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Les Touâreg du nord

Chapter 162: TABLE.
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About This Book

The narrative records an exploratory mission across the central Sahara among northern Tuareg and neighboring oases, combining geographical surveys, route reconnoissances, and ethnographic observations of languages, customs, and social organization. The author recounts travel itineraries between key desert towns, interactions with indigenous authorities and guides, and the practical difficulties of extended desert stays, while presenting maps, illustrations, and analyses of caravan routes and commerce. The account aims to inform future political and commercial relations and to serve as preparation for further exploration toward the southern regions.

Niger oriental.

Dans l’état actuel de nos connaissances géographiques, les limites du bassin du Niger oriental de la Libye peuvent être déterminées, sinon mathématiquement, du moins très-approximativement.

Au Sud, les points culminants du Ahaggâr, de la plaine d’Amadghôr, du plateau dit le Tasîli des Azdjer, de l’Akâkoûs, de l’Amsâk et de la forêt de gommiers séparative du désert de Tâyta et de l’Ouâdi-Lajâl, jalonnent une longue ligne de partage d’eau entre le bassin éthiopien de l’Astapus (Tâfasâsset moderne) et le bassin libyen du Niger oriental (l’Igharghar des Touâreg).

A l’Est, une ligne droite, de la tête occidentale de l’Ouâdi-Lajâl à Gâbès, par le caput saxi de la Hamâda-el-Homra et les sommets du Djebel-Douîrât, marque aussi exactement que possible un second partage d’eau, peu caractérisé, il est vrai, sur sa plus grande étendue, entre la Hamâda-el-Homra et les dunes de l’’Erg, sorte d’éponge qui rend souterrainement au principal thalweg du bassin, l’Igharghar, les eaux qu’elles ont absorbées.

Au Nord, le versant méridional de la chaîne atlantique, de Gâbès au Djebel-’Amoûr, l’Aurès compris, ferme le bassin de ce côté, d’une manière plus accentuée, à raison de son imposant relief.

A l’Ouest, la limite séparative du Niger oriental avec le Niger occidental, peu caractérisée dans le Sahara algérien, où elle est d’ailleurs bien connue, se relève dans le Sud, où le Bâten de Tâdemâyt, l’Ifettesen du Mouydîr ainsi que le Tîfedest et l’Atakôr du Ahaggâr, lui donnent des points de partage d’eau nettement définis.

Dans ces limites, l’étendue du bassin oriental embrasse près de 20 degrés, du Nord au Sud, et 16 de l’Est à l’Ouest, et comprend, indépendamment de l’Igharghar, aboutissant de tous les affluents : d’abord les igharghâren de sa tête orientale, puis les ouâdi de sa tête occidentale, qui descendent du Ahaggâr, du Mouydîr et de la plaine d’Amadghôr, enfin l’Ouâd-Mîya, l’Ouâd-Mezâb, l’Ouâd-Nesâ, l’Ouâd-Djedî, plus les nombreux torrents du versant Sud de l’Aurès.

De cet immense réseau de gouttières d’écoulement des eaux qui, toutes, venaient aboutir aux lagunes du Rîgh, d’Ouarglâ et du Melghîgh, et, de là, déversaient leur trop-plein dans le golfe de Gâbès par les Chott du Djerîd et du Nefzâoua, les anciens ne connaissaient, en réalité, que fort peu de chose ; du moins, ce qu’ils nous en ont transmis laisse beaucoup à désirer :

Une dizaine de noms de centres d’habitation fixe de l’homme pour représenter les districts formés par huit groupes d’oasis : les Qeçoûr de l’’Amoûr, le Mezâb, les Zibân, Ouarglâ avec son annexe d’El-Golêa’a, le Rîgh, le Soûf, le Djerîd et le Nefzâoua, districts qui alors devaient être très-peuplés, car l’occupation romaine, étendue jusqu’à la limite de ces oasis, n’aurait pas eu sa raison d’être sans de nombreux indigènes à dominer au Sud ;

Quelques noms de tribus nomades, parmi lesquels des doubles emplois, pour occuper l’espace que les Larba’a, les Cha’anba, les Oulâd-Bâ-Hammou, les Kêl-Ahaggâr, les Ifôghas, les Kêl-Azdjer, les Rouâgha, les ’Arab du Zibân, les Souâfa, les Ourghamma et autres, couvrent de leurs campements ;

Quelques noms généraux ou particuliers de montagnes, au lieu de milliers que nous connaissons aujourd’hui d’une manière certaine ;

Quelques détails sur les bas-fonds, sur les sables, sur le cours souterrain des eaux, sur les plantes et les animaux exceptionnels de cette contrée qui, heureusement, sont très-exacts, quoique leur mention repose sur l’erreur qui attribuait à cette partie de la Libye l’honneur d’appartenir au bassin du Nîl d’Égypte ;

Enfin des noms de lacs et celui du bassin dans son ensemble complètent tout ce que les anciens, Grecs et Romains, y compris le très-savant roi Juba, nous ont transmis sur une contrée d’autant plus intéressante pour eux, qu’ils lui attribuaient un rôle fabuleux.

La comparaison des noms de villes, de montagnes, de rivières, de lacs, de tribus, donnés par les nomenclatures anciennes, avec ceux beaucoup plus considérables de la nomenclature moderne, autorise, d’une manière certaine, les identifications suivantes :

La ville de Cydamus avec Ghadâmès ;

L’Oppidum Rapsa avec Rhât, reconstruite par les Kêl-Rhâfsa ;

Agar Selnepte avec Nafta ;

Tysurus avec Tôzer ;

Capsa avec Gafça ;

Tacape avec Gâbès ;

Le Mons ater avec le massif des Touâreg, Tasîli et Ahaggâr compris ;

Le Φαραγξ Γαραμαντικη avec l’Aghelâd d’Ouarâret ;

Le pays des Astacuri avec celui des Azdjer ;

Celui des Ifuraces avec le territoire des Ifôghas ;

Le mont des Suggar, des Uzzar, des Æzar, avec la patrie actuelle des Ahaggâr ou Hoggâr ;

Le mont Γίργιρι avec le Tasîli du Nord, dans lequel naissent de nombreux igharghâren ;

L’Aurasius avec la chaîne de l’Aurès ;

Le Niger avec l’Igharghar ;

L’Astapus avec le Tâfasâsset ;

Le lac Nigris avec les lacs de Mîherô ;

Le lac Nouba avec la Sebkha ou saline d’Amadghôr ;

Le lac de Libye ou Palus Chelonides avec le Chott-Melghîgh ;

Le lac Pallas avec le Chott-el-Djerîd ;

Le lac Triton avec le Chott du Nefzâoua ;

L’ile de Phla avec l’oasis du Nefzâoua.

Toutes ces identifications sont justifiées ou par la similitude des noms, ou par des rapports de position, ou par des détails qui excluent toute incertitude.

Ptolémée cite dix noms de villes dans le bassin du Gir, savoir :

Au Sud, Gira, métropole, Γείρα μητρόπλις,
Au Nord, Thykimath, Θυκιμαθ,
Ghéoua, Γηούα,
Badiath, Βαδιάθ,
Iskhérî, Ισχερεῖ,
Toucroumouda, Τσυκρούμουδα,
Thoûspa, Θοῦσπα,
Artaghîra, Αρτάγειρα,
Rhoubounê, Ρουβούνη,
Lynxama, Δύγξαμα.

Je néglige les longitudes et les latitudes, qui ne peuvent qu’induire en erreur.

M. Vivien de Saint-Martin constate avec raison que Thykimath, Ghéoua, Iskhérî, s’échelonnent sur la rive Nord du Gir, comme Tadjemout, Laghouât et Biskra sur la rive gauche de l’Ouâd-Djedî.

L’assimilation de Gira, métropole, avec Guerâra, admise sous réserve par M. Vivien de Saint-Martin, me paraîtrait plus heureuse avec Tougourt, car cette ville est encore la ville principale de la contrée, tandis que Guerâra située hors centre, dans un pays aride, sans voies de communication, n’a jamais pu être une métropole.

D’ailleurs, d’après les chroniques de cette ville qui m’ont été communiquées, Guerâra a été fondée par les Benî-Mezâb, en l’année 1589 de notre ère.

Les détails que Pline (Liv. V, 10) donne d’après Juba, sur les intermittences du cours de son Niger, sur les animaux qu’il nourrit, sur les plantes spontanées de ses rives, sur ses débordements correspondant avec les crues du Nîl, non-seulement sont plus exacts, mais suffiraient à eux seuls pour justifier son identification avec l’Igharghar.

« Sorti du lac Nilis, dit Pline, le fleuve s’indigne de couler à travers des lieux sablonneux et arides et il se cache pendant un trajet de quelques jours de marche ; puis traversant un plus grand lac dans la Massæsylie, portion de la Mauritanie Césaréenne, il s’élance et jette pour ainsi dire un regard sur les sociétés humaines ; la présence des mêmes animaux prouve que c’est toujours le même fleuve. Reçu de nouveau dans les sables, il se dérobe encore une fois dans des déserts de vingt journées de marche, jusqu’aux confins de l’Éthiopie, et lorsqu’il a reconnu derechef la présence de l’homme, il s’élance, sans doute jaillissant de cette source qu’on a nommée le Nigris. Là, séparant l’Afrique de l’Éthiopie, les rives en sont peuplées, sinon d’hommes, du moins de bêtes et de monstres : créant des forêts dans son cours, il traverse l’Éthiopie sous le nom d’Astapus. »

Tout cela est encore exact aujourd’hui ; pour le constater ouvrons la Carte qui accompagne ce volume, et suivons le cours de l’Igharghar, de l’aval à l’amont, comme le fait Pline.

Du lac Melghîgh, où le Djedî s’est perdu et d’où il est réputé sortir, il traverse souterrainement les bas-fonds sablonneux du Rîgh (150 kilom. environ) ; puis, traversant la Sebkha de Sîdi-boû-Hâniya, probablement réunie autrefois aux sebkha voisines de Negoûsa pour former le grand lac de la Massæsylie, il s’élance de nouveau sur la Hamâda des Cha’anba et, après avoir attesté qu’il est toujours le même fleuve, se dérobe de nouveau dans les dunes de l’’Erg et sans doute aussi sous les sables de la vallée des Igharghâren (ensemble 380 kilomètres, correspondant à vingt journées de marche dans les sables). Après quoi, dans la montagne, sont les sources d’eau vive.

Dans ce fleuve et dans les lacs qu’il alimente, ajoute Pline, « on trouve, en fait de poissons, des alabètes, alabetæ[136], des coracins, coracini[137], des silures, siluri[138] ; un crocodile, crocodilus, en a été rapporté et consacré par Juba même, — preuve que c’est bien le Nîl — dans le temple d’Isis à Césarée (la moderne Cherchel), où on le voit encore aujourd’hui. »

Chose curieuse, les Touâreg connaissent encore trois espèces de poissons dans les lacs et sources de leurs montagnes, savoir : les imanân, l’asoûlmeh et les isattâfen.

J’ai rapporté de leur pays, comme pièce justificative, le Clarias lazera, l’asoûlmeh des Touâreg, aussi un poisson du Nîl. (Voir Liv. II, chap. III, page 238.)

Quant au crocodile, il s’est perpétué, depuis 2,000 ans, dans les lacs de Mîherô et de Tanârh. (Voir page 232.)

« En outre, ajoute Pline, on a observé que la crue du Nîl correspond à l’abondance des neiges et des pluies en Mauritanie. »

Moi-même j’ai constaté la même coïncidence, en 1861 et 1862, après neuf années de sécheresse absolue. (Voir Liv. Ier. chap. V, page 119.)

Avant (même Liv. V, 8), Pline avait dit :

« Le Nigris a la même nature que le Nîl ; il produit le roseau, le papyrus, calamus et papyrus, et les mêmes animaux ; la crue s’en fait aux mêmes époques ; il a sa source entre les Éthiopiens Tareléens et les Œcaliques. »

Encore aujourd’hui on trouve dans les lieux humides du pays des roseaux et des typha, voisins, sinon identiques au roseau et au papyrus d’Égypte.

Cette dernière citation me permet, en terminant ce que j’ai à dire du Niger oriental, de constater que Pline savait exactement où le Nigris avait sa source dans le massif des Touâreg, ce qui ne l’a pas empêché, dans la description générale de ce fleuve, d’intervertir l’ordre naturel de son cours, par respect pour les idées des indigènes, tant il est vrai que son Niger n’était pas seulement un fleuve, mais un bassin.

Niger occidental.

Le bassin du Niger occidental, séparé du Niger oriental comme il a été dit ci-dessus, est délimité au Nord par la chaîne atlantique, à l’Ouest par l’Océan, au Sud par les reliefs du Sâguiet-el-Hamrâ, du Djebel-Azour et du plateau du Tânezroûft. Sauf la partie du littoral océanien, sur laquelle les documents abondent, ce bassin a été connu des anciens d’une manière plus vague encore que celui de l’Est.

Bien qu’aucun explorateur moderne n’ait encore étudié le Sahara marocain comme nous pourrions le désirer, nous le connaissons assez cependant par les voyages de René-Caillié, de Robert Adams, de Davidson, qui y a été assassiné, de MM. Léopold Panet, Si-Boû-l’Moghdad et Gerhard Rohlfs, par les écrits des Arabes, par les renseignements verbaux des indigènes, par les travaux de M. Renou, de M. le capitaine Beaudouin et de M. le général Faidherbe, pour ne pas commettre de grandes erreurs en comparant les connaissances des anciens avec l’état actuel du pays. Le champ possible des erreurs est d’ailleurs très-rétréci depuis la publication du Nord de l’Afrique dans l’antiquité, par M. Vivien de Saint-Martin.

La critique de ce savant géographe resterait complète, si je n’avais à apporter à l’appui de son exposé des éléments nouveaux qu’il a soupçonnés, mais qu’il ne pouvait inventer. Ces éléments sont :

D’abord, une portion entièrement inconnue de la tête du bassin, celle du versant océanien du Ahaggâr, dont un des contreforts, le Tâhela-Ohât, perpétue jusqu’à nos jours le nom du Mont Thala de Ptolémée et d’où descendent des ouâdi dont le principal m’est indiqué comme se dirigeant vers l’Ouâdi-Dra’a. (Voir Liv. Ier, chap. III, page 26.)

Ensuite, entre le Haut-Niger occidental et la vallée du Daradus, les masses de dunes d’Iguîdi qui, comme celles de l’’Erg pour le Niger oriental, absorbent les eaux des affluents supérieurs et ne les restituent que souterrainement à la vallée exutoire. (Voir Liv. Ier, chap. II, pages 5 et 6, et chap. IV, pages 35, 36 et 37.)

Ces éléments nouveaux permettent de mieux apprécier les connaissances des anciens sur cet immense bassin.

Topographiquement, les dunes de l’Iguîdi le divisent en deux sections, l’une supérieure, l’autre inférieure, mais hydrographiquement la capillarité des éléments constitutifs des dunes permet aux eaux des affluents supérieurs de se rendre au lit inférieur, surtout quand elles sont abondantes, ce qui a toujours lieu après les grandes pluies périodiques.

Des affluents supérieurs du Niger occidental, les anciens n’ont connu que la branche du Ger de Suetonius Paulinius ou Νίγειρ de Ptolémée, qui prend sa source dans la partie de l’Atlas marocain où naît aussi le Malua flumen ; mais à la manière dont Ptolémée constitue son Νίγειρ, on voit qu’il réunit les eaux du versant saharien de l’Atlas à celles du versant océanien du massif des Touâreg.

Voici sa description :

« Le fleuve Nigir (Νίγειρ) aboutit d’un côté au mont Mandrus et de l’autre au mont Thala, et forme le lac Nigris.

« Deux embranchements qui descendent du Nord, l’un du mont Sagapola, l’autre du mont Usargala, viennent se réunir au Nigir ; ce dernier forme un détour à l’Est pour aller se terminer au lac Libya.

« Au Sud, dans la direction du Daradus, le Nigir reçoit un embranchement. »

Sauf les latitudes et les longitudes, dont je ne tiens pas compte, parce qu’elles sont erronées, toutes ces indications, quoique très-vagues, sont conformes à la vérité.

Au Mandrus et au Thala correspondent :

Le Djebel-Aït-’Aïach de l’Atlas marocain ;

Le Tâhela-Ohât du versant occidental du Ahaggâr.

Le lac Nigris auquel aboutissaient les eaux des monts Mandrus et Thala, assis vis-à-vis l’un de l’autre, mais à 15 degrés de distance, est le bas-fonds desséché du Touât, aujourd’hui couvert d’oasis ;

Le lac Libya, dans lequel allait se perdre l’affluent de l’Usargala, se retrouve dans la Sebkha du Gourâra, encore aujourd’hui le réceptacle des eaux de l’Ouâd-Seggeur, malgré le barrage des dunes de l’’Erg ;

Le Nigir est cet ouâd qui porte actuellement le nom de Guîr, dans sa partie supérieure, et de Messâoura, dans son cours inférieur ;

Nous connaissons déjà son affluent de l’Est, l’Ouâd-Seggeur, qui vient du Djebel-’Amoûr, l’ancien Usargala ;

L’affluent oriental correspond à l’Ouâdi-Tafîlelt, comme le mont Sagapola, d’où il sort, nous représente ce point de l’Atlas marocain, d’où descendent les principales rivières du bassin océanien du Maroc ;

La tête des eaux venant du Sud et se dirigeant vers le Daradus est encore plus facile à déterminer, car, grâce à la loyale franchise des Touâreg, nous sommes mieux renseignés sur les détails du Ahaggâr que sur ceux de l’Atlas marocain ;

L’identification du Tâhela des Ohât avec le Thala des Thalæ de Ptolémée ne laisse que l’embarras du choix entre les nombreux ouâdi fournis par l’Ifettesen, le Tîfedest et le Ahaggâr, pour avoir un embranchement dans la direction du Daradus ;

L’Ouâdi-Tîrhehêrt, par son importance, par la notoriété dont il jouit, semble le mieux répondre aux indications de Ptolémée.

En analysant la description du géographe grec, je ne puis m’empêcher de faire une remarque qui révèle une connaissance complète de la limite des bassins des deux Niger : entre l’Usargala et le Thala, quoique l’intervalle soit de 16 degrés, Ptolémée ne fait arriver aucun affluent à son Niger occidental. Il savait donc que toutes les eaux de la région intermédiaire se déversaient dans le Niger oriental.

Malgré l’exactitude des informations topographiques de Ptolémée, il était probablement moins bien renseigné sur le nombre des centres de populations situés sur son Niger, car il ne cite que dix-sept noms de villes ou villages là où nous en comptons plus de quatre cents aujourd’hui.

Faut-il admettre que le pays n’avait alors que de rares habitants ?

Pline l’affirme. Voici ce qu’il dit :

« Suetonius Paulinus, le premier des généraux romains qui ait dépassé l’Atlas, rapporte qu’au delà, jusqu’à un fleuve qui porterait le nom de Ger, on traverse des déserts couverts d’un sable noir, au milieu duquel s’élèvent, d’intervalle en intervalle, des rochers comme brûlés ; que ces lieux sont inhabitables à cause de la chaleur, même en hiver, et qu’il l’a éprouvé. » (Pline, Liv. V, 1.)

Puis, si le lac Nigris occupait, comme tout l’indique, l’emplacement actuel du Touât, les 300 centres de population qui constituent cette agglomération d’oasis ne pouvaient alors exister.

La tradition locale, d’accord avec le rapport de Suétonius Paulinus, nous représente la première population du Touât réduite à quelques colonies de nègres, asservies postérieurement et successivement par les Berbères et les Arabes. (Voir Liv. III, chap. V, page 294.)

Quoi qu’il en soit, des dix-sept noms de villes donnés par Ptolémée deux seulement peuvent être identifiés avec les noms modernes :

Taloubath, Ταλουβαθ, avec l’oasis de Tabelbâlet ;

Toukabat, Τουκαβαθ, avec la ville de Teçâbit.

Cependant, je serais tenté de croire que, dans le dénombrement et la dénomination des villes du Niger occidental, Ptolémée aurait été mal informé, car il lui donne, pour métropole, Νίγειρα Μητρόπολις, nom identique à celui de la capitale du Niger oriental, Γείρα Μητρόπολις. Il est douteux que deux centres, devant avoir des relations entre eux, aient porté le même nom, bien que l’un et l’autre ne signifient que ceci : métropole du bassin.

D’autre part, les noms des lacs Nigris et de Libye, donnés aux principaux réceptacles du bassin, noms identiques à ceux d’autres lacs du Niger oriental, attestent une confusion très-grande dans les éléments dont Ptolémée s’est servi pour dresser sa carte de la Libye.

Je ne poursuivrai pas l’étude critique de ce bassin jusqu’à la mer ; ce serait sortir du domaine de mes investigations personnelles.

Mais avant de clore cet examen sur les deux Niger de la Libye, je ne puis me défendre de le résumer en constatant que, si, jusqu’à ce jour, les documents anciens sur la Libye nous ont paru obscurs, la faute n’en est pas seulement imputable à leurs auteurs, mais encore et bien plus à ce que nous manquions nous-même du premier élément de critique : la connaissance des lieux, des hommes et des choses de ce pays. Sans doute, ni les Grecs ni les Romains n’ont possédé des détails très-circonstanciés sur la topographie de cette contrée, mais, du moins, leurs idées sur ses principaux caractères ont été nettes et exactes : montagnes au Nord et au Sud ; bassin oriental et occidental, aboutissant tous deux à la mer ; sables dans les bas-fonds intermédiaires ; oasis disséminées çà et là, mais principalement sur le versant méridional de l’Atlas, les dites oasis ressemblant, par l’éclat de leur verdure, sur un fond jaunâtre, aux maculatures d’une peau de panthère ; populations sédentaires dans les oasis, nomades dans les déserts ; voire même quelques fables pour que la comparaison avec la situation actuelle soit plus complète.

Toutefois, on reste étonné que les Romains, qui ont possédé tant d’établissements sur les limites de cette région, se soient contentés de documents aussi sommaires sur sa constitution, sur ses productions et sur sa population si variée.

Peuples de la Libye.

Les anciens donnaient le nom de peuples ou nations à ce que nous appelons tribus.

Voici d’abord la liste la plus moderne, celle du géographe d’Alexandrie.

Les peuples les plus considérables de la Libye et les positions qu’ils occupent sont, dit-il :

Les Garamantes, du Bagradas au lac Nouba ;

Les Mélano-Gétules, entre les monts Sagapola et Usargala ;

Les Éthiopiens-Rouges, au Sud du Gir ;

Les Éthiopiens-Nigrites, au Nord du Nigir ;

Les Daradæ, sur le Daradus ;

Les Perorses, écartés de la mer, à l’Orient de Theôn Okhêma ;

Les Éthiopiens-Odrangides, entre les monts Caphas et Thala ;

Les Mimak, au Sud du Thala ;

Les Noubæ, entre le lac Nouba et la Gorge Garamantique ;

* Les Derbik, à l’Ouest du mont Aranga,

Viennent ensuite d’autres petits peuples, savoir :

Les Autololes,

au Sud de la Gétulie, entre la mer et le mont Mandrus ;
Les Sirangæ,
Les Mausoli,
Les Rhabii,

entre le mont Mandrus et le fleuve Daradus ;
Les Malcoæ,
Les Mandori,

Les Sophucæi, après ces derniers ;

Les Leucæthiopiens, séparés des Pérorses par le Rufus-Campus ;

Les Pharusii, entre le Rufus-Campus et le mont Sagapola ;

Les Natembes, au Nord du mont Usargala ;

Les Lynxamatæ,
au Nord du Girgyris ;
Les Samamycii,
Les Salthi,
entre les monts Mandrus et Sagapola ;
Les Daphnitæ,
Les Zamazii,

entre ces monts et le fleuve Nigir ;
Les Aroccæ,
Les Cetiani,

Les Suburpores, au Sud du mont Usargala ;

Les Maccoi,

au Sud du mont Girgyris, entre les Garamantes et le lac Nouba ;
Les Dauchitæ,
Les Caletæ,

Les Macchurebi, à l’Est des Daradæ ;

Les Soloëntii, à l’Est des Sophucæi ;

Les Anticoli,

à l’Est des deux précédents jusqu’au mont Caphas ;
Les Churitæ,
Les Stachiræ,

* Les Orpheis, entre le Caphas et le Theôn Okhêma ;

* Les Tarvaltæ,

au Sud des Orpheis ;
* Les Maltitæ,
* Les Africerones,

Les Achæmæ, au Sud des Éthiopiens-Odrangides ;

Les Gongalæ,
au Sud des Mimak ;
Les Nanosbeis,

* Les Nabathræ, entre le mont Thala et le mont Arvaltes ;

Les Alitambi,
entre le mont Thala et le lac Libyque ;
Les Maurali,
Les Harmiæ,



entre le lac Libyque, le lac Nouba et la Gorge Garamantique ;
Les Thalæ,
Les Dolopes,
Les Astacuri ;

* Les Aroccæ, au Nord du mont Aranga ;

* Les Asaracæ, à l’Est du susdit mont ;

* Les Dermonenses, entre le mont Aranga et le mont Arvaltes ;

* Les Éthiopiens-Aganginæ, entre le mont Arvaltes et le mont Aranga, au Sud-Ouest des Africerones ;

* Les Éthiopiens-Xyliccenses,
au Sud du mont Arvaltes, à l’Est des Agangines.
* Les Éthiopiens-Uchaliccenses,

Pline nous transmet aussi sa nomenclature des peuples ; la voici avec les positions données par le naturaliste :

Les Marmarides, au cap Chersonèse ;

Les Araraucèles, sur la côte de la Grande Syrte ;

Les Nasamons ou Mésammons, au milieu des sables, sur la côte de la Petite Syrte ;

Les Asbystes et les Maces, après les Nasamons ;

Les Hammanientes, au delà des Asbystes et des Maces, à douze journées de marche de la Grande Syrte, vers l’Occident, et entourés eux-mêmes de sables de tous les côtés ;

Les Troglodytes, à quatre journées de marche des Hammanientes, du côté du Couchant d’hiver ;

Les Phazaniens, sur la route de l’Éthiopie ;

* Les Niteris ou Nitiebres,



sans désignation d’habitat ;
* Les Bubéium, nation ou ville,
* Les Enipi,
* Les Discera,
* Les Nannagi,
Les Éthiopiens-Taréléens,
sur la source du Nigris ;
Les Œcaliques,

Les Éthiopiens-Nigrites, sur le Nigris ;

Les Liby-Égyptiens,
au-dessus des Gétules, par delà les déserts ;
Les Leucéthiopiens,

Enfin, les Garamantes, séparés des précédents, du côté de l’Occident, par de vastes solitudes.

Je renonce à énumérer les noms de peuples ou de nations des autres auteurs grecs ou romains, les nomenclatures de Pline et de Ptolémée les comprenant à peu près tous avec plus de précision. Je préfère constater qu’à l’exception des noms de peuples précédés du signe * dans les deux listes ci-dessus, tous peuvent être rationnellement placés sur une carte moderne, grâce aux nombreuses identifications de noms de lieux qui ne peuvent plus être contestées.

Je remarque également que, le placement fait, suivant les indications de Pline et de Ptolémée, toutes les populations indiquées comme étant de sang noir ou occupent les lignes de bas-fonds du Sahara ou sont transférées au delà de la limite de la Libye avec l’Éthiopie.

Quant à l’assimilation des noms des peuples anciens avec ceux des tribus modernes, il faut être très-prudent, car les tribus berbères ont bien souvent changé de noms depuis l’antiquité, les unes ayant entièrement disparu, les autres ayant été complétement transformées.

D’ailleurs, tous les noms grecs et romains reproduisent très-inexactement l’ethnique indigène. Pour les noms dont l’identification est la plus certaine, ne constatons-nous pas des différences trop grandes, entre les uns et les autres, pour ne pas reculer devant une assimilation impossible ?

Mieux vaut terminer cette étude comparée en la complétant par l’exposé des renseignements, non écrits dans les livres, mais nettement tracés sur le sol, que nous fournissent les ruines de l’occupation romaine sur la frontière de la Libye.

Limites méridionales de l’occupation romaine.

Les reconnaissances de MM. les officiers d’état-major et de M. Victor Guérin, complétées par les miennes, assignent comme limite à l’occupation romaine au Sud des Mauritanies, de la Numidie, de la Province d’Afrique et de la Cyrénaïque, savoir : une ligne suivant le bassin de l’Ouâd-Djedî, de Laghouât à Biskra ; le versant saharien de la chaîne aurasique, de Biskra à Mîdâs ; le rebord méridional des Chott-el-Djerîd et Chott-el-Nefzâoua, de Mîdâs à Gâbès ; le versant occidental du Djebel-Douîrât, de Gâbès à Nâloût ; enfin, Ghadâmès et Djerma, de Nâloût au Fezzân.

A l’exception des bas-fonds, au Sud de la Tunisie, les Romains semblent avoir arrêté leur ligne d’occupation à la limite des terres habitables pour des hommes d’origine européenne.

Les ruines de leurs établissements-frontières sont indiquées sur la Carte dressée pour l’intelligence de cet ouvrage par le signe ordinaire (R. R.) des ruines romaines.

Ces ruines, autant que j’ai pu en juger par l’espace qu’elles couvrent, sont celles de petits postes d’observation, de centres de commandement, peut-être de comptoirs-entrepôts pour les relations commerciales avec les populations indépendantes du Sud.

Rien n’indique que les Romains aient tenté par eux-mêmes des entreprises de commerce au delà de la limite que j’assigne à leur occupation, car, au Sud de cette ligne, aucun monument ne révèle leur présence, et leurs écrits attestent que leurs connaissances géographiques elles-mêmes avaient pour limite le versant méditerranéen du Mons ater.

A l’Ouest du Djebel-’Amoûr, sur tout le versant de l’Atlas marocain, les ruines romaines paraissent fort rares, car aucun de mes informateurs indigènes ne m’en a signalé. Peut-être, dans les ruines de Sedjelmâssa, dont la position m’a été bien précisée au centre des qeçour du Tafîlelt, retrouverait-on quelques débris de la grandeur romaine, mais c’est encore très-douteux.

Les Touâreg, que j’ai souvent interrogés sur les ruines de constructions qui pouvaient se trouver dans leur pays, se sont bornés à me signaler les vestiges des tombeaux des Jabbâren, comme ceux que j’ai trouvés près de la source d’Ahêr (voir Livre Ier, chap. 4, pages 56 et 57) et qui m’ont paru destinés à des hommes qu’on enterrait assis ; plus, les ruines d’un monument religieux, probablement une mosquée, dont la construction est attribuée aux Sohâba ou compagnons du prophète Mohammed, qui s’étaient avancés en conquérants dans le pays pour le convertir à l’islamisme et qui ont perpétué jusqu’à nos jours le souvenir de leur passage à Timissao, au moyen d’inscriptions, en arabe coufique, encore très-lisibles aujourd’hui, dit-on.

Ainsi, au delà de la ligne que j’ai tracée, les indigènes eux-mêmes ne connaissent aucune ruine de l’occupation romaine.

CONCLUSION DE L’APPENDICE.

Dans ce travail de géographie comparée, je ne me suis pas proposé une étude critique des textes, œuvre délicate qui exige une expérience que je n’ai pas ; j’ai seulement voulu exposer comment j’interprétais les récits des anciens, en procédant de la connaissance des lieux à l’inconnu des origines et des sources des textes parvenus jusqu’à nous ; je me suis principalement proposé pour but de démontrer que la dernière exploration du Sahara confirmait dans son ensemble et dans ses principaux détails le dernier exposé de nos connaissances sur la Libye des Grecs et des Romains, d’après M. Vivien de Saint-Martin, dont l’ouvrage si remarquable, Le Nord de l’Afrique dans l’antiquité, a été couronné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Sans doute, dans les détails secondaires, quelques identifications ne sont pas les mêmes, mais il était inévitable qu’il n’en fût pas ainsi. L’honorable géographe ne pouvait pas connaître le massif des Touâreg avant qu’il eût été étudié, exploré, reconnu.

Pour mon compte personnel, je m’estimerai heureux, si, par les preuves nouvelles que j’apporte à l’appui de ses déductions, je contribue à accroître l’autorité dont le livre de M. Vivien de Saint-Martin doit jouir.

Si je n’avais eu pour guide une critique aussi sûre, cet Appendice, rédigé pendant l’impression de ce volume, n’aurait probablement pas vu le jour.

FIN DU TOME PREMIER.

[127]M. Vivien de Saint-Martin est le premier, et peut-être le seul encore aujourd’hui, qui ait établi cette correspondance dont l’importance est fondamentale, car elle marque, sur ce point, la limite extrême de la mappemonde ancienne.

[128]Traduisons l’iter præter caput saxi de Pline, par le mot à mot arabe : terîq-’ala Râs-el-Hamâda et nous aurons le nom de la route directe de Tripoli à Mourzouk par Djerma, celle suivie par M. le docteur Barth.

[129]Voir Reisen und Entdeckungen in Nord und Central-Afrika, von doctor H. Barth. T. 1, p. 207-217. Gotha. Justus Perthes, 1857.

[130]Voir Livre III, Centres commerciaux, page 267 et suivantes.

[131]M. Vivien de Saint-Martin, convaincu qu’après les reconnaissances de MM. Barth, Overweg, Richardson et Vogel, on pouvait ajouter quelque chose aux identifications déjà constatées, n’a pas hésité, dans ce but, à se livrer à un long et pénible travail dont voici le résultat :

Matelgæ Assimilé à Ouâdi-Talha,
Debris à Éderi,
Tabidium à Tabounîyé,
Thapsagum à Tessâoua,
Nannagi à Denhadja,
Maxala à Mechaal,
Zizama à Ouâdi-Zemzem,
Gyri, Girgyris à Djebel-Ghariân,
Cillaba à Zouîla ou Zeila,
Alele à Hall ou Holl,
Mons Ater et Niger au Djebel-Nefoûsa.

Sans contester la valeur critique des motifs sur lesquels s’appuie M. Vivien de Saint-Martin, je ne puis m’empêcher de constater que Talha (Acacia Arabica, Zemzem (nom d’un puits très-vénéré de la Mekke) et Ghariân (cavernes), sont trois dénominations arabes, introduites dans la nomenclature géographique moderne, seulement depuis la conquête arabe, et, que, pour les autres points, aucune raison réellement déterminante ne légitime l’assimilation.

On conteste, il est vrai, au Djebel-Ghariân sa signification arabe, parce que les Berbères de la contrée prononcent plus ou moins correctement le nom que les Arabes ont donné à leur montagne ; mais ce point n’est pas le seul dans le Nord de l’Afrique où des cavernes servent de refuge aux populations, et partout le même nom arabe est employé pour caractériser ce mode d’habitation. En Algérie, au Nord de Frenda, dans le pays de Sedama, il y a des tribus qui habitent des cavernes et les Arabes les ont appelées Ahel-el-Ghîrân (les gens des cavernes), comme ils ont appelé la montagne des cavernes, au Sud de Tripoli, Djebel-Ghariân.

[132]M. Vivien de Saint-Martin, assimile les Gyri montes du triomphe de Balbus au Γίργυρις ou Γίργιρι de Ptolémée et les place dans les montagnes de Ghariân ; dans ce cas, il n’y aurait pas double emploi.

Mais M. Vivien de Saint-Martin a été amené à cette détermination parce que Ptolémée place la source du fleuve Cinyps dans le Γίργυρις et parce que l’embouchure de ce fleuve étant bien connue, d’après les indications d’Hérodote et de Scylax, sa source ne peut être, en effet, que dans la chaîne de montagne du littoral tripolitain.

Toutefois, si Ptolémée (Liv. IV, chap, VI) place la source du Cinyps dans le Girgyris, il la fait sortir aussi (Liv. IV, chap. III) du mont Zuchabari ou Chusambari.

Entre ces deux indications contradictoires, laquelle choisir ?

Ptolémée ne laisse aucune incertitude à cet égard. La position qu’il donne au Zuchabari correspond aux sommets du versant maritime du Djebel tripolitain, tandis que celle du Girgyris, dans le Sud-Ouest de Garama, correspond au massif des Touâreg.

D’ailleurs, la position vraie du Girgyris, au Sud de Lynxama, sur le Gir, est encore mieux fixée par celle de Lynxama elle-même.

En identifiant le Girgyris à une partie du Djebel tripolitain, il devient impossible de placer le Gir, Lynxama et les Lynxamatæ comme ils doivent l’être.

L’analogie de nom entre Girgyris et Ghariân a doublement trompé M. Vivien de Saint-Martin, car le nom de Ghariân lui-même, limité à la partie de la chaîne dans laquelle existent des cavernes, n’est pas celui de la chaîne et ne donne naissance à aucun fleuve qui puisse être le Cynips.

[133]Je sais que les monts Uzzaræ et Suggaræ d’Orose et d’Éthicus sont considérés comme représentant les monts Usargala et Buzara de Ptolémée, monts qui donnent naissance à l’Ouâd-Seggeur des modernes, ce qui semble confirmer leur identification avec la partie occidentale du Djebel-’Amoûr.

Je me garde de contester le mérite de cette identification, mais je pense qu’on peut, sans audace, faire appel à un plus ample informé.

L’identification ancienne repose, d’abord sur une ressemblance de noms, puis sur une limite.

Ressemblance pour ressemblance, j’aime mieux celle qui compare Uzzaræ et Suggaræ à Hoggâr et à Ahaggâr que celle qui transforme, sans preuves, Uzzaræ et Suggaræ en Usargala et Buzara, pour les identifier à une portion du Djebel-’Amoûr.

La limite donnée par Orose et Éthicus est celle de la race blanche avec la race noire, et non celle de la Mauritanie ou de la Numidie avec la Libye, et tout le monde est d’accord aujourd’hui que, si quelques infiltrations de noirs ont pénétré dans quelques parties du Sahara, en deçà des points culminants du massif des Touâreg, la limite vraie a été au point de partage des eaux entre le bassin méditerranéen, occupé par la race blanche, et le bassin nigritien, occupé par la race noire.

Enfin, il faut lire les textes tels qu’ils sont : c’est au Midi de la Mauritanie de Sétif et non au Midi de la Mauritanie Césaréenne que sont les monts dont parlent Orose et Éthicus.

Donc, jusqu’à preuve contraire, je maintiens, provisoirement, l’identification des monts Uzzaræ et Suggaræ avec le Hoggâr ou Ahaggâr.

[134]Les Grecs modernes prononceraient ces mots Ghîr et Nighîr.

[135]Pour les anciens Africains, la plupart des grandes rivières de l’intérieur du continent africain étaient des embranchements du Nîl d’Égypte qui y allaient déverser leurs eaux sous le nom d’Astapus, qui est, en effet, le nom ancien d’une des branches supérieures du Nîl.

Cette erreur, née chez les indigènes, est acceptée sans contradiction par Hérodote et par Pline, qui nous transmettent leurs traditions.

[136]On ne sait pas au juste ce qu’est ce poisson. D’ordinaire on le prend, soit pour un gadus lota L., soit pour un petromyzon fluviatilis L. (Note de M. E. Littré, traducteur de l’Histoire naturelle de Pline. Paris, 1859.)

[137]Le coracinus de Pline est le labrus niloticus L.

[138]Le silurus de Pline est le silurus glanis L., poisson très-gros qui habite le Nîl.


TABLE.


AVANT-PROPOS.
Pages.
But de l’expédition. — Patronage gouvernemental et scientifique. — Les diverses reconnaissances exécutées. — Difficultés surmontées et résultats acquis. — Maladie grave à Alger. — Concours obtenu pour la rédaction de mes travaux I
INTRODUCTION.
Division de l’ouvrage. — Sa raison. — Transcription des noms indigènes. — Des gravures. — De la carte. — Sur quelles bases elle a été établie XI
LIVRE PREMIER.
Divisions naturelles et politiques. — Géographie physique, sol et climat. 1
Chapitre premier. — Divisions et limites générales des confédérations Touâreg 1
Divisions en quatre confédérations 1
Patrimoine de chaque confédération 2
Limites générales 3
Limites particulières 3
Chap. II. — Géographie physique 5
§ 1er. — Zone des dunes 5
Étendue de cette zone 6
Variétés de dunes 7
Voyages dans les dunes 9
Puits dans les dunes 10
Limite de l’Algérie dans les dunes 11
§ 2. — Massif des Touâreg 13
Tasîli du Nord. — Chaîne d’Anhef. — Plateau d’Eguéré 14
Chaîne de l’Akâkoûs. — Chaîne de l’Amsâk. — Hamâda de Mourzouk — Hamâda-el-Homra 15
Hamâda de Tînghert. — Plateau de Tâdemâyt. — Plateau du Mouydîr 16
Bâten Ahenet. — Tasîli du Sud 17
Plaine d’Amadghôr 18
Plaine d’Admar. — Vallée d’Ouarâret. — Plaine de Tâyta. — Vallée de l’Ouâdi-Lajâl 19
Plaine des Igharghâren. — Plaine d’Adjemôr 20
Chap. III. — Hydrographie 22
Ouâdi-Igharghar 22
Ouâdi-Tâfasâsset 25
Ouâdi-Tirhehêrt 26
Ouâdi-Akâraba. — Puits ordinaires 27
Puits à galeries. — Puits artésiens. — Rhedîr 28
Lacs 29
Sources 31
Chap. IV. — Géologie 33
1re section. — D’El-Ouâd à Ghadâmès 33
Formation des dunes 33
Dénudation des plateaux et des montagnes en amont des dunes 35
Groupes de dunes entre la Méditerranée et le Sénégal 35
Superficie des plateaux alimentateurs 37
Influences atmosphériques sur les roches. — Production des sables 38
Circulation des sables 39
Trombes de sables 40
Fixation des sables par les eaux 41
Formation des dunes sur place et formation par amoncellement des sables étrangers 43
Planorbis Duveyrieri 44
2e section. — De Ghadâmès à Rhât 45
A. Plateau de Tînghert 46
B. Dunes d’Édeyen 51
C. Plateau d’Eguélé 51
D. Plaine des Igharghâren 52
E. Tasîli des Azdjer 55
F. Vallée d’Ouarâret 59
3e section. — De Tîterhsîn à Zouîla 61
A. De Tîterhsîn à Serdélès 61
B. Désert de Tâyta 65
C. Ouâdi-Lajâl 67
D. Dunes d’Édeyen 69
E. Hamâda de Mourzouk 70
F. Dépression de la Hofra 71
G. La Cherguîya 73
H. Massif du Hâroûdj 75
4e section. — De Mourzouk à la mer 77
Djebel-es-Sôda 79
Hamâda-el-Homra 82
5e section. — De Rhât à In-Sâlah 84
A. Plateau du Tasîli 84
B. Plateau d’Éguéré 86
C. Plateau du Mouydîr 86
D. Massif du Ahaggâr 87
Conclusion géologique 88
Chap. V. — Météorologie 90
Tableau résumé des observations météorologiques faites du 26 juillet 1860 au 20 septembre 1861, à l’effet de déterminer les altitudes de chaque station 91
Température de l’air 106
 —  du sol 109
 —  des puits ordinaires 110
 —  des puits artésiens 112
 —  des eaux pluviales et des flaques d’eau 113
Température moyenne mensuelle de l’air à Tougourt (série comprenant tout ou partie des années 1855, 1856, 1857, 1858 et 1859) 113
Hygrométrie. — Vapeur d’eau de l’atmosphère 115
Rosée. — Gelée blanche. — Brouillard. — Pluie 118
Neige 120
Pression atmosphérique. — Observations barométriques 120
Oscillations diurnes 120
Extrêmes des oscillations 122
Moyennes des oscillations 123
Vents. — Direction mensuelle et force moyenne 124
Variations diurnes et suivant les saisons 125
Vitesse du vent 125
Pluies et trombes de sable 126
Influence des vents sur le thermomètre et sur le baromètre 128
Électricité. — Étincelles électriques 128
Éclairs. — Tonnerre. — Orages 129
Lumière. — Intensité. — Couleur. — Transparence 130
Mirage. — Aurore et crépuscule. — Lueur crépusculaire. — Arc-en-ciel 131
Halo lunaire. — Lune rouge sang. — Étoiles filantes. — Globe lumineux 132
Conclusion météorologique 133
Chap. VI. — Observations astronomiques 134
Tableau résumé des observations faites pour établir la latitude et la longitude des principaux points de la carte 135
Éclipse de soleil du 18 juillet 1860 à El-Ouâd 138
Comète à Mourzouk le 1er juillet 1861 139
LIVRE II.
Production 141
Chapitre premier. — Minéraux 141
Métaux et matières précieuses 142
Sels divers 143
Matériaux de constructions. — Pierres et terres 145
Combustibles minéraux 146
Chap. II. — Végétaux 147
Renonculacées 148
Fumariacées 149
Crucifères 149
Capparidées 152
Cistinées 153
Résédacées 153
Frankéniacées 153
Malvacées 154
Aurantiacées 155
Ampélidées 156
Géraniacées 156
Zygophyllées 156
Rutacées 158
Rhamnées 159
Térébintbacées 160
Légumineuses 161
Rosacées 168
Amygdalées 168
Pomacées 169
Lythrariées 170
Granatées 171
Cucurbitacées 171
Tamariscinées 172
Paronychiées 174
Portulacées 175
Ficoidées 175
Composées (corymbifères) 177
Composées (chicoracées) 178
Primulacées 179
Oléacées 179
Asclépiadées 180
Gentianées 181
Convolvulacées 181
Borraginées 181
Solanées 182
Scrophularinées 185
Orobanchacées 185
Labiées 186
Globulariées 187
Plombaginées 187
Plantaginées 188
Salsolacées 188
Amarantacées 191
Salvadoracées 191
Polygonées 192
Thyméléacées 192
Euphorbiacées 193
Cannabinées 193
Morées 193
Salicinées 194
Conifères 194
Potamées 194
Palmiers 194
Liliacées 199
Mélanthacées 200
Joncées 200
Typhacées 201
Cypéracées 201
Graminées 201
Balanophorées 207
Fougères 208
Characées 208
Champignons 208
Algues 209
Plantes indéterminées 209
Conclusion botanique 215
Chap. III. — Animaux 217
§ 1er. — Animaux domestiques 217
Chameau 218
Cheval 220
Zébu 221
Ane 222
Mouton 222
Chèvre 223
Chien 224
§ 2. — Animaux sauvages 224
Mammifères (nomenclature) 224
Oiseaux  —  225
Reptiles  —  226
Poissons  —  227
Arachnides  —  227
Insectes  —  228
Myriapodes  —  228
Annelides  —  228
Mollusques  —  229
Parasites  —  229
Espèces remarquables : Tahoûri 229
Loup 230
Guépard 230
Onagre 231
Antilope mohor 231
Antilope oryx 231
Akaokao 231
Autruche 232
Gypaète 232
Crocodile 232
Gecko des sables 234
Agama colonorum 234
Acanthodactylus Savignyi 235
Acanthodactylus vulgaris 235
Agama agilis 235
Vipère cornue 235
Vipère des jongleurs 235
Vipère des Pyramides 236
Psammophis punctatus 237
Cœlopeltis insignitus 237
Serpents fabuleux 237
Poissons, (Clarias lazera) 237
Scorpion 239
Araignée venimeuse 239
Coléoptères 240
Sauterelles 240
Libellules 241
Abeilles 241
Lépidoptères 243
Mouches et moustiques 243
Scolopendre 243
Vers comestibles 243
Parasites de l’homme 244
Puce 245
Dépôt des collections minéralogiques, géologiques, botaniques, zoologiques, ainsi que des cartes itinéraires 245
LIVRE III.
Centres de rayonnement 247
Chapitre premier. — Centres commerciaux 249
§ 1er. — Ghadâmès 249
Motifs du choix de cet emplacement 249
Ruines liby-égyptiennes 250
Ruines garamantiques 251
Ruines grecques 252
Ruines romaines 253
Conquête arabe 254
Population de la ville 256
Dialecte particulier 256
Costume. — Mœurs 257
Commerce. — Ses bénéfices 258
Industrie. — Horticulture 260
Eaux d’irrigation 260
Habitations. — Quartiers. — Marchés 262
Gouvernement et administration 263
Rapports avec les Touâreg 265
§ 2. — Rhât 256
Ancienne Rapsa des Romains 267
Sa restauration par les Ihâdjenen et les Kêl-Rhâfsa 268
Sultans Ihâdjenen 268
Loi particulière de succession 269
Substitution d’un Arabe touâti à un Berbère ihâdjeni dans le gouvernement de la ville 269
Motifs de mécontentement des chefs Touâreg 270
Détails sur la ville de Rhât 271
Pourquoi l’entrée de la ville m’a été refusée 272
Parti des Turcs. — Parti des Français 274
§ 3. — Mourzouk 275
Le Fezzân moderne 275
Le Fezzân ancien 276
Civilisation garamantique 279
Ville de Mourzouk 281
Gouvernement. — Administration. — Garnison 282
Décadence du Fezzân 284
§ 4. — Ouarglâ 284
Ce qu’on sait de sa fondation, de son histoire, de son ancienne prospérité, des causes de sa décadence 285
Cette ville peut-elle recouvrer son ancienne splendeur ? 287
Rôle que lui assignent les circonstances 290
§ 5. — In-Sâlah et le Touât 290
Le Touât, confédération politique indépendante, mais dépendant de l’Algérie pour ses besoins matériels 291
Du pouvoir et des partis au Touât 293
Noirs. — Berbères. — Arabes du Touât 294
Assiette de ces populations 295
In-Sâlah. — Ce que ce nom comprend 296
Causes de la prospérité de ce point 297
Tribu des Oulâd-Bâ-Hammou 298
Chap. II. — Centres religieux 300
§ 1er. — Confrérie des Senoûsi 301
Es-Senoûsi. — Le but qu’il s’est proposé en instituant une confrérie 301
Pourquoi il choisit le désert 302
Moqaddem de l’Ouest et Mohammed-ben-’Abd-Allah 303
Jerhâjîb, métropolitaine de l’ordre 304
Avénement du fils d’Es-Senoûsi 305
Opposition de cette confrérie à ma mission 306
§ 2. — Confrérie des Tedjâdjna 306
Profession de foi tolérante 306
Luttes contre les Turcs, contre ’Abd-el-Kâder et les Mouley-Tayyeb 307
Rapports de bonne amitié avec les Français 308
Protection que m’a donnée cette confrérie 309
Son influence dans le Sahara et l’Afrique centrale 310
§ 3. — Zâouiya des Bakkây 310
Les Bakkây descendent du conquérant ’Oqba 311
Leur puissance morale 311
Composition de cette famille 312
Sîdi-Mohammed offre de me conduire à Timbouktou 313
§ 4. — Zâouiya des Oulâd-Sîdi-Cheïkh 313
Fondée pour devenir l’asile de la proscription 314
Son chef me recommande aux habitants d’El-Golêa’a 315
Services que nous a rendus et que peut nous rendre encore la famille des Oulâd-Sîdi-Cheïkh 315
LIVRE IV.
Touâreg proprement dits 317
Chapitre premier. — Origine des Touâreg 317
Opinion des Touâreg sur leur origine 317
Analyse d’une Note sur les origines des diverses tribus Touâreg, par le Cheïkh-Brahîm-Ould-Sîdi 318
Origine des tribus du pays d’Azdjer 319
Origine des tribus du Ahaggâr 321
Justification des prétentions de la Note 323
Partage des terres chez les Azdjer 324
Opinion d’Ebn-’Abd-en-Nour-el-Hamîri sur la question des origines 324
Opinion émise, sur le même sujet, par Ebn-Khaldoûn dans son Histoire des Berbères 325
Résumé de ces opinions 326
Les Touâreg sont les Mazyes d’Hérodote 327
L’étude de la langue temâhaq peut seule éclairer l’ethnologie des Touâreg 328
Chap. II. — Divisions et constitution sociale 329
Divisions des Azdjer 329
Divisions des Ahaggâr 330
Du pouvoir souverain 331
Des Nobles 331
Des Marabouts 332
Des Tribus mixtes 334
Des Serfs 334
Des Esclaves 339
De la Femme 339
Chap. III. — Historique des tribus 342
§ 1er. — Confédération des Azdjer 343
Tribu des Imanân 344
Tribu des Orâghen 347
Tribu des Imanghasâten 354
Tribu des Kêl-Izhabân 357
Tribu des Imettrilâlen 357
Tribu des Ihadhanâren 357
Tribu des Ifôghas 359
  N-Ouqqirân 360
  N-Iguedhâdh 361
  N-et-Tobol 361
Le Cheïkh-’Othmân 363
Tribu des Ihêhaouen 365
Tribu des Kêl-Tîn-Alkoum 366
Tribu des Ilemtîn 367
§ 2. — Confédération des Ahaggâr 368
Tribu des Kêl-Ahamellen 374
Tribu des Tédjéhé-Mellen 375
Tribu des Kêl-Rhelâ 375
Tribu des Irhechchoûmen 377
Tribu des Ibôguelân 378
Tribu des Taîtoq 378
Tribu des Tédjéhé-n-Eggali 379
Tribu des Ikadéen 379
Tribu des Inembâ-Kêl-Tahât 379
Tribu des Inembâ-Kêl-Emoghrî 379
Tribu des Ikerremôïn 380
Tribu des Tédjéhé-n-oû-Sîdi 380
Tribu des Ennîtra 380
Tribu des Tédjéhé-n-Esakkal 380
Chap. IV. — Caractères distinctifs des Touâreg 381
Caractères physiques 381
Caractères moraux 383
Conservation de l’écriture berbère 386
Alphabet tefînagh 388
Inscriptions rupestres 389
Usage du voile 390
Anneau de pierre au bras 392
Poignard d’avant-bras 393
Succession maternelle. — Benî-Oummïa 393
Exemples de ce mode de succession chez d’autres peuples 394
Loi spéciale aux Touâreg 396
Origine de cette loi 398
Part faite à la femme dans toutes les institutions des Touâreg 400
Abstinence de la chair de poissons et d’oiseaux 401
Conclusion du chapitre IV 402
Chap. V. — Touâreg dans leur vie intérieure 403
Campements. — Habitations 403
Mobilier. — Ustensiles 404
Vêtements. — Coiffures. — Chaussures. — Parures 405
Aliments. — Boissons. — Thé. — Café. — Tabac 408
Religion. — Superstitions 413
Traces du christianisme 414
Évocation des âmes 415
Croyances aux génies 416
Préjugés sur la sorcellerie 418
Amulettes 419
Instruction 419
Lecture. — Écriture 420
Connaissances en calcul 421
 —  en géographie 421
 —  en histoire 422
 —  en botanique 422
 —  en zoologie 422
 —  en minéralogie 422
 —  en théologie 423
 —  en droit 423
 —  en astronomie 423
Droit. — Justice. — Police 427
Droit écrit et coutumier 427
Police intérieure. — Peines 427
Peine du talion 428
Naissance. — Mariages. — Décès 428
Circoncision. — Majorité. — Longévité 428
Position de la femme dans le mariage 429
Célébration du mariage 430
Morts. — Enterrement. — Noms personnels 431
Pratiques hygiéniques 431
Peinture du corps à l’indigo 431
 —   —  à l’ocre 432
Coupe des cheveux 432
Boucles d’oreilles hygiéniques 432
Usage du sulfure d’antimoine 432
Voile 432
Maladies et pratiques médicales 433
Ophthalmies 433
Rhumatismes 434
Fièvres intermittentes 434
Variole 434
Rougeole 435
Maladies de la peau 435
Ver de Guinée 435
Boûri des nègres 435
Syphilis 436
Piqûres et morsures d’animaux venimeux 436
Emploi médical de l’Hyoscyamus Falezlez 437
Travail 438
Agriculture et horticulture 439
Industries professionnelles 440
Chap. VI. — Touâreg dans leur vie extérieure 441
Assemblées politiques 441
Convocation. — Réunion 441
Tenue de ces assemblées 442
Conclusions ordinaires 443
Guerre 443
Armement 444
Équipement 446
Rencontres 448
Chants de guerre 450
Conclusion du chapitre VI 452
APPENDICE.
Géographie ancienne 455
Objet de l’Appendice 455
Agisymba regio 456
Identification avec l’oasis d’Aïr 457
Route qui y conduisait 458
Limite séparative de la Libye et de l’Éthiopie 459
Concordance des documents anciens avec les connaissances modernes 460
Mons ater 461
Identification avec le massif des Touâreg 461
Connaissances des anciens sur cette région 462
Pline 462
Ptolémée 464
Identification de la Gorge Garamantique avec l’Aghelâd d’Ouarâret, du mont Thala avec le Tâhela, du lac Nouba avec la Sebkha d’Amadghôr, du Girgyris avec le Tasîli des Azdjer 465
Identification des Uzzar ou Suggar aux Ahaggâr, des Astacuri aux Azdjer, des Ifuraces aux Ifôghas 466
Des Niger de la Libye 469
Deux Niger 470
Éthymologie du mot Niger 471
Sa signification : bassin et non fleuve 472
Niger oriental 474
Ses limites 474
Ce qu’en connaissaient les anciens 475
Identifications possibles 475
Niger occidental 479
Ses limites 479
Nouveaux éléments de critique 479
Description de Ptolémée. — Assimilation des points connus du géographe grec 480
Le Niger occidental était à peu près un désert à l’époque de Ptolémée 481
Résumé des connaissances des anciens sur les deux bassins de la Libye 482
Peuples de la Libye 483
D’après Ptolémée 483
D’après Pline 485
Assimilation des peuples anciens aux tribus modernes 486
Limites méridionales de l’occupation romaine 486
Ruines romaines 486
Ruines indigènes 487
Conclusion de l’appendice 489