La tonte des moutons.

Je remarque aussi quelques trous de lapins, mais on s'en défend par le poison et par certains pièges. On tend même des filets pour les empêcher de pénétrer dans la propriété durant leurs migrations. Elles ont lieu pendant la nuit et par troupes; ils se dirigent généralement vers le nord. Le gouvernement donne aux trappeurs une prime de tant par 100 peaux; avant, il payait tant pour chaque queue, puis pour chaque paire d'oreilles. La multiplication de ce petit animal est effrayante; il est rusé, se tient sous terre, et il n'est pas aisé de le combattre. Le lièvre par contre produit peu, se tient sur terre, et n'est point rusé; on pourrait, avec de l'avoine empoisonnée, les détruire tous dans une nuit sur une propriété.

J'arrive à une maisonnette isolée; la fermière est en train de mettre son pain au four; elle m'indique ma route; je passe près d'un petit lac aux bords boisés. Deux cents moutons sans queue et sans laine se reposent à l'ombre. On coupe toujours la queue aux moutons en Australie, et la tonte commence en octobre.

Plus loin, je remarque de beaux blés et de belles avoines qu'on coupe pour foin. Les haies des paddocks sont partie en bois, partie en fil de fer très épais: ces haies coûtent 1,500 fr. le mille de 1,600 mètres. Le long de la haie, à un mètre ou deux de distance, on a tracé un double sillon destiné à arrêter le feu. En cas d'incendie, l'herbe brûlerait, mais la haie serait préservée. Enfin, j'arrive dans un vaste parc garni de pièces d'eau, rocailles, saules pleureurs et fleurs de toute sorte. Vers le haut du parc un petit château disparaît presque sous la verdure; j'aperçois de loin un groupe de dames, mais elles s'éclipsent à mon arrivée. Je demande le manager; on me conduit à sa maison, qu'entoure un charmant jardin; je lui présente une lettre d'introduction, et je demande à visiter la propriété. Il m'offre d'abord un petit lunch, puis me donne quelques détails. M. Samuel Wilson et sa famille sont en ce moment en Angleterre; il vient d'acheter à Londres une maison pour 50,000 l. stg. et une propriété pour 200,000 l. stg. Il a donné 30,000 l. stg. pour l'université de Melbourne et a reçu le titre nobilier de Sir, Il possède 4 stations (c'est le nom qu'on donne aux terres destinées à l'élevage du bétail) en Victoria et 2 en Queensland; ces deux dernières ont plus de 200,000 moutons. La station de Ercildonne est la plus petite des quatre de Victoria; elle compte 26,000 acres et possède 40 mille moutons. Elle est célèbre par ses mérinos. On sait que ces moutons étaient passés en Espagne et venaient des Argoli mouton sauvage de Colchis et de Milète. Pendant longtemps, l'Espagne défendit sous les peines les plus sévères l'exportation des mérinos; mais en 1765 l'Électeur de Saxe en reçut en cadeau du roi d'Espagne quelques-uns de ses meilleurs. Une partie de cette race fut plus tard achetée en Saxe et transportée en Tasmanie, d'où ils sont passés en Australie. Leur laine est la plus fine connue; on la file pour de la soie, et on la paie à Londres jusqu'à 5 schellings la livre. La propriété expédie annuellement à Londres de 4 à 500 balles de laine de 250 à 300 livres chaque, et en obtient un prix de 16 à 17,000 l. stg. Tous les ans, M. Wilson met aux enchères une centaine de ses béliers qui se vendent de 100 à 400 l. stg. chaque; un d'eux a atteint le poids de 198 livres 1/2. Pour les enchères, les acheteurs trouvent les moutons séparés et numérotés, et une vaste salle où ils prennent leur lunch aux frais du vendeur. Des brochures à couverture en maroquin sont distribuées d'avance dans toutes les directions; elles portent l'historique de la propriété, les prix et la photographié des principaux béliers.

Je demande au manager de me faire visiter la propriété: il me conduit à travers le parc; j'ajoute que nous ne manquons pas de parcs en Europe et que je suis venu pour voir les moutons. Il me dit qu'il n'a pas de chevaux, qu'il n'a pas de voiture: mais bientôt après, passant devant les écuries, je lui montre de nombreux chevaux et voitures. Je comprends enfin à son embarras que Madame a réception et que probablement les chevaux et véhicules sont pour les dames qui se sont éclipsées le matin. Il finit par me donner un apprenti. C'est un jeune homme qui a déjà passé une année dans une station de bœufs: il passe un an dans cette station de moutons pour apprendre le métier, puis il prendra en Queensland une station à son compte. Nous montons à cheval et arrivons aux écuries des béliers: ils ont chacun leur petit compartiment, le pavé est en linteaux espacés pour laisser passer par dessous tout le fumier; les moutons ont là carottes et avoine en abondance et peuvent sortir à volonté pour brouter l'herbe dans un paddock d'une acre par tête. Ils sont recouverts d'une toile pour préserver la laine des taches et de la poussière, car ils figurent généralement dans les expositions et rapportent au maître des médailles d'honneur.

Chemin faisant, le jeune apprenti m'apprend que 6,000 moutons environ sont vendus tous les ans à la station; que les moutons donnent de 8 à 9 livres de gros suif par tête, de 4 à 13 livres de laine, et qu'ils ont souvent une maladie aux pieds qu'on soigne avec une composition d'arsenic passée au pinceau.

Nous galopons à travers plaines et collines et arrivons aux paddocks des vaches et des bœufs. Ils sont 300 et me paraissent de forte taille. Tous les paddocks étant clôturés, les bergers sont superflus; il suffit de quelques hommes pour faire le tour des haies et voir si elles sont en bon état. Ces hommes sont nourris et reçoivent de 6 à 7 sch. par jour, autant que pour une semaine en Angleterre.

Nous voyons en route de fort belles récoltes de blé et d'avoine; elles sont la propriété de divers selecteurs qui, en vertu de la loi, sont venus choisir leur 320 acres sur la propriété pendant qu'elle n'était encore que louée.

Enfin j'arrive à la station pour le départ, et le soir, à 11 heures, je suis à Melbourne.

Le 22 décembre, à 6 heures du matin, je pars pour Sydney; la voie passe par Albury, où je dois visiter le vignoble de M. Fallon, le plus célèbre de la Nouvelle-Galles du Sud; il a pour manager un Français, M. Frère. On multiplie les trains, mais ils sont tous encombrés; tout le monde part en vacances. Ce sont les Christmas Holidays (vacances de Noël). Le chemin de fer accorde l'aller et retour pour le simple prix d'aller. À la sortie des faubourgs, je remarque encore quelques paddocks bien verts, puis nous entrons dans la forêt d'eucalyptus. Cet arbre est joli dès qu'il est jeune, mais il enlaidit en vieillissant; sa couleur verte est sombre; de loin, on le prendrait pour l'olivier.

Les journaux sont remplis de détails sur l'organisation des volontaires, l'achat de torpilles, construction de batteries; est-ce contre les futurs récidivistes qu'on monte un si grand appareil? C'est dépasser le but. L'Australie du Sud a eu bonne récolte de blé calculée à 5,000,000 de l. stg.; elle pourra en exporter 540,000 tonnes. Cette jeune colonie compte aussi 15,000 blue ribbons, ou associés de ruban bleu, qui s'engagent à s'abstenir de toute boisson enivrante. Je lis aussi une curieuse aventure d'un grand propriétaire qui demandait 30,000 l. stg. pour une bande de terre que le chemin de fer enlevait à sa propriété; le jury lui a alloué 230 l. stg. Il a obtenu alors un nouveau jury en basant sa demande d'indemnité sur le morcellement de la propriété; le 2e jury lui accorde 260 l. stg. Il a voulu un 3e jury auquel il soumettait la demande d'indemnité pour le danger d'incendie par les étincelles de la locomotive. Ce 3e jury a perdu patience et, calculant les avantages et les dommages, a déclaré ce propriétaire débiteur de 60 l. stg. envers la Compagnie du chemin de fer, bien entendu les frais à la charge du demandeur. Il est probable qu'il ne demandera pas un 4e jury.

À Melbourne, un jeune freluquet est conduit devant le magistrat pour avoir marché sur les trottoirs avec le vélocipède; il est condamné à 5 l. stg. d'amende; il donne pour excuse que le premier ministre en fait autant.—«Qu'on me le dénonce, dit le magistrat, et je le traiterai de la même manière.»

À 1 heure 1/2 j'arrive à la station de Wadonga, la dernière de Victoria; au-delà du Murray, la station d'Albury est déjà en Nouvelle-Galles du sud. L'écartement des rails n'est pas le même dans les deux colonies; il faut changer de train. À 2 heures je suis à Albury, distant de 190 milles de Melbourne et de 384 de Sydney. La station est aussi belle que celle de nos grandes cités. La ville naissante compte de 4 à 5 mille habitants: elle a de belles rues, de larges avenues, beaucoup d'églises et beaucoup de banques. Je rencontre George Frère, jeune homme de 18 ans, aimable et prévenant. Il me fait visiter les caves de M. Fallon. Elles contiennent 300,000 gallons dans des fûts de 80 hectolitres; le prix est de 6 schellings le gallon. J'en déguste plusieurs qualités, de blanc et de rouge, et les trouve excellentes. Après une visite au Cricket ground, où le jeune Frère est intéressé à une partie, il me prend dans sa voiture et me conduit chez ses parents à la campagne. Elle est à 9 kilomètres d'Albury; la route est pittoresque; nous grimpons de petites collines, passons devant une chapelle catholique et arrivons à Saint-Hilaire. Les époux Frère, auxquels M. Phalampin m'avait recommandé, m'accueillent comme un compatriote; ils ont chez eux un jeune ménage en vacances de Noël: c'est l'ancien instituteur de la ville voisine qui a appris à George l'anglais et la géométrie. Les bonnes Sœurs du couvent d'Albury ont aussi aidé à son instruction, et sa mère l'a complétée. Le jeune George à 18 ans parle déjà 3 langues: le français, l'anglais et l'allemand. Malgré ces visiteurs, il y aura encore place pour moi dans la maison. Les jardins qui l'entourent sont garnis de fleurs et de fruits; on y voit même un olivier très prospère. La propriété compte 90 hectares, dont 50 sont déjà plantés en vignes et en plein rapport.

Les époux Frère sont venus ici il y a 10 ans. Le mari avait été engagé comme directeur du vignoble de M. Fallon, avec de très beaux appointements. Il a appelé son frère, et tout en dirigeant le vignoble de M. Fallon, ils cultivent la terre qu'ils ont achetée pour leur propre compte. Tous les travaux sont faits par eux; ils ont bâti leur maison, et construisent en ce moment une grande cave. Voyant que, sans être reçu maçons, ils réussissaient dans la maçonnerie, ils ont fait leur menuiserie. Elle ne gagnerait pas le prix de perfection, mais elle mériterait certainement celui d'application. M. Frère, sans avoir jamais connu la charrue, a pourtant commencé à déchirer la terre; les difficultés surgissaient de tous côtés. D'abord les chevaux avaient été habitués aux sons anglais et M. Frère ne parlait que le français; il a fallu refaire leur instruction, et durant l'intervalle les pousser au moyen d'une longue perche. Lorsque les chevaux ont su obéir, il a fallu apprendre à se faire obéir par la charrue.

Saint-Hilaire se trouve sur un monticule; on n'a pour boire que l'eau de la pluie et pour les animaux l'eau d'une mare. Durant les étés chauds, la mare sèche et il faut aller puiser l'eau au Murray, à 10 kilomètres. Mme Frère, à son tour, ne reste pas inactive; elle a pris à sa charge la préparation de la nourriture et l'entretien de la maison. Rien n'a jamais manqué aux travailleurs de bonne volonté; elle sait même le soir charmer leur repos par l'harmonie du piano, en accompagnant le violon du jeune George. Celui-ci, tout en travaillant à son instruction, trouvait encore le temps d'aider à son oncle et d'apprendre avec lui les divers métiers de charpentier, menuisier, laboureur et maçon. Maintenant les jours les plus durs sont passés, et la fortune va entrer dans cette famille. Elle ne pourra tomber en meilleures mains, car on n'apprécie bien que ce qui a bien coûté: elle sera la récompense méritée du travail et de la vertu. Rien d'étonnant à ce que la famille Frère soit honorée et aimée dans le pays. Que n'avons-nous partout à l'étranger de telles familles! elles feraient connaître et aimer la France!

Tout en causant minuit arrive. Le lendemain, c'est dimanche. À 6 heures du matin, George et moi, sommes à cheval, en route pour Albury. Nous avons 18 kilomètres, aller et retour, pour avoir la messe. À la chapelle voisine, on ne la dit qu'une fois par mois. Les mouches sont insupportables; elles s'attaquent aux yeux. George sort de sa poche une espèce de filet, en usage dans le pays; il le passe à mon chapeau, et le balancement des ficelles éloigne ces ennuyeux insectes. En Provence, on emploie un filet analogue pour en préserver les mulets.

Chemin faisant, George m'explique les propriétés des diverses sortes d'eucalyptus; le white-box à feuille ronde n'est bon qu'à brûler, le string-bark, par sa première écorce sert à faire des toitures; sa seconde écorce est employée à former des cordes; son bois est très dur et très résistant au sec, mais pourrit à l'humidité: le red-gum, par contre, se conserve aussi bien sous terre et dans l'eau, qu'au sec. Nous voyons des vols de merles, de perroquets et des laphing-jakal (oiseau riant), espèce de geai qui imite les éclats de rire de l'homme. Ils se mettent à deux sur une même branche pour faire leur partie de rires; il est défendu de les tuer, parce qu'ils détruisent les serpents et surtout l'iguana, terrible lézard de 4 à 5 pieds de long. Des lièvres fuient devant nous, on les laisse en paix, mais on prend les corbeaux et on les empale pour éloigner les autres; ils sont grands mangeurs de raisin.

À notre retour, M. Frère me donne plusieurs détails sur le pays. La main-d'œuvre est généralement payée 2 l. stg. par semaine à la ville et 1 l. stg. et nourriture à la campagne. Le chemin de fer paie ses ouvriers 1 sch. (1 fr. 25) l'heure, et ils travaillent 8 heures par jour. Les conducteurs de locomotive en arrivant aux stations trouvent leur nourriture chaude, et leur lit préparé.

La température à Saint-Hilaire atteint quelquefois 46° à l'ombre en janvier, et descend jusqu'à 4° centigrades en juillet. La terre que M. Frère a payée 4 l. stg. l'acre, soit 250 fr. l'hectare, il y a 5 ans, vaut maintenant 10 l. stg. l'acre, soit plus de 625 fr. l'hectare. Il a adopté un système de plantation fort économique et qui lui a bien réussi dans la terre rouge. Il fait un labour simple à 30 centimètres, et plante les boutures de vignes dans un trou profond de 50 centimètres au moyen d'une barre de fer; il remplit le trou avec une pâtée de terre, de fumier de poule et de cendre: le tout adhère bien aux sarments et ceux-ci, ne pouvant se développer de côté, poussent leurs racines au fond. La plantation dans cette forme coûte entre premier et deuxième labour 3 l. stg. par arpent. Son entretien est de 2 l. l'acre par an. Après trois ans, avec le prix d'achat à 4 l., elle a coûté 13 l. l'acre, et donne 60 gallons l'acre; à la quatrième année elle donne 120 gallons, la cinquième année et les années suivantes 200 gallons, et dure en moyenne 35 ans. Elle coûte alors 5 l. par an pour labourage, bêchage autour du cep, attachage, taille, etc. Pour la taille on ne laisse que deux yeux et 8 à 9 branches, selon la force de la vigne. On vend le moût à la récolte de 1 sch. 3 deniers à 1 sch. 1/2 le gallon. Si on veut faire la dépense de la cave et des tonneaux, après un an, on vend le vin 3 sch. le gallon. Dans le premier cas, on a de 250 à 300 sch. l'acre, et 600 sch. dans le second cas. M. Frère fait sa spécialité de la fabrication du champagne.

Le pays fournit aussi de grandes ressources à l'éleveur de moutons. Une loi nouvelle sur la vente et location des terres de la couronne est maintenant en discussion au Parlement à Sydney. Le projet sera certainement modifié, mais ses principales dispositions seront maintenues. Ce projet de loi divise la contrée en trois zones: la zone agricole à l'est, la pastorale à l'ouest, et la zone intermédiaire. Dans la première, toute personne âgée de 16 ans peut choisir 648 acres, en déposant 2 sch. par acre, en clôturant sa propriété, et y résidant pendant 5 ans. Après 3 ans, il paiera 1 sch. 1/2 pendant 15 ans, après quoi il sera propriétaire définitif. Il peut le devenir avant, en soldant le prix, et dans ce cas on lui tient compte de l'intérêt. Dans la deuxième zone, on peut choisir jusqu'à 2,500 acres. Dans la troisième, on peut louer pour 15 ans jusqu'à concurrence de 10,000 acres pour un loyer annuel de 2 pence (20 cent.) par acre.

Mon interlocuteur croit que le jeune homme qui arrive avec une cinquantaine de mille francs peut assez bien réussir. Pour cela, il doit placer son argent à la banque qui lui en donne un bon intérêt; s'en aller sur une station pour au moins six mois, afin de bien apprendre le métier: louer dans la 3e zone 10,000 acres et y placer 1,000 brebis qui lui coûteront 10 francs l'une en moyenne, et lui donneront 5 francs de laine par an. Les agneaux augmenteront le troupeau, et la cinquième année il pourra avoir 4,000 moutons qui lui donneront 20,000 francs de laine; alors l'augmentation du troupeau sert à faire face aux frais d'entretien, et paie la dépense. Il pourra ensuite acheter des terres dans la 2e zone. Bien entendu un tel jeune homme ne doit pas arriver avec gants et badine, mais bien décidé à travailler même de ses mains. Pour faire le squatter en seigneur, il faut avoir facteur, domestiques, etc., et au moins 20,000 moutons pour faire les frais. Une bonne station de 40,000 moutons demande 40,000 acres de bonne terre, et coûtera, moutons compris, environ 2,000,000 de francs; mais ce capital rapportera de 15 à 20% l'an. La plupart de ces squatters vivent en Angleterre, laissant la direction à un manager auquel ils donnent de gros; appointements, ou qu'ils mettent en participation. La contrée est pleine de ressources pour les travailleurs et pour les capitaux.

L'heure du départ est arrivée. La famille Frère m'accompagne à 3 milles à Ettamogah, gare la plus voisine. Chemin faisant, on me montre l'endroit où se sont groupées plusieurs familles allemandes protestantes, et un peu plus loin, plusieurs familles allemandes catholiques, formant ainsi 2 colonies distinctes. Le gouvernement allemand envoie des inspecteurs sur tous les points du globe pour lui rendre compte de l'état des colons. Le dernier inspecteur leur a fait venir ici, sur leur demande, un pasteur et un maître d'école allemand. Je demande à mon tour à M. Frère quelle est des deux colonies catholique et protestante celle qui réussit le mieux; il me répond que pour l'honneur de la vérité il doit dire que les protestants réussissent mieux, parce qu'ils sont plus travailleurs; il fait exception pour 2 familles catholiques qui, étant aussi travailleuses, sont arrivées à la prospérité. À la gare d'Ettamogah, je ne vois ni cantonnier, ni employé, le personnel coûte cher, et on l'économise le plus possible. Un drapeau et une lanterne forment tout l'ameublement; lorsque des voyageurs veulent monter dans le train, ils agitent le drapeau, et le train s'arrête; de nuit ils agitent la lanterne. S'il n'y a point de voyageurs, le train continue sa route.

Avec beaucoup de peine, je peux obtenir un lit dans le Sleeping car, les numéros sont presque toujours retenus d'avance. Ces lits sont moins commodes que dans les wagons américains. J'ai pour compagnon de voyage un colon de Bâle. Il est père de 10 enfants, et a essayé divers métiers dans la colonie. Actuellement il s'est uni à 2 autres Allemands et a loué pour 20 ans un run de 825,000 acres. Il est situé en Queensland à 70 milles de Charlesville. Le loyer est de 30,000 l. (750,000 fr.) pour les 20 ans, échelonné en 3 paiements. Il a commencé, il y a 2 ans, avec 29,000 moutons, et 5,300 vaches. Il a maintenant 40,000 moutons et 9,000 têtes bovines; il espère atteindre le chiffre de 600,000 moutons. Le vaste terrain n'est pas clôturé, et il lui faut un berger par 10,000 moutons. En qualité de manager (intendant), il reçoit une paye élevée; les autres associés ne mettent que le capital. Son fils aîné reste sur la station, et sa fille aînée tient la maison. Lui-même est très souvent au run (station). Il me raconte que la vie y est très pénible; ils sont fréquemment obligés la nuit de monter à cheval pour chasser les chiens sauvages et les porcs qui effraient le bétail et tuent les moutons. La fortune qui arrive au bout d'un si rude métier est bien gagnée. Mon colon vend les moutons gras sur place, de 6 à 7 schellings. Chaque mouton lui donne en moyenne 5 livres de laine; il vend les jeunes bœufs à Sydney à 11 l. stg., mais il a 1 l. 1/2 de frais de transport. Nous continuons à traverser les forêts d'eucalyptus; mon compagnon sait me dire où le terrain est bon, où il est médiocre, où il est mauvais, et où on le vend pour 1 ou 3 ou 4 l. l'acre. Vers la nuit nous voyons briller dans la forêt par-ci, par-là, les incendies de l'herbe sèche, puis nous prenons le lit, et le lendemain nous nous réveillons à Sydney. Le train, trop chargé à l'occasion des vacances de Noël, avait dû être scindé en deux, d'autant plus que sur certains points, la ligne monte jusqu'à 2,000 pieds d'altitude. J'attends donc la deuxième moitié du train pour avoir mes bagages et me rends à l'hôtel.

TABLE DES MATIÈRES

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Préface I

Chapitre Ier.—République de l'Équateur.

République de l'Équateur. — Surface. — Population. — Histoire. — Quito. — Guayaquil. — Le cacao. — La résine. — L'ivoire végétal. — Le quinquina. — Le tamarin. — Le caoutchouc. — La guerre civile. — Le Guayaquil. — Les crocodiles et le jeu de la pezéta. — Arrivée à Panama. 1

Chapitre II.—Panama.

La ville de Panama. — La République de la Colombie. — Situation. — Surface. — Population. — Produits. — La Compagnie universelle du canal interocéanique. — Le personnel. — L'hôpital. — L'isthme. — Le canal et ses dimensions. — État des travaux. — Moyens d'exécution. — Le barrage du Chagre. — Le chemin de fer. — La ville et le port de Colon. — Résultat du percement de l'isthme. 11

Chapitre III.—Les Antilles.

La Jamaïque. — Situation. — Surface. — Produits. — Température. — Histoire. — Population. — Justice. — Contributions. — Les coolies hindous. — Irrigation. — Chemins de fer. — Importation. — Exportation. — Main-d'œuvre. — Les Building Societies. — Les îles annexes. — La ville de Kingstown. — Le marché. — Une école professionnelle. — Une plantation de cannes à sucre. — Les campagnards. — La garnison. 24

Chapitre IV.

Haïti et San-Domingo. — Port-au-Prince. — Les Nègres. — La révolution. — L'île Saint-Thomas et le groupe des Vierges. — Histoire. — L'esclavage. — La ville et le port. — La Royal-Mail. — Excursion dans l'île. — Une plantation de cannes. — Les ouragans. — San-Juan de Porto-Rico. — Navigation vers Cuba. 35

Chapitre V.

L'île de Cuba. — Situation. — Configuration. — Surface. — Histoire. — Population. — Produits. — Climat. — Importation. — Exportation. — La Havane. — La ville. — Les environs. — La Corrida de Toros. — La cathédrale. — La fièvre jaune. — Les œuvres charitables. 49

Chapitre VI.

Excursion à Marianao. — La plantation de cannes de Toledo. — Un orage. — 400 esclaves. — Culture de la canne. — Fonctionnement de l'usine. — Détails et prix. — L'administration espagnole dans la colonie. — Le papier-monnaie et la Banque espagnole. — Les autonomistes et les conservateurs. — Avenir probable. — Production du sucre et du café dans le monde entier. — Le tabac à la Havane. — La fabrique de cigares de Villar-Villar. — La fabrique de cigarettes de Diego Gonzales. — Le marché. — La presse. — Le départ. — Navigation dans le golfe du Mexique. 63

Chapitre VII.—Le Mexique.

La République mexicaine. — Surface. — Constitution. — Population. — Les diverses branches ou familles indiennes. — Cause de leur dépérissement. — Revenus. — Dépenses. — Chemins de fer. — Télégraphe. — Poste. — Instruction publique. — Mines. — L'isthme de Tehuantepec. — Histoire. — Fernando Cortez et la conquête. — Fin de Montézuma, dernier empereur des Aztecas. — Les sacrifices humains. — Le vice-roi. — Fin tragique de deux empereurs. 81

Chapitre VIII.

Débarquement à Vera-Cruz. — Construction du port. — La ville. — La fièvre jaune. — Départ pour Mexico. — Le chemin de fer. — Orizaba. — Maltratta. — Le Citlaltepelt. — Le pulche. — Mexico — Les hôtels. — La ville. — La cathédrale. — Les toros. — Les loteries. — Le Paseo. 93

Chapitre IX.

Excursion à Guadalupe. — Les faubourgs. — L'armée. — Le sanctuaire. — Les œuvres charitables. — L'administration ecclésiastique. — Les banques. — Le musée. — La pierre du Soleil. — La déesse de la terre Coatlicue. — Le dieu des morts Mictlanteuhtli. — Les pierres à jeu de paume. — Les chevaliers aigle et le messager du Soleil. — Quetzalcoalt, ou le sage mystérieux. — Les inscriptions. — Les urnes funéraires. — Les vierges ou prêtresses. — Manière de marquer le temps. — Le cycle ou xinhmopillé. — Chalchinhtlicue, déesse de l'eau. — Tlaloc, dieu du tonnerre. — La céramique. — Les bijoux. — L'écriture. — Le Sénat. — Le Conservatoire. 105

Chapitre X.

État pitoyable des logements du peuple. — Moyens d'y remédier. — Couper le mal à la racine vaut mieux que soigner les plaies. — La ferme de Tacubaja. — La foire. — La forêt de Chapultepec. — Le ministre de fomento. — L'Observatoire. — Le ministre du Chili. — Le ministre de France. — La colonie française. — Les Basques et les Barcelonnettes. — La chambre de commerce. — Les colonies de Chacaltepec et de Saint-Raphaël, et les théories fouriéristes. 123

Chapitre XI.

Départ de Mexico. — Les lignes de chemins de fer. — La culture. — Queretaro et la fin tragique de Maximilien. — Arrivée à Guanajuato. — Trois étudiants journalistes. — Un journaliste français et la Commune de Paris. — La ville de Guanajuato. — Visite de la mine de la Cata. — Détails d'exploitation. — Situation de l'ouvrier. — Rendement. — La mine de Valenciana. — La hacienda de mineria de Saint-François-Xavier. — Détails de fonctionnement. — Une aventure à l'hôpital. — Les œuvres de charité. 132

Chapitre XII.

Départ de Guanajuato. — Silao. — La presse. — Lagos. — Route à Ojuelos et à San-Luiz de Potosi. — San-Luiz. — Le Gouverneur. — L'école de artes y oficios. — Le départ. — La femme du postillon. — Je suis seul voyageur. — Le brigandage. — Les villages de l'intérieur. — Un perroquet traître. — Les mendiants. — Une nuit à Chalca. — Un Barcelonnette. — Un ancien colonel garibaldien. 151

Chapitre XIII.

Départ de Chalca. — Je fais un heureux. — La Hacienda de Solis. — Matehuala. — Les mines du district de Catorce. — La ville de Cédral. — La Hacienda de beneficio de Don Antonio Verume. — Un garçon qui veut apprendre l'anglais. — Le vin de Membrillo. — La Hacienda el Salado. — Les toiles d'aloès. — Les briques d'adobe. — On dompte un cheval sauvage. — La soirée et la nuit à la Hacienda la Ventura. — Un inconnu. — Le gibier. — Les fauves. — La ville de Saltillo. — Le chemin de fer. — Le chien des prairies. — Monterey. — Laredo. — Arrivée à San-Antonio. 161

Chapitre XIV. — États-Unis.

Le Texas. — Les progrès depuis l'abolition de l'esclavage. — Les Congrégations religieuses. — Prix des terres. — Les casernes. — Les Nègres et leur ostracisme. — Départ pour San-Francisco. — Les métiers d'un Yankee. — Les plantations de coton. — Les cliffs du Rio-Grande. — Les stations dans le désert. — La consommation de la bière. — Le Nouveau Mexique. — L'Arizona. — Les Mormons. — Les Chinois. — Le Rio-Colorado. — Yuma. — Indio. — Le désert du Colorado. 175

Chapitre XV.

La Californie. — Los Angeles. — La production de l'or. — Les produits agricoles. — Le papier-monnaie. — La vallée de Yosemity et les arbres géants. — Oakland. — San-Francisco. — La baie. — La crise. — Le nouveau traité avec la Chine et la question chinoise. — Les coolies et l'opium. — La richesse des États-Unis. — La rémunération du travail et du capital. — Les divorces et les avortements. — Les monopoles et la concurrence. — La population. — Importation. — Exportation. — Revenus. — Dette. — Chemins de fer. — Les Américains ne nous aiment pas. — Les réformes nécessaires pour former un peuple fort et sérieux. 187

Chapitre XVI.—Les îles Sandwich.

Départ de San-Francisco. — Navigation vers les îles Sandwich. — Le navire La Zelandia. — Manière d'occuper le temps. — Arrivée à Honolulu. — Les îles Hawaï. — Surface. — Population. — Gouvernement. — Les femmes sénateurs. — Impôts. — Les plantations de canne. — Importation. — Exportation. — Navigation. — Droits de douane. — Revenus. — Changement de dynastie. — Les Missions. — Le volcan Kilaouea. — Le monument du capitaine Cook. — La végétation. — Les habitations. — Les indigènes. — Mœurs et coutumes. — Les écoles. — L'hôpital. 199

Chapitre XVII.

Navigation vers la Nouvelle-Zélande. — Curieux problème dans une succession. — Deux bébés à la recherche du ciel. — Une éclipse totale du soleil. — Les Saints et les Morts. — Passage de l'Équateur. — Une visite de l'Océan. — La visite réglementaire. — La manœuvre du feu. — Le service religieux. — L'île Tutuila et l'archipel des Navigateurs. — Une Cour d'assises. — Une tempête sous le tropique. — Scènes comiques. — Le 180° parallèle et la semaine de 6 jours. — Arrivée en Nouvelle-Zélande. 211

Chapitre XVIII.—La Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande. — Situation. — Surface. — Configuration. — Population. — Gouvernement. — Récoltes. — Bétail. — Poissons. — Mines. — Climat. — Pluie. — Instruction publique. — Industrie. — Assistance publique. — Caisse d'épargne. — Importation. — Exportation. — Navigation. — Les terres publiques. — Manière de les acquérir. — La poste. — Le télégraphe. — L'armée. 221

Chapitre XIX.

Arrivée à Auckland. — La tempête. — Le dimanche. — Le Père Mac Donald. — Catholiques et protestants. — La ville. — Les faubourgs. — Le parc du gouverneur. — L'hôpital. — Le dominion. — Les salaires. — L'intérêt. — Le baron de Hübner. — Mgr Luck et son diocèse. — Les Sœurs de la Miséricorde. — Départ pour Tauranga. — La baie. — La ville. — Excursion à Ohinemutu. — Les fermes. — Le cocher irlandais. — Le Gate-Pa. — La forêt d'Oropi. — La mid-way-house. — Les naissances et la mortalité. — Le vin correctif de l'alcoolisme. — Les gorges de Mangorewa. 235

Chapitre XX.

La tradition des Maoris sur leur venue en Nouvelle-Zélande. — Rangatiki et son chien Potaka. — Hinemou et Tutanekai. — Le lac Rotorua. — Les eaux thermales. — Un Pa. — Les Maoris, leurs vêtements, leur nourriture. — Mœurs et usages. — L'anthropophagie. — La carved house. — Tiki et Maui et le récit de la création. — Raïnga et la route du ciel. — Les ministres protestants et le traité de Waïtangi. — Les Pères Maristes. — La forêt de Tikitapu. — Le lac Rotakakahi. — Waïroa. — Les femmes Maoris et le tabac. — Costumes et jeux. — L'école. — Un examen de géographie. — L'instruction. — La cascade. — La haka ou danse indigène. — Le lac Tarawera. — Le Té Tarata ou terrasse blanche. — Le lac Rotomahana. — Les geysers. — Le repas. — La Aukapuarangi ou terrasse rouge. — Un bain bouillant. — Retour à Waïroa et à Ohinemutu. 253

Chapitre XXI.

Sulphur-point. — Les bains du gouvernement. — Perdu et retrouvé. — Les geysers de Whakarewarewa. — La fin de Komutumutu. — Le geyser de Waïkiti. — Les sépultures. — Le divorce. — Route vers Taupo. — Le Waïkato. — Un cocher concurrent. Débourbés par les Maoris. — Le Tangariro et sa légende. — Le lac de Taupo. — Les bains de M. Lofley. — À la recherche de la cascade Huka. — Le Crow's nest. — Les rêves au bord du lac. — Taniwha, l'homme aux cheveux rouges. 275

Chapitre XXII.

Départ pour Napier. — Un surveyor. — Un repas au désert. — La future ville de Tarewera. — Un Pa à 2,600 pieds. — La boîte aux lettres aux bords des chemins. — Le port et la ville de Napier. — Les missions catholiques. — Un typhon entre Napier et Wellington. — Port Nichelson et la ville de Wellington. — La corde de sauvetage. — Mgr Redwood et les Pères Maristes. — Le Musée. — L'Observatoire. — Le kea et ses méfaits. — Trois jeunes éleveurs français. — La famille en Nouvelle-Zélande. — Les méthodes d'enseignement. — Les oeuvres catholiques. — Les Chambres. — L'Athenœum. — L'élection du mayor. — La Wellington meat preserving Cy, et la prochaine concurrence aux éleveurs européens. — Un jeune colon bordelais. 291

Chapitre XXIII.

Départ de Wellington. — Les projets de confédération. — Littletown. — L'assurance par l'État. — Christchurch. — La loi morale. — Les écoles. — Les Sœurs du Sacré-Cœur de Lyon. — Le Musée. — Le Canterbury-College. — L'enseignement laïcisé. — Le Jardin public. — La ferme-école à Lincoln. — Saint André et les Écossais. — Akaroa et la colonie française. — Route vers Dunedin et la plaine de Canterbury. — Timaru. — Oomaru. — Palmerstown. — La baie de Vaïtati. — Port-Chalmers. — Dunedin. — La ville. — Le Musée. — Les écoles catholiques. — Départ pour Lawrence. 311

Chapitre XXIV.

Route vers le Sud. — Facilités aux émigrants. — De Milton à Lawrence. — La cabane du pionnier. — Les diggers chinois à Waïtahuna. — Le quartier chinois à Lawrence. — La cabane d'un avare. — L'école. — Une station de moutons dans la région des lacs. — Le lapin fléau public. — Les goldfields du Gabriel Gully. — M. Perry et sa nouvelle méthode. — Un dépôt de cemen aurifère. — Route à Invercargill, — Bismarck et ses informations. — La ferme d'Edendale et la New-Zealand loan Cy. — Un clerc méfiant. — Cherté de la main-d'œuvre. — La ville d'Invercargill. — Le presbytère. — La prison. — Route vers Bluff. — Le steamer Le Manipoori. — Réflexions sur la Nouvelle-Zélande. — Le 8 décembre en mer. — Le service du dimanche. — Une dernière tempête. 331

Chapitre XXV.—Tasmanie.

Le naufrage du Tasman. — Le tremblement de terre des îles de la Sonde et les phénomènes qui en résultent. — Arrivée à Hobart. — La ville. — Les environs. — Cascade-hill. — Une brasserie. — Mgr Murphy et le Père Beechenor. — Les Sœurs de la Présentation. — Une tombe française. — Population catholique. — Le musée. — Queen's dominion. — Le lawn-tennis. — De Hobart à Lanceston. — Les fonderies d'étain. — Les mines de Mount-bischoff. — Les écoles. — Un tremblement de terre. — Le clergé irlandais et les fidèles. — La Salvation army. — La Tasmanie. — Situation. — Histoire. — Surface. — Population. — Climat. — Constitution. — Produits. — Importation. — Exportation. — Banques: — Système agraire. — Immigration. — Bétail. — Chemin de fer. — Poste. — Télégraphe. — Instruction publique. — Revenu. — Dette. — Les indigènes. — Épisodes et extinction. 349

Chapitre XXVI.—Australie.

L'Australie. — Situation. — Surface. — Histoire. — Les convicts. — Les explorateurs. — Les chemins de fer. — Le télégraphe. — Les banques. — Journaux. — Gouvernement. — Population. — Conformation. — Géologie. — Minéraux. — Faune. — Bétail. — Produits. — Exportation. — Importation. — Agriculture. — Religion. — Instruction publique. — Armée. — Marine. — Navigation. — Revenu. — Dépense. — Les indigènes. — Races, origine, croyance, mœurs et usages. 375

Chapitre XXVII.

Port-Philipp. — Melbourne. — La ville. — Les faubourgs. — Le téléphone. — La colonie de Victoria. — Situation. — Surface. — Rivières, lacs, montagnes. — Population. — Religion. — Armée. — Marine. — Terres. — Revenu. — Dépenses. — Bétail. — Navigation. — Exportation. — Importation. — Produits. — Poste. — Télégraphe. — Chemin de fer. — Banques. — Caisse d'épargne. — Écoles. — Usines. — Mines. — Églises. — Agriculture. — Les parcs. — Le jardin zoologique. — Leledale. — Le vignoble de Saint-Hubert. — Les sauterelles. — Retour à Melbourne. — Départ pour Ballarat. — Geelong. — L'eucalyptus. — Une condamnation sévère. — La loi morale et la loi divine. — Struggle for life. — Les trois bébés retrouvés. 395

Chapitre XXVIII.

Ballarat. — Une distribution de prix. — À la visite d'une mine d'or. — Le cheval Charlee. — Creswick. — La mine d'or alluviale de Mme Berry. — Les salaires. — Arendale et l'ouvrier gentleman. — Le lac Windermere. — Le lac Burumbeet. — Huit kilomètres à travers les paddocks. — La station d'Ercildonne. — Un mérinos de 200 livres. — Les enchères chez Samuel Wilson. — Au galop avec un apprenti. — Départ pour Sydney. — Les vacances de Noël. — Un propriétaire et le jury. Un vélocipédiste imprudent. — Encore l'eucalyptus. — Wodonga. — Albury. — Les Fallon's-Cellars. — La famille Frère. — La villa Saint-Hilaire. — Un laboureur apprenti. — On se fait maçon et menuisier. — Dix-huit kilomètres à cheval. — Coût et produit d'une vigne. — La nouvelle loi agraire. — Budget d'un squatter débutant. — Les colons allemands. — Pour cantonnier une lanterne et un drapeau. — Un run de 600,000 moutons. — Arrivée à Sydney. 415

Note 1: Voir À travers l'Hémisphère sud, 1er vol., Palmé.[Retour au texte principal.]

Note 2: Dans les deux Amériques, lorsqu'on dit Américain tout court on désigne toujours un sujet des États-Unis de l'Amérique du Nord.[Retour au texte principal.]

Note 3: Historia de las Indias.[Retour au texte principal.]

Note 4: On appelle ainsi une réunion de ranchos ou habitations des paysans.[Retour au texte principal.]

Note 5: Voir le Tour du monde en 240 jours, librairie du Patronage Saint-Pierre, à Nice.[Retour au texte principal.]

Note 6: Jeu en usage sur tous les navires des deux océans. Il consiste à lancer dans certains carrés numérotés des cerceaux de corde, celui des deux partis qui a le plus vite atteint le chiffre 100 gagne, mais s'il le dépasse, il doit atteindre la case supérieure qui le fait reculer de 10 points, et en ajouter d'autres, jusqu'à ce qu'il atteigne sans le dépasser, le chiffre 100.[Retour au texte principal.]

Note 7: La presqu'île de Malacca, qui s'avance au loin dans la mer et où se trouve la jonction des races jaune et blanche, semble être le point d'où sont parties les diverses migrations qui ont peuplé les îles du Pacifique, y compris le Japon. Quelques expéditions auraient même atteint l'Europe, et les Basques semblent en être les témoins par leur langage d'origine birmane.[Retour au texte principal.]

Note 8: Depuis ma visite, la région de Rotomahana a été complètement bouleversée en 1887 par une éruption qui a fait périr presque tous les habitants de Waïroa et des environs.[Retour au texte principal.]