Je ferai remarquer qu’on prononce aujourd’hui embûche et embusquer; Nicot ne donne que embuscher. La racine est bois, «car, dit Nicot, les embusches et telles surprinses se font communement dedans le bois.»
Regnard s’est servi de rembûcher, pour dire faire rentrer dans sa cachette:
EMMAIGRIR:
Emmaigrir et non amaigrir, comme portent les éditions modernes. Emmegrir est dans l’édition faite sous les yeux de Molière.
Et c’est la forme primitive du mot:
«E dist al bacheler: Qu’espelt (quid spectat) que tu es si deshaitez e si emmegriz?»
«Et dit au jeune homme: D’où vient que tu es si défait et si amaigri?»
Nos pères ont composé avec en quantité de verbes, entre autres ceux qui marquent le passage progressif d’un état dans un autre: embellir, enlaidir, emmaladir[51], engraisser, emmaigrir, etc., c’est-à-dire, devenir de plus en plus beau, laid, gras, maigre; tomber malade.
Mais comme la notation en sonnait an, d’où vient qu’on a écrit et prononcé anemi, fame, solanel, les mots figurés, ennemi, femme, solennel, on a de même prononcé, et par suite écrit, amaigrir, agrandir, pour emmaigrir, engrandir; certains mots ont conservé leur syllabe initiale en; d’autres ont totalement péri, par exemple, emmaladir, au lieu de quoi il nous faut dire tomber malade; d’autres enfin ont conservé la double forme, comme ennoblir et anoblir, à chacune desquelles les grammairiens sont parvenus à fixer une nuance particulière, d’abord toute de fantaisie, puis adoptée, et maintenant consacrée par l’usage.
Les grammairiens obtiendront peut-être un jour ce résultat pour maigrir et amaigrir. Déjà, dans un Traité des synonymes, je lis sur ces deux verbes: «Nul doute que la particule initiale du second ne vienne du latin ad......... Maigrir est toujours neutre et intransitif; au contraire, amaigrir se prend d’ordinaire dans le sens actif; au lieu d’énoncer simplement le fait, il le fait comprendre davantage, il le montre s’accomplissant dans un objet, etc.»[52].
J’avoue que je ne saisis pas la distinction que l’auteur s’évertue à établir. Le résumé le plus clair de ce long paragraphe, c’est que maigrir est intransitif, et amaigrir, représentatif. Sunt verba et voces. Les faiseurs de synonymes sont les premiers hommes du monde pour trouver un mot à des énigmes qui n’en ont pas.
Je reviens à la distinction d’anoblir et ennoblir, dont on veut que le premier soit pour le sens propre, et le second pour le sens métaphorique. C’est là, dis-je, une distinction toute chimérique. Montaigne se sert d’anoblir au figuré:
«Les lois prennent leur auctorité de la possession et de l’usage: il est dangereux de les ramener à leur naissance[53]; elles grossissent et s’anoblissent en roulant, comme nos rivières.»
Nicot ne connaît pas anoblir, mais seulement ennoblir. Il n’y avait qu’une prononciation; on l’a notée par deux orthographes; puis les gens qui font gloire et métier de raffiner sur les mots, ont voulu assigner à chaque orthographe sa valeur à part.
Le plus simple bon sens indique que toujours l’acception figurée est venue à la suite de l’acception propre: pourquoi donc où l’origine est commune voulez-vous prescrire des formes différentes?
L’étymologie d’ennoblir est in et nobilitare, sans conteste. Et anoblir, d’où viendra-t-il? De ad et nobilitare, sans doute, parce que ad est plus métaphorique que in? Belles finesses!
Dufresny, au contraire, se sert d’ennoblir dans le sens propre:
La distinction d’anoblir et ennoblir est toute récente. Le Dictionnaire de l’Académie, de 1718, ne donnait encore qu’ennoblir, avec cette définition: «Rendre plus considérable, plus noble, plus illustre.» Trévoux (1740) met les deux formes, mais seulement comme différence d’orthographe, et en attribuant à chacune les deux valeurs:—«Anoblir se dit figurément en parlant du langage: Anoblir son style. (D’Ablancourt.)»
Et au mot ENNOBLIR:—«On distingue ordinairement trois degrés de noblesse: l’ennobli, qui acquiert le premier la noblesse; le noble, qui naît de l’ennobli; l’écuyer ou le gentilhomme, qui est au troisième degré. (Le P. Menestrier.)»
ÉMOUVOIR UN DÉBAT:
EMPAUMER L’ESPRIT:
Métaphore prise du jeu de paume. Empaumer la balle, c’est la saisir bien juste au milieu de la paume de la main, ou de la raquette qui remplace la main; ce qui donne moyen de la renvoyer avec le plus de puissance et d’avantage possible.
La racine est palma, syncope du grec παλάμη, paume de la main. Nos pères, ne voulant jamais articuler deux consonnes consécutives, changeaient al en au. Cette règle primitive de formation ou de transformation fut oubliée dès le XVIe siècle; aussi avons-nous aujourd’hui les mots palme, palmé, palmipède.
Nos pères avaient fait le verbe paumoier, que nous avons laissé perdre, et que manier remplace bien faiblement.
EMPÊCHER absolument, dans le sens d’arrêter, embarrasser:
Dis-lui que je suis empêché, et qu’il revienne une autre fois.
Les Latins employaient de même impeditus au figuré.
—EMPÊCHER QUE sans ne. (voyez à NE supprimé.)
EMPLOIS; FAIRE SES EMPLOIS DE QUELQUE CHOSE, en faire son occupation favorite:
EMPLOYÉ; C’EST BIEN EMPLOYÉ, espèce d’adage:
Poussez, c’est moi qui vous le dis; ce sera bien employé!
Ce sera un effort bien employé, ce sera bien fait.
EMPORTER, au sens figuré:
Monsieur, cette dernière (abomination) m’emporte, et je ne puis m’empêcher de parler.
Métaphore tirée de la balance, quand un plateau emporte l’autre.
EN, archaïsme de prononciation pour on:
Cette confusion de formes, occasionnée par l’analogie des sons, était originairement permanente dans le meilleur langage.
«Et tenoit l’en que le dit arcevesque avoit ung dyable privé qu’il appeloit Toret, par lequel il disoit toutes choses que l’en lui demandoit...... Maugier cheit en la mer, et si se noya que l’en ne le peut sauver.»
Les exemples en sont trop communs pour s’arrêter à les recueillir; mais il est intéressant d’observer que cette forme, aujourd’hui reléguée chez le peuple, était encore, au XVIe siècle, en usage à la cour et chez les mieux parlants. Dans l’aînée de toutes les grammaires françaises, celle que Palsgrave écrivit en anglais pour la sœur de Henri VIII (1530), on voit constamment l’en figurer à côté de l’on:
«Au singulier, dit Palsgrave, le pronom personnel a huit formes: je, tu, il, elle, l’en, l’on ou on, et se. Exemple: l’en, l’on ou on parlera, etc.» (Fol. 34 verso.) «Annotations pour savoir quand on doit employer l’en, l’on ou on..... L’en, l’on ou on, peult estre bien joyeux.» (Fol. 102 verso.)
J’ai eu ailleurs l’occasion de montrer que François Ier disait et écrivait: j’avons, j’allons. D’où l’on voit que ces formes, considérées comme des vices de la rusticité, sont nées au Louvre, et sont descendues de la bouche des rois dans celle des paysans.
—EN, préposition, représentant par syllepse le pluriel d’un substantif qui n’a figuré dans la phrase qu’au singulier:
Je veux me faire des plaisirs qui soient.....
—EN sans rapport grammatical:
Rompre le cours de quoi? Des yeux du damoiseau? Des yeux n’ont point de cours. Cet en figure par syllepse avec l’idée d’intrigue, qu’ont fait naître les premiers vers.
—EN pour avec, de: ASSAISONNER EN:
Il n’y a rien qu’on ne fasse avaler, lorsqu’on l’assaisonne en louanges.
—EN pour à; S’ALLIER EN:
J’aurois bien mieux fait, tout riche que je suis, de m’allier en bonne et franche paysannerie.
—EN, comme, en qualité de:
Je la regarde comme ma femme.
Cette locution n’a de remarquable que la façon dont Molière l’a placée. Clitandre agit en homme qui vous aime; c’est la manière de parler toute naturelle: en homme se rapporte au sujet Clitandre. Le sens et la grammaire sont d’accord.
Mais: ma fille, considérez monsieur en homme dont....., en homme ne se rapporte plus du tout au sujet, et semble prêter à une équivoque, comme si l’on disait: Madame, considérez ce malheur en homme courageux, c’est-à-dire, comme si vous étiez un homme courageux.
Cette équivoque est ici impossible, et le sens saute aux yeux; mais enfin j’ai cru qu’il y avait matière à une observation, par rapport à la rigueur de l’exactitude grammaticale.
—EN, à la manière de: EN DIABLE, voyez DIABLE.
—EN surabondant; EN ÊTRE DE MÊME:
Hé oui, la qualité! la raison en est belle!
De vous, dans ce dernier exemple, est pour quant à vous, de te: quant à vous, il en est autrement. On ne peut donc pas dire que en y fasse un double emploi réel.
Molière suivait ici la règle et l’usage de son temps.
Le grammairien la Touche, dans son Art de bien parler français, dit, à l’article du verbe s’ensuivre: «Dans les temps composés, on met toujours la particule en devant l’auxiliaire être:—Ce qui s’en est ensuivi; les procédures qui s’en étaient ensuivies.» (T. II, p. 204.)
Nos pères composaient avec en tous les verbes qui expriment une idée de mouvement, soit progrès, dérangement, métamorphose:—S’ensauver, s’enpartir, s’endormir, s’entourner, s’enaller, s’enrepentir, etc., etc. On disait de même activement, enoindre, enamer, enappeler, ensuivre, etc., dont les simples sont aujourd’hui seuls usités:
«Je n’ignore pas les lois de la nostre (politesse); j’aime à les ensuivre.»
Ces verbes se construisaient encore avec la préposition en, même au commencement du 18e siècle. Fontenelle, dans l’Histoire des oracles: «Voyons ce qui s’en est ensuivi;» et l’abbé d’Olivet, dans sa Prosodie: «De là il s’ensuit...;» ce que M. Landais, avec sa confiance intrépide et accoutumée, ne manque pas d’appeler un solécisme, à cause, dit-il, de la répétition vicieuse des deux en.
Il n’y a pas là de répétition vicieuse, ni de solécisme, non plus que lorsque nous disons d’un homme épris d’une femme: il en est enflammé; il en est ensorcelé;—vous avez ouvert la cage de ces oiseaux; il s’en est envolé deux.
Ensuivre, traduction d’insequi, comme poursuivre de persequi, est dans Nicot et dans Trévoux. Le dimanche ensuivant, pour le dimanche suivant, est du style de procédure.
(Voyez EMMAIGRIR.)
—EN supprimé:
Sosie croit être dans le palais d’Amphitryon, Orgon croit être chez soi; et ni l’un ni l’autre ne s’abuse par cette croyance. Mais il s’agit ici d’un point moral, et non du lieu physique: c’est pourquoi je pense qu’il n’est pas permis de supprimer cet en, qui marque la différence des deux locutions être quelque part et en être à.....
—EN, relatif à un nom de personne:
De faire que Célie soit ma conquête.
C’est-à-dire, si je n’en étais pas aimé.
(Voyez PARTICIPE PRÉSENT, pour si suivi d’un conditionnel.)
Arnolphe dit d’Agnès:
L’espérance d’Agnès, c’est-à-dire que donnait Agnès.
Ce n’est là qu’une ébauche du personnage; et, pour en achever le portrait, il faudroit bien d’autres coups de pinceau....
Mes justes soupçons chaque jour avoient beau me parler, j’en rejetois la voix qui vous rendoit criminel.
Le sort est personnifié dans cet exemple, comme les soupçons dans le précédent.
Jupiter a pris la forme d’Amphitryon.
—EN, construit avec un verbe, avec ALLER:
Vous ne voulez pas faire en aller cet homme-là?
L’usage est fort ancien de supprimer le pronom réfléchi:
(Voyez ARRÊTER et PRONOM RÉFLÉCHI.)
Ne devrait-on pas écrire tout d’un mot enaller, comme enflammer, s’envoler, s’enfuir, et tous les composés avec en?
Pourquoi la tmèse est-elle prescrite au participe passé de ce verbe, tandis qu’elle est défendue dans les analogues? Pourquoi faut-il absolument dire il s’en est allé, et ne peut-on dire il s’en est volé, il s’en est flammé?
Le peuple dit toujours: il s’est enallé.
Le livre des Rois tantôt fait la tmèse, et tantôt non.
Ce qui a placé ce verbe dans une catégorie particulière, c’est peut-être l’irrégularité de ses formes à certains temps.
On trouve, dès l’origine de la langue, en aller avec ou sans le pronom réfléchi:
«A tant Samuel s’enturnad, e en Gabaa Benjamin s’enalad, e li altre enalerent od Saul.»
On rencontre, à l’impératif, en va, sans le pronom, et va-t-en, avec le pronom:
«Pur co, enva e oci e destrui Amalech.»
«Truvad Cisnee, ki cusins fu Moysi, e bonement li dist: Vat en d’ici.»
—EN (S’) ALLER, pour aller simplement. Molière affectionne la première forme:
Le commissaire viendra bientôt, et l’on s’en va vous mettre en lieu où l’on me répondra de vous.
—Avec devoir; EN DEVOIR A QUELQU’UN:
Il ne vous en doit rien, madame, en dureté de cœur.
—Avec donner et jouer; EN DONNER D’UNE, et EN JOUER D’UNE AUTRE:
Le mot de l’ellipse paraît être le substantif bourde ou plutôt bourle.
(Voyez BOURLE.)
—Avec être; EN ÊTRE JUSQU’A (un infinitif):
—Avec payer:
Non, en conscience, vous en payerez cela.
—Avec planter; EN PLANTER A QUELQU’UN:
En figure ici le mot cornes, qu’on laisse de côté par bienséance et discrétion.
—Avec pouvoir; N’EN POUVOIR MAIS:
Mais est le latin magis, qu’on prononçait, dans l’origine, en deux syllabes: ma-his, l’aspiration remplaçant le g du latin. Mais signifie donc plus, davantage; et je n’en puis mais, non possum magis, c’est-à-dire, je n’en puis rien, pas plus que vous ne voyez.
—EN POUVOIR QUE DIRE, locution elliptique:
Pourraient bien avoir ou savoir que dire de cela.
Que représente ici quod, comme dans cette locution: faire que sage; c’est faire ce que fait le sage.
—EN, construit avec un substantif ou un adverbe; en Alger:
Il va vous emmener votre fils en Alger.—On t’emmène esclave en Alger!
Cette façon de parler est née de l’horreur de nos pères pour l’hiatus, même en prose. A Alger, leur paraissait intolérable. En pareil cas, ils appelaient à leur secours les consonnes euphoniques, dont l’n était une des principales, et disaient: Aller A(n) Alger. L’identité de prononciation a fait écrire par e, en Alger.
Aujourd’hui, que l’euphonie de notre langue a été détruite par l’intrusion des habitudes étrangères, tous les journaux écrivent, et l’on prononce, à Alger. Cela s’appelle un perfectionnement logique.
—EN-BAS, EN-HAUT, considérés comme substantifs, et recevant encore devant eux la préposition en:
Qu’est ceci? vous avez mis les fleurs en en-bas?—Vous ne m’aviez pas dit que vous les vouliez en en-haut.
Nicot écrit d’un seul mot embas, enhault. Perrault, parlant de la feuille d’arbre:
«Ce mot, en de certaines occasions, doit être regardé comme substantif, car on lui donne une préposition.»
—EN DÉPIT QUE..... Voyez DÉPIT.
—EN LA PLACE DE:
ENCANAILLER (S’), néologisme en 1663:
Climène (précieuse).—..... Le siècle s’encanaille furieusement!
Élise.—Celui-là est joli encore, s’encanaille! Est-ce vous qui l’avez inventé, madame?
Climène.—Hé!
Élise.—Je m’en suis bien doutée.
Il paraît que ce mot fit un établissement rapide, car il est dans Furetière (1684), et sans observation.
S’enducailler, que Chamfort avait fait par représailles, n’a pas eu le même bonheur, sans doute parce qu’il était moins nécessaire.
ENCENS, au pluriel; DES ENCENS, des hommages, des louanges:
ENCHÈRE; PORTER LA FOLLE ENCHÈRE DE QUELQU’UN:
Vous pourriez bien porter la folle enchère de tous les autres, et vous n’avez point de père gentilhomme.
Porter la folle enchère, c’est couvrir à soi seul les mises de tous les autres enchérisseurs, demeurer seul responsable et payer pour tout le monde, et un peu encore au delà.
ENCLOUURE:
On a deviné l’enclouure.
L’enclouure est, au propre, la plaie secrète d’un cheval que le maréchal a piqué jusqu’au vif en le ferrant, et qui fait boîter la bête. Comme il est très-difficile de reconnaître au dehors lequel des clous perce trop avant, on est quelquefois obligé de dessoler entièrement le cheval.
De là, le sens figuré de cette expression: deviner l’enclouure.
Nicot ne donne que enclouer, d’où il paraîtrait que le substantif est plus moderne; mais on le rencontre dès le XIIIe siècle:
ENCORE QUE, quoique:
Les Italiens disent de même ancora che.
«Encore qu’ils soient fort opposés à ceux qui commettent des crimes...»
La Fontaine affectionne cette expression; elle revient très-souvent aussi dans les Provinciales.
Encore que, pour la construction, est autre que quoique. Quoi n’est pas un adverbe, c’est un pronom neutre à l’accusatif; on ne devrait donc, à la rigueur, l’employer que devant un verbe dont il pût recevoir l’action: quoi que vous disiez; quoi qu’il fasse. Ainsi l’on ne devrait pas dire: quoi qu’ils soient opposés, parce que rien ici ne gouverne quoi. En latin: quod cumque agas, et quamvis sint oppositi. Il faut, en français, prendre l’autre expression, encore que. C’est par abus et par oubli de la valeur des mots qu’on a laissé quoique passer pour adverbe, et en cette qualité usurper indistinctement toutes les positions, au point d’étouffer comme inutile l’autre forme.
ENDIABLER (S’) A (un infinitif):
Chacun s’est endiablé à me croire médecin.
ENFLÉ D’UNE NOUVELLE:
ENFONCÉ, par métaphore comme plongé: ENFONCÉ DANS LA COUR:
ENGAGÉ DE PAROLE AVEC QUELQU’UN:
ENGAGEMENT, condition d’être engagé:
L’engagement ne compatit point avec mon humeur.
ENGENDRER la MÉLANCOLIE:
Allons, morbleu! il ne faut point engendrer de mélancolie.