WeRead Powered by ReaderPub
L'hôtellerie sanglante cover

L'hôtellerie sanglante

Chapter 43: TABLE
Open in WeRead

About This Book

The narrative opens in the early 1800s along a slow post-road between regional towns and follows two weary travelers who stop at a provincial inn run by an ostentatious host. The surrounding canton is portrayed as gripped by fear of organized bands, so that locals travel armed and take elaborate nightly precautions. Through detailed scenes of carriages, roadside meals, and inn routines, the story shifts into a crime-adventure that weaves local color with mounting suspense, conspiratorial violence, and the ominous atmosphere that coalesces around the establishment and its visitors.

XVIII

LA MONTRE PARLE

A l'heure précise où se jouait, dans la demeure de Denise Hattier, le drame que nous venons de mettre sous les yeux du lecteur, la scène suivante se passait au hameau des Armoises, dans cette chambre du moulin que le meunier Aubry avait cédée à notre ami Philippe et à la Benjamine pour y abriter leur bonheur.

Florence s'était assise sur les genoux de Philippe. Son doux visage se cachait sur l'épaule du lieutenant. Les boucles de sa chevelure tombaient comme un voile opulent jusque sur son sein, que les battements de son cœur agitaient. A un mouvement qu'elle fit, quelque chose étincela parmi ces boucles dorées. Le frère de Denise demanda:

—Qu'est-ce que cela?

—C'est le cadeau de mon frère aîné, répondit la fillette avec insouciance: une chaîne au bout de laquelle il y a un médaillon, une montre,—je ne sais quoi,—voulez-vous voir?

—Ma foi, repartit l'officier en riant, je ne serais pas fâché de m'édifier un brin sur la magnificence du citoyen Joseph, que je considérais entre nous comme le chef d'état-major de l'armée des rats et des pingres.

La Benjamine ôta sa chaîne de son cou et tendit le bijou à Philippe. Celui-ci le regarda d'abord avec une curiosité tranquille. Puis, tout à coup, il pâlit; sa figure exprima une surprise indicible; il se leva brusquement,—écartant Florence du geste...

Il y avait une lampe allumée sur une table. Le lieutenant courut à cette table. Il mit la montre en pleine lumière, la tourna et la retourna, l'examina d'un œil hagard et finit par s'écrier:

—Non, sacrodioux! je ne me trompe pas!... C'est celle qu'il a tirée de son gousset à Charmes!... Celle qu'il a consultée à l'heure du départ...

Il se martela le front de ses deux poings fermés:

—Et c'est entre les mains de ma femme!...

Il n'acheva pas...

Ses jambes flageolèrent comme s'il avait reçu un coup de massue sur le crâne, et il se laissa tomber lourdement sur une chaise en arrachant sa cravate comme un homme qui se sent suffoquer...

Florence s'élança vers lui:

—Philippe, mon, cher Philippe, qu'avez-vous?

—De l'eau! râla l'officier. De l'eau, au nom du ciel! J'étouffe!...

La Benjamine se précipita vers la porte... Mais lui, se redressant avec effort:

—Non, n'appelez pas!... Restez!... Venez ici!...

Elle s'approcha,—pantelante. Il lui montra du doigt la montre sur la table:

—Ce bijou, de qui le tenez-vous? Répondez, et ne cherchez pas à me tromper...

—Je n'ai jamais menti, balbutia la jeune fille. Ce bijou, je le tiens de mon frère...

—Ah! gronda le lieutenant, ah! c'est de votre frère que vous tenez cette montre.... Cette montre qui a appartenu au marquis des Armoises?...

—O ciel!

—Au marquis des Armoises qu'on a assassiné...

—Mon Dieu!...

—Cette montre, qui a été volée sur un cadavre...

Les genoux de Florence fléchirent,—et, d'une voix suppliante, étranglée, à peine distincte:

—Grâce! pitié! pardon! gémit-elle. Ce n'est pas moi qui ai volé! Ce n'est pas moi qui ai tué!...

Hattier était debout. Son œil était devenu perçant comme l'acier d'une épée. Sa parole était sèche et dure:

—Ce n'est pas vous?... Qui donc, alors?...

La Benjamine resta muette... L'officier reprit avec une ténacité sombre:

—Ce n'est pas vous, soit. J'y consens. Mais vous avez hérité des dépouilles de la victime, vous connaissez les voleurs et les assassins,—et vous allez me les nommer, si vous ne voulez pas que je croie que vous faites partie de leur bande...

—Seigneur! murmurait la malheureuse agenouillée, Seigneur, l'instant de l'expiation est-il donc arrivé!... Mais non, tout cela est faux. C'est un rêve. Il y a de ces cauchemars. On souffre, on pleure, on se débat, on veut crier, puis on s'éveille...

Le réveil, ce fut cette sommation, répétée par le frère de Denise:

—Parlez. Il faut que la vérité éclate. Il faut que la justice ait son cours...

—Parler! sanglota Florence. Mais je ne peux pas! Je ne peux pas!...

Elle se traînait aux pieds du lieutenant. Elle cherchait à lui prendre les mains. Elle redisait avec un accent déchirant:

—Philippe!... Mon maître!... Mon mari!...

Hattier frappa le parquet du talon:

—Je ne suis plus votre mari. Je suis le soldat de la loi. Un crime a été commis. Vous m'en livrerez les auteurs, ou, sur l'honneur, je vous traiterai comme leur complice!

La Benjamine se releva, raide, rejetant en arrière ses magnifiques cheveux, et, regardant l'officier comme si elle eût attendu de lui son arrêt de vie ou de mort:

—Réservez-moi le sort qu'il vous plaira, prononça-t-elle: mais, pas plus que les larmes de votre sœur, vos menaces ne m'arracheront un secret qui n'est pas le mien.

Ceci était dit de telle façon que Philippe comprit tout d'un jet:

—Ah! pauvre fille! pleura-t-il.

Et il n'eut pas la force de refuser à cette grande infortune l'appui de sa poitrine et de ses bras ouverts. Les deux époux demeurèrent un moment embrassés. Puis, le brave garçon reprit avec douleur:

—Pauvre fille, tu fais ce que tu crois être ton devoir!...

Il se dégagea de l'étreinte et ajouta:

—Laisse-moi donc accomplir le mien!...

Il se dirigea vers la fenêtre, et appela au dehors:

—Holà! vous autres, montez tous!

.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

Dans la cour du moulin, les gendarmes trinquaient avec le meunier Aubry, autour d'un tierçon de vin de la Moselle mis en perce pour la circonstance, et le brigadier Jolibois pérorait en manière d'épithalame:

—Je profite de l'occasion solennelle, conjugale et cérémonieuse pour porter conjointement la santé du lieutenant, qui est—militairement parlant—la fine crème des supérieurs; item, celle de la lieutenante, au nom des camarades ci-inclus, dont je suis l'interprète unanime.

On applaudit à ce style élevé.

Riche-en-Bec savourait les compliments de l'auditoire avec la fausse modestie de l'orateur habitué aux succès, quand l'appel du frère de Denise retentit, comme le boute-selle, au milieu des buveurs. Ceux-ci coururent en tumulte à la chambre nuptiale, où ils trouvèrent le marié en train de boucler son ceinturon. Affaissée contre le lit la mariée semblait prier.

—Brigadier, demanda Philippe, vos hommes sont-ils en état de marcher?

—Mon lieutenant, commença Jolibois, mes hommes sont toujours prêts,—corporellement parlant,—ayant mélangé la modération au plaisir, selon le précepte du sage...

L'officier l'interrompit en désignant les bouquets qui fleurissaient les carabines des gendarmes:

—Enlevez-moi cela. Chargez les armes. Nous partons en expédition.

—Cette nuit? questionna Riche-en-Bec ahuri.

—A l'instant.

L'étonnement touchait à son comble.

Sans y prendre garde, Philippe dégaina.

Ses traits étaient livides...

Mais sa voix, son pas restaient fermes. Il alla à la Benjamine, tenant son sabre de la main droite, et, posant la gauche sur l'épaule de la jeune femme:

—Citoyenne Hattier, prononça-t-il suivant la formule usitée alors, au nom de la loi, je t'arrête.

XIX

AUTOUR DU TRÉSOR

Au Coq-en-Pâte, ce n'était pas un repas proprement dit, à invitations faites d'avance et à services réguliers. La vieille coutume lorraine était alors de célébrer les épousailles par une sorte de bal, entouré de tables toujours servies, où chacun, entre les danses, s'asseyait à sa volonté. Sur ces tables abondaient les victuailles de toutes sortes. Le vin coulait à discrétion. Deux ménétriers menaient le branle, debout sur des cuves retournées sens dessus dessous: l'un s'époumonait dans une clarinette, l'autre grinçait du violon. On se trémoussait dans la cour, dans le jardin et jusque dans le verger,—sur l'herbe qui recouvrait les morts!...

Ah! dame! si on l'avait su!...

Mais l'on ne savait pas encore!...

On avait accroché des lanternes aux arbres et disposé un cordon de lampions sur des planchettes supportées par des pieux. Tout allait pour le mieux à la clarté de ces illuminations primitives. Trois des commis-voyageurs que nous avons remarqués, le matin même, au Grand-Vainqueur, se distinguaient par la hardiesse de leurs flicflacs et de leurs jetés-battus. François et Sébastien Arnould n'en pouvaient plus d'avoir courtisé les poulettes à la force du poignet. Leur sœur Marianne avait déjà mis sur les dents six des gars les plus renommés pour la vigueur de leur jarret.

Parmi les commensaux de l'hôtellerie, seul, avec l'aîné des Arnould, master Joë Blagg manquait à la fête...

Mais quoi! l'habitude de s'ivrogner avant la fin de la journée! On l'avait évacué sur sa chambre où il ronflait à l'instar du serpent de la paroisse.


Vers les onze heures, les deux jumeaux entrèrent dans la cuisine pour se réconforter. Agnès Chassard plaça devant eux un de ces gâteaux secs appelés casse-meusés (casse-museaux) et une bouteille d'eau de cerises. Puis, elle déclara qu'elle allait se coucher.

Quand elle se fut retirée:

—Çà, fit François allègrement, avalons un morceau et pintons un gobelet. Voici venir bientôt le moment décisif. Il s'agit de ne pas bouder sur la fatigue.

Il remplit leurs verres jusqu'aux bords:

—A ta santé! Le kirsch de Fougerolles est une bonne chose. Il nous réchauffera les idées.

Sébastien lui arrêta le bras:

—Minute! Pas de bêtise! Causons avant de boire!

Et, comme l'autre le considérait avec surprise:

—La mère, poursuivit-il, n'a fait aucune grimace pour nous apporter la bouteille...

—Après?

—Cette bouteille était préparée là-bas sur le buffet. Elle nous attendait. On n'a pas eu besoin de descendre la quérir à la cave...

—Eh bien?

—Eh bien, c'est louche... En sus, Joseph qui ne revient pas, et Marianne qui a l'air de nous éviter, lorsque nous étions convenus que l'on en finirait ensemble cette nuit... Gageons qu'ils s'entendent tous les trois pour nous jouer un pied de cochon...

—Tu penserais?...

—Je pense que Marianne et Joseph sont d'accord pour confisquer à leur profit les économies de la vieille, comme Joseph est résolu à nous souffler la dentelière,—la dentelière, dont il n'a pas pipé un mot depuis l'histoire du pavillon et ce satané coup de fusil qui a été si près de nous en débarrasser. Notre aîné nous a reconnus. C'est un gaillard qui n'oublie rien. Il nous rendra le noyau de ma prune...

François frappa du poing sur la table:

—Jour de Dieu! si j'en étais sûr!...

Sébastien lui imposa silence du geste et entonna ce couplet d'une chanson patriotique:


Nous portons dans notre hotte
La besace d'un citoyen;
C'est un petit sans-culotte
Qui sera républicain...


Tout en chantant, il se levait doucement et rasait les murs de la cuisine jusqu'à la porte par laquelle était disparue Agnès Chassard...

Parvenu à cette porte, il l'ouvrait toute grande, brusquement...

Le battant tiré ne laissa voir que le vide. Sébastien le referma avec un mouvement de satisfaction. Puis, il revint vers la table, prit la bouteille et les deux verres, et alla en répandre le contenu dans les cendres de la cheminée...

Puis encore, il dit en se rasseyant:

—Joseph a été aperçu hier chez l'apothicaire à Mirecourt.

Il héla avec précaution:

—Turc! holà! ici, Turc!...

Le fidèle molosse de la veuve, qui rôdait çà et là dans la cuisine,—s'approcha en grondant.

Le paysan coupa la moitié du gâteau et la lui présenta en le flattant de la voix et en le caressant de la main:

—Tiens, ma bête, il faut que tout le monde vive...

Ensuite, s'adressant à son frère, qui le regardait faire, étonné:

—On ne peut arriver au caveau où est le magot de la vieille qu'en traversant l'endroit où nous sommes. Gardons la position quand même. Les circonstances nous conseilleront. Ils sont trois contre nous, c'est vrai: la mère, la Marianne et Joseph. Mais nous avons cette chance qu'on nous croira défunts...

—Défunts?

—Hé! oui, compère: remouche plutôt si je n'ai pas eu raison de me défier de la pâtisserie de famille...

Il allongea l'index vers le chien. Celui-ci, qui avait dévoré avec avidité le morceau de gâteau qu'on lui avait offert, oscillait sur ses quatre pattes étrangement écartées, et ses poils se hérissaient comme ceux d'un chat en colère. Il essayait d'aboyer. Ses mâchoires s'entrechoquaient et son cou s'agitait affreusement. Aucun son n'en sortait. Il étranglait positivement.

Tout animal qui se sent mourir veut fuir. Le molosse fit un grand effort pour bondir en avant. Mais il ne put que tourner sur lui-même avec une rapidité qui donnait le vertige. Sa gueule s'entourait maintenant d'une mousse rougeâtre. Quand il s'arrêta, il tomba raide-mort.

.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

Le coucou de la Salle des Voyageurs marquait le quart avant minuit, lorsque la porte de cette salle, qui précédait, on se le rappelle, le poêle où couchait Agnès Chassard, roula sans bruit sur ses gonds soigneusement huilés et démasqua la haute et anguleuse silhouette de la veuve.

Celle-ci demeura un instant sur le seuil sans avancer et tendit l'oreille avec inquiétude. Elle était enveloppée d'une mante, sous laquelle elle dissimulait une lanterne sourde allumée. L'obscurité et le silence le plus complets régnaient dans la cuisine. La veuve éleva sa lanterne et en dirigea l'âme sur le point où elle avait laissé ses deux fils cadets une heure environ auparavant.

François, le buste et la tête sur la table, les jambes ramassées sous sa chaise, semblait dormir d'un sommeil de plomb. Sébastien gisait, étendu sur le ventre, à quelque distance de son frère. La lampe renversée était auprès de lui. L'une de ses mains serrait un verre vide: l'autre se crispait autour du goulot de la bouteille de kirsch brisée.

L'hôtesse branla le front:

—Ils sont plus vieux que moi à présent, grogna-t-elle. Joseph ne m'avait pas trompée. La poudre a produit son effet.

Puis, sans accorder plus d'attention aux jumeaux, elle prit la route qu'avait suivie la Benjamine, la nuit de l'arrivée au Coq-en-Pâte d'Anthime Jovard avec l'enfant et du marquis des Armoises: le corridor qui aboutissait à la cour, l'espèce de poterne secrète qui le coupait par le milieu, et qu'elle ouvrit à l'aide d'un trousseau de grosses clés pendu à sa ceinture, et le couloir qui conduisait à la salle souterraine où nous avons fait assister le lecteur à l'orgie qui préluda au meurtre du colporteur et de Gaston.

Des échos de la fête lui parvenaient par bouffées: rires et cris lointains, refrains et crincrins assourdis. En les écoutant, la vieille femme grommelait:

—Sautez, hurlez, mordez à mon pauvre bien! Si tout le hourvari de cette noce maudite ne recouvrait pas mes projets, comme je vous aurais balayé avec mes ongles et mes dents tous ces meurt-de-faim du village?

Ses clés jouèrent de rechef.

Elle traversa la vaste salle dans laquelle nous avons déjà introduit le lecteur.

A l'extrémité de cette cave, avons-nous dit jadis, il y avait comme une ébauche d'escalier. La veuve en gravit les dix ou douze marches en personne habituée de longue date à ce chemin. En montant, elle marmottait:

—C'est dans une heure que Joseph mettra le feu à la baraque. Je n'ai rien fermé derrière moi pour qu'il pût me rejoindre ici. Les voûtes sont solides. Elles défient l'incendie. Demain matin, si la flamme a fait son œuvre en conscience, j'aurai commencé à hériter de mes enfants...

Sous ses cheveux gris, qui pendaient flasques, sa figure maigre avait un sourire sinistre. Elle continua à penser tout haut:

—Hé! hé! il m'a demandé cher, Joseph, pour m'aider à me délivrer de ces mange-tout de Sébastien et de François!... La moitié de ce que j'ai mis trente ans de ma vie à amasser! Oui, mais la moitié de ce qu'il verra, s'entend: on a le temps de s'arranger.


Au bout des marches, une troisième porte, une porte de fer, s'encastrait dans une solide maçonnerie. Une porte parfaitement plane, sans verrou, boulon, ni serrure. Ainsi cuirassée, elle datait de l'époque où les derniers soldats de l'indépendance lorraine opposaient une résistance désespérée aux troupes victorieuses de Louis XIV, commandées par le maréchal de Créquy. A la suite de la prise de Lamotte, leur suprême boulevard, rasé après un siège héroïquement soutenu, ces hardis partisans avaient établi là une sorte de place d'armes et de dépôt de munitions. Plus tard, les prédécesseurs de Jean-Baptiste Arnould s'étaient servis de ces substructions pour soustraire à la vigilance de la gabelle un entrepôt de sel et de tabac de contrebande.


Agnès Chassard pressa du pied une dalle—à elle connue—qui faisait mouvoir un ressort. Aussitôt, la porte se dédoubla, ou plutôt une armure de tôle qui recouvrait la véritable porte, en chêne massif, s'abîma lentement dans une rainure pratiquée entre les marches. La véritable porte avait une large serrure, dont les quatre pênes s'enfonçaient profondément dans leurs gâches.

L'hôtelière eut de nouveau recours à son trousseau de clefs. Pendant qu'elle choisissait dans le nombre celles qu'elle allait employer:

—C'est égal, poursuivit-elle, la Marianne est encore debout... Une terrible gale, celle-là, et qui me rongera jusqu'à mon dernier sou, si elle ne me met à la torture, un jour ou l'autre, pour me faire suer mon secret... Mais bah! je lâcherai Joseph sur la Marianne, et je les enterrerai tous les deux.

La serrure grinça sous son poignet nerveux. La porte céda sous une pesée de son épaule, robuste en dépit de l'âge. La veuve pénétra dans une espèce de galerie, ventilée par des soupiraux en forme de meurtrières, et dont les profondeurs s'évanouissaient dans un fond de ténèbres humides. C'était l'ancien arsenal des Partisans.

Au premier plan de cette galerie s'alignait une rangée de ces hauts pots de grès dans lesquels les ménagères de la campagne tassent le beurre fondu qu'elles conservent pour l'usage de la maison ou qu'elles envoient vendre à la ville.

La lanterne sourde jetait de vagues lueurs qui miroitaient à l'orifice de ces pots, sur un trop-plein de petits disques de métal, rutilants dans l'ombre comme des yeux de lion...

C'était, en effet, dans ces récipients rustiques qu'Agnès Chassard amoncelait ce qu'elle appelait ses économies...

C'était par pots qu'elle comptait,—comme les Hindous par laks de roupies. C'était devant ces idoles de grès qu'elle venait s'agenouiller toutes les nuits, tremblant au moindre bruit qui s'élevait derrière elle, au sable qui craquait sous ses pas, au vent qui s'engouffrait dans les soupiraux, à la chauve-souris qui cognait son aile contre la muraille. C'était pour ajouter à son trésor sacré un louis, un écu, un liard, qu'elle allait vêtue comme la plus misérable des servantes; qu'elle eût laissé volontiers son buffet vide, son âtre froid; qu'elle se nourrissait de miettes, qu'elle n'était prodigue que de verrous, qu'elle tuait et pillait ses hôtes, et qu'elle s'arrangeait pour «enterrer» ses enfants! Est-ce qu'on a besoin de famille avec une passion comme la sienne? Est-ce qu'on a besoin d'amour? Est-ce qu'on a de besoin de Dieu? L'avarice est à la fois sans bornes et sans désirs: elle s'accroît et elle se suffit d'elle-même.


Pour le moment, la veuve songeait aux choses présentes.

—Je vais, murmurait-elle, porter là-bas dans l'autre caveau, un ou deux de mes pots de pièces de six francs. Puis, je cadenasserai la porte sur le reste,—et lorsque Joseph arrivera, je lui dirai: Voici ta part...

Elle eut un rire silencieux.

—Une part qui me reviendra plus tard. Je suis forte et sobre. Je vivrai cent ans...

Son sourcil se fronça sous une idée subite:

—Si Joseph allait ne pas vouloir se contenter?...

Elle réfléchit une minute; puis, avec une grimace de satisfaction:

—Bon, la tôle de la porte défierait le canon. Moi seule j'en connais le ressort. D'ailleurs, je donnerai à espérer à Joseph qu'il aura tout après ma mort...

Elle prit un des pots dans ses bras comme un marmot chéri et se mit en devoir de regagner la première salle...

Mais comme elle dépassait le seuil de la galerie, quelque chose comme le rugissement d'une tigresse à qui l'on arrache ses petits sortit de sa bouche rentrée: sa fille aînée, Marianne, était debout sur l'une des marches de l'escalier.


Lorsque Agnès Chassard s'imaginait être d'accord avec son fils aîné pour se défaire de François et de Sébastien, c'était au contraire Joseph et la grande fille qui s'étaient entendus pour se débarrasser des jumeaux d'abord, et de la vieille femme ensuite.

Seulement, chacun des deux associés avait modifié—à son profit—le plan de son complice.

L'androgyne comptait fuir, en compagnie du prétendu Joë Blagg, sans attendre les résultats de l'incendie nécessaire pour faire disparaître—avec celui de la matrone—les cadavres des deux cadets empoisonnés. Elle se chargeait de venir à bout de l'hôtesse. Tout l'argent monnayé caché par cette dernière devait être son lot de butin. De son côté, Joseph se réservait in petto d'empêcher sa sœur de partir avant qu'elle n'eût rendu gorge.

Nous avons vu comment son aventure au pavillon du garde l'avait placé dans l'impossibilité absolue de donner suite à ses projets. Au Coq-en-Pâte, on ignorait encore cette aventure.

Approchant minuit, Marianne avait quitté le bal pour venir heurter à la chambre du soi-disant domestique de mynheer Van Kraëck:

—Etes-vous prêt? avait-elle demandé à voix basse.

La chambre s'était ouverte sur-le-champ:

—Toujours prêt à l'invocation de la beauté, avait répondu Joë Blagg. Débagoulez, mon cœur. Qu'est-ce qu'il y a à brocanter pour votre adorable service?

—Votre homme est-il à son poste,—l'ami de Contrexéville, dont vous m'avez parlé,—avec une voiture?

—Mon ami Pascal Grison?... Un peu qu'il doit y être, à son poste!... Réglé comme un papier de musique!...

La grande fille avait allongé la tête.

—Voici la vieille qui sort du poêle pour se rendre à l'endroit où elle croit que Joseph va venir la retrouver... Ne bougez pas: quand j'aurai fini ma besogne, je vous appellerai pour m'aider à transporter le magot.

Elle était redescendue rapidement au rez-de-chaussée et s'était faufilée sur les pas de sa mère. En marchant, elle ne faisait pas plus de bruit qu'une mouche. Jamais Indien n'avait rampé plus silencieusement sur le sentier de la guerre.

A peine avait-elle disparu, que son interlocuteur était rentré dans la chambre, avait couru à la fenêtre, s'était penché au dehors et avait fredonné mezza voce:

A la Monaco
L'on chasse et l'on déchasse...

Quelques minutes plus tard, Joë Blagg et les trois commis-voyageurs suivaient la piste des deux femmes.

Dans la cuisine, il n'y avait plus que le corps du chien Turc, raide comme un bâton et déjà froid, sous un bahut.

.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

A l'aspect de Marianne, les bras d'Agnès Chassard se desserrèrent d'épouvante et lâchèrent le pot de grès, qui se brisa avec fracas sur le granit de l'escalier.

Une cascade d'écus ruissela de degré en degré, avec un bruit argentin.

L'androgyne se baissa vivement et ses mains s'abattirent sur l'argent éparpillé.

La veuve la regardait, immobile. Il n'y a point de mot pour peindre la détresse qui l'écrasait. La vigueur, dont elle avait fourni la preuve quelques instants auparavant, s'était affaissée d'un seul coup. Le sang-froid, qui était sa maîtresse force, semblait l'avoir abandonnée. Il ne restait en elle qu'un misérable débris humain, incapable de toute résistance.

Lorsque Marianne se redressa, elle avait au poing un couteau dont la lame jetait des étincelles.

Un frisson courut de la plante des pieds de la vieille femme jusqu'à son crâne, où ses cheveux blancs, agités, soulevèrent le capuchon de sa mante.

—Je t'offre le partage, balbutia-t-elle.

—Pas de partage! répondit l'androgyne.

Les mains de l'hôtesse se tordirent en rendant le bruit sec des osselets qu'on remue. Sa voix piteuse sanglota:

—Turc!... Joseph!... Personne ne vient! Personne ne m'entend! Personne ne me défendra!... C'est la fin!... Je vais mourir!... Je n'ai pas peur de mourir... Mais mon bien! mon bien! mon bien!...

Deux larmes rayèrent le parchemin plissé de sa face...

—Tiens, je te donne tout, supplia-t-elle, pourvu que tu me laisses te le garder...

—Je prends tout et je le garde moi-même, riposta Marianne.

Elle fit un pas, le couteau levé.

—Tout! fit une voix goguenarde; eh bien! qu'est-ce qui va nous rester?...

La mère et la fille poussèrent une exclamation de terreur:

—François!...

—Sébastien!...

Les jumeaux s'avancèrent, souriants et ironiques:

—Bonsoir, petite sœur, dit le premier. Excellente l'eau de cerises droguée. Demande aux cendres du foyer: elles l'ont absorbée jusqu'à la dernière goutte.

—Serviteur, la maman, ajouta le second. Inutile de s'égosiller. Le caniche a goinfré la moitié du gâteau. Defunctus est. Respect et paix à sa mémoire.


La vue des survenants, des survivants, remua Agnès Chassard comme une décharge d'électricité. Elle parut grandir sur ses jarrets raffermis. Ses joues maigres s'enflèrent. L'énergie lui revenait avec l'espérance. Il allait y avoir bataille pour la conquête du trésor. Si les deux gars et la grande fille s'entretuaient, par bonheur!

Et, de fait, la furie de l'or flambait dans tous les yeux. On pressentait un duel à quatre, sans retard, sans trêve ni merci...

L'hôtesse, qui avait repris courage, fouilla sous les plis de sa mante et la batterie d'un pistolet craqua entre ses doigts noueux. Marianne n'avait que son couteau. Elle se rangea résolument du côté du pistolet contre François et Sébastien, qui brandissaient, celui-ci une hache, celui-là un merlin...

Comme les deux groupes se préparaient à se ruer l'un sur l'autre, la lanterne sourde s'éteignit brusquement...

La nuit se fit,—soudaine, épaisse, impénétrable...

Puis un coup de feu retentit...

On entendit un cri de femme, suivi de la chute d'un corps...

Puis, encore, un organe gouailleur éclata dans le silence et dans l'obscurité:

—Hé! là-bas, douces gens de l'aimable famille, est-ce qu'on se déchire sans y voir clair? Patientez-un brin, palsambluche! On va vous tenir la chandelle!...


Le caveau s'emplit de lumière, de bruit et de foule...

Et une demi-douzaine de torches,—qui firent irruption du dehors, portée par des paysans,—éclairèrent l'ami Joë Blagg, ou, si vous préférez, Décadi Fructidor et ses trois acolytes, les prétendus commis-voyageurs, couchant chacun en joue—car eux aussi avaient des pistolets,—un membre de la famille Arnould empoigné au collet...

Derrière eux étaient entrés le lieutenant Philippe, le sabre nu, le brigadier Jolibois—physiquement parlant—et les gendarmes, la carabine en arrêt, au milieu desquels Joseph Arnould était mené en laisse par les deux agents Rossignol et Pascal Grison.

Enfin, sur le seuil de la cave apparaissaient M. de Bernécourt, les citoyens Thouvenel et Pommier, et le docteur Huguenin soutenant Denise Hattier, qui avait son enfant dans ses bras...

Entre le groupe des aubergistes et celui des gendarmes un cadavre gisait...

C'était celui de Florence Arnould, dans ses atours de mariée tachés de sang.

Comme la force armée et les magistrats envahissaient le Coq-en-Pâte, la fillette leur avait échappé. Elle ne doutait point que sa mère, sa sœur aînée et ses deux frères ne fussent dans le souterrain. Elle voulait leur crier de fuir. Et, se glissant entre Décadi et ses hommes, qui atteignaient la porte du caveau, elle s'était précipitée à l'aveuglette.

En ce moment, Agnès Chassard tirait—du haut de l'escalier—dans la direction où elle supposait être François et Sébastien...

Mais les jumeaux s'étaient jetés à plat ventre pour éviter le coup. La balle avait frappé la Benjamine au cœur!...

La stupeur générale se concentra, d'abord, sur ce corps sanglant qu'Agnès Chassard et le reste des Arnould considéraient avec un étonnement dépourvu de toute espèce d'émotion.

Puis, tous les regards s'en furent—du même mouvement—chercher le visage de Philippe.

Quelle explosion de sentiments allait déterminer chez le brave garçon cette catastrophe inattendue, dont on devinait l'auteur,—le pistolet fumait encore dans la main de la vieille femme,—mais dont on ne pouvait, pour l'instant, s'expliquer la cause et les circonstances préliminaires?

Le lieutenant se montra sublime d'impassibilité et de résignation. Il marcha—droit et ferme—à Florence expirée, et, comme le docteur Huguenin faisait mine de s'approcher:

—C'est inutile, dit-il. J'ai vu plus d'un de mes camarades tomber ainsi à l'ennemi,—et la balle qui tua l'héroïque Desaix était entrée à la même place.

Il s'agenouilla près de la pauvre morte, lui souleva la tête et l'embrassa au front. Puis, se redressant, il murmura:

—Il vaut mieux qu'il en soit ainsi. Le nom que m'a légué mon père n'ira point devant les tribunaux.

Denise l'étreignit en sanglotant. Il lui désigna le cadavre:

—Prie sur cette malheureuse et demande au Seigneur de la recevoir dans le sein de sa miséricorde. Moi, je vais aider la justice à la venger...

Ensuite, se retournant vers M. de Bernécourt:

—Vos ordres, citoyen directeur?

—Mon cher Hattier, fit le magistrat, tout déferré de cette force d'âme, il me semble que le brigadier Jolibois pourrait vous suppléer dans le triste devoir qui vous reste à remplir.

—Et pourquoi cela, je vous prie?...

—L'immense douleur que vous devez éprouver, et à laquelle nous compatissons tous... Les soins à prendre des restes de cette infortunée... Les liens de famille qui vous attachent aux coupables...

Philippe montra la Benjamine:

—Le lien est brisé, citoyen. Ma sœur s'occupera de ma femme. Les assassins et les voleurs ne seront jamais de ma famille.

Et, s'adressant à Décadi Fructidor et à ses compagnons:

—Remettez vos prisonniers entre les mains de mes hommes. C'est à la gendarmerie qu'appartient la garde de ces misérables. J'avais juré de les conduire à l'échafaud: rien ne m'empêchera de tenir mon serment.

XX

ÉPILOGUE

Le lendemain de l'arrestation des propriétaires de l'Hôtellerie sanglante,—tel est le nom dont fut dès lors baptisé le Coq-en-Pâte,—des fouilles pratiquées dans le verger y attenant, sous la direction des citoyens Thouvenel et Pommier, amenèrent la découverte d'une quantité d'ossements suffisante pour reconstituer près de soixante cadavres. Songez que la famille Arnould avait exercé pendant plus de vingt ans son abominable industrie.

Ajoutons, avec les pièces du procès, que l'identité de la majeure partie de leurs victimes n'ayant pu être légalement établie, les aubergistes de Vittel eurent à répondre, devant la cour d'assises des Vosges, du fait d'assassinat «commis sur nombre de personnes demeurées inconnues malgré toutes les recherches opérées à cet égard

L'instruction de l'affaire se prolongea près d'un an. Elle fut confiée au citoyen Pommier, dont il existe encore, je crois, des descendants à Mirecourt, et de la juridiction duquel dépendait le canton, théâtre de ces atrocités. Les débats durèrent trois jours. La déclaration du jury fut affirmative, à l'unanimité des voix, sur toutes les questions posées. En conséquence, Agnès Chassard, veuve Arnould, ses fils Joseph, François et Sébastien, et sa fille Marianne furent condamnés à la peine de mort. En outre, la Cour, «voulant élever le spectacle de l'expiation à la hauteur des forfaits qui avaient motivé celle-ci,» décida que les condamnés seraient menés au supplice vêtus de longues robes rouges et que lecture de leur arrêt leur serait faite au pied de l'échafaud.


La quintuple exécution eut lieu à Epinal une année, presque, jour pour jour, après la découverte et l'arrestation des coupables.


Extraits à midi de la prison départementale, pendant que la cloche de l'église sonnait le glas des agonisants, les «gens de Vittel» furent conduits dans deux charrettes sur la petite place de Grève où la guillotine se dressait. Joseph, François et Sébastien avaient pris place dans la première; Marianne et la veuve dans l'autre. Les trois hommes «paraissaient plus morts que vifs»: les deux femmes, fermes et vaillantes, se disputaient à voix basse, malgré les exhortations de leurs confesseurs. Tous cinq, du reste, en dépit de l'évidence des preuves qui les accablaient et des témoignages écrasants recueillis au cours de l'instruction, n'avaient cessé de se renfermer dans un système de dénégation dont le moment suprême ne put les déterminer à se départir.


Le grand-père de celui qui écrit ces lignes faisait partie du peloton de cavalerie qui escortait les condamnés. Nous tenons de sa bouche les détails suivants:

«Les exécuteurs de Nancy, de Metz et de Colmar assistaient leur confrère d'Epinal dans sa funèbre besogne Joseph, François et Sébastien subirent leur peine les premiers. La vie semblait les avoir abandonnés depuis la sortie de la geôle. Suivant l'expression de l'un des bourreaux qui les dépêchèrent, on ne guillotina que leurs cadavres. Marianne vint ensuite. En montant les degrés de l'échafaud, la grande fille se tourna vers sa mère qui descendait de la charrette:

»—C'est pourtant vous, lui cria-t-elle, qui nous avez conduits ici!

»Agnès Chassard ne répondit point. Mais en gravissant à son tour les marches de la fatale machine, elle murmura assez haut, en embrassant du regard la foule qui s'entassait aux fenêtres et qui se pressait jusque sur les toits des maisons:

»—Si, au commencement de mon commerce, j'avais eu autant de petits écus que voilà de curieux et de désœuvrés, je n'aurais pas eu besoin de faire le mal pour vivre.

Sa tête tomba la dernière.»

.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

L'enfant de Denise Hattier n'ayant survécu que quelques mois aux terribles émotions qu'il avait éprouvées, la jeune femme était entrée au couvent des Dames de la Visitation de Nancy.

Le lieutenant Philippe, de son côté, avait quitté le corps de la gendarmerie et avait obtenu de passer avec son grade dans un régiment de cuirassiers. Il se fit tuer à Wagram.

.  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .

Pendant le trajet de la prison à l'échafaud, un plaisant—il s'en trouve partout et dans toutes les circonstances,—avait dit, en faisant allusion à la robe écarlate qui drapait les condamnés:

—Ne dirait-on pas des Cardinaux?

Ce sobriquet resta aux assassins de Vittel. Aujourd'hui, quand un marmot de nos campagnes se fâche ou geint outre mesure, sa mère n'a qu'à prononcer ce mot:

—Voici les Cardinaux qui viennent pour t'emporter!...

Et le marmot se tait aussitôt,—tremblant de voir surgir un spectre à manteau rouge...

Et longtemps encore, dans les provinces de l'Est, cet épouvantail de terroir frappera davantage l'imagination de nos enfants que le souvenir évoqué des Suédois de la guerre de Trente Ans, des Cosaques de 1814 et des uhlans de 1870.




FIN

TABLE

PREMIÈRE PARTIE
 
LES ASSASSINS
 
I.—Deux voyageurs1
II.—Dragon de la République et chasseur de Bourbon10
III.—Inter pocula et dapes19
IV.—Contrée maudite32
V.—Revue rétrospective44
VI.—Au Coq-en-Pâte57
VII.—Deux personnes qu'on n'attendait pas75
VIII.—La personne que l'on attendait83
IX.—Souper de famille92
X.—La chambre numéro 1101
XI.—La chambre numéro 6108
XII.—Au pavillon du Garde117
XIII.—Florence et Denise124
XIV.—Frère et sœur130
XV.—L'Épreuve143
XVI.—Rubriques scélérates156
XVII.—Confession172
XVIII.—Ennemis en présence172
XIX.—Où le juge de paix Thouvenel, le lieutenant
Philippe Hattier et le citoyen Joseph Arnould
prennent la parole chacun à leur tour
184
 
DEUXIÈME PARTIE
 
LES ATRIDES DE VILLAGE
I.—La grand'messe191
II.—Forum rustique197
III.—Cabri204
IV.—Dissensions intestines216
V.—Nouveaux visages226
VI.—Décadi Fructidor et Pascal Grison239
VII.—Dans le parc250
VIII.—Demandes en mariage264
IX.—L'enfant275
X.—L'abbé Brossard et le citoyen de Bernécourt.281
XI.—Mynheer Van Kraëck et Master Joë Blagg.296
XII.—Chapitre des confidences301
XIII.—L'ultimatum de Denise Hattier314
XIV.—Où le terrain brûle335
XV.—La veille des noces347
XVI.—Le jour des noces353
XVII.—L'enfant parle360
XVIII.—La montre parle371
XIX.—Autour du trésor376
XX.—Épilogue390

———————


Imprimerie Générale de Châtillon-sur-Seine.--A. Pichat.