188,

4, Tuns.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 29, 31; Aristote, De Animal., VIII, 13; Elien, De Animal., IX, 42.—Le thon est un gros poisson qui va par bande et se trouve principalement sur les côtes de la Méditerranée.

5, Mathematique.—Ailleurs (I, 226 et N. Mathematique), Montaigne compte quatre parties dans les mathématiques; ici, il en distrait la musique qu’on y comprenait.

16, Longueur.—Les oies sauvages, dans leurs migrations, se forment bien géométriquement en triangle, par bandes de quarante à cinquante individus. L’oie qui est en tête fend la première la résistance de l’air: cette fonction est très fatigante et, pour la remplir, toutes se relèvent successivement, celle qui la quitte se mettant à la queue. Lorsqu’elles s’arrêtent, quelques-unes font sentinelle et chacune y passe à son tour.—Les canards sauvages voyagent aussi par troupes, mais moins bien organisées et ne s’élevant pas aussi haut dans les airs.

23, Luy.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 14.

27, Mourir.—Arrien, Hist. Indic., 14.

32, Hoste.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 19.

37, Halcyons.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 34; Pline, X, 32; Elien, De Animal., X, 17.—L’alcyon est un oiseau assez semblable à l’hirondelle, qui fréquente la mer et les marécages.

190,

1, Latone.—Neptune, d’un coup de son trident, fit sortir cette île du fond de la mer, pour assurer à Latone, persécutée par Junon, un lieu où elle pût mettre au monde Apollon et Diane. Dans la suite, par reconnaissance, Apollon, dont elle devint le sanctuaire principal, de flottante qu’elle était, la rendit immobile. Myth.

21, Desmeut.—Dérange, disjoint; du latin dimovere qui a ce même sens.

30, Seulement.—Cette description du nid de l’alcyon rappelle une des plus gracieuses pages de saint François de Sales. Chez Montaigne, la description est plutôt technique et scientifique, d’une grande habileté, exacte et pittoresque; chez saint François de Sales, elle est plutôt poétique, d’une grâce et d’une fraîcheur incomparables, et il en tire des inductions mystiques, pleines de justesse, de charme et de profondeur.  Abbé Sagette.

192,

40, Appetit.—La Bruyère est d’un avis opposé; il dit au ch. Des femmes: «L’agrément est arbitraire; la beauté est quelque chose de plus réel et de plus indépendant du goût et de l’opinion.»

41, Color.—Properce, II, 17, 26.—Les populations du N. de l’Europe ont le teint plus pâle que celles du Midi, chez lesquelles il est plus basané, ce qui peut tenir à ce qu’elles vivent davantage au grand air, sous un soleil plus ardent, et à un effet d’atavisme se joignant à cette cause première.

194,

9, Oreille.—William Dalton rapporte qu’il est de coutume chez les Bernias de se percer dans le lobe de l’oreille un large trou que, suivant sa richesse ou sa position, chacun remplit par un ornement d’or, d’argent, de papier doré et de bois; et qu’invariablement, quand cette ouverture n’est pas occupée autrement, hommes, femmes et enfants l’utilisent comme porte-cigarette lorsque, pendant qu’ils fument, ils viennent à être interrompus dans cette occupation, y plaçant alors machinalement le bout non allumé.

10, Soing.—L’usage du bétel, plante de l’Inde, dont les Hindous mâchent les feuilles, produit cet effet.

14, Pline.—Livre IV, 13.

20, Massiue.—Chez les Hollandais, c’est bien autre chose encore; on peut en juger en comparant les tableaux de Rubens, Rembrandt, etc., avec ceux de Raphaël, Léonard de Vinci, etc.

20, Estrillée.—Mince et svelte, ce que Montaigne appelle (I, 460) un corps bien espagnolé.

26, Aualler.—Comprendre, admettre, adopter; se dit encore aujourd’hui dans ce sens en langage trivial: Faire avaler quelque chose à quelqu’un, lui en conter.

26, Boule.—Dans le Timée; voir également Cicéron, De Nat. deor., I, 10.

196,

7, Constitution.—Décrites par Platon et Cicéron: par le premier dans le Timée; par le dernier dans son traité De la Nature des dieux, II, 54 etc.

13, Vitales... c’est.—Les éd. ant. port.: et plus nobles, c’est à ce que disent les médecins.

17, Excusables.—Les éd. ant. aj.: puis que l’homme n’auoit pas de quoy se presenter nud à la veue du monde.

20, Soye.—Les éd. ant. aj.: et autres commoditez empruntées.

25, Libre.—Add. des éd. ant.: connoissance.

31, Refroidie.—Les éd. ant. port.: desgoutée.

32, Cognoissance.—Var. des éd. ant.: iouyssance.

33, Autres.—C’est ce qu’exprime cet adage ancien:

«Après trois jours, l’homme s’ennuie
De femme, d’hôte et de pluie.»
198,

4, Ordre.—C.-à-d.: ce que je dis là ne concerne que le commun des hommes et des femmes, et je ne serai pas sacrilège au point...

5, Sacrilege.—Var. des éd. ant.: Temeraire.

8, Terrestre.—Compliment à l’adresse de la reine Marguerite. V. N. II, 180: Donné.

13, Raison.

«De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air,
Qui marchent sur la terre ou nagent dans la mer,
De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome
Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.» Boileau, Sat., VIII.

17, Faire.—Les Latins disaient: «Se bien porter, est la première des choses»; les Grecs: «Qui n’a santé, n’a rien»; c’est ce que nous disons tous quand nous l’avons perdue.

18,—Stoïque.—Plutarque, Des communes conceptions contre les Stoïciens.

23, Circé.—A fourni à l’Odyssée d’Homère un de ses principaux épisodes: Ulysse ayant abordé dans son île (l’île d’Æa, au S. de l’Italie), elle transforma, par ses breuvages enchantés, tous ses compagnons en pourceaux; seul il échappa, grâce à un antidote que Mercure lui avait donné. Devenue éprise de lui, Circé rendit à ses compagnons leur forme première et les retint près d’elle une année entière.

36, Abandon.—Cette phrase, ainsi qu’en témoigne du reste sa contexture, est une ironie de la part de Montaigne.

38, Vaine fantasie.—L’éd. de 80 port.: biffe et piperie.

41, Insensé.—Les éd. ant. aj.: C’est donc toute nostre perfection d’estre homme.

200,

3, Discours.—C.-à-d. par de bonnes raisons.

5, Societé.—Voir N. II, 170: Nous.

11, Surpayé.—Exalté cette belle raison.

15, Socrates.—Xénophon, Mémoires sur Socrate, I, 4, 12.—L’éd. de 88 port.: la philosophie.

34, Grecs.—Varron et Aristote.—Varron, homme de loi, fut aussi tribun du peuple, exerça un commandement militaire en Espagne; d’une immense érudition, était surnommé par ses contemporains «le plus savant des Romains»; a écrit plus de cinq cents volumes dont il ne nous reste que fort peu.—Aristote, V. N. I, 32: Aristote.

202,

1, Sienne.—Aristote fut l’objet de nombreuses imputations, mais qui sont loin d’avoir été prouvées. On a dit que, dans sa jeunesse, il avait dissipé son patrimoine; qu’à Athènes, il aurait joué le rôle d’espion, lorsqu’en 348 av. J.-C. la guerre éclata entre les Athéniens et Philippe de Macédoine; qu’il aurait comploté contre Alexandre, parce que Callisthène, son parent et disciple, s’était attiré la haine de ce prince; enfin, il fut accusé d’impiété comme ayant rendu un culte à sa femme, en l’érigeant en divinité à l’égal de Cérès.

4, Rigent.—«Au jeu d’amour, le muletier fait rage,» répond La Fontaine.

11, Tient... choses.—Var. des éd. ant.: est encore moins.

13, Plus comme.—L’ex. de Bordeaux ajoute: la beauté.

36, Epicurus.—Ou plutôt l’épicurien Colotès, ainsi qu’on peut voir dans le traité que Plutarque a écrit contre lui.—Un autre philosophe de cette même école a dit: «Si tous les hommes pouvaient voir les choses de la même manière et se ressouvenir à propos du parti le plus utile à prendre, ils n’auraient pas besoin de lois.»

204,

1, Cuider.—La présomption, la prétention, une confiance exagérée en soi.

5, Sereines.—Par la douceur de leur chant, les Sirènes entraînaient les voyageurs pour lesquels elles étaient invisibles à se précipiter dans la mer, où ils se noyaient.—Dans l’Odyssée, XII, 188, Ulysse, prévenu, ne leur échappe qu’en bouchant avec de la cire les oreilles de ses compagnons et se faisant attacher lui-même au mât de son navire. V. aussi Cicéron, De Fin., V, 18.

11, Cecy.—Add. des éd. ant.: pour le moins.

14, Nous.—Var. des éd. ant.: La science ne nous décharge point de douleur, de crainte, de desir et de reume, au lieu de: «Mais... nous».

17, Pituita.—Pituite; humeur blanchâtre et visqueuse que, dans certaines indispositions, on rejette par la bouche.

20, Presumption.—L’éd. de 88 aj.: et la gloire.

20, Epictete.—Manuel, 11.

26, Braues.—C.-à-d.: entendez ce pauvre et malheureux animal faire le brave, se pavaner.

31, Offense.—Cicéron, Tusc., I, 26.

206,

7, Cestuy-cy.—Lucrèce. Un breuvage que lui donna sa femme ou sa maîtresse lui troubla la raison et il finit par se donner la mort. Chron. d’Eusèbe.

9, Sapience.—«Folie et génie sont congénères»; c’est une des applications fréquentes de cet autre proverbe: «Les extrêmes se touchent», et les exemples à l’appui sont nombreux. En tout cas, il faut reconnaître que beaucoup d’hommes de génie et de personnages illustres se sont trouvés affectés d’une demi-aliénation mentale et sujets à un état anormal du système nerveux: Socrate, Malebranche, Newton, Descartes, J.-J. Rousseau, Le Tasse, étaient hallucinés; Lucrèce, Pierre le Grand, Balzac, Michel-Ange étaient maniaques.—Cicéron dit qu’«il ne se trouve pas d’esprit sublime sans quelque mélange de folie, et que la mélancolie est le propre des natures excellentes».—Mme de Stael: «La mélancolie est le sceau du génie.»

10, Choses.—Cicéron, Acad., II, 23.

11, Mortels.—Cicéron, De Fin., II, 13.

12, Dieu.—Plutarque, Des communes conceptions, etc., 30.

14, De soy.—Add. des éd. ant.: et aquis par ses estudes.

17, Surmonte.—Sénèque, Epist. 23, à la fin.

19, Il n’y a.—Les éd. ant. font précéder ces mots de: et toutesfois ie reconnoy qu’il.

27, Poules.—Il usera jusqu’à épuisement de toutes ses ressources.—«Faire de ses œufs poules», c’est s’abuser sur sa richesse, ses ressources; c’est un proverbe qui a le même sens que le proverbe anglais: «Tout homme prend ses oies pour des cygnes.»

28, Chemise.—Proverbe; c.-à-d. le réduire à la pauvreté la plus absolue, presque à la nudité.

32, Mal.—Cicéron, Tusc., II, 25.

34, Secte.—Add. des éd. ant.: ce n’est que vent et paroles.

35, Carneades.—Cicéron, De Fin., V, 31.—Un des familiers d’Épicure, par suite, autre que le fondateur de la nouvelle académie qui est postérieure de 60 ans à ce dernier.

208,

5, Stoïques.—Le fait est donné par Cicéron, Tusc., II, 25, qui, dans un autre passage, dit que ce même philosophe, ayant mal aux reins, criait à tue-tête que tout ce qu’il avait jugé auparavant de la douleur était faux.

6, Rabattre.—Les éd. ant. aj.: quelque chose des pointes de la douleur et de.

8, Pyrrho.—Diogène Laerce, IX, 69.—Pyrrhon, chef de l’école des Sceptiques, posait en principe que rien n’est certain; qu’à chaque proposition on peut opposer une proposition contraire également probable; que, par suite, le sage doit suspendre son jugement et tout soumettre à l’examen (en grec Σκέπτις). On a prêté à Pyrrhon mille folies que dément la réputation de sagesse dont il jouissait auprès de ses contemporains.

17, Naturelle.—Add. des éd. ant.: Certes la cognoissance nous esguise plutost au ressentiment des maux qu’elle ne les allege.

19, Ignorance.—Certains ont voulu voir là une allusion à la castration; le texte s’explique cependant très bien sans semblable hypothèse; de ce que l’enfant ne s’attend pas à une opération quelle qu’elle soit, qu’on va lui faire subir, et que chez un cheval, il ne s’en rend pas compte davantage, n’éprouvant pas d’appréhensions, ils s’en défendent moins.

22, Discours.—Sorte de gens sur lesquels, dans Le Malade imaginaire, Molière a si spirituellement exercé sa verve satirique.

23, Science.—C’est la médecine que Montaigne met ici en cause; ce qu’il indique lui-même plus loin, en ajoutant du reste que ce qu’il en dit s’applique à toutes autres.

27, Indisposition.—Critique à l’adresse de la chiromancie qui, ainsi que l’astrologie, avait encore nombre d’adeptes à cette époque.

210,

2, Philosophes.—Des philosophes sceptiques. V. N. II, 208: Pyrrho.

13, Viure.—Allusion aux avances qui lui étaient faites pour obtenir qu’il rentrât dans la vie publique, dont il s’était déjà retiré.

14, Maladies.—Les éd. ant. aj.: et de foiblesse; et 80 aj. en plus: Les hommes engagés au seruice des Muses m’en sçauroient bien que dire.

24, Homme.—Idée qu’a traduite La Fontaine. V. N. II, 202: Rigent.—Avant Montaigne et lui, Marot avait dit:

«Six ou sept fois, ce n’est point le mestier
D’homme d’honneur; c’est pour le muletier.»
212,

14, Ouurages.—Un oratorien, Thomassin (1619 à 1695), homme d’une érudition profonde, qui avait fait de nombreuses conférences sur les Pères de l’Église, les conciles, l’histoire, oublia sur la fin de sa vie tout ce qu’il avait su et ne se souvenait même plus d’avoir rien écrit.  Payen.

15, Informes.—Il s’agit ici du Tasse, l’auteur de la Jérusalem délivrée, qui, lorsque Montaigne voyageait en Italie, en 1580, était enfermé comme fou dans un couvent de Ferrare où il demeura ainsi pendant sept ans, de 1579 à 1586. Le texte pris à la lettre implique que Montaigne l’a vu dans sa prison et la gravure a reproduit cette visite; néanmoins il ne semble pas qu’elle ait eu lieu et il n’en dit rien dans son journal de voyage. Le mot «voir» serait, dans ce cas, mis pour avoir appris, savoir, sens dans lequel il est assez fréquemment employé, en parlant d’un fait accompli.

18, Assagir.—St Paul, Épître aux Romains, a dit de même en renversant la proposition: «Ils allaient disant vouloir devenir des sages, ils sont devenus des sots.»—Assagir, rendre sage, n’est pas demeuré dans la langue française, qui a retenu abestir, rendre bête, stupide; dans La Boétie, on trouve de même formation assotir, pour rendre sot.

19, Guider.—«Prenez de l’eau bénite, faites dire des messes, cela vous fera croire et vous abêtira; étrange moyen de nous rapprocher de Dieu, que d’étouffer la raison qui est un don de lui et nous fait à son image.» Pascal.Tertullien n’a-t-il pas dit: «Credo quia absurdum (j’y crois par cela même que c’est une absurdité)»;—et Bossuet: «Nous ne sommes capables d’entendre Dieu, que par une entière cessation de notre intelligence»;—Joubert: «Ferme les yeux et tu verras»;—Huet: «Pour arriver à croire, il est utile de ne pas croire»;—Diderot: «Le premier pas vers la philosophie, c’est l’incrédulité»;—la reine Christine: «En matière de foi, il faut se crever les yeux pour voir clair»;—enfin l’Évangile: «Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux.»

24, Fuir.—Les éd. ant. port.: à desirer qu’à craindre, au lieu de: «à coup qu’à fuir».

32, Valentem.—Ces vers sont tirés de la satire de La Boétie, dont il a été question liv. I, ch. XXVII, I, 306.

34, Volupté.—La secte d’Épicure.—Les éd. ant. aj.: et l’a montée à son plus haut pris.

36, Auoir de bien.—Var. des éd. ant.: heureux bien estre.

38, Mali.—Citation que Montaigne fait précéder de sa traduction.

214,

7, Plombée.—Dans un tel état d’apathie.

13, Sentir.—Cicéron, Tusc., III, 7.

216,

1, Soufferts.—Cicéron, Tusc., III, 45.

2, Oubly.—C’est pourtant là le moyen le plus efficace, peut-être le seul de retrouver le calme et de n’être pas trop malheureux. Ressasser constamment, au contraire, en son esprit, les griefs vrais ou imaginaires que l’on peut avoir contre les hommes ou contre les choses, rend l’existence insupportable. «Ce qui est passé, est mort,» dit un proverbe arabe; et, quand on s’y applique, il n’est pas si malaisé que le dit Montaigne. La nature nous y aide, en atténuant avec le temps nos souvenirs; mais il faut pour cela écarter résolument et aussi souvent qu’ils se présentent à nous, les sujets dont nous voulons nous dégager; et, si nous y joignons une occupation suivie qui empêche que nous ne demeurions sans cesse en tête-à-tête avec nos pensées, sur ce point comme sur bien d’autres, la volonté finit par avoir raison de toute obsession, quelle qu’elle soit.

13, Perdre.—«On s’en souvient, en songeant qu’il faut qu’on l’oublie.» Moncrif.

17, Ausus.—D’Épicure.

31, Acceptassent.—Il est douteux que semblable marché soit accepté de quiconque a encore du sang dans les veines. Cette vie agréable et tranquille que les Italiens qualifient de vita del beato porco (vie béate du porc) ne saurait convenir à qui a du cœur et se sent capable de faire mieux, état d’âme que Racine a mieux su rendre que Montaigne, quand il fait dire à Achille:

«Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d’ans sans gloire,
Ou peu de jours suivis d’une longue mémoire;
Mais, puisqu’il faut enfin que j’arrive au tombeau,
Voudrais-je, de la terre inutile fardeau...
Et toujours de la gloire évitant le sentier,
Ne laisser aucun nom et mourir tout entier?»
218,

7, Desplaisir.—Cette histoire et celle de Lycas qui précède sont tirées d’Athénée, XIII.

9, Βίος.—Montaigne a traduit ce vers avant de le citer.

10, Ecclesiaste.—Ch. 1, versets 17 et 18.

18, Resiste.—Le commencement de cette citation est un passage altéré de Sénèque; le reste est de Cicéron.

20. Cette réflexion sur la transformation du B en V ne doit s’appliquer ici qu’à bibat; introduite dans abeat, elle n’aurait aucun sens; le proverbe latin: «Aut bibat, aut abeat (qu’il boive ou qu’il s’en aille)» qui signifie: «Il faut s’accoutumer à l’humeur de ceux avec qui on vit ou s’en séparer», devient alors avec la prononciation gasconne: «Aut vivat aut abeat (qu’il vive ou qu’il meure).»—C’est cette même transformation de lettres familière aux Gascons qui a fait dire d’eux: «Beata gens, cui bibere idem est ac vivere (Heureuses gens pour qui boire et vivre ne font qu’un)»; ou encore: «Felices quibus bibere, vivere est (Heureux ceux pour lesquels boire, c’est vivre).»

32, Pendre.—Plutarque, Contredits des philosophes stoïques, 14.

34, Approcher.—Id., ibid.

36, Hart.—Diogène Laerce, VI, 86.

37, Plutarque.—Comment on pourra apercevoir si on s’amende, etc., 5.—Sextus le pythagoricien est cité fréquemment par Sénèque dans ses différents ouvrages, en particulier dans ses lettres 59, 64, etc.

220,

12, Valentian.—L’empereur Valens.

14, Mahumet.—Mahomet, fondateur de l’Islamisme qu’il commença à prêcher à la Mecque vers quarante ans; l’opposition qu’il rencontra au début l’obligea à s’enfuir à Yatreb (622) où il fut accueilli avec transports et dont le nom, dans la suite, a été changé en celui de Médine (ville du prophète), en souvenir de cette fuite ou hégire, d’où date l’ère des Musulmans (Musulman et Islamisme ont même étymologie et viennent de l’arabe سلم selam qui signifie abandon complet en Dieu de sa personne et de ses biens, résignation). A partir de ce moment, Mahomet poursuivit avec succès son œuvre les armes à la main; et, à sa mort, survenue en 632 à Médine où est sa tombe, dans la majeure partie de l’Arabie, y compris la Mecque, la religion nouvelle avait remplacé le culte des idoles. Ses successeurs ou khalifes (lieutenants), continuant ses conquêtes et son prosélytisme, ont été en progrès constant jusqu’au XIVe siècle; leurs croyances dominent encore aujourd’hui sur une grande partie du globe: l’Asie occidentale, l’Afrique septentrionale, la Turquie. Les dogmes et les préceptes de la religion de Mahomet sont consignés dans le Coran (le livre, livre par excellence), qui embrasse à la fois la religion, la législation pénale et civile, ainsi que l’administration. Ses principaux dogmes sont: l’unité de Dieu, l’immortalité de l’âme, un paradis avec des jouissances toutes sensuelles; le fatalisme, n’excluant pas pourtant la responsabilité de nos actes; les préceptes sont: la circoncision, la prière, l’aumône, les ablutions, le jeûne, l’abstinence du vin et de toutes les liqueurs fermentées; la polygamie est autorisée, le Coran autorise quatre femmes légitimes.—Mahomet n’a nullement interdit ni les sciences, ni les lettres à ses adeptes; mais dans le principe, ses lieutenants se conduisirent à la vérité comme si elles étaient proscrites. Un revirement se fit plus tard et pendant un temps les arts et les sciences ont compté des savants émérites parmi ses sectateurs, mais il faut convenir qu’actuellement il ne semble plus guère en être question dans le monde musulman.

16, Lycurgus.—Sa législation, qui fit de Sparte une république militaire plus qu’une monarchie, et à laquelle elle dut la prépondérance sur toute la Grèce, tant qu’elle l’observa fidèlement, avait principalement pour but d’établir l’égalité entre tous les citoyens et de former un état guerrier sans esprit de conquêtes. Ses dispositions essentielles étaient: le partage des terres en portions égales, avec interdiction d’accroître, de diminuer et d’aliéner tout ou partie du lot échu à chaque famille; la substitution d’une monnaie de fer à la monnaie d’or et d’argent; les repas pris en commun; une éducation austère, toute martiale, et exclusivement dirigée en vue de développer la moralité, la force et l’adresse, donnée en public; les arts, les sciences, et tous les métiers en général abandonnés aux esclaves; comme gouvernement: deux rois, ayant l’initiative des lois, présidant à tous les actes de la vie publique, commandant les armées, mais dont l’autorité était limitée par les Ephores; un sénat de 28 membres décidant de la paix ou de la guerre et des alliances; l’assemblée du peuple élisant les magistrats, votant les contributions, ratifiant les lois.—D’après la tradition, Lycurgue, après avoir fait jurer aux Spartiates l’observation de ses lois jusqu’à ce qu’il revînt, se serait expatrié sans esprit de retour.

37, Vices.—Ce passage est une reproduction d’une idée de Varron, qu’on trouve consignée dans Nonius Marcellus.

222,

11, Droicturiere.—C’est là, bien qu’il ne les nomme pas, une sortie de Montaigne contre Luther et Calvin.

13, Δεισιδαιμονία.—Desdémone (superstition); c’est le nom de l’héroïne de la tragédie d’Othello, de Shakespeare.

14, Πείτεται.—Mot attribué à Socrate et que Montaigne a traduit avant de le citer.

15, Empesches.—Pascal s’est inspiré de cette pensée: «Il y a, dit-il, assez de lumière pour ceux qui ne désirent que voir, et assez d’obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire; assez de clarté pour éclairer les uns et assez d’obscurité pour les porter à s’humilier; assez d’obscurité pour aveugler les autres et assez de clarté pour les condamner et les rendre inexcusables,... c’est pourquoi il est juste et utile que Dieu nous soit en partie caché et en partie découvert.»—«La vanité et l’orgueil coûtent plus que la faim et la soif.»  Jefferson.

16, Sage.—Platon, Apologie de Socrate.—Chérophon, disciple et ami de Socrate, étant à Delphes, demanda à l’oracle s’il y avait sur la terre un homme plus sage que Socrate; la prêtresse lui répondit qu’il n’y en avait aucun; ce que Socrate interpréta, en disant que la réponse de l’oracle n’avait d’autre but que de le donner pour exemple, parce qu’il reconnaissait qu’il n’y avait véritablement aucune sagesse en lui. V. N. III, 576: L’vn.

24, Sagesse.—«La vanité est l’amour-propre qui se montre; la modestie, l’amour-propre qui se cache.»  Fontenelle.

26, Cendre.—«Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière», c’est la formule, tirée de la Genèse, III, 19, de l’Église à la cérémonie du mercredi des cendres.

«Dieu connaît le néant d’où naissent les humains,
Puisque ses propres mains
Les ont jadis créés de poussière et de boue;
Il connaît leur faiblesse, et sait de quel mépris
La fortune se joue
De tous les grands desseins que forment leurs esprits.» Racan.

27, Ombre.—Cette phrase se trouve dans les Psaumes de David.—On lit encore dans l’Ecclésiaste: «Dieu a fait l’homme semblable à l’ombre après le coucher du soleil»; et aussi: «Pendant les jours de sa vie fugitive, l’homme passe comme l’ombre.»—Dans l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre, Bossuet dit: «L’homme que Dieu a fait à son image, n’est-il qu’une ombre?»

38, Scire.—«Dieu t’a fait pour l’aimer, et non pour le comprendre.»  L. Racine.

224,

4, Ayme.—Ne trouve-t-on pas dans l’Écriture elle-même que Dieu se repent: «Jéhovah se repentit du mal qu’il avait parlé de faire à son peuple», Exode, XXXIII, 14; qu’il se moque, qu’il se rit, etc.

8, Cognoistre.

 «Qu’est-ce que Dieu?
Loin de rien décider de cet être suprême,
Gardons, en l’adorant, un silence profond;
Le mystère est immense et l’esprit s’y confond.
Pour dire ce qu’il est, il faut être lui-même.» L. Racine.

10, Prudence.—Le passage qui suit est une traduction intégrale de Cicéron, De Nat. deor., III, 15.

20, Aristote.—Morale à Nicomaque, VII, 1.

226,

6, Croyans.—S. Paul, Ep. aux Corinthiens, I, 1, 19.

11, Recognoistre.—Add. des éd. ant.: sa vilité et.

17, Cornes.—L’idée est reproduite de Plutarque, Contredits des philosophes stoïques, 10; mais l’expression appartient à Montaigne.

22, Appris.—Cicéron, De Nat. deor., I, 17.

29, Descouure.—Diogène Laerce, I, 122.

29, Onques.—Socrate (V. N. II, 222: Sage).—Les éd. ant. aj.: (Et qui à l’auenture n’eust nulle plus viste occasion, d’estre appelé sage, que cette sienne sentence).

31, Rien.—«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien,» disait aussi de lui-même Pline l’Ancien.

39, Lettres.—Valère Maxime, II, 2, 3, ne dit rien de semblable; Montaigne a été ici induit en erreur par une incorrection qui subsiste dans quelques éditions de cet auteur.

228,

21, Admirables.—Les éd. ant. aj.: en reglement et en droicture.

28, Queste.—C’est précisément par là que Sextus Empiricus, d’où Montaigne a tiré bien des choses, commence son livre des Hypotyposes (expositions, hypothèses) pyrrhoniennes, et en déduit d’une façon générale la caractéristique des différentes manières de philosopher: l’une dogmatique, c’est celle qui assure avoir trouvé la vérité; une autre académique, appliquée par ceux qui déclarent qu’elle est au-dessus de notre compréhension; la troisième sceptique, qui est le propre de ceux qui la cherchent encore.

30, Stoiciens.—Péripatéticiens, V. N. I, 32: Aristote, et I, 82: Peripateticiens;—Epicuriens, V. N. I, 30: L’aduenir;—Stoiciens, V. N. I, 18: Stoiques.

33, Academiciens.—École philosophique fondée à Athènes, par Platon, vers 388; elle tirait son nom d’un jardin, devenu promenade publique, ayant appartenu primitivement à un certain Academus et dans lequel Platon donnait ses leçons.—On compte trois Académies: la première, ou Académie ancienne, avait pour base les enseignements de Socrate, transmis et érigés en système par Platon: elle admettait l’existence d’un Dieu, d’une Providence, l’immortalité de l’âme; au point de vue moral, elle considérait la raison humaine comme impuissante à nous donner la solution précise de toutes les questions en présence desquelles l’homme se trouve, et indiquait dans l’ordre moral la pratique du bien, comme le plus sûr moyen d’arriver au bonheur; dans les arts, le beau, comme l’idéal du but à poursuivre; Aristote, qui plus tard fonda l’école des Péripatéticiens, Speusippe, Xénocrate, Crantor en firent partie. La deuxième, ou Académie moyenne, fondée vers 244, par Arcésilas, posait en principe qu’en rien on ne peut arriver à la certitude. La troisième, ou Académie nouvelle, fondée par Carnéade, vers 160, sans tomber dans un scepticisme absolu, enseignait que l’on ne peut atteindre qu’au probable.—Ces principes se modifièrent encore par la suite, avec Philon notamment qui, vers l’an 88, revint à la doctrine de Platon et s’efforça de la concilier avec le stoïcisme.

37, Epechistes.—Qui hésitent, qui s’abstiennent de juger; qualification donnée aux sceptiques et que Montaigne explique un peu plus loin.—V. N. II, 208: Pyrrho, et Lexique au mot Sceptiques.

38, Homere.—Auteur de l’Iliade et de l’Odyssée, considérées toutes deux comme les chefs-d’œuvre de l’épopée. On ne sait que peu de chose de lui; la tradition le représente vieux et aveugle, errant de ville en ville et récitant ses vers; certains ont contesté son existence et émis l’idée que ces deux poèmes résument les œuvres éparses d’une époque fabuleuse de la Grèce.—Dans l’Iliade, Homère chante les effets de la colère d’Achille, les malheurs des Grecs au siège de Troie pendant la retraite de ce héros et la vengeance terrible qu’il tire du meurtre de Patrocle son ami. On y admire la grandeur des conceptions, la beauté et la simplicité du plan, la hardiesse de l’imagination, la richesse et la sublimité des images.—Dans l’Odyssée, il raconte les aventures d’Ulysse errant de contrée en contrée après la prise de Troie, et le retour de ce prince dans son royaume d’Ithaque. Le plan en est régulier, l’imagination moins éclatante, mais un vif intérêt et une séduisante naïveté vous captivent.—Ces deux poèmes, en dehors de leur beauté intrinsèque, avaient pour les anciens le mérite de renfermer les traditions théologiques, les noms et l’origine des peuples, la description et la situation des pays, et, à ce titre, jouissaient chez eux, sous ces divers rapports, d’une grande autorité.

38, Sages.—Thalès, Solon, Bias, Chilon, Cléobule, Pittacus, Périandre; quelques-uns substituent à ce dernier Myson, d’autres Anacharsis, bien que celui-ci fût scythe; ils s’occupaient surtout de morale et de politique.

39, Archilochus.—Aussi méchant que licencieux dans ses poésies; il fut banni par plusieurs villes qui mirent ses écrits en interdit, et il finit par être assassiné; il était cependant tellement estimé pour ses talents poétiques, qu’on le regardait presque comme l’égal d’Homère; il ne reste de lui que quelques fragments de poésie.

39, Euripide.—Son style, modèle d’élégance, brille surtout par le pathétique; il fait exprimer à ses héros des maximes philosophiques d’une grande hardiesse. Il avait composé, dit-on, 84 tragédies; il ne nous en est parvenu que dix-neuf; les plus estimées sont Hécube, les Troyennes, Médée, Iphigénie en Tauride.

230,

21, Science.—Cicéron, Acad., II, 47.

232,

27, Infrasquer.—Du latin infrascare qui signifie couvrir de feuillages, d’où par métaphore, embrouiller, embarrasser.

31, Choisissiez.—Cicéron, Acad., II, 43.

234,

1, Panætius.—Montaigne continue de traduire Cicéron, Acad., II, 33.

8, Præoccupé.—Prévenu, rempli de préjugés.

17, Sustineatur.—Cicéron, Acad., I, 2.—Le texte porte assensio, au lieu de assertio, qui semble une erreur de copie.