: «A la gloire, mes amis! à la gloire!» Ces troupes ayant été mises en désordre, Callemotte, qui remplaçait Schomberg, les rallia, et leur montrant les régiments français: «Messieurs, voilà vos persécuteurs.» Ainsi les dragonnades furent une des principales causes de la perte de la bataille de la Boyne, et de l’oppression des catholiques dans les trois royaumes. K.

[506] On nie ce fait dans les Mémoires de Berwick, et Dalrymple n’en parle point. On peut voir, dans ce dernier historien, les détails de la conduite de Guillaume, qui fut politique et dur, beaucoup plus que généreux. K.

[507] La bataille de La Hogue est du 29 mai. B.

[508] Tourville avait ordre de combattre, et ce fut lui qui attaqua la flotte anglaise. Seignelai lui avait reproché de n’avoir pas osé, l’année précédente, aller brûler les vaisseaux anglais dans leurs ports, après la défaite de leur flotte. Tourville parut regarder ce reproche comme un soupçon sur sa bravoure. «Vous ne m’avez pas entendu, répliqua le ministre; il y a des hommes qui sont braves de cœur et poltrons de tête.»

Russel, qui commandait la flotte anglaise, avait une correspondance secrète avec Jacques. Lui, Marlborough, plusieurs chefs du parti populaire, avaient formé le projet de rétablir Jacques, en lui imposant des conditions encore plus dures que celles qu’ils avaient forcé le prince d’Orange d’accepter. Russel avait écrit à Jacques de remettre la descente à l’hiver, et surtout d’éviter que la flotte française n’attaquât la sienne; qu’il le connaissait incapable de sacrifier à aucun intérêt l’honneur du pavillon britannique. Jacques avait encore d’autres intelligences dans la flotte.

On a prétendu que Russel, voyant qu’on le forçait à combattre, déconcerta ces intelligences en changeant les capitaines suspects la veille de l’action. Dalrymple rapporte, au contraire, qu’on en donna le conseil au prince d’Orange, mais qu’il prit le parti de faire écrire par la reine à Russel qu’on avait cherché à lui donner des soupçons sur la fidélité de plusieurs officiers, et proposé de les changer, mais qu’elle ne ferait aucun changement, regardant ces imputations comme l’ouvrage de ses ennemis et des leurs. Russel lut publiquement la lettre, et tous jurèrent de mourir pour leur reine et pour leur patrie.

On a dit que Jacques, placé sur le rivage, voyant combattre les mêmes vaisseaux avec lesquels il avait gagné des batailles, ne pouvait s’empêcher de s’intéresser à eux contre lui-même. Cependant il avait demandé à combattre sur la flotte française. K.

[509] On a nié ce fait dans les Mémoires de Berwick. Nous observerons que M. de Voltaire a été lié intimement avec les personnes qui connaissaient le mieux les petits détails de la cour de Saint-Germain. K.

[510] En 1701, ainsi qu’on le lit page 13. B.

[511] On a poussé le ridicule jusqu’à dire que ses reliques avaient guéri un évêque d’Autun de la fistule.

[512] Voyez, tome XXI, les chapitres XXIV et XXV du Précis du Siècle de Louis XV. B.

[513] Le 29 octobre. B.

[514] Mémoires du maréchal de Luxembourg.

[515] Voyez les Anecdotes à l’article de la Chambre ardente, chap. XXVI. Il est aujourd’hui généralement regardé par les militaires comme le premier homme de guerre qui ait connu l’art de faire manœuvrer et combattre de grandes armées.

[516] On voit, par les Lettres de madame de Maintenon, qu’elle n’aimait pas le maréchal de Catinat. Elle n’espère rien de lui; elle appelle sa modestie orgueil. Il paraît que le peu de connaissance qu’avait cette dame des affaires et des hommes, et les mauvais choix qu’elle fit, contribuèrent depuis aux malheurs de la France.

[517] Plus d’un siècle après, une autre victoire a été remportée par les Français, le 26 juin 1794, sous le commandement du général Jourdan. B.

[518] Né le 2 août 1674, le duc de Chartres avait, le jour de la bataille, dix-huit ans révolus. B.

[519] Racine, dans sa lettre à Boileau, du 6 août 1693, rapporte ces paroles un peu différemment, et les met dans la bouche du comte de Solms. B.

[520] Voyez, tome XX, une note de Voltaire sur le chap. xxvii. B.

[521] Voyez tome XXXIX, page 19-20. B.

[522] Voyez chapitre xiv, page 445. B.

[523] Voyez l’Ode de Boileau, et le Fragment historique de Racine. L’expérience, dit Racine, avait fait connaître au prince d’Orange combien il était inutile de s’opposer à un dessein que le roi conduisait lui-même.

[524] Voyez chapitre XVIII, année 1703. B.

[525] Ces Mémoires de Torci ont été imprimés depuis, et confirment combien l’auteur du Siècle de Louis XIV était instruit de tout ce qu’il avance.—Les Mémoires de Torci ont été, comme on l’a vu, page 83, publiés en 1756. La note de Voltaire est de 1761; son texte est de 1752. B.

[526] Paix précipitée par le seul motif de soulager le royaume. Mémoires de Torci, tome Iᵉʳ, page 50, première édition.

[527] Giannone, si célèbre par son utile Histoire de Naples, dit que ces tribunaux étaient établis à Tournai. Il se trompe souvent sur toutes les affaires qui ne sont pas celles de son pays. Il dit, par exemple, qu’à Nimègue, Louis XIV fit la paix avec la Suède. Au contraire, la Suède était son alliée.

[528] François 1ᵉʳ, époux de Marie-Thérèse: voyez, tome XXI, le chap. XVII du Précis du Siècle de Louis XV. B.

[529] Il avait dix-huit ans, comme Voltaire le dit tome XXIV, page 64, dans son Histoire de Charles XII. B.

[530] Voltaire l’appelle Maximilien-Marie, tome XXIII, pages 28-29; et Marie-Emmanuel, tome XXIII, page 644. L’Art de vérifier les dates dit Maximilien-Emmanuel. B.

[531] Voyez les Mémoires de Torci, tome Iᵉʳ, page 52.

[532] L’auteur du Siècle de Louis XIV avait écrit la plupart de ces particularités, alors aussi nouvelles qu’intéressantes, long-temps avant que les Mémoires du marquis de Torci parussent; et ces Mémoires ont enfin confirmé tous les faits rapportés dans cette histoire.—Voyez ma note, page 504. B.

[533] Joseph-Ferdinand Léopold, destiné à la couronne d’Espagne, était né le 27 octobre 1692. B.

[534] Les bruits odieux répandus sur la mort du prince électoral de Bavière ne sont plus répétés aujourd’hui que par de vils écrivains sans aveu, sans pudeur, et sans connaissance du monde, qui travaillent pour des libraires, et qui se donnent pour des politiques. On trouve dans les prétendus Mémoires de madame de Maintenon, tome V, page 6, ces paroles: «La cour de Vienne, de tout temps infectée des maximes de Machiavel, et soupçonnée de réparer par ses empoisonneurs les fautes de ses ministres.» Il semble, par cette phrase, que la cour de Vienne eût de tout temps des empoisonneurs en titre d’office, comme on a des huissiers et des drabans. C’est un devoir de relever des expressions si indécentes, et de combattre des idées si calomnieuses.

[535] Voltaire dit Pernits, dans le chap. XXVI. Saint-Simon écrit Berlips; voyez pages 278, 445 du tome II de l’édition de ses Mémoires en vingt volumes in-8º. B.

[536] Reboulet suppose que cet ambassadeur fut reçu d’abord magnifiquement. Il fait un grand éloge de sa livrée, de son beau carrosse doré, et de l’accueil tout-à-fait gracieux de sa majesté. Mais le marquis, dans ses dépêches, avoue qu’on ne lui fit nulle civilité, et qu’il ne vit le roi qu’un moment dans une chambre très sombre, éclairée de deux bougies, de peur qu’il ne s’aperçût que ce prince était moribond. Enfin, les Mémoires de Torci démontrent qu’il n’y a pas un mot de vrai dans tout ce que Reboulet, Limiers, et les autres historiens, ont dit de cette grande affaire.

[537] Il y avait toujours un parti français à la cour d’Espagne. Les chefs de ce parti imaginèrent de faire accroire au roi qu’il était ensorcelé, et l’on envoya consulter, en conséquence, le plus habile sorcier qu’il y eût alors dans toute l’Espagne. Le sorcier répondit comme on le desirait, mais il eut la maladresse de compromettre dans sa réponse des personnes très considérables; ce qui fournit à la reine, contre qui cette intrigue était dirigée, et qui n’osait s’en plaindre, un prétexte pour perdre le sorcier et ses protecteurs. (Mémoires de Saint-Philippe). K.

[538] Quelques mémoires disent que le cardinal Portocarrero arracha du roi mourant la signature de ce testament; ils lui font tenir un long discours pour y disposer ce monarque: mais on voit que tout était déjà préparé et réglé dès le mois de juillet. Qui pourrait d’ailleurs savoir ce que dit le cardinal Portocarrero au roi tête à tête?

[539] Voyez, dans le volume suivant, le chapitre (XXVII) des Anecdotes.

[540] Voyez les Mémoires de Torci, tome Iᵉʳ, page 12.

[541] A ne considérer que la justice, cette question était délicate. Le traité de partage liait Louis XIV; mais il n’avait aucun droit de priver son petit-fils d’une succession qui était indépendante de son autorité. Il avait encore moins celui de donner à l’Espagne un autre maître que celui qui était appelé au trône par la règle ordinaire des successions, par le testament de Charles II et le consentement des peuples. Le traité fait avec l’Angleterre paraît donc injuste; et ce n’est pas de l’avoir violé, mais de l’avoir proposé, qu’on peut faire un reproche à Louis XIV. Devait-il regarder comme absolument nul cet engagement injuste, ou devait-il, en laissant la liberté à son petit-fils d’accepter ou de refuser, se croire obligé à ne lui point donner de secours contre les puissances avec lesquelles il avait pris des engagements? La guerre qu’elles feraient au nouveau roi d’Espagne n’était-elle point évidemment injuste? Et l’engagement de ne pas défendre son petit-fils, injustement attaqué, aurait-il pu être légitime? K.

[542] Malgré le mépris où sont en France les prétendus Mémoires de madame de Maintenon, en est pourtant obligé d’avertir les étrangers que tout ce qu’on y dit au sujet de ce testament est faux. L’auteur prétend que lorsque l’ambassadeur d’Espagne vint apporter à Louis XIV les dernières volontés de Charles II, le roi lui répondit: Je verrai. Certainement le roi ne fit point une réponse si étrange, puisque, de l’aveu du marquis de Torci, l’ambassadeur d’Espagne n’eut audience de Louis XIV qu’après le conseil dans lequel le testament fut accepté.

Le ministre qu’on avait alors en Espagne s’appelait Blécour, et non pas Belcour. Ce que le roi dit à l’ambassadeur Castel dos Rios, dans les Mémoires de Maintenon, n’a jamais été dit que dans ce roman.

[543] Guillaume III, né, suivant les uns, le 14 octobre 1650, suivant les autres, le 13 novembre, est mort le 16 mars 1702, avant d’avoir atteint sa cinquante-deuxième année. Il était dans la cinquante et unième au commencement de 1701. B.

[544] Du moins c’est ce que rapportent les Mémoires manuscrits du marquis de Dangeau. Ils sont quelquefois infidèles.

[545] Cet alinéa fut ajouté dans l’édition de 1752. Des changements et additions furent aussi faits à ce qui précède et à ce qui suit. B.

[546] Il paraît, d’après les notes des Mémoires de Berwick, que Louis XIV avait pris sa résolution avant la mort de Jacques, et qu’ainsi le conseil, dont en a parlé ici, fut tenu avant la troisième visite de Louis XIV à ce prince, celle où il déclara au malheureux Jacques qu’il reconnaîtrait son fils pour roi d’Angleterre. K.